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10-10-2006
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L’industrie automobile malade du capitalisme |
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Le mondial de l’automobile 2006 a été
l’occasion d’une multitude d’articles, de discours sur la filière auto, sa
situation actuelle, son avenir. Avec l’oubli d’une contradiction de
taille : l’auto, produit de grande consommation « vache à lait »
du capitalisme et de son état, est victime de la diminution du pouvoir
d’achat des acheteurs salariés. Vache à lait, en premier,
des constructeurs (quelle que soit leur nationalité), des banques et des
sociétés de crédit, des assurances, des pétroliers, des sociétés
d’autoroutes. De l’état qui encaisse la TVA, la taxe sur les produits
pétroliers, les amendes. En face, les acheteurs
qui voient le pouvoir d’achat de leurs salaires directs et socialisés
laminés, rendus encore plus incertains par la précarité du travail (Cdd,
intérim), les suppressions d’emplois. Subissant les hausses exorbitantes et à
répétition de loyers, du chauffage, des produits alimentaires, etc… Quelques chiffres : Le PDG de Renault
déclare « nous avons choisi de privilégier le profit
au détriment des parts de marchés », tout est
dit ! Résultat : profits réalisés (2004- 30.06.2006): Peugeot :
5,111 milliards d’€ Renault (1) :
8,577 milliards d’€ Pour obtenir de tels
résultats en si peu de temps, tout est subordonné à la recherche du profit. Salaires écrasés chez les
constructeurs, les sous traitants, les délocalisations vers les pays à bas
coûts salariaux, pression à la baisse sur les achats, sur les
investissements, sur la recherche et développement, augmentation des cadences
de travail qui deviennent insupportables avec toutes les conséquences sur la
santé des salariés. Les seules choses qui
augmentent ce sont les profits et le prix de vente des voitures (Renault +
24% entre 2000 et 2004 en moyenne). Suppressions d’emplois : Peugeot – 7 000 en France
et - 2 300 en Angleterre Opel en Allemagne GM et Ford aux Usa –
30 000 pour chaque groupe. Développement du chômage
partiel chez Renault, allongement de la durée du travail avec le même
salaire : Faurecia (groupe Peugeot), Borel, Volkswagen (Allemagne) etc… Délocalisations : Les constructeurs ont
fermé 9 usines en Europe de l’ouest représentant la production d’1,5 millions
de véhicules/an depuis 2000. Dans le même temps, les investissements réalisés
par les mêmes en Europe de l’Est ont permis de produire 1,6 million de
véhicules/an. Pour sauvegarder leurs
profits cette tendance ne peut que se poursuivre. Renault prévoit de
construire la remplaçante de Twingo en Slovaquie en lieu et place de Flins,
suivant ainsi l’exemple de Peugeot Citroën, VW, Toyota et tous les autres. Les salaires (2) : A entendre le patronat,
dans le cadre de la mondialisation et de la concurrence féroce que se livre
les groupes capitalistes, le coût du travail en France conduirait aux
délocalisations. Rappelons : l’Etat,
c'est-à-dire le contribuable, prend en charge 22/23 milliards d’€
d’allègements de cotisations sociales, alors que celles-ci devraient être
payées par les patrons. L’allègement permanent
des impôts sur les bénéfices, de la taxe professionnelle (- 2,7 milliards d’€
en 2007). Les salaires directs : Renault : *ouvrier de
fabrication : de 1292 à 1479 € brut (minimum dans les coefficients) *ouvrier hautement
qualifié : de 1566 à 1745 € brut (minimum dans les coefficients). *Les employés,
techniciens, suivant leurs qualifications ont les mêmes salaires à
coefficient égaux. Peugeot : *ouvrier de
fabrication : de 1268 à 1435 € brut (minimum dans les coefficients) *ouvrier
professionnel : de 1506 à 1781 € brut (minimum dans les coefficients). *Les employés,
techniciens, suivant leurs qualifications ont les mêmes salaires à
coefficient égaux. Ainsi l’industrie
automobile est devenue une industrie à bas salaires, comme l’ensemble des
salariés en France. Les primes, intéressement, participation, crédit d’impôt
(lorsqu’il existe) ne compensent absolument pas la perte de pouvoir d’achat
du salaire. Les profits réalisés par
les groupes doivent permettre une augmentation substantielle des salaires. A
« Communistes », nous proposons le SMIC à 1 500 € net
par mois avec une hausse correspondante pour l’ensemble des salariés. L’automobile,
industrie essentielle pour l’emploi. Avec 2,5 millions
d’emplois, la filière est le 1er employeur privé en France, elle
représente un actif sur 10.Son évolution a des conséquences immédiates sur l’emploi
dans de nombreuses régions, dans le pays. Les patrons de
l’automobile ont annoncé la couleur. Tout pour le profit, tout pour
l’actionnaire. Que le parc auto français ait 8 ans d’âge moyen, qu’ils se
fassent tailler des croupières par les concurrents sur leur propre marché,
celui qui rapporte le plus, ne leur posent pas de problème, surtout ne pas de
changer d’orientation. Gouvernement, partis politiques. Ils ont trouvé la
manière de détourner l’attention des véritables problèmes. Tout le mal viendrait de
la pollution engendrée par l’automobile (ce qui représente un problème réel),
la solution miracle se situant dans les biocarburants. Ce qui évite de parler
des véritables questions, salaires, pouvoir d’achat et profit capitalistes. Droite, PS et gauche
parce qu’ils refusent de s’attaquer au capital n’ont rien de sérieux à proposer
en matière d’emploi. Les uns et les autres en privatisant l’appareil
industriel et bancaire se sont privés de toutes possibilités d’action dans le
domaine de l’économie. Le Pen ne dit rien sur les suppressions d’emplois, sur
les salaires, sur l’exploitation des travailleurs par le capital. Ils sont
les « amis » du patronat, ils détournent sa responsabilité dans la
montée du chômage, de l’insécurité sociale. En proposant
l’interdiction des licenciements pour les entreprises qui réalisent des
profits.(les autres étant autorisées à licencier ?), la L.C.R, L.O
avancent une fausse bonne idée. Les suppressions d’emplois chez Peugeot vont
se faire sans licenciement ! Départs en retraite non remplacés, fin des
contrats d’intérim ou Cdd. Les centrales syndicales.
Face
à la gravité de la situation de l’emploi dans les maisons-mères et les sous
traitants devrait être au cœur des préoccupations confédérales, pour défendre
becs et ongles l’un des derniers secteurs industriels employant une masse de
salariés, couvrant tout l’éventail des qualifications. Force est de constater
qu’elles sont plutôt aux abonnés absents. Des négociations vont
s’ouvrir avec le Medef, elles portent sur les revendications du patronat, le
« toilettage » du code du travail, la flexi-sécurité. Rien n’est
prévu sur l’emploi et les salaires. Le développement des luttes, leurs
coordinations y compris avec l’ensemble des corporations et la population
devraient être au centre de leurs actions. Les moyens existent. Les profits permettent de
satisfaire les besoins des salariés de l’auto, salaire, emploi, conditions de
travail. De même que les demandes des clients en voitures modernes, propres,
dans une gamme de prix accessibles pour renouveler le parc. Ne comptons ni sur les
gouvernements, ni sur les partis politiques, ni sur « le dialogue
social, face cachée de la collaboration de classe ». Comptons sur la
force des salariés, leurs unités d’action. L’abandon du CPE montre
qu’il est possible de faire reculer gouvernement et patronat. Ils s’en
souviennent et ils craignent l’action, une raison supplémentaire pour s’y
engager. Des chiffres et des
faits : -Dès l’annonce des
discussions entre Renault et GM en vue de leur rapprochement, nous avions dit
non à cette idée (3). Ces
discussions sont abandonnées, dont acte. Ford, aussi mal-en-point que GM est
sur les rangs pour passer une alliance avec Renault. Nous n’avons pas
l’intention de modifier notre avis, ni GM, ni Ford. Renault comptait mettre
1,5 milliard d’€ dans le capital de GM, qu’il les mette sur les salaires, la
formation, l’emploi, ils seront bien utilisés.
- La part des salaires dans une voiture représente 8% en 2006,
contre 23 % en 1986 -
De 1992 à 2006 la part de la valeur ajoutée (richesse produite) passe dans
l’automobile de 68 à 53 % pour les salaires (- 15% ), celle des profits de 32
à 47 % (+15% ). -
Dividendes versés aux actionnaires : Renault 2000 à 2005 = 1,805
milliard d’€. Lors du conseil
d’administration du 24 mai 2006 les actionnaires se partagent 313 millions
d’€ de dividendes, le même jour est décidé la fermeture l’usine de
Rayton en Angleterre, ajoutez la restructuration de Faurecia : coût 300
millions d’€ ! -
Trésorerie (somme immédiatement disponible) Renault = 7 milliards d’€ Salaires des
dirigeants de l’automobile : Carlos Goshn :6
millions d’€/an (500 fois le SMIC !) Louis Schweitzer :
président du conseil d’administration et aussi président de la haute autorité
de lutte contre les discriminations, 1 million d’€/an, 85 fois le SMIC (un
spécialiste de la discrimination !). Les dix rémunérations les
plus élevées : 2005 : 7 443 000 €, soit + 30 % par
rapport à 2000. Le salaire brut imposable
chez Renault progresse de 14 % de 2000 à 2005. Intéressement : Renault :
2005 : 184 millions d’€ 2006 : 101 millions
d’€ (prévisions) mieux vaut un bon salaire qu’un intéressement qui varie
selon la seule décision de la direction Productivité : Renault : production
de véhicule/an par salarié, en 2000 :15, en
2005 : 19, qui y laisse sa santé, qui gagne ? Peugeot : chaque
salarié rapporte 6500€/an Recherche et
Développement : Sur 50 multinationales,
les françaises de l’auto sont en queue de peloton (en 2005). En 1ère Ford,
3ème GM, 4ème Daimler, Toyota en 6ème Renault
39ème avec 2,4 milliards d’€, 40ème Peugeot Citroën
avec 2,15 milliards d’€. Pour Renault et Peugeot,
c’est pour le profit immédiat. (1) Voir article Renault, du 16.02.2006. (2) Voir article du 02.10.2006. (3) Voir article du 05.07.2006
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