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N°382 Semaine du 15 au 21 décembre
2014
17 décembre
2014
Entreprise
Aubret (44) :
La lutte paie
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Après
8 jours de grève et d'occupation de leur usine, à l'appel de la CGT, les
salariés de l'entreprise Aubret de Saint-Mars-La-Jaille (Loire Atlantique)
ont obtenu une prime exceptionnelle de 290€, le paiement de 30% des jours de
grève et des conditions de travail conformes au droit du travail. Depuis le 5
décembre 80% des 528 salarié(e)s se sont mis en grève à la suite du refus de
la direction d'accorder une prime exceptionnelle de 420€ :"On peut, mais
par principe c'est non". Effectivement
Aubret, entreprise de salaison et de transformation de viande porcine,
filiale de la "société coopérative " CECAB (1), a les moyens de verser cette prime. En 2013, 3
millions d'€ on été versés aux actionnaires. En 2014 les résultats sont "encore
meilleurs", grâce aussi au cadeau de 800 000€ de CICE (crédit d'impôts pour la
compétitivité et l'emploi) donné à la direction d'Aubret. Les
revendications ne concernaient pas seulement la prime, mais aussi les conditions
de travail : heures
supplémentaires non payées, appel le matin même pour travailler le samedi
ou/et le dimanche, payé comme un jour de semaine plus une prime de
40€
généreusement attribué par M. Le Bihan, directeur d'Aubret... Pression contre
les élus du CE pour les empêcher d'aller au réunions, insultes envers le
personnel, rien ne manquait. Il faut dire que l'entreprise avait une longue
expérience dans le domaine de la surexploitation des travailleurs: en 2004 la
direction d'Aubret (c'est toujours la même aujourd'hui) employait des maliens (sans papiers) et des portugais, les
faisaient travailler jusqu'à 21h par jour pour... 800€. Lors des
négociations, le 12 décembre, qui ont eu lieu en présence de médiateurs, la Sous-préfète a fini par
dire que le droit ce n'était pas les actionnaires, pas la direction d'Aubret,
c'était elle ! Les heures supplémentaires seront payées, le délai de
prévenance sera de 4 jours, conformément à la loi, il y aura un accord sur
l'intéressement et le personnel bénéficiera d'une heure d'information. L'action des
salariés d'Aubret, qui ont lutté pour faire aboutir leurs revendications sans
faire appel aux élus ou au gouvernement dont ils savaient qu'ils
n'obtiendraient rien, montre que ce n'est que par la lutte qu'on peut faire
échec à l'exploitation des travailleurs. Montre que les travailleurs
demandent qu'un grand mouvement de luttes interprofessionnelles soit
impulsé par la direction des syndicats et en particulier par la CGT. Ce n'est pas par le dialogue
social qu'on luttera contre le capitalisme. Notre parti
Communistes a apporté son soutien à la lutte des grévistes en participant à
leurs actions. (1)
Centrale Coopérative Agricole Bretonne, est l'un des tous
premiers groupes agro-alimentaires français. A l'automne 2014 la CECAB a
fermé sa filiale GAD et licencié, en 2 ans, 1025 salariés. Lire, enregistrer et/ou
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