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COMMUNISTES |
N°392 Semaine du 23 février au 01 mars 2015
26 février
2015
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La financiarisation capitaliste de l’agriculture et ses graves conséquences |
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(Indre), les salariés sont en lutte contre le licenciement du délégué
syndical CGT |
Le capitalisme
français prend un nouveau visage dans l’agriculture. Jusqu’à présent il exploitait les agriculteurs en amont par les prêts
bancaires, la vente de matériel agricole, de produits phito-sanitaires,
d’engrais. Il les exploitait en aval
par l’achat à bas coût de leurs productions. Avec la présence de groupes comme Sofiprotéol (dont le PDG n’est autre
que Xavier Beulin également président du principal syndicat agricole la
FNSEA) spécialisé dans la production de biodiésel, de produits oléagineux et
protéagineux, d’autres dérivés agricoles qui réalise un chiffre d’affaires de
7 milliards en 2013. Ou de la firme Téréos véritable multinationale du sucre
et de ses dérivés implantée en France, à la Réunion, en République Tchèque, au
Brésil, au Mozambique, en Roumanie, en Indonésie mais qui a fermé 3 usines en
France en 2008, un virage énorme a été pris il y a quelques années. La politique agricole commune (PAC) initiée par l’Europe avec ses aides
à l’hectare a favorisé les grandes exploitations au détriment de
l’agriculture familiale prédominante en France. Il faut, à l’image de ce qui
se passe aux Etats Unis, en Allemagne, en Hollande passer à la production
industrielle. La fin des quotas laitiers ouvre de nouvelles perspectives à cette production capitaliste. L’implantation dans la Somme de
l’usine dite « des milles vaches » pour la production de lait et la
valorisation des déchets par la méthanisation va amener la disparition des
petits producteurs de lait de la région avec toutes les conséquences que l’on
imagine. Notons que l’initiateur de cet élevage n’a rien d’un paysan puisse
qu’il est le patron d’une entreprise du bâtiment. Il s’agit d’un
investissement dans un secteur qui va devenir très rentable. A noter que
l’Etat par l’intermédiaire du Préfet a donné son accord à cette
installation et a envoyé les forces de police pour s’opposer
aux manifestations paysannes. La défense de la
propriété privée passe avant la défense de la petite paysannerie. D’après un syndicat agricole, la
Confédération Agricole, 24 projets de ce type devraient voir rapidement le
jour. La
désertification des campagnes va s’accélérer, l’agriculture familiale qui
fait la valeur de la production agricole française disparaîtra encore d’avantage, les suicides d’agriculteurs, un tous les deux
jours, qui ne peuvent plus faire face à leurs échéances vont se poursuivre et
s’amplifier. C’est aussi toute la filière agricole qui va trinquer, avec son
cortège de suppression d’emplois. Pendant ce temps au salon de l’Agriculture, F. Hollande et ses
ministres, les politiques de tous bords,
se montrent au « cul des vaches », complimentent les agriculteurs présents,
écoutent leurs revendications et aident le capitalisme. L'autre ressort de ce nouveau visage
est l'extrême financiarisation de l'agriculture. L' ONG OXFAM, organisation de
solidarité internationale, publie son second rapport sur les fonds
agricoles. Proposés
depuis longtemps, par des banques françaises, ces fonds permettent de
spéculer sur les prix des matières agricoles. Ceci contribue à accentuer artificiellement
la volatilité des prix et donc très directement à affamer une partie notable
de l'humanité. Ces banques françaises, Crédit agricole, BNP Paribas, Société
Générale et le groupe BPCE, s'étaient "engagées" en 2013, à réduire le
volume de ces fonds spéculatifs. Le bilan publié le 23 février prouve
évidemment qu'il n'en est rien si ce n'est un léger repli au Crédit agricole.
Au contraire, ce volume est passé de 2583 millions d' € en 2013 à 3561
millions aujourd'hui !! Cette spéculation se déroule
essentiellement sur les marchés financiers (les marchés à terme). Ces échanges ne conduisent quasiment jamais à une transaction réelle
mais consistent en l'achat et la revente de " papiers " avec
réalisations de juteux profits au passage. On estime
les échanges réels, physiques, à seulement 2 % de l'ensemble du marché des
matières premières agricoles. Ces spéculations financières capitalistes,
entraînent d'une part la baisse
considérable des revenus des producteurs et d'autre part de spectaculaires
flambées des prix qui peuvent doubler voire tripler pour des produits de base
comme le riz ou le blé ! Peu importe que presqu'un milliard d'humains connaissent la faim, les
profits sont saufs. Ce phénomène explose depuis le début des années 2000 car il permet aux
capitalistes de diversifier leurs portefeuilles de titres afin de minimiser
les risques. Le " marché" de la faim est
un marché stable qui, même s'il peut être parfois présenté comme moins
rémunérateur que d'autres, est un marché assuré. Droit des agriculteurs à vivre de leur travail et droit des peuples à
l'alimentation ? Entre les deux les enjeux de
l'accroissement des dividendes et rien d'autre. Les ministres qui paradent au
salon de l'agriculture, les syndicats " officiels" (FNSEA, CDJA) n'auront bien sûr pas un mot à ce sujet, ce serait tout à fait déloyal
vis à vis de leur vrai et unique maître : le capital. On peut ainsi bavarder sur le " verdissement" de
l'agriculture, la " proximité", la défense du
"consommateur" dans un décor de ruralité paradisiaque, la
réalité c'est que l'objectif du
capital n'est pas de nourrir les peuples mais d'engranger le maximums de
profits quitte à laisser mourir de faim une partie de l'humanité alors
qu'aujourd'hui, nous sommes enfin en mesure, et largement, d'éradiquer ce
fléau. Dans ce domaine essentiel, il n'y a
aucune issue envisageable dans le cadre du système capitaliste, il faut en
sortir pour construire une société où des agriculteurs vivront décemment de
leur travail en nourrissant la terre entière, Communistes s'y emploie. Lire, enregistrer
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de la discussion au 7ème congrès Et Suite du compte-rendu de la
discussion au 7ème congrès Et Rapport introductif au comité
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