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COMMUNISTES |
N°405 Semaine du 25 au 31 mai 2015
25 mai 2015
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27 mai,
Journée de la résistance, de toute la résistance |
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L’Assemblée Nationale a décidé en
2013 de faire du 27 mai la journée de la Résistance. Cette année elle va
prendre un relief particulier. Quatre résistants (deux femmes, deux hommes)
vont voir leurs dépouilles transférées au Panthéon. Hollande prononcera un
discours. Il s’agit de : Germaine Tillion, ethnologue,
patriote, déportée à Ravensbrück Geneviève Antonioz-de Gaulle,
patriote, déportée à Ravensbruck Pierre Brossolette,
journaliste, socialiste, qui se suicide pour échapper aux tortures de la
Gestapo après son arrestation. Tous trois ont appartenu à
divers groupes de résistants en liaison avec les services de renseignements
gaullistes et anglais. Jean Zay, radical, député,
ministre de l’éducation (1936-1939) emprisonné par Vichy (1940- 44) assassiné
par la Milice le 20 juin 1944. Nous saluons le courage, le
sacrifice de ces femmes et hommes qui ont combattu pour la libération du
pays, certains jusqu’au sacrifice suprême, victimes de la barbarie nazie et
de ses complices du gouvernement de Pétain. La
Résistance pour la Libération n’a pas effacé la lutte de classe. Au lendemain de la Libération,
François Mauriac écrivain catholique et de droite écrit avec juste
raison : « Seule dans sa masse la classe ouvrière est restée fidèle à la
France profanée ». Le patronat voit dans la
défaite de 1940, l’occupation de la France par les nazis et le gouvernement de Pétain la revanche du
Front Populaire de 1936 avec l’occupation de ses usines par les grévistes et
les revendications qu’il dût consentir. En mettant l’appareil productif français au
service total de l’occupant le patronat a
repris tout ce qu’il a dû céder,
il s’est enrichi pendant que le peuple subissait misère et privations,
que les meilleurs de ses enfants tombaient sous les balles nazies ou dans les
sinistres camps de la mort. Il s’est trouvé parmi les
« élites ». des hommes
politiques, des magistrats, des intellectuels, des artistes, les membres
du haut clergé catholique…qui ont
pratiqué la politique de collaboration de Pétain. La classe ouvrière, ses
représentants communistes, syndicalistes ont écrit les pages les plus
glorieuses de la lutte contre le nazisme et Pétain. Elle est absente des discours
officiels, des livres d’histoire, des honneurs qui leur sont dus. Le 27 mai 1940 à la fosse 7 et
7 bis du puits de mine de Douge à Montigny en Gohelle (Pas de Calais) les
mineurs se mettent en grève. Ils protestent contre le manque de
ravitaillement pour eux et leurs familles, contre le travail au rendement que
la direction des houillères veut leur imposer pour livrer toujours plus de
charbon à l’ennemi. Cette grève ne démarre pas par hasard dans ces puits.
Malgré leurs interdictions le Parti Communistes, la CGT mènent depuis la
réouverture de la mine en août 1940 une intense activité antinazie et contre
Pétain. Des grèves « perlées » ont lieu. Sur les wagonnets qui
transportent le charbon les inscriptions « pas de charbon pour les
boches » fleurissent. Le 1er mai les corons sont décorés de
drapeaux rouges et tricolores. Les jours suivants la grève
s’étend à l’ensemble du bassin minier du Nord-Pas de Calais. Sur les 143.000
mineurs du bassin 100.000 seront en grève qui va durer jusqu’au 10 juin.
500.000 tonnes de charbon seront perdues pour l’occupant, ressource
énergétique essentielle à cette époque pour alimenter la machine de guerre
nazie. La
répression va être terrible. Menée par les patrons des charbonnages qui
dénoncent « les meneurs » auprès des autorités de Vichy, de la part de celles-ci qui envoient les gendarmes pour faire pression
sur les grévistes, des Allemands qui suppriment le ravitaillement pour les
mineurs et leurs familles, procèdent à des arrestations massives. 450 arrestations, 224
déportations (ils seront 130 à mourir dans les camps), 22 fusillés. Les
mineurs, épuisés, reprennent le travail le 10 juin et vont continuer à agir
contre l’occupant sous d’autres formes jusqu’à la Libération. Dans l’immédiat
ils obtiennent un meilleur ravitaillement et le gouvernement Pétain est
obligé de relever les salaires pour l’ensemble des salariés. Cette
grève des mineurs est le plus grand acte de résistance collective à
l’occupant nazi dans toute l’Europe. Malgré la censure il a un retentissement
dans tous les pays occupés. Le démarrage de la grève aux fosses 7 et bis
se fait à l’initiative du communiste Michel Brulé qui y travaille, l’ensemble
du mouvement est conduit par Charles Débarge, responsable communiste,
dirigeant de la CGT. Le rôle
des femmes est déterminant dans cette lutte. Emilienne Mopty, communiste bien connue dans
les corons, va entraîner les femmes à
assurer les piquets de grève, manifester face aux forces de répressions voire
les faire reculer. A la fin de la grève elle échappe aux arrestations et
continue le combat dans la clandestinité aux côtés de Debarge et Brulé. Tous
trois seront arrêtés en 1942. Charles et Michel fusillés, Emilienne décapitée
à la hache dans une prison allemande en 1943. Il faut
aussi parler de Danièle CASANOVA et Marie-Claude Vaillant Couturier, jeunes dirigeantes nationales de l’Union des Jeunes Filles de France,
qui furent déportées à Auschwitz. Danièle Casanova est morte en déportation
en 1943. M.C. Vaillant Couturier reprit son activité
militante dès sa libération. Il faut aussi parler de tous
ces ouvriers métallurgistes de Renault ou de Gnome et Rhône (moteurs
d’avions) ou d’ailleurs qui mélangent à l’huile des moteurs de la limaille de
fer qui mettent les mettent hors d’usage, des cheminots qui font de même avec
les boîtes à graisse des wagons et qui vont payer un lourd tribut à la
répression de Vichy et des nazis. Ou encore de Pierre Georges dit
Fabien, ouvrier, combattant des Brigades Internationales en Espagne, qui abat
un officier allemand au métro Barbès en août 1941. Ou encore des fusillés de
Châteaubriant ouvriers, syndicalistes qui ont conduit les grèves de 1936, du
jeune Guy Môquet. Ou encore des combattants de
« l’affiche rouge » fusillés au Mont Valérien après un simulacre de
procès et dont Aragon dans un poème à leur mémoire écrit « Ils
étaient vingt et trois étrangers et nos frères pourtant/ Vingt et trois qui
criaient la France en s’abattant ». Le fronton du Panthéon porte
l’inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante ». L’absence de représentants de
la classe ouvrière à l’occasion de la Journée de la Résistance pose question
au regard du rôle qu’elle a joué dans le combat contre le nazisme et pour la
Libération du pays. Lire, enregistrer et/ou imprimer cet article au
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