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COMMUNISTES |
N°409 Semaine du 22 au 28 juin 2015
23 juin 2015
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La nouvelle
économie et le capitalisme |
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Lire également Samedi 20
juin s’est tenu à Paris le Congrès d’unification COMMUNISTES - URCF Et Et Et Le G7 en Allemagne,
le sommet des BRICS et de l’OCS (Organisation de la Coopération de Shanghai) en Russie Et Union pour une
alternative anticapitaliste Et Samedi 20
Juin congrès d’unification de |
La nouvelle
économie du numérique fait l’objet de multiples discours, articles, réunions.
Ainsi dans la seule semaine du 7 au 12 juin,
Hollande a inauguré à Angers la Cité des objets connectés qui sera mis
au service d’entreprises (l’Etat et la région y ont investi chacun 1,5
million d’euros), tandis que le MEDEF y consacrait une réunion de deux jours. Le numérique est une révolution technologique considérable. Son usage
généralisé après 2008 se développe rapidement. Son application est très étendue, elle
concerne aussi bien l’industrie, le bâtiment, l’agriculture, les services,
l’accès à la connaissance, la santé, la culture. Sa croissance aura des
effets notables Ce pourrait être un facteur extraordinaire pour faire progresser la
satisfaction des besoins de l’humanité. Tout l’enjeu est de maîtriser l’usage de cette nouvelle technologie. La
question est d’importance. Quelles vont être les conséquences de ce nouveau développement
des sciences et des techniques dans le cadre d’une économie
capitaliste ? En premier une exigence de rentabilité pour les
actionnaires. Si cet objectif n’est pas atteint le capitalisme n’investira
pas ou peu. Deux exemples : Le PDG de Twitter vient de démissionner. En réalité il a été viré. En
effet malgré le succès –plus de 300 millions d’abonnés- Twitter n’a procuré
aucun dividende depuis sa création. Inadmissible pour les actionnaires. Les géants de l’électronique japonais Fujifilm, Sony, Toshiba,
producteurs de composants pour cette économie numérique se reconvertissent
dans la santé. Le journal « les Echos » du 15 juin titre : Les marchés préfèrent les
dividendes à l’investissement. Et il ajoute un commentaire d’analystes de l’institution
financière Citi de New-York : aujourd’hui
le marché veut des cash cows. (Vaches à lait) Il n’en reste pas moins que cette économie est appelée à se développer
à partir de la concurrence que se livrent les divers groupes capitalistes. Avec quelles conséquences économiques et sociales ? Une étude d’Oxford publiée en 2013 prévoit la disparition d’un emploi
sur deux. Pour un certain nombre d’économistes les suppressions d’emplois
dans la « vielle économie » seront supérieures aux créations dans la
nouvelle. Au vu des chiffres du chômage en France et partout dans le monde c’est
une information à prendre au sérieux. De plus les emplois créés dans cette nouvelle économie seront pour la
plus grande part des emplois peu qualifiés. Sans vouloir dévaloriser le
travail des chauffeurs d’UberPOP ou des manutentionnaires d’Amazone il n’est
pas nécessaire d’avoir une grande qualification pour conduire une voiture ou
faire des paquets. Avec comme première conséquence
la baisse du coût de la force de travail. Pour les conducteurs d’Uber payés à
la course pour les salariés d’Amazone pour la plupart précaires. Il en est de
même dans toutes ces nouvelles entreprises qui voient le jour comme Blablacar
(co-voiturage) ou Airbnb (réservation de chambres d’hôtels). Les adeptes de cette économie nous disent qu’elle fait faire des
économies aux consommateurs, que le coût
d’un trajet en co-voiturage est moins cher qu’un billet de train. Sans
doute dans l’immédiat. Mais sur le long terme ? Quelles conséquences pour la protection sociale, les conditions de
travail, la syndicalisation dans ce travail éclaté ? Prenons l’exemple de Blablacar. Ses investissements sont minimes. Quelles
que tablettes ou smartphones, 300 salariés, quelques bureaux. Mais surtout ce
sont les conducteurs qui fournissent leurs véhicules, pas de salaires et donc pas de cotisations
sociales à verser pour l’entreprise. Qui elle récupère 90 centimes par
transaction et 10% du prix de la course. Une vraie machine à profit. A terme avec le développement de tels services c’est l’ensemble de la
protection sociale qui est remise ne cause. Déjà mal en point avec le
chômage, les réductions de cotisations sociales du patronat décidées par les
gouvernements successifs, ces nouvelles pratiques risquent de lui porter un nouveau
coup sévère. Samedi 13 juin sur France Inter deux économistes s’interrogeaient sur
l’avenir de la protection sociale et concluaient en disant : il va falloir la réinventer. Le
capitalisme à une solution. Les assurances pour la santé, les fonds de
pensions pour la retraite. Versé par ceux qui en auront les moyens pour s’assurer
une protection suffisante. Pour les autres… Que devient alors le gain sur un parcourt effectué en
co-voiturage ? Une question à réfléchir pour chacun et pour tous. D’autant que cela a des répercussions partout. Pour répondre à sa perte
d’usagers suite à ces pratiques de co-voiturage, la SNCF lance cet été des
« TGV low cost » qui ne couvriront pas le coût réel du transport. Avec la loi Macron qui ouvre le transport par bus sur tout le
territoire, la SNCF lance en grand sa filiale IDBUS qui va cannibaliser ses
propres lignes de chemin de fer, alors que le rapport Duron vise à supprimer
les trains inter-cités. La boucle est bouclée. Au nom de la concurrence c’est
le blocage des salaires des cheminots, de leur statut. A terme la liquidation
de la SNCF comme entreprise nationale assurant le transport sur l’ensemble du
territoire Les chauffeurs de taxis manifestent contre la présence de plus en plus
massive d’Uber qui lui fait une concurrence déloyale sans que le gouvernement
réagisse. Ils ont raison mais le capitalisme ne pratiquera jamais une
concurrence loyale. Leur concurrence c’est le gros qui mange le petit pour
augmenter ses parts de marché et engranger plus de profits. Ce travail éclaté, précaire qui se développe à grande vitesse (86% des
nouveaux contrats de travail sont des CDD), les contrats dits de chantier
plaçant les travailleurs seuls en face du patronat ne vont pas favoriser la
syndicalisation dans les entreprises. Une aubaine supplémentaire pour
exploiter encore d’avantage les travailleurs. Comme tous les progrès scientifiques et techniques, cette nouvelle
économie peut faire progresser la satisfaction des besoins de l’humanité. Le
capitalisme n’est pas là pour cela. Il n’existe que pour le profit. Raison de plus pour le combattre, l’abolir et pour le remplacer par une
société au service des hommes, le socialisme. Lire, enregistrer et/ou imprimer cet article
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national du 11 avril 2015 Et |
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