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COMMUNISTES |
N°445 Semaine du 29 février au 06
mars 2016
01 mars 2016
Honteuse surexploitation des chômeurs
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Lire Egalement Et Notre frère de combat
Jean Luc Salle n'est plus Et Et |
Le Sénat vient de parachever
l’adoption définitive de la proposition de loi visant à expérimenter des « territoires zéro
chômage » pour les personnes sans emploi depuis plus d’un an. Cette
loi a obtenu l'aval de toute la gauche, de l'UDI et des Républicains. Il y a
en France plus de 7 millions de chômeurs, toutes catégories confondues. Au début
de l'année 2015, le nombre de chômeurs n'ayant pas du tout travaillé en un an avait
plus que doublé depuis 2008. (Les demandeurs inscrits depuis 12 mois
représentent 45% du total). Avec cette loi, il s’agit bien d’instaurer un
marché parallèle du sous-travail obligatoire
et de rendre productifs ceux qui ont été jetés au chômage, sans
dépenser pour eux un sou mais en les exploitants ainsi doublement, en les
maintenant dans la pauvreté qu’on leur impose. Cette
loi, pensée et promue par ATD Quart Monde,
veut mettre au travail les chômeurs de longue durée, les bénéficiaires
du RSA et plus généralement tous les pauvres. Avec la
loi dite « territoires zéro chômeur », ATD Quart-Monde a « la prétention de révolutionner
l’assurance chômage », rien de moins ! Le mécanisme proposé consiste à organiser localement le repérage des travaux qui pourraient être réalisés. Les
emplois identifiés vont des travaux de maraîchage ou forestiers à l'aide à
domicile, en passant par des travaux dans les campings, le tourisme vert, les
services à destination des jeunes, des enfants scolarisés, l’aide aux devoirs
et des personnes en maison de retraite… Exploiter doublement les chômeurs et
augmenter encore la concurrence des salariés ! Par exemple, Pierre-Yves
Marolleau, maire DVD de Mauléon à listé l’ensemble des besoins de sa commune
que pourraient accomplir les salariés du futur dispositif : les bouts de
chantier non pris en charge par les entreprises de voirie, les puits, fossés
ou autres chemins de randonnée à entretenir, les accompagnements au marché ou
en balade que ne font plus les personnels de maison de retraite... On
retrouve toute la palette des services que les collectivités territoriales
peinent de plus en plus à assurer, à mesure que croissent leurs compétences
et sans que leurs dotations financières ne suivent. « Les services techniques et sociaux des collectivités manquent de temps
pour assumer toutes leurs tâches »,
avoue Alain Robin, Directeur de pôle emploi à Mauléon. Cette
expérimentation va accélérer la fragilisation les droits collectifs de
l’ensemble du salariat et les droits des chômeurs. C’est là encore la course
au prix de la force de travail le moins cher pour permettre de valoriser au
maximum le capital. Le
volontariat : une blague
Le
projet, nous dit-on, est basé sur le volontariat… un tel argument ne tient
pas dans le cadre de relations patron-salarié. En réalité les personnes concernées auront l’épée de
Damoclès sur la tête : la menace de la radiation pour les chômeurs et
pour les « bénéficiaires »
du RSA, l’arrêt des prestations sociales s’ils refusent. Derrière ce dispositif se cache en réalité un changement profond,
une attaque contre les droits des chômeurs. Pour
réduire ou supprimer les aides sociales versées à un demandeur d’emploi de
longue durée on veut pouvoir le contraindre
sous le prétexte de ne pas rester inactif à accepter des travaux dits
« d’utilité publique » ou autres en échange d’aides sociales qui
sont jusqu’à aujourd’hui un droit acquis. Une aubaine pour les entreprises. Ces
nouvelles « entreprises sociales » deviendront des sous traitants
pour les entreprises. Cette
expérimentation c’est la déstabilisation du service public de l’emploi, elle
va accélérer la fragilisation des droits collectifs du salariat et
singulièrement des chômeurs. Cette paupérisation s’accompagne bien souvent
d’une déqualification, des travailleurs assumeront des taches très au-dessous
de leur niveau professionnel. Le
conseil général du Haut-Rhin a l’intention d’instaurer un quota d’heures de
bénévolat obligatoire pour les allocataires du RSA, ATD Quart-Monde. Dans un
communiqué, il invite le département à
s’intéresser au projet d’expérimentation des « territoires zéro
chômeurs ». Une
aubaine pour des communes exclues des réseaux de transports des grandes
agglomérations et où le peu de services qui existe encore survit à grand
peine, souvent à des kilomètres des usagers. On essaye de développer le
« tourisme vert » pour masquer le désarroi général, le chômage et
la pauvreté y sévissent avec une acuité particulière. Une
loi pour rentabiliser la pauvreté et en finir avec le rôle social que doit
jouer l’Etat.
Il s’agit d’occuper le créneau
« du travail au noir » de systématiser et de formaliser l’extension de cette petite
économie de la survie qui échappe en grande partie au contrôle de l’Etat et
aux prélèvements obligatoires. Ces
activités sont déjà contrôlées par les auto-entrepreneurs ou investies par
des associations qui mettent en avant leur affiliation au monde « non
lucratif » de l’économie « sociale et solidaire » et
représentent des chiffres d’affaires colossaux. Elles développent déjà, en
articulation étroite avec le travail gratuit (bénévolat), toute la palette
possible du sous emploi (services civiques, temps partiels, contrats aidés
etc.) ATD Quart Monde veut-il réaliser
une OPA sur les secteurs d’associations comme Présence verte ou ADMR (aide à
domicile en milieu rural) ? Pour ces dernières c’est aussi l’occasion
d’élargir leur marché ! Une force de travail à exploiter Il s’agit d’un
bouleversement visant à un affaiblissement sans précédent du salariat. Une invitation à poursuivre
encore plus les attaques contre tous ceux que le système capitaliste rejette. Derrière
le slogan de « dignité du travail », cette loi est en fait un dispositif supplémentaire pour le
patronat, qui tient là une force de travail à exploiter. Les femmes et les
jeunes touchés plus durement par le
chômage seront touchés en premier par ce nouveau dispositif Au
prétexte de faire réaliser des économies à la collectivité, une exploitation
de la pénurie et de la misère se met en place, qui se développe sur le dos
des pauvres. On peut facilement imaginer demain qu’il s’étendra jusqu’à
réorganiser la vie de tous les salariés en remplaçant les institutions et
protections issues des luttes pour aller vers le démantèlement du rôle social de l’Etat, au profit de tout pour
l’entreprise capitaliste. Cette nouvelle
loi est faite pour servir les intérêts
du patronat. La seule
limite que les capitalistes connaissent c’est la force de résistance que les
salariés et le peuple leur opposent.
Il faut que l’opposition à cette loi monte de partout. La lutte est
urgente et possible dès maintenant. Lire, enregistrer et/ou imprimer cette information
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Lire également Bureau National du 13 février 2016 sur les questions internationales : Et Bureau National du 13 février 2016 sur les questions internationales : Et Journal
N° 118 de février 2016 |
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Les fausses solutions pour l’agriculture, ça
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