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N°451 Semaine du 11 au 17 avril 2016 10 avril
2016 |
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A PROPOS DU SYNDICALISME EN FRANCE (2ème partie) |
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Lire Egalement A PROPOS DU SYNDICALISME EN FRANCE Et « Panama Papers » Des raisons supplémentaires pour
abattre le capitalisme Et Et Samedi 9 avril tous dans la rue Et Amérique Latine: l'Impérialisme US veut
resserrer son contrôle sur toute la région Et Et Et Indre : La Cour d’Appel de Paris veut
expulser les syndicats de Châteauroux de leurs locaux |
A la
veille du 51ème congrès de la CGT, ce texte (qui fait suite à celui de la
semaine dernière) rappelle l’opinion de notre parti sur le syndicalisme dont
les travailleurs français ont besoin. À l’attaque globale contre les salariés il faut
opposer une réponse globale L’union des salariés autour des
revendications fait peur au patronat. Il déploie d’énormes efforts de
propagande et multiplie les manœuvres pour qu’elle ne se réalise pas. Dans le syndicalisme lui-même, il
y a tous ceux qui s’opposent à ce que l’action unie contre le capitalisme se
développe. La voie du « dialogue social » avec le patronat et le
gouvernement, choisie par l’ensemble des centrales syndicales en est
l’illustration. La notion de « partage » ou « meilleure
répartition des richesses » laisse entendre que le capital doit être
rémunéré, qu’il serait aujourd’hui trop gourmand, partager serait alors plus
« convenable ». On est en plein dans la gestion du capital, on est
loin de la contradiction capital-travail dont les intérêts ne sont pas
conciliables. Rappelons que l’ensemble des richesses est créé uniquement par
le travail. Elles doivent donc revenir en totalité aux travailleurs pour
satisfaire l’ensemble des besoins économiques et sociaux. Mais pour cela, il
faut par la lutte, que les travailleurs s’approprient les moyens de
production et d’échange sans aucun compromis avec le capital, qu’ils en
assurent la gestion. Aujourd’hui dans le syndicalisme
français on parle de « syndicalisme rassemblé ». Rassemblé pour
quoi faire ? Pour lutter résolument contre le patronat ou au contraire pour
cautionner sa politique ? Comment justifier un « syndicalisme rassemblé »
avec des organisations syndicales, en particulier la CFDT dont le niveau de
compromission est total, qui signent avec le patronat des accords au rabais
remettant en cause les acquis antérieurs et qui capitulent devant les
représentants du Medef ? Proposer de se rassembler sur une
base de recul social c’est illusoire et très dangereux. Cette union-là est dirigée contre
les intérêts des salariés, elle fait le jeu du patronat. C’est un piège
dirigé contre les travailleurs. L’existence et le développement d’un syndicalisme de
classe sont indispensables pour que l’union se réalise dans la lutte des
travailleurs contre le patronat. C’est aussi pour cela que le
syndicalisme de classe est attaqué. Les idées réformistes ont encore gagné du
terrain. Aujourd’hui le syndicalisme de classe doit affronter et faire face à
de nombreuses tentatives de dévoiement externes à l’organisation, mais aussi
internes à l’organisation elle-même. Déjouer ces manœuvres de tous bords qui
se développent aujourd’hui, exige l’intervention des syndiqués et des
salariés. Français – immigrés même combat. « Prolétaires de tous pays
unissez-vous ». Dès sa création, le syndicalisme
de classe a fait sien ce mot d’ordre. La solidarité de classe contre le
capitalisme concerne les travailleurs du monde entier. Les travailleurs de
tous les pays sont unis par leur lutte contre l’exploitation capitaliste. En France, la solidarité français
– immigrés n’est pas un vain mot. Elle s’est construite dans les luttes
sociales et anti impérialistes. Travailleurs immigrés et français ont les
mêmes droits et les mêmes devoirs. Le syndicalisme doit s’opposer à toutes
les tentatives de division, il doit s’opposer à toutes les discriminations, à
toute forme de racisme. Combattre l’Europe capitaliste. Ce grand ensemble économique et
politique capitaliste se développe et se structure, l’Europe a été construite
pour cela. Le patronat pousse à
l’intégration européenne dont il attend un renforcement du capitalisme. Avec
le nivellement par le bas des salaires et des législations sociales, la casse
des acquis et des statuts, il espère faire baisser ce qu’il appelle « le coût
du travail ». Avec la fin des monopoles publics et la généralisation des
privatisations, il veut encore accroître ses profits. C’est dans cette Europe
que la part des salaires dans la valeur ajoutée a le plus baissé. Le patronat européen veut un
syndicalisme de collaboration de classe dans cette partie du monde
capitaliste comme celui qui existe dans la presque totalité des pays concernés.
Dans la plupart des pays européens, les organisations syndicales sont membres
des partis sociaux-démocrates. Ils sont membres de cette social-démocratie
qui sert en toutes circonstances la politique du patronat. Des « pactes
sociaux » sont conclus associant les syndicats au recul du pouvoir d’achat
des salariés, à l’abaissement du prix de la force de travail. Ces
renoncements encouragent les gouvernements d’Europe à chercher des compromis
nationaux sur la base d’une limitation des exigences sociales et d’une
régression des droits acquis. Toutes les grandes centrales syndicales françaises
sont adhérentes à la confédération européenne des syndicats (CES) dont le but
est d’intégrer le syndicalisme européen aux objectifs du capital. Ce n’est pas de ce syndicalisme dont les salariés
ont besoin. Ils ont besoin d’un syndicalisme qui à l’échelle européenne et
internationale lutte résolument contre le patronat et les grandes
multinationales. Ils ont besoin d’un syndicalisme
qui défende en toutes circonstances les revendications des salariés, ce qui
n’est évidemment pas le cas avec la CES. Les travailleurs d’Europe ont
besoin de lutter ensemble contre l’Europe capitaliste, c’est l’Europe de
leurs ennemis de classe. En Europe comme en France, il n’y a pas d’issue positive
pour les salariés en dehors de la lutte contre le capital. Pour un syndicalisme indépendant. Un syndicalisme de classe doit
être indépendant. Il doit être indépendant du patronat et du Medef. Il doit
être indépendant des gouvernements quels qu’ils soient. Il doit être
indépendant de tous les partis et organisations politiques sans exception. De
plus en plus souvent, les centrales syndicales, y compris la CGT, appellent
ouvertement à voter pour tel ou tel candidat aux élections, ce fut le cas aux
présidentielles en 2002 pour « faire barrage au Front National » et
en 2012 pour « Chasser Sarkozy », en aucun cas il n’était question
de combattre le capital. Le syndicalisme doit être uniquement guidé par
l’intérêt des travailleurs. Dans leur lutte, ceux-ci se
heurtent à la politique du patronat et à tout l’appareil d’état. Par
conséquent, le syndicalisme est amené à prendre position sur toutes les
questions. Pas de questions interdites, pas
de questions « réservées ». Il doit exprimer son point de vue de classe sur
toutes les questions qui concernent les salariés, l’exploitation des
travailleurs par le capital. Au premier chef, les salariés sont concernés par la
politique du patronat, par les décisions politiques du gouvernement, par les
positions des partis et organisations politiques. Le patronat et les gouvernements
serviteurs disposent de tous les grands médias. Ils les utilisent pour
affirmer qu’il n’y a pas d’autre politique possible que la leur. C’est la «
pensée officielle » qu’ils voudraient unique qui domine aujourd’hui. Les uns
et les autres veulent imposer l’alignement sur cette « pensée officielle ».
Pour eux, le syndicalisme ne devrait être qu’un instrument au service de leur
politique. Ils n’acceptent pas le syndicalisme indépendant. Ils culpabilisent
les travailleurs qui luttent, l’action revendicative devient un délit. La
multiplication de condamnations de militants syndicaux qui vont jusqu’à des
peines de prison ferme, la restriction des libertés publiques et
démocratiques pour museler, intimider les travailleurs dans leur volonté de
lutter en est l’illustration. Il faut engager résolument la lutte pour les
revendications et les libertés syndicales en même temps car les
revendications n’existent pas sans libertés syndicales. Indépendant mais pas neutre. Le syndicalisme dont les
travailleurs ont besoin se doit d’éclairer la situation par des prises de
position politiques. Il doit dire ce qu’il pense de la
politique du pouvoir qui dirige la France, les décisions qu’il prend, des
objectifs qu’il poursuit. Pour qui travaille le
gouvernement actuel dit « de gauche », pour le patronat ou pour le
peuple ? Un syndicalisme de classe se doit
de prendre position clairement et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.
Il se doit de porter un jugement sur le comportement de toutes les forces
politiques. Le syndicalisme dont les travailleurs ont besoin se
doit d’être au service des travailleurs dans leur lutte contre le patronat et
contre tous ceux qui le servent. Il se doit de lutter pour abattre le
capitalisme, incapable de résoudre les problèmes humains, lutter pour changer
de société. Le syndicalisme, la paix, la
solidarité internationale Le capitalisme mondial avec à sa
tête les États-Unis se comporte comme le gendarme du monde. Les conflits
armés qu’il organise font des millions de victimes. Tous ces conflits, sans
exception, sont menés pour asseoir la domination du capitalisme sur
l’ensemble de la planète, exploiter les peuples, contrôler les sources
d’approvisionnement, les marchés mondiaux. Pour imposer de force sa
domination, l’impérialisme pille des pays entiers, déclenche des guerres,
foule aux pieds l’indépendance des nations et des peuples. Un syndicalisme de classe se doit
de défendre la paix et l’indépendance des peuples contre l’agresseur partout
où elles sont menacées. Depuis la disparition de l’URSS,
le capitalisme domine pratiquement le monde entier. L’exploitation des
travailleurs et des peuples atteint des proportions jamais connues. Fidèle à sa tradition, le
syndicalisme réformiste de collaboration de classe compose avec le patronat.
C’est ce qu’il appelle « s’adapter au nouvel environnement économique et
social ». D’adaptation en adaptation, de
compromission en compromission, ou allons- nous ? Voyons à quel point le capitalisme
exploite les peuples d’Afrique, d’Asie, du proche et du Moyen-Orient,
d’Amérique du Sud qui représentent les deux tiers de la population du globe!
La seule limite que les capitalistes connaissent c’est la force et la
résistance que les salariés et les peuples leur opposent. En France, l’existence même du syndicalisme de
classe est menacée. Confrontés aux dures réalités,
les salariés ressentent de plus en plus les effets de la politique du
capital. Des luttes se développent. Les
exigences revendicatives grandissent sur l’emploi, les salaires, les
conditions de travail, les acquis, les retraites… Les revendications se
heurtent de plus en plus fortement au patronat, au gouvernement. Elles se
heurtent de plus en plus à toutes les formes de réformisme, aux nombreuses
variantes de la social-démocratie. Pour réaliser leurs objectifs, patronat et
pouvoir veulent la liquidation du syndicalisme de classe dans notre pays.
S’ils parvenaient à leur fin, les conséquences seraient désastreuses pour les
salariés et pour le peuple. Il ne faut pas les laisser faire. Démocratie, synonyme d’efficacité. Le syndicalisme de classe est
indispensable aux salariés. Il doit être leur expression, l’expression de
leurs besoins, de leurs revendications, il doit leur appartenir. Les syndiqués
doivent occuper toute leur place dans l’organisation syndicale. Pas de
réflexion, pas de décision qui ne soient l’émanation des syndiqués. Pas de
dirigeants qui se soustraient au contrôle des adhérents. La démocratie
syndicale, c’est cela. Face à cette offensive pour casser le syndicat
révolutionnaire, des forces importantes agissent. Partout des syndiqués, des
responsables syndicaux à tous les niveaux ne sont pas disposés à accepter
cela. Nombreux sont les membres de la CGT qui ressentent le besoin de
conserver et de développer le syndicalisme de classe et de masse. Avec eux,
des centaines de milliers de salariés luttent contre le capital. C’est sur
cela que le syndicalisme révolutionnaire doit s’appuyer pour que grandisse
l’exigence d’un syndicalisme de classe. Son existence et son renforcement dépendent du
niveau des luttes et du poids que pèseront les syndiqués et les travailleurs. C’est vers celles et ceux qui
luttent que nous apportons toute notre aide et notre soutien. La lutte unie,
déterminée, permanente contre le capital et ses serviteurs est la seule voie
qui permettra de satisfaire les besoins sociaux. Vous connaissez maintenant notre opinion nous
souhaitons connaître la vôtre, en débattre avec vous. Le syndicalisme de
classe doit se développer partout sur le lieu d’exploitation qu’est
l’entreprise. Qu’en pensez-vous ? Lire, enregistrer
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