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comporte des caractères illisibles, cliquer sur ce lien COMMUNISTES N°495 Semaine du 13 au 19 février 2017 15 février 2017 |
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Fusions
des Universités : Pourquoi ? |
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Lire Egalement Et Présidentielle
: Une seule voie pour que ça change Et Manifestations
monstres en Roumanie Et Le véritable programme de M. Le Pen Et La seule voie possible pour développer
l’industrie en France |
Les
Universités parisiennes, comme partout en France, sont entrées dans des
processus de fusion. Ces derniers sont plus ou moins avancés et rencontrent
des résistances variables selon les établissements. Cette politique de fusion
est présentée comme devant placer les Universités françaises en position de
force pour se partager le « marché international » de l'enseignement
supérieur. S'y ajoute la compétitivité des entreprises. Ils contrôlent la recherche au service des entreprises. Il s’agit pour une entreprise de capter à son profit les richesses
produites par les salariés. Comment ? En élaborant des procédés et des
fabrications qui permettent de produire à moindre coût et en fabriquant des
marchandises de valeur d’usage supérieure à celle des concurrents. Les grands
groupes n’investissent plus dans l’hexagone et ces choix ont de sérieuses
conséquences sur l’activité industrielle. Sur les 500 multinationales les
plus puissantes, 31 sont françaises. Leur internationalisation se fait au
détriment de leur base nationale. Mais plus elles s’internationalisent plus
elles se fragilisent. Rhodia a été absorbée par le belge Solvay, Alcatel a
été rachetée par Nokia, le cimentier Lafarge numéro 2 mondial a été racheté
par le Numéro 1 le Suisse Holcim, Alstom a bradé sa branche énergie à
l’Américain Général Electric, Technip vient d’être rachetée par l’américain
FMC technologie, dans le domaine des transports, Norbert Dentressengle a été
rachetée par l’américain XPO. Ces rachats malgré les promesses sont suivis
par des baisses d’effectifs. Cette politique entraîne le pays sur la voie du
déclin par une désindustrialisation accélérée. Ce ne sont pas les nouvelles technologies
qui sont responsables du chômage, pas plus que les découvertes scientifiques,
ce sont les choix économiques des grands monopoles capitalistes. Le rôle de la recherche est essentiel dans cette lutte. C’est elle qui
permet de produire un profit supérieur aux concurrents, mais les dépenses de
recherche amputent le profit. D’où pour le capital l’impérieuse nécessité,
afin de maintenir son sacro-saint taux de profit, de faire assurer une partie
de l’effort de recherche par la recherche publique. Ce transfert au public
est d’autant plus nécessaire que la recherche est aléatoire et que le capital
n’aime pas l’aléatoire. Plus le capital s’accumule, plus son exigence de
profit est forte et plus ce profit doit être rapidement obtenu. Quelles sont les conséquences sur la recherche et les universités ? Ainsi, les réformes engagées depuis le pacte pour la recherche de 2006
sont guidées par une seule logique celle d’assujettir l’Enseignement
Supérieur et la Recherche (ESR) aux besoins de profit du capital. La recherche
publique s’était structurée autour d’organismes nationaux qui ont conféré à
la communauté scientifique des moyens permettant le développement de la
recherche dans tous les domaines. La loi sur l’innovation d’Allègre de 1999
introduisit un changement de cap en permettant aux chercheurs et enseignants
chercheurs de créer au sein des universités et des organismes de recherche,
des start-up et des incubateurs aidant au démarrage des entreprises. Aujourd'hui, l’ANR (Agence Nationale pour la Recherche) qui finance
sur contrat très sélectifs et l’Agence d’ Evaluation de la Recherche et de
l’Enseignement Supérieur (AERES) qui sont sous le contrôle strict de l’État,
sont les deux côtés de la tenaille qui décident de la vie et de la mort des
laboratoires et des formations. Depuis le pacte pour la recherche le pouvoir politique a la main sur
l’enseignement supérieur et la recherche. La loi Fioraso de juillet 2013 qui
a fait de l’innovation et du transfert l’alpha et l’oméga de la politique de
l’ESR a créé les Communautés d’universités et d’établissements (Comue),
regroupements territoriaux d’établissements d’enseignement supérieur dans
lesquels les organismes de recherche sont partie prenante. Ces Comue sont les
outils d’une territorialisation de la recherche et de l’enseignement
supérieur, c’est à dire d’une soumission des thèmes de recherche et des
enseignements aux intérêts à court terme des entreprises de la région. Dans
le cadre de la politique de réduction de la dépense publique les Comue sont
aussi des outils de mutualisation des fonctions universitaires et de
recherche. Elles sont des lieux d’affrontement pour le pouvoir : quelle
communauté scientifique va avoir un rôle dominant dans le nouvel ensemble ?
Les votes au CA de paris 6 et paris 4 montrent ces différences d'intérêts. La
Comue Hesam a explosé en vol avec la sortie de l’Université Paris I Panthéon
Sorbonne. Quant à Saclay c’est de la dynamite ! Les grandes écoles qui ne
sont pas sous tutelles du MESR n’ont pas l’intention de se mettre sous une tutelle
universitaire. Or, les Comue sont les bases des Idex, qui sont une source de
financement très inégalitaire mais très essentielle pour la minorité qui en
bénéficie. Le jury a recalé la plupart des Idex pour des problèmes de
gouvernance qui faisait la part trop belle aux composantes. Le message du
Jury a été entendu et maintenant c’est la course à la fusion. Ces
réorganisations gigantesques entraînent les laboratoires et les universités
dans des recompositions dont on ne voit pas la fin. Il faut tailler dans le
vif et se débarrasser de ce qui n’est pas jugé utile. Ce d’autant que la
baisse des moyens financiers de l’Etat est telle qu’il n’y a plus de place
pour développer les enseignements pluridisciplinaires et une recherche de
base permettant d’alimenter les recherches finalisées. Depuis le début du
quinquennat on nous annonce la sacralisation du budget de l’ESR. Mais chaque
année, le gouvernement opère des amputations budgétaires qui obligent les
établissements à puiser sur leur fonds de roulement. Le budget 2017 des organismes et des universités n’augmente que des
sommes nécessaires pour financer les très faibles mesures salariales fonction
publique. Le budget des établissements est à la limite de la rupture. Nous
pouvons estimer à 5900 emplois soit plus de 10% des effectifs autorisés par
le parlement qui ne seront pas pourvus par les directions. Faute de masse
salariale suffisante les effectifs totaux des organismes de recherche ont
subi une diminution importante en 2015 ; baisse de 1,5% sur un an de 5,2%
depuis 2010. Le PDG du CNRS dans Sciences et avenir alerte sur le besoin de
financement du CNRS et prévient que son budget contraint fait courir des
risques de décrochage à la recherche française. Cette situation se retrouve
dans les universités. La masse salariale des contractuels constitue une marge
de manœuvre budgétaire utilisée par les Directions. La montée en puissance du
financement de la recherche sur appel à projet s’est accompagnée d’une
explosion de la précarité. Il y a au moins 70 000 travailleurs précaires
(Contrat à Durée Déterminée et vacataires) dans l’ESR qui ont pour la
majorité d’entre eux pôle emploi comme seule perspective. Pourquoi, l’État n'a-t-il pas les moyens de financer la recherche
publique ? Chaque année c’est autour de 260 Milliards d’€ près de 12% de la
richesse créée par le monde du travail qui vont alimenter le capital sous
forme d’aides directes et de crédit d’impôt octroyés par le gouvernement.
Cette manne financière sert au patronat à déployer son internationalisation.
Sanofi qui bénéficie du CIR et du CICE a licencié 3000 salariés et se livre
depuis plusieurs années à une politique de croissance externe par l’achat de
boîtes de biotechnologie. La rétraction de l’industrie réduit les moyens
financiers de l’État. C’est cette politique qui est à l’origine de la
restructuration de l’ESR. La baisse continue des budgets, le travail précaire
de masse, les mutualisations forcées, la quête permanente aux financements,
le renouvellement incessant des contrats de recherche déstabilisent les
collectifs de travail, dégradent les conditions et l’ambiance de travail. Les
réformes successives n’ont cessé d’introduire des nouveaux critères calqués
sur ceux du privé ; compétition à tout va, idéologie du gagneur, rejet des
agents jugés insuffisamment compétitifs, management à la productivité ou à la
performance. Cette transformation profonde de la nature de l’ESR a généré une
ambiance délétère qui met à mal les solidarités et engendre mal être et
souffrance au travail. Le développement scientifique et technique, la
formation et la qualification des jeunes et des salariés sont absolument nécessaires pour répondre
aux défis d’un monde qui bouge à grands pas. Le capitalisme fait la démonstration tous les jours qu’en cherchant à détourner les avancées
scientifiques et techniques à son seul objectif : la recherche du profit
par de nouvelles formes d’exploitation, est un frein au développement
économique et social. Il empêche ainsi le peuple de profiter de ces progrès
pour améliorer la vie, assurer l’avenir
des enfants et celui de la planète. Cette question de fond est posée à
tous. La réponse ne se trouve pas dans un aménagement du système, mais bel et
bien dans un changement fondamental qui débarrasse du système d’exploitation
capitaliste comme fondement des rapports sociaux. Les scientifiques, tous
ceux qui concourent au développement des connaissances et à leur transmission
ont leur place dans ce combat. Lire, enregistrer et/ou imprimer cet article au
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Lire Egalement Et Comité National du 21
janvier 2017 - rapport Et Comité National du 21
janvier 2017 - discussion Et Bureau National du 07
décembre 2016 - rapport |
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