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COMMUNISTES |
N°420 Semaine du 07 au 13 septembre
2015
05 septembre
2015
Elections
régionales et recomposition politique
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La rentrée
politique s’effectue sur fond de rejet massif des partis politiques et du
mécontentement croissant vis-à-vis de la politique du gouvernement. Le MEDEF poursuit son offensive et donne le ton en fixant
trois exigences : agir « sur
le marché du travail, les dépenses publiques et la simplification ». (le
Figaro du 27/08). « Le Code du
travail est dense et complexe (…), le gouvernement aura une formidable opportunité de procéder à des réformes »,
précise Gattaz. Hollande et Valls voient leur feuille de route toute
tracée. Macron devant les patrons du MEDEF se fait acclamer en critiquant
« la gauche qui a cru que la
France pourrait aller mieux en
travaillant moins », rappel de la campagne de Sarkozy en 2007. Valls fait mine de se distancer de son ministre de
l’économie sur le maintien des « 35 heures » mais c’est pour
rappeler la nécessité de la « flexisécurité » et sa volonté de
« réformer le marché du travail » en dénonçant
« un Code du travail si complexe
qu’il en est devenu inefficace »
et faire applaudir Badinter et Lyon-Caen qui proposent le détricotage pur et
simple de ce Code. Comme le gouvernement ne peut à la fois satisfaire les
intérêts du capital et ceux des travailleurs, les élections régionales
s’annoncent périlleuses pour la gauche confrontée à la montée de la droite et
surtout du FN. D’où la
recomposition politique à gauche qui va diffuser diverses
« tendances » pour capter les électeurs le plus largement possible. Le gouvernement applique scrupuleusement la stratégie des
monopoles et ne cesse de donner des gages au capital. Au PS, la charge de
développer la démagogie et le langage de « gauche » Cambadelis (1er
secrétaire) appelle à fonder un nouveau « pôle progressiste »
pour contrer une droite « lepénisée et radicalisée » pour
l’élection présidentielle. D’autres dirigeants sociaux-démocrates évoquent une
« grande alliance populaire »
qui dépasserait les partis à la base (sur le modèle déjà défraîchi de
Podemos). Relayant directement le gouvernement, les
« réformateurs » (énième tendance du PS) proposent de « dépasser le clivage droite/gauche », lorgnent ouvertement vers le
« centre » et la « droite républicaine » et insistent sur les « convergences de
vue » avec des hommes comme Juppé dont Najat Vallaud-Belkacem a salué
les propositions sur l’école ! L’aile des « frondeurs » opère une autre
mission : garder les électeurs populaires en faisant miroiter la
possibilité d’une répartition autre de l’argent … tout en soutenant les aides
au Capital. Les grenouillages sont nombreux et toutes les manœuvres sont
permises. Ajoutons qu’Hollande et Valls sont derrière le départ de
dirigeants écologistes aspirant à une destinée ministérielle. Pour cela,
Placé et de Rugy prônent des listes unitaires derrière le PS aux régionales. Mais le PS a de plus en plus de mal à tromper les
travailleurs qui mesurent de plus en plus que le PS est un parti du
capital. Pour les Partis composant le Front de gauche, une crise
s’est ouverte avec l’échec de Syriza en Grèce, échec qui remet en cause leur
propre stratégie. Syriza a démontré que l’on ne peut dans le cadre du
capitalisme et de l’UE satisfaire les revendications fondamentales des
travailleurs et du peuple. Parti de gauche et
PCF voient considérablement affaiblies leurs « propositions
alternatives » et se divisent. Mélenchon défend un « plan B »
(rupture avec l’euro) et l’alliance avec Varoufakis ancien ministre des
fiances grec (comme Montebourg). Le PCF continue de défendre Syriza et Tsipras « victimes du mur de la finance »
qui auraient eu « le mérite de
poser la question de l’austérité en Europe » ! (La poser pour
mieux l’appliquer !). Rien de nouveau, PG et PCF finalement l’un et l’autre
continuent de défendre une ligne réformiste d’aménagement du capitalisme. Existent aussi des
divergences avant tout politiciennes et clairement électoralistes. Le
Parti de gauche (Mélenchon) veut construire des listes communes avec EELV
(Ecologistes), accord acté dans 5 ou 6 régions selon Mélenchon, 4 pour les
Verts. Le PCF ferait les frais de cet accord puisque EELV
dénonce les « cumulards » de ce Parti. Pierre Laurent (PCF) monte
au créneau : « Le Front de
gauche ne peut pas, pour quelques postes, être la roue de secours d’une EELV
qui chercherait à sauver les meubles ». On voit que les préoccupations de ces partis se tournent
en priorité sur la lutte des places, que la question des enjeux véritables
des régionales est bien loin de leurs discours. En effet, tant les Partis du capital : Les
Républicains, le PS, le FN que les tenants d’une fausse alternative, tous
s’inscrivent aux régionales dans l’application de la réforme territoriale. Cette élection est uniquement envisagée comme tremplin
pour la présidentielle et pour gagner des élus. Le FN pour sa part continue de tisser sa toile. C’est
tout d’abord la consolidation des liens avec des secteurs monopolistes. C’est l’objectif principal de l’invitation de Marion
Maréchal-Le Pen à l’université catholique du Var (où le FN frise les 40 %). L’évêque de Toulon, Mgr Rey est connu pour ses liens très
étroits avec le grand capital qui finance son diocèse. L’année dernière à
l’assemblée du MEDEF, il présentait
l’entreprise comme « un lieu
d’espérance » où l’on s’éduque et vit ensemble, en se
réalisant en créant des richesses ! » Cette apologie du capitalisme lui vaut de nombreux liens
et soutien dans les milieux patronaux. Avec les gages au
capital, le FN poursuit avec succès sa démagogie « sociale » puisque l’économiste
proche du Front de gauche Jacques Sapir appelle à un rapprochement avec le FN
sous couvert de « Front de
Libération nationale » et de sortie de l’euro. Rappelons que le FN, comme tous les autres Partis,
s’inscrit dans la reconnaissance de la « Région-Stratège »
économique, c'est-à-dire, dans l’affaiblissement de l’État-nation, des
communes et départements (héritage de la Révolution française), pour mieux
servir les objectifs de profit du
capital et des multinationales
soutenues par l’UE. Les
élections régionales constituent une bataille importante pour notre Parti
révolutionnaire –Communistes-. Tout d’abord en précisant ses enjeux. Cette réforme est
une attaque majeure contre les conditions de vie et de travail de la majorité
des salariés. Le caractère public des secteurs d’éducation, de santé, de
transports … sera affaibli … réduisant toujours plus la satisfaction des
besoins élémentaires. La réforme
renforce la subordination à l’Europe capitaliste (UE), puisque les créneaux
économiques des régions seront fixés par les besoins exclusifs des
multinationales européennes et françaises... Notre
Parti défendra d’un même mouvement la souveraineté nationale et la lutte
contre le capitalisme et l’UE. Cela passe par la défense des pouvoirs de proximité
(communes, départements), la défense des revendications quotidiennes :
salaires, emplois, conditions de travail, retraites ; la bataille
pour défendre les services publics ; la lutte pour la nationalisation
sans indemnisation des monopoles avec gestion démocratique ; la lutte
pour la paix contre la politique de guerre du gouvernement et de l’OTAN
dans la perspective historique du renversement du système d’exploitation.
Notre campagne sera celle d’un Parti appelant et soutenant les luttes
car l’expérience montre que toutes les
conquêtes sociales ont été arrachées
par les grèves massives, les
manifestations et les luttes
politiques et la compréhension que l’ennemi c’est le capitalisme! Lire,
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