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COMMUNISTES |
N°420 Semaine du 07 au 13 septembre
2015
05 septembre
2015
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17
septembre : grève des
enseignants du second degré contre la
réforme des collèges |
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sont à l’œuvre, il faut les empêcher |
Effectifs
et conditions de travail Dans le second degré, mis à part
l’UNSA et la CFDT, qui sont cul et chemise avec le gouvernement, toutes les
autres organisations syndicales appellent à une nouvelle grève contre la
réforme du collège le 17 septembre. On attend encore les fameux 60
000 postes dans l’éducation nationale promis par le candidat Hollande. Dans
le premier degré, les départements ont eu des dotations soit carrément en
baisse, soit en hausse insuffisante pour absorber l’augmentation du nombre
d’élève. On ne résiste pas à évoquer le tour de passe-passe concernant
l’académie de Créteil, la plus déficitaire de France en matière de
professeurs des écoles. Le ministère a ouvert au printemps un concours
spécial pour recruter 400 enseignants de plus dans cette seule académie. Oui
mais… Lorsque le concours « normal » est arrivé, on s’est aperçu
qu’il offrait 500 places de moins que l’année précédente. Donc, globalement, les
effectifs des classes continuent de monter. Au lieu, comme il l’avait
annoncé, de rétablir la formation des stagiaires, le gouvernement les utilise
comme variables d’ajustement en les mettant en poste directement (ça fait des
économies). Le maintien du recrutement à bac plus cinq, décidé sous Sarkozy a
en outre pour effet de changer peu à peu la sociologie des enseignants, bien
plus nombreux à être issus de milieux petits bourgeois désormais et à laisser
sur le carreau de nombreux étudiants de familles ouvrières qui ont du mal
financièrement à poursuivre des études au-delà de la licence. Ensuite, c’est la dégradation
continue des conditions d’étude des élèves et des conditions de travail des
enseignants grâce à la réforme réactionnaire des rythmes scolaires. Selon que
la commune sera puissante ou misérable, les activités périscolaires proposées
seront ou pas enrichissantes. Et quand elles le sont, c’est la marque d’une
volonté politique de telle ou telle commune de prendre des compétences qui
appartiennent à l’école. C’est moins de piscine, moins de gymnase, moins
d’activités culturelles dans les villes, puisque ces choses se font dans le
cadre du périscolaire que privilégie la commune. Ensuite, la réforme a dressé
un mur entre les deux types d’activité : scolaire et périscolaire, pas
de lien, pas de cohérence, seulement des conflits de compétences ou de
locaux… Enfin, la journée de l’enfant est loin d’avoir diminué, il est juste fatigué
un peu plus tôt dans la semaine qu’avant. On sent bien que le but final est
celui d’un désengagement total de l’Etat et d’une territorialisation de
l’école. L’aspect
idéologique La politique menée par la
gauche ne change rien à cette affaire. Elle poursuit deux buts
parallèles : limiter les possibilités d’émancipation des enfants du
peuple et les formater au maximum, leur faire avaler que le capitalisme est
le meilleur des mondes possible. L’ensemble
de la gauche politique n’arrête pas de nous rebattre les oreilles avec la
refondation de l’Ecole, comme si quelque chose avait changé. Le principal outil de la formation de nos enfants est le socle commun,
créé par Fillon en 2005, enrichi par Darcos en 2008 et sacralisé par Peillon
en 2013. C’est cette même volonté de ne pas permettre aux enfants d’envisager
tel ou tel savoir-faire dans sa globalité, de lui permettre de s’y exercer,
mais, au contraire de les mettre dans la situation de futurs travailleurs ne
maîtrisant qu’une ou deux micro-compétences. Ce socle commun, c’est
l’adaptation de l’Ecole aux besoins actuels du patronat en France : des
travailleurs peu ou pas qualifiés. C’est dans les nouveaux
programmes de maternelle (déjà sortis) et d’élémentaire (à venir) que l’on
découvre concrètement ce que signifie la décision politique d’empêcher
l’émancipation des enfants. La lecture est désormais conçue tout à fait
officiellement non pas comme la compréhension d’un message écrit mais comme
la traduction d’écrit en oral, quelque chose qui se parlerait. L’école a donc pour but de fabriquer des
gens qui n’auront plus le goût de lire, car l’activité sera trop fastidieuse.
La Bourgeoisie a toujours été réticente à mettre les livres à portée des
ouvriers, des salariés ou de leurs enfants : ils ouvrent des horizons et
permettent d’aider à trouver les clés du fonctionnement du monde… Nous avons ensuite droit à
l’arrivée dans tout le parcours scolaire d’un nouvel enseignement :
celui de l’éducation morale et civique. Il n’est pas difficile de comprendre
ce que cela signifie : les enseignants sont conviés à « transmettre
les valeurs de la République », laquelle est définie comme
« laïque, démocratique et sociale » rien de moins. Ils sont
enjoints à la transmission et à la neutralité : ils doivent faire avaler
les valeurs du capitalisme sans esprit critique, sans même en susciter chez
les élèves. A noter que la charte de la laïcité, fournie cette année avec les
documents accompagnant les programmes d’EMC commence par un article 1 qui dit
entre autres : « La République respecte toutes les croyances »
avant de parler de combat contre, par exemple, les discriminations. Si l’on
compare, l’article 1 de la loi de 1905 dit lui « La République ne
reconnaît aucun culte. » C’est assez éclairant sur la conception qu’a ce
gouvernement : il met de côté la loi de 1905 et ne défend pas la
laïcité, mais l’œcuménisme ; nous
passons de : « Vis ta religion dans ta sphère privée
uniquement » à « Pas d’offense aux religions à l’école ». Une
pierre de plus dans l’édifice idéologique d’insertion au système que bâtit le
parti au pouvoir. Des
ferments de lutte Tout cela ne paraît pas bien
encourageant. Pourtant, derrière cet état des lieus se cache une volonté
accrue de ne pas se laisser faire chez les enseignants. Dans le premier
degré, les conditions de travail dégradées ; le salaire bloqué depuis
des années et l’impression d’avoir un gouvernement qui se moque des salariés
entraînent une ambiance où la colère l’emporte sur la morosité. Le lien se
fait plus facilement qu’avant avec la situation économique et sociale en
général, l’austérité et le pacte de responsabilité. Un peu partout des grèves
ont eu lieu le jour de la rentrée pour obtenir des ouvertures de classe. Dans les
salles des profs et des maîtres, on évoque la journée du 8 octobre qui verra
peut-être une grève. Cette
rentrée se place sous le signe de l’austérité et du contrôle idéologique
renforcés, mais l’envie d’en découdre grandit aussi. Lire, enregistrer et/ou imprimer cet article
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