Gantry 5

 

France.
Coronavirus. Une chape de plomb, encore plus épaisse qu’à l’accoutumée, pèse sur les mouvements sociaux en liaison avec l’épidémie devant le refus des salariés de mettre leur santé en danger pour satisfaire les exigences du capital. Sans prétendre en faire le tour complet par manque d’informations il est possible de faire état de retrait pour mise en danger à la Poste, chez Safran (Le Havre), Arcelor (Le Creusot) Merlin Gerin (Alès) Amazone (Drome) aux Transports de Strasbourg, Chantiers de l’Atlantique, etc.
La fédération CGT des services publics a déposé un préavis de grève qui couvre tout le mois d’avril.
Pendant ce temps l’impuissance de l’Etat pour assurer la sécurité sanitaire du pays apparait dans toute son étendue. Les besoins élémentaires de prévention (test de dépistage) ou de protection (masques) ne sont toujours pas à la disposition des personnels soignants avec comme conséquence une multiplication des contaminations dans le personnel (plus de 530 cas d’arrêt à l’AP-HP au 23.03) et des premiers décès. Situation encore plus dramatique dans les Ehpad où les décès se comptent par dizaines et qui donne-malheureusement- raison aux luttes engagées par le personnel pour avoir les moyens de remplir sa mission.
Devant ce scandale sanitaire le pouvoir ne pouvait rester silencieux où se contenter de remercier les personnels de santé. Macron a été obligé de faire des promesses de revalorisation des salaires et de moyens supplémentaires pour l’hôpital. Il n’en reste pas moins qu’aucun budget n’a été voté lors du collectif budgétaire pour apporter des réponses immédiates.
Dans le même temps les opérations de communication gouvernementale se multiplient. L’hôpital militaire est enfin installé plus de dix jours après l’annonce, tandis qu’un bâtiment militaire de 32.000 tonnes est mobilisé pour transporter 12 malades entre la Corse et le continent. Les « entreprises » ne sont pas en reste. LVMH annonce qu’il va faire don de 10 millions de masques (fait en Chine), de son côté la grande distribution-qui supprime des milliers d’emplois- annonce une prime de 1000 euros (défiscalisée et sans cotisation sociale) pour le personnel en contact avec la clientèle. Quelle générosité ! Le capitalisme qui partage l’effort national !
Pouvoirs spéciaux. Profitant de l’épidémie le pouvoir a demandé et obtenu du Parlement le vote de pouvoirs spéciaux qui autorise le patronat à imposer aux salariés la prise de congés payés en lieu et place du chômage partiel. Le ministre Darmanin déclare à ce propos Lorsque l’on peut prendre des jours de congés pour pouvoir faire revivre notre pays, je trouve que c’est une pensée que chacun peut avoir. Une autre ordonnance met à mal le code du travail : celle qui prévoit la remise en cause des horaires de travail et impose une flexibilité entièrement soumise à l’arbitraire patronal (12 heures par jour, 60 heures de travail par semaine, travail de nuit où du dimanche) ordonnance qui couvre une période allant jusqu’au 31 décembre, bien au-delà de la période prévue de l’épidémie. Cela pendant qu’un collectif budgétaire validait toutes les promesses d’aide au capitalisme.
Les unions régionales de la RP (CGT, FO, Unsa, Solidaires, Unef, UNL (lycéens) dans un communiqué commun dénoncent le recourt aux ordonnances et l’absence de solutions réelles aux besoins des services publics et des salariés. Sans surprise la CFDT est absente quand un texte met en cause la politique du pouvoir.
Syndicats. L’ensemble des confédérations et trois organisations patronales ont signé un « relevé de discussion » qui relève de l’union sacrée plus que du souci de la défense de l’intérêt des salariés, impossible d’envisager dans une telle rencontre. Le « dialogue entre partenaires sociaux » étant pour les signataires le seul horizon possible.
De nombreuses protestations d’organisations de la CGT (UD, fédérations, membre de la Commission confédérale, syndicats d’entreprises) demandent, avec juste raison, le retrait de la signature de la CGT du texte.
Profitant de ce texte, gouvernement et patronat accentuent la pression pour la reprise du travail dans des entreprises ou secteur d’activité non indispensable à la vie dans cette période.
On est loin de la nécessité absolue du confinement et des promesses d’indemnisation du chômage partiel. Le Nous devons continuer à produire et faire fonctionner le pays lancé par Macron le 22.03 a été entendu. L’Afep (les 100 plus grandes entreprises privées) abonde dans ce sens tandis qu’un accord gouvernement-fédération patronale du bâtiment pour la reprise des chantiers vient d’être signé, qu’Airbus annonce la réouverture de ses usines (ce qui entraine celle de tous les sous -traitants soit plusieurs dizaines de milliers d’emplois) que Berger et F. Roux de Bézieu font dans les mêmes termes la même demande. Peugeot et Renault annoncent vouloir reprendre leurs productions.
Patronat et gouvernement doivent trouver que la facture du chômage risque d’être trop élevée et qu’il faut la réduire autant qu’il est possible.
L’épidémie a fait éclater au grand jour les conséquences des politiques des fermetures d’entreprises, des délocalisations menées depuis quarante ans sur l’appareil productif national pour le plus grand profit du capital. Devant l’émotion suscitée par cette réalité des slogans tel rien ne sera plus comme avant ou il faut rapatrier les chaines de productions fleurissent dans les milieux gouvernementaux.
B. Lemaire et bien d’autres, qui déclarait il y a encore peu que l’Etat n’a pas vocation à diriger les entreprises concurrentielles à la place des actionnaires qui ont les compétences et le faire-savoir pour faire mieux que lui n’a pas changé d’avis sauf à déverser des milliards d’argent public pour répondre aux revendications des capitalistes.
L’Etat, qui a privatisé tout son parc industriel n’a aucun moyen - même s’il en avait la volonté- de faire pression sur les entreprises capitalistes. Celles-ci n’auront qu’un seul souci : restaurer au plus vite leurs profits pour rattraper ce qu’elles auront perdu du fait de la pandémie. Avant comme après le capitalisme restera ce qu’il est.
Dividendes. Comme il s’agit des dividendes sur l’exercice 2019, Total et Société Générale ont fait savoir que la distribution des dividendes ne serait pas affectée par la crise. Les autres sociétés n’ont pas fait connaitre-pour l’instant- leurs positions
Suppression d’emplois. Dunlopillo en liquidation judiciaire est repris par un concurrent. Sur les 177 salariés seuls 90 sont repris.

Monde.
Chili. La colère populaire contre le pouvoir et le maintien de la constitution datant de la dictature de Pinochet change de forme mais est toujours intacte. Aux rassemblements de rues (interdit pour confinement) ont succédé concerts de casseroles, banderoles, affiches.
Coronavirus. A côté des milliards mis à la disposition des capitalistes par les banques centrales, chaque Etat y va de sa propre aide. Après la France, l’Allemagne (1100 Mds), le Royaume Uni, l’Espagne annonce 200 Mds d’aide à son « économie ».
Aux USA, Trump a plus le souci de l’économie que de la santé de la population (il est vrai que le système de santé US est encore plus que d’autres impuissant à faire face). Il vient de déclarer « L’Amérique sera à nouveau et bientôt ouverte aux affaires ». Lorsqu’il clame « l’Amérique d’abord », il faut comprendre « le capitalisme américain d’abord » avec le vote par le congrès d’une aide de 2000 Mds de $.
UE Une réunion des chefs d’Etats et de gouvernements a eu lieu le 26.03. A l’ordre du jour la mutualisation de la dette des Etats au niveau européen a été demandée par neuf pays dont la France. L’Allemagne et la Hollande sont résolument opposées à une telle initiative qui entrainerait à leurs yeux des dépenses inconsidérées de la part de certains Etats, dépenses qui devraient être réglées par les Etats « économes ». Toujours la fameuse solidarité européenne.
Bourses. L’ensemble des bourses de la planète ont des résultats en dents de scie toute la semaine. Le CAC termine la semaine en légère hausse à 4442 points contre 3869 au début.
Le fond d’Etat norvégien vient de faire connaitre la perte qu’il a subi depuis le début de la crise : 115 Mds de $. Cela donne une idée de la destruction de richesses engendrée par le système capitaliste. Cac40 au 23.03 3869 points. Wall Street -17, 3% (16 au 20.03)

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France.
Lutte. Bigard. (Quimperlé, Finistère). L’épidémie n’arrête pas l’exploitation capitaliste. Les ouvriers sont appelés à la grève à compter du 16.03 pour s’opposer à la remise en place de pointeuses à l’entrée des ateliers au lieu de la sortie du vestiaire ce qui aurait pour conséquence de réduire leur temps de pose et d’augmenter la productivité sans contrepartie. La direction c’est refusée à toute discussion.
Répression. Marseille. Trois procès sont en cours contre les responsables CGT : dockers à la suite d’une plainte de FO en 2013 qui conteste le résultat des élections professionnelles, dans une entreprise du privé et à la SNCF. Plusieurs rassemblements et manifestations ont eu lieu.
Coronavirus. Confirmation des mesures en faveur du patronat avec 45 Mds d’aide pour les entreprises, 300 Mds de garantis pour les prêts consentis par les banques. C’est la Sécu qui va prendre en charge les arrêts maladies pour la garde des enfants (sans précision pour savoir si l’Etat remboursera cette dépense), suspension du versement des cotisations sociales, des impôts, des factures de gaz, électricité, des loyers. 2,5 Mds sont prévus entre l’Etat et les régions pour indemniser les indépendants des pertes subies.
Dans cette débauche d’argent pas un mot sur les revendications des personnels soignants, aucune annonce de budget pour l’hôpital. Le pouvoir se contente de remerciements et vante la conscience professionnelle ce qui ne coûte rien.
Conséquence du délabrement du service de santé et devant l’engorgement actuel et à venir des services de réanimation au fur et à mesure du développement de l’épidémie la question du tri des malades est posée. Ce n‘est pas l’annonce à grand fracas d’un hôpital militaire de 30 lits qui répondra aux besoins pas plus que le transport de six malades par un avion militaire. Dans le même temps les masques pour les personnels de santé ne sont toujours pas disponibles et encore moins pour les salariés en contact avec le public.
Amazone. Les salariés sont appelés par l’ensemble des organisations syndicales à un débrayage et un rassemblement le 18 mars devant la plate-forme de Saran (Loiret), droit de retrait à Lanwin (Nord) tandis que les protestations se multiplient dans l’ensemble des plates-formes devant les conditions de travail incompatibles avec l’épidémie et la protection de la santé. Même mouvement en Italie et aux USA. Le coronavirus est une source de profit pour Amazone, qu’il ne faut surtout pas rater et qui prévoit en France 10.000 emplois supplémentaires … et précaires.
D’autres mouvements de grève ont eu lieu dans les usines des équipementiers auto, Faurécia et Valéo, dans l’Orne, le Calvados, la Somme, qui sont restées ouvertes car elles fournissent des usines hors de France
L’entrée en vigueur des nouvelles dispositions d’indemnisations des chômeurs sont repoussées au 1er septembre.
La « réforme » des retraites est mise ne sommeil. Il sera intéressant de voir l’évolution des retraites par points là où elles existent, des fonds de pensions face à l’écroulement des bourses où sont placées les cotisations retraites. De même pour les 75 Mds de réserve de l’Agirc-Arco réalisés avec le blocage des retraites et des mesures d’âge.
Les mesures de confinement ne sont pas les même pour tout le monde. En premier pour les salariés qui doivent être présent pour assurer des productions non indispensables. Dans de nombreux département la CGT demande soit l’arrêt de l’activité des entreprises, soit elle appelle les salariés à utiliser leur droit de retrait.
Le CAC 40 est à 3833 points le 19.03 (-27,38% depuis le 1 er mars et -35,51 depuis le 01.01.2020)
Voir le rapport au Bureau national du 18 mars qui développe sur l’ensemble des questions liées au coronavirus.
Presse. La « Novelle République du Centre Ouest » qui couvre cinq départements de la région Centre veut supprimer entre 95 et 100 postes sur 500 sous prétexte de difficultés financières alors que son résultat brut d’exploitation a été de 1,7 million en 2019. Une grève a eu lieu le 12.03 pour refuser ces suppressions.

Monde.
Italie. Les italiens sont confinés mais le patronat maintient les usines ouvertes au nom de la défense de l’économie italienne sans pour autant prendre les précautions élémentaires pour assurer la sécurité des salariés. Des grèves pour exiger les protections indispensables ont éclatées le 16.03 dans plusieurs régions du pays. A la suite de ces mouvements une distribution gratuite de matériel de protection a eu lieu.
Hollande. KLM (filiale d’Air France) devant la baisse du trafic ne perd pas de temps pour sabrer dans ses effectifs. Entre 1500 et 2000 emplois de précaires vont être supprimés. Les horaires de travail vont être réduits (sans précision sur leurs indemnisations) la prime d’intéressement supprimée.
Pétrole. Malgré quelques fluctuations la chute des cours se poursuit : 27,93 $ le baril le 19.03.
Bourses. Les banques centrales ont beau déverser des milliards pour soutenir l’économie les bourses mondiales continuent leur descente. Aux USA les 850 Mds de $ pour l’économie, taux zéro décidé par la banque centrale, n’ont pas empêché les baisses à Wall Street. Pareil en Europe. La BCE annonce 750 Mds d’aide soit 1000Mds depuis septembre 2019. A ces sommes il faut ajouter l’aide décidé par chaque Etat séparément. La BCE n’exclut pas d’autres aides si le besoin s’en fait sentir avec l’aggravation de la crise.
Certains experts font remarquer avec raison que cette crise se produit dans une situation plus dégradée qu’en 2010 avec l’augmentation de l’endettement des Etas, des entreprises, des particuliers. Ils n’excluent pas une deuxième crise de la zone euro dans les prochains mois, ce qui mettrait en péril l’euro, la crise économique conduisant à une crise politique au niveau européen qui ferait la démonstration de son incapacité à maitriser la situation. Ce qui les inquiète.
D’autres interventions de la BCE et une planche à billets qui fonctionne à plein régime ne sont pas à exclure…

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France.
Préavis de grève dans la fonction publique. Le préavis de la fédération CGT destiné à couvrir les actions des fonctionnaires qui ne se sentiraient pas en sécurité devant l’absence de moyens de protection suscite les réactions habituelles de la part du pouvoir. Ainsi le ministre de la fonction publique fait part de son incompréhension tandis que « le Figaro » et « le Point » font état de leur haine coutumière devant les travailleurs en lutte. Pour eux la mort de salariés doit être le tribut versé à la « guerre » contre le coronavirus.
L’évolution du pouvoir d’achat des fonctionnaires pour 2018 vient de paraitre. Il en ressort une perte de 1% entre l’augmentation de traitement et l’inflation.
Retrait. Dans plusieurs magasins Carrefour et plates-formes, retraits des salariés face à l’absence de moyens de protection. Devant ces retraits la direction en a trouvé rapidement des solutions. Toujours chez Carrefour la CGT a déposé plainte contre la direction et M. Péricaux pour mise en danger de la vie d’autrui à la suite du décès d’une caissière.
Il est toujours difficile d’avoir une idée exacte des retraits ou des refus de reprise de travail. A signaler le refus de reprise chez Bosch (Aveyron) aux Ateliers de haute Garonne (Flourens H.G.) à Vesoul dans le magasin de pièces détachées de Peugeot.
Profits. Pour les seules entreprises du CAC 40 ils se montent en 2019 à 89 Mds.
Une fausse polémique se fait jour à propos du versement des dividendes. Le Maire appelle à la modération pour les entreprises qui bénéficient du chômage partiel. L’Agep (qui regroupe les 110 plus grandes entreprises de France) a vivement réagit en rappelant que ce sont les CA qui décident. Un ministre remis à sa place par les véritables détenteurs du pouvoir.
Chômage. Chaque gouvernement répond à la crise en recherchant la meilleure manière pour protéger son capitalisme, lui permettre de repartir dès que celle-ci aura pris fin et conquérir des parts de marché au détriment de ses concurrents. C’est le sens qu’il faut donner à la décision du gouvernement de décréter le chômage partiel et à le financer. Une facture qui se monte pour l’instant à 11Mds et qui va encore augmenter. Une facture qui sera réglée un jour ou l’autre par les contribuables, bien sûr les plus modestes. Cela n’empêche pas 20.000 inscriptions supplémentaires à Pôle emploi en une semaine.
Ordonnances. Cinq nouvelles ordonnances viennent d’être adoptées. Sur une prime de 2000 euros défiscalisés et désocialisés à verser avant le 31 août au bon vouloir du patronat. La suppression des visites médicales obligatoires par la médecine du travail jusqu’au 31 août. Une autre concerne la formation, le report des élections dans les TPE ce qui entraine celle des conseillers prud’hommes.
Suppressions d ‘emplois. Les œufs Martines suppriment 41 emplois. Prétexte : le changement d’habitude des consommateurs dans leurs achats.
Idée. (Voir article dans l‘hebdo) Les insuffisances en matériel et en médicaments pour faire face sont toujours aussi criantes mais chacun à sa manière est dans l’après crise, avance qui en est responsable, les moyens à mettre en œuvre pour en éviter d’autres
Macron déclare qu’il faut rebâtir notre souveraineté nationale, produire davantage en France et en Europe.et vante les mérites des services publics sans remettre en cause la loi qu’il a fait voter et qui en organise la casse. Remarquons que les seuls qui se taisent sur ce point c’est le patronat. Mais d’autres voix se font entendre. Par exemple celle des partisans de la « décroissance » pour qui la société de consommation est responsable, celle de Montebourg pour qui c’est la technostructure qui en est la cause, pour Y. Jadot (EELV) seule sa conception de l’écologie est la solution, tandis qu’une tribune signée par P. Martinez avec son titre, d’ONG tel Oxam (C. Duflot) le WWF et une série d’autres pratiquement inconnues, tout ce monde ignore la société dans laquelle nous vivons : la société capitaliste et leurs solutions s’inscrives toutes dans celle-ci. Chacun, à sa manière reprennent la citation bien connue : tout changer pour que rien ne change.

Monde.
USA. Grève chez Amazone et sa filiale de livraison avec manifestation les 30 et 31 mars pour exiger des moyens de protection qui font défaut à leur travail.
Pétrole. L’abondance de la production joint au ralentissement de l’économie entraine une chute des cours. Le baril cotait 19,92 $ le 30.03 pour remonter à 27$ le 3.04 ce qui met les pétroliers US en grande difficulté du fait des coûts de l’exploitation du pétrole et gaz de schiste. (C’était d’ailleurs un des buts de l’augmentation de la production de la Russie et de l’Arabie). Les compagnies US ont perdu 70% de leurs valeurs boursières et les premières faillites apparaissent. Une conférence vient d’avoir lieu entre Poutine, Trump et l’Arabie pour trouver une solution, mais pour le moment rien de concret n’est apparu.
Chômage. Les licenciements sont la formule la plus employée face à la crise. La Norvège voit son chômage bondir de 2,3 à 10%, la Suède, présentée comme la championne du « dialogue social », procède à 14.000 licenciements, l’Autriche enregistre 165.000 chômeurs supplémentaires (+40%) sans compter le renvoie de tous les saisonniers des pays de l’Est. Tous ces chiffres pour la seule dernière semaine de mars.
Aux USA c’est 10 millions de chômeurs en deux semaines qui sont enregistrés avec pour eux la perte de la protection sociale très souvent liée au contrat de travail.
En Chine la situation est moins claire lorsqu’on sait qu’il existe 320 millions salariés migrants qui se déplacent suivant les besoins, que l’économie informelle en représente 230 millions. La situation du chômage réelle doit être assez élevée et on enregistre 93 grèves dans cette dernière période (pour des motifs non connus) et de nombreuses manifestations en particulier dans les transports.
Conséquence des confinements massifs dans les pays « riches » l’industrie textile est à l’arrêt au Sri Lanka avec la suppression des primes du mois de mars et l’annonce que les salaires ne seront pas payés en avril.
Chômage aussi en Australie, au Népal ou diverses mesures du type chômage partiel sont mises en œuvre mais avec un fort recul des revenus.
Bourses. Elles ont poursuivi le mouvement en dents de scie toute la semaine, avec une à la baisse. Cela malgré la masse énorme d’argent déversée par les banques centrales et les gouvernements ce qui montre la profondeur de la crise.
Le CAC 40 est passé de 4326 points le 30.03 à 4177 le 3.04. Les pertes en bourse sont estimées à 25.000 Mds de $. Il en faudrait quelques centaines pour en finir avec la pauvreté, le manque d’eau potable, donner à chacun l’accès aux soins.
Une condamnation sans appel du capitalisme.

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France.
Luttes
Universités-recherche : Après leur journée de grève et de manifestations le collectif les regroupe et les étudiants qui inscrivent leur action dans la lutte plus générale contre la politique du pouvoir appellent à une « semaine noire » entre le 18 et le 21 mars avec un temps fort le 19 ainsi qu’à l’action le 31 mars avec l’intersyndicale.
Flow Continental Energy. (St Junien, Haute Vienne) Grève et manifestation le 12.03 contre la mise en liquidation judiciaire.
Retraite. Une nouvelle réunion de la « conférence sur le financement des retraites » a eu lieu le 10 mars. Les participants- Etat, patronat, syndicats- sont tombés d’accord sur le montant du déficit à combler d’ici à 2027 : 12Mds. Le document de travail soumis aux participants précise : Les quatre organisations d’employeurs sont favorables à une mesure d’âge et quatre organisations syndicales sont prêtes à la prendre en considération si elle est accompagnée d’autres mesures. En clair tous s’orientent vers un allongement de l’âge de départ. Le rapport de force est tellement en faveur du patronat que la CFTC a été obligé de faire le constat : l’essentiel des mesures chiffrées fait porter l’essentiel de l’effort sur les salariés. Aucune des mesures ne revient en effet à solliciter les entreprises. La CFTC fait une découverte. C’est quand même le but de la « réforme ».
Collectivités locales. Les différents responsables des associations de collectivités locales viennent d’envoyer une lettre à Macron pour refuser la suppression d’un certain nombre d’impôts dit « d’entreprises » qui financent les collectivités prévues dans le cadre du « apte productif » censé relancé l’activité industrielle. Suppressions exigées par le patronat. Ils considèrent avec raison que ces impôts ne nuisent pas à la compétitivité des entreprises et qu’ils leurs revient en partie sous forme d’investissement collectifs. Mais pour satisfaire les exigences patronales ils proposent de diminuer les cotisations sociales patronales. Sans commentaires.
Boiron (homéopathie, Lyon) A la suite de la décision du pouvoir de ne plus rembourser les médicaments homéopathiques à 30% mais à 15, le fabricant annonce 646 suppressions d’emplois sur 2500. Quelques millions d’économie pour la SS qui coûte cher à la collectivité.
Profit. EssilorLuxottica. (lunettes, groupe franco-italien) Résultat net : 1,9Mds (+ 4,8%). Auchan. Le groupe est divisé en activités distinctes mais au total pour Auchan Holding le résultat net est de 432 millions contre une perte de 183 millions en 2019. Ratp : Résultat net : 131 millions avec une perte estimée à 150 millions due aux grèves.

Monde
Coronavirus. (voir article dans l’hebdo) La crise engendrée par l’apparition du virus- au- delà de l’aspect sanitaire- prend de plus en plus l’aspect d’une crise du système capitaliste comme il en apparait à intervalles réguliers, la dernière remontant à 2007-2008 et ayant pour origine la spéculation immobilière aux USA.
Pour sauver le système, les Etats, les institutions financières, les banques centrales ont déversés des sommes colossales sur les marchés et imposé une austérité sans précédent aux peuples de la planète. La crise passée, ils ont continué à pratiquer l’argent facile créant d’une part un endettement très élevé des Etats et des entreprises et une augmentation des marchés financiers et de bourses sans aucun rapport avec la réalité de la production de richesses. La bulle spéculative était en place avant l’épidémie et ne demandait qu’à exploser.
De nombreux économistes, le FMI et la banque mondiale ont alerté depuis quelques mois sur ce risque. La seule inconnue dans leurs prévisions étant la date de l’explosion. C’est chose faite. La purge boursière a eu lieu le 9 mars. Ce jour- là plus 16000 Mds de $ se sont volatilisés. Le CAC 40 a poursuivi sa baisse toute la semaine. De 5253 points le 9 à l’ouverture il tombe à 4084 points le 13.03 et perd 34% depuis le 1er janvier.
Pour y faire face les Etats au service du capitalisme préparent une série de mesures pour permettre au système de surmonter la crise et de repartir dans la course au profit. Au détriment des besoins des peuples. La France entend mobiliser entre 30 et 40 Mds (certainement plus à l’arrivée), l’Allemagne tous les milliards nécessaires, 50 Mds aux USA pour ne citer que les principaux pays.
Dans un même temps cette crise aggrave les contradictions entre les pays capitalistes pour la conquête de nouveaux marchés et de zone d’influences.
L’exemple du pétrole et de la chute des cours en est le meilleur exemple. Avec un cours à 35,92 $ le baril le 9 mars ce qui représente une chute de 21,05% sur le court précédent. La raison en est la rupture de l’accord entre les pays de l’Opep et la Russie qui visait à limiter la production pour assurer les prix à un niveau qui permettent à chacun de s’assurer des profits issus du pétrole.
Le refus de la Russie de baisser sa production lors de la réunion du 9 mars a entraîné la riposte de l’Arabie qui a inondé le marché en cassant ses prix.
Conséquence prévisible : des difficultés pour les autres pays producteurs en premier l’Iran déjà sous les sanctions américaines et concurrente de l’Arabie comme première puissance régionale. Seront également très touchés l’Algérie, l’Irak, le Nigéria déjà en proie à de fortes contestations sociales.
Le pétrole et le gaz de schiste US ne vont plus être rentables avec un prix aussi bas du baril. De nombreuses faillites ont eu lieu dans ce secteur en 2019. Elles devraient augmenter en 2020 et affaiblir les USA concurrent de la Russie et l’Arabie au profit de ses deux derniers.
Sans surprise les 27 pays de l’UE font face à la crise sanitaire et économique en ordre dispersé, chacun défendant les intérêts de son capitalisme. Solidarité et capitalisme deux mots incompatibles. La crise met à nu l’état lamentable des systèmes de santé avec des médecins italiens obligés de trier les malades pour savoir lequel va recevoir les soins appropriés et les autres sans doute remis à la « grâce de dieu ». En France c’est le rappel des médecins retraités qui est mis en place, tandis que les moyens élémentaires de protection- masque, lotion- ne sont pas suffisants pour faire face aux besoins. Cela avec une crise hospitalière vieille de plusieurs années. L’Europe qui protège chère à Macron fait preuve de son chacun pour soi.
Avec leur système de santé privatisé pour l’essentiel, les USA sont encore moins aptes à faire face. Les tests de détection du virus ne sont pas disponibles. Une journée d’hospitalisation est facturée plus de 4600 $. Les mesures d’interdictions d’entrer sur le territoire coûtent moins chères que d’offrir à la population un système de santé digne de ce nom.
Liban. Annonce qu’il est en défaut de paiement et incapable de rembourser une dette de 1,2 Md de bons qui arrive à échéance. Sa dette se monte à 92 Mds de $ soit 170% de son PIB. Le Liban paye la facture de la guerre civile (1975-1990), de son système politique hérité du colonialisme français et basé sur la représentation des trois courants religieux reconnus (chrétien, maronite, musulman) qui facilite clientélisme et corruption. Les manifestants ont fait de la disparition de ce système une de leurs exigences.
Achats. Le coronavirus n’empêche pas les affaires de se poursuivre. Aon, deuxième plus gros assureur du courtage achète pour 30Mds de $ le numéro trois dans le même métier.
Tesco (supermarché anglais) vend ses magasins en Malaisie et en Thaïlande à un groupe local pour 9,9 Mds de $ dont 6,6 seront reversés aux actionnaires sous forme de dividendes.

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