N° 986 14/07/2026 Le sommet de l'OTAN1 s'est tenu à Ankara les 7 et 8 juillet. Il a réuni les principaux dirigeants, dont le président des États-Unis, et 32 pays européens et d'Amérique du Nord membres de l'alliance. Plutôt que de bavarder sur les déclarations des uns et des autres et surtout sur celles de Trump dont les media font leur miel, il est plus sûr de s'en tenir aux faits et à la déclaration finale issue de ce sommet2. Cette déclaration résume en six points l'essentiel de la stratégie de l'OTAN. il n'est pas sans intérêt de le noter, le premier point souligne l'engagement commun des membres de l'OTAN de mettre en œuvre l'article 5 du traité et l'attachement au lien trans-atlantique : " Nous, chefs dʼÉtat et de gouvernement des pays membres de lʼAlliance atlantique, nous sommes réunis à Ankara pour réitérer notre engagement indéfectible en faveur de la défense collective, consacré par lʼarticle 5 du traité de Washington, et notre attachement au lien transatlantique. Une attaque contre un Allié est une attaque contre tous ". Autant dire que les fariboles autour du désengagement des États-Unis vis-à-vis de l'OTAN ne sont que des histoires pour endormir les enfants. Ne reculant devant aucun mystification, le communiqué justifie l'alliance comme une force de paix et de prospérité : " dont bénéficient le milliard de citoyens que compte notre alliance de pays libres et démocratiques."
Le point 2 donne la clé, il s'agit non pas de désengagement des USA mais d'une injonction de ces derniers de voir la contribution des pays européens augmenter de manière significative3. Injonction que les dirigeants européens s'emploient servilement à mettre eu œuvre pour le plus grand bénéfice du complexe militaro-industriel étasuniens : " En 2025, les Alliés européens et le Canada ont augmenté de plus de 139 milliards de dollars leurs dépenses consacrées à la défense proprement dite... Aujourdʼhui à Ankara, nous annonçons de nouveaux achats dʼun montant total de plus de 50 milliards de dollars, et nous nous engageons à doper notre capacité de production collective ainsi quʼà collaborer avec le secteur privé pour accélérer lʼinnovation. " Dans sa déclaration , le secrétaire général de l'OTAN a encore mis l'accent sur ce point en soulignant que les Alliés européens et le Canada avaient déjà bien progressé vers l’objectif consistant à porter leurs dépenses de défense à 5 % de leur PIB d’ici 2035 : " Pour ce sommet à Ankara, j’attends des pays qu’ils présentent des plans clairs, concrets et réalistes à l’appui de cet objectif des 5 %. Et jusqu’ici, les avancées sont impressionnantes...Après un an seulement, les Alliés européens et le Canada consacrent déjà environ 4 % de leur PIB à la défense et à la sécurité ". En temps de crise de valorisation et d'accumulation du capital, voici pour le complexe militaro-industriel US et les grands monopoles de l'armement une excellente nouvelle et à l'opposé une très mauvaise concernant les travailleurs et les peuples devant subir une exploitation capitaliste renforcée accompagnée de politiques d'austérité et de renforcement de la répression !
Le point 3 s'emploie à lier fortement et structurellement l'union impérialiste qu'est l'UE à l'OTAN elle-même : " Nous construisons lʼavenir et œuvrons en faveur dʼune Europe plus forte dans une OTAN plus forte, pour une alliance modernisée. Les Alliés européens et le Canada, en collaboration avec les États-Unis, prennent une part de plus en plus grande dans la défense de lʼAlliance." Tous les discours sur l'autonomie de l'UE s'évaporent ici. L'UE est bel et bien une alliance impérialiste entièrement intégrée au bloc impérialiste occidental dominé par les USA.
La conséquence logique de cette intégration et de la volonté d'expansion de l'OTAN, se traduit dans le point 4. Ce dernier souligne: " Les Alliés sont unis dans leur soutien indéfectible à lʼUkraine, laquelle contribue à la sécurité transatlantique et défend sa liberté, sa souveraineté et son intégrité territoriale. Les Alliés européens et le Canada financent à présent la majeure partie de lʼassistance en matière de sécurité apportée à lʼUkraine, à titre bilatéral ou multilatéral. Les pays de lʼAlliance soulignent que cet effort doit être réparti de manière équitable et que lʼaide doit être prévisible et sʼinscrire dans la durée ."
Dans la même veine, la déclaration prend position sur l'agression impérialiste menée contre l'Iran par l'alliance americano-sioniste reprenant de fait les exigences des USA sans porter la moindre critique sur la nature de l'agression : " l'Iran ne doit jamais disposer de lʼarme nucléaire et appellent ce pays à respecter pleinement la liberté de navigation dans le détroit dʼOrmuz."
Les choix de l'OTAN confirmés et validés par toutes ses composantes, dont la France n’étant pas la dernière dans l'augmentation des budgets de la guerre, est donc sans ambiguïté. Il s'agit de s'inscrire pleinement dans les affrontements au sein du système impérialiste pour tenter de s'assurer la suprématie militaire et technologique. Le regard sur la Zone Indo-Pacifique n'est pas non plus négligée dans l'alliance complémentaire (AUKUS) qui se noue autour des USA du Royaume-Uni avec le Japon, la Corée du Sud et l'Australie4. De ce point de vue, il est intéressant de consulter le document complémentaire intitulé : "Le rôle de l’OTAN dans la production industrielle de défense5." Ce document pointe, entre autre, une question d'importance sur les chaînes d'approvisionnement, soulignant en creux l'enjeu des matières premières dans la lutte que se mènent les puissances capitalistes et leurs monopoles afin de contrôler leur accès et les voies de communications matérielles et immatérielles.
Concernant notre parti, s'opposer à l'OTAN est une dimension stratégique de la lutte anti-impérialiste, c'est s'opposer à la guerre, à l'exploitation, à l'occupation et à l'ordre impérialiste. C'est défendre le travail en faveur des travailleurs, l'avenir des jeunes, la liberté pour les femmes et la paix pour les peuples.
1 https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_du_trait%C3%A9_de_l%27Atlantique_nord
2 https://www.nato.int/fr/about-us/official-texts-and-resources/official-texts/2026/07/08/the-ankara-summit-declaration
3 https://www.nato.int/fr/what-we-do/introduction-to-nato/defence-expenditures-and-natos-5-commitment
4 https://fr.wikipedia.org/wiki/AUKUS
5 https://www.nato.int/fr/what-we-do/deterrence-and-defence/natos-role-in-defence-industry-production
N° 985 11/07/2026 Le Parti Révolutionnaire Communistes a pris connaissance de la répression exercée par les autorités turques à l'encontre des manifestants protestant contre le sommet de l'OTAN à Ankara. Nous condamnons avec force cette répression et exprimons notre solidarité avec le Parti Communiste de Turquie. C'est pourquoi, nous avons décidé de signer l'appel conjoint de partis communistes, appel que nous publions ci-dessous.
"Nous, partis communistes et ouvriers soussignés, condamnons fermement la répression exercée par les autorités turques à l'encontre de la manifestation organisée par le Parti communiste de Turquie (TKP) à Ankara pour protester contre le sommet de l'OTAN. L'intervention policière violente, les blessures infligées aux manifestants et l'arrestation de 145 communistes — dont un membre du Comité central du TKP et huit membres du Conseil du parti — constituent une atteinte inacceptable au droit d'organisation et de manifestation. Les interdictions généralisées de manifestations et de rassemblements publics, qui ont transformé de fait la capitale turque en ville fermée à l'approche du sommet de l'OTAN, révèlent une fois de plus que l'agenda guerrier de l'OTAN va de pair avec la restriction des droits et libertés politiques. La tentative de réduire les communistes au silence ne saurait occulter la vérité : l'OTAN est une alliance impérialiste agressive qui a semé la guerre, l'occupation, la destruction et la souffrance parmi les peuples du monde entier. Ceux qui élèvent la voix contre la militarisation, les interventions impérialistes et les guerres ne se laisseront pas intimider par la répression. Nous exprimons notre entière solidarité avec le Parti communiste de Turquie, avec tous les membres du TKP arrêtés et avec tous ceux qui se sont opposés au sommet de l'OTAN. Nous exigeons la libération immédiate de tous les communistes détenus, l'abandon de toutes les poursuites et la fin de toute mesure restreignant les activités politiques hostiles à l'OTAN. Bas les pattes devant le TKP ! Bas les pattes devant tous les militants communistes et anti-impérialistes !"
N° 984 01/07/2026 La Banque des Règlements Internationaux (BRI), la banque des banques centrales, a publié son rapport annuel dans lequel elle s’alarme des excès : excès de dettes publiques, excès d’investissement dans le secteur de l’Intelligence Artificielle, excès du secteur financier virtuel (cryptomonnaie), excès des fonds de crédit privés (« shadow bank »)
Ce discours alarmiste, dans un cadre de pensée économique très orthodoxe, n’a rien de nouveau, pour autant il corrobore les analyses pointant le blocage de la dynamique d’accumulation capitaliste mondiale.
De fait, la BRI constate la faiblesse de la croissance mondiale et de la productivité dans un contexte d’inflation (liée aux conflits entre les États-Unis/Israël et l’Iran). Les revendications salariales ne vont pas aider à rétablir la profitabilité des entreprises ! En tout cas, la BRI recommande aux banques centrales de ne pas infléchir leur politique monétaire, c’est-à-dire baisser les taux directeurs (le « prix » de la monnaie confiée aux banques commerciales) pour ne pas renforcer ce grand vent inflationniste (plus d’argent obtenu par endettement circule mais il n’y a pas plus de marchandises produites, l’excès de demande sur l’offre finit par produire une augmentation des prix selon la doxa économique orthodoxe).
Les conditions macroéconomiques actuelles n’ouvrent pas des perspectives de recettes fiscales et assimilées en augmentation pour soulager les finances publiques. La dette publique, en particulier aux États-Unis (39 000 milliards USD en mai 2026) bat des records et disons le, ce que ne fait pas la BRI, le contexte de guerre et de réarmements généralisés devrait participer à aggraver le phénomène.
Les préoccupations de la BRI au sujet de la dette publique ont clairement trait à la mise en danger des intérêts du système financier et en particulier les « hedges funds », des officines spéculatives, celles-ci se seraient elles-mêmes endettées afin d'acheter de la dette publique. Comme toutes les instances financières « régulatrice » (FMI, banques centrale), entre les débiteurs et les créanciers, la BRI se préoccupent davantage des intérêts des seconds, dont les imprudences sont très rarement sanctionnées (voir la crise de 2008).
Bien que comme toutes les instances financières internationales, la BRI a encouragé la libéralisation des mouvements de capitaux et jugé positive la désintermédiation financière et l’inventivité des acteurs du marché financier (du moins jusqu’à la crise de 2008), elle semble beaucoup plus rétive au développement du secteur financier « virtuel » à base de bitcoins (monnaies électroniques). Les États-Unis, sous l’impulsion de l’administration Trump, ont ouvert de nouveaux champs à ces activités, ceci au passage a augmenté la valeur du patrimoine du clan Trump. A ce stade, avouons le, nous avons encore du mal à saisir les dynamiques en jeux dans ce secteur pour apprécier la teneur de la charge de la BRI et les réponses indignées des acteurs du secteur. Pour autant, émerge un nouveau pan de la finance internationale dont le rôle, aujourd’hui opaque concernant les non-initiés, semble gagner en importance.
Enfin, dernier grand point de l’analyse de la BRI : les fonds importants investis dans l’intelligence artificielle (IA). Les entreprises engagées dans cette activité (infrastructures et solutions informatiques ou software) engrangent de diverses manières une montagne de moyens financiers, en particulier par des valorisations délirantes en Bourse. Si la BRI s’interdit de diagnostiquer du délire, elle pointe l’apport massif de moyens financiers en faveur d'une rentabilité du secteur encore modeste au regard des attentes des investisseurs. Elle craint un effet de chaînes entre l’explosion possible de la bulle IA, des dettes colossales des États et du secteur privé, une inflation persistante.
De fait, aujourd’hui, le niveau de la dette est sans commune mesure avec les capacités mondiales à produire des biens réels. Il s’agit de monnaie n’ayant pas de contrepartie… ou en grande partie uniquement d’elle-même. Dans un schéma classique, la dette est une avance permettant l’investissement productif et une fois la plus-value réalisée, elle est partagée entre le capital industriel et le capital financier, pour boucler ainsi le cycle.
Le gonflement de la dette publique s’explique essentiellement par une réduction de recettes liée à une politique favorable au capital visant à lui conserver une plus grande part de la plus-value extraite, jusqu’à excéder ses besoins (autodiagnostiqués) en investissement productif. Ce capital « surnuméraire » est alors judicieusement employé à financer la dette publique, à opérer des placements spéculatifs sur toutes sortes de produits et actions d’entreprise.
La BRI prétend s’inquiéter de la dette mais de fait, elle s’inquiète du montant des créances (quelquefois utilisées comme garantie d’endettement). Elle s’inquiète aussi de la bulle spéculative autour de l’IA mais de fait, le niveau mondial de l’endettement équivaut à une bulle spéculative : les créanciers attendent bien eux-aussi un retour sur investissement de leurs placements alors que leurs créances engagées n’ont aucune commune mesure avec les capacités des économies productives à dégager de la plus-value, y compris même dans un contexte d’accentuation de l’exploitation du travail.
Et ce n’est certes pas en couvrant la planète voire son orbite de centres de données que la donne pourrait changer. Car cette perspective n’ouvre pas vraiment pour le capitalisme une nouvelle voie d’extraction de valeur du travail vivant.
Au bilan, le rapport de la BRI donne de la consistance à notre constat, le capitalisme mondial est entré dans une crise de valorisation et d'accumulation du capital. Cette crise attise les affrontements au sein du système impérialiste pour l'accaparement de la valeur au long des chaînes de production mondialisées. Elle conduit à des politiques visant à diminuer drastiquement le prix de la force de travail afin de rétablir les taux de profits. Cette réalité s'observe partout dans le monde et s'accompagne de politiques de plus en plus coercitives contre la classe ouvrière. Elle ne laisse aucune place à des tentatives réformistes de relance keynésiennes de relance par la demande, alimentant en retour la crise politique et ouvrant des espaces nouveaux aux idées et pratiques révolutionnaires. Dans ce contexte le Parti Révolutionnaire Communistes pose comme urgence la question de la reconstruction du courant syndical et politique révolutionnaire de classe.
N° 984 29/06/2026 Aujourd'hui, dans de nombreuses régions du monde les guerres, les occupations, les destructions et la pauvreté s'aggravent. Au Moyen-Orient, notamment en Palestine l'agression impérialiste et les politiques d'occupation et génocidaires menées par Israël se poursuivent. De la Libye à la Syrie du Soudan au Yémen de l'Iran au Venezuela et à Cuba les peuples sont confrontés à l'encerclement, aux menaces et aux interventions impérialistes. En Ukraine la guerre se poursuit et le peuple en est le premier affecté: l'OTAN y reste engagée de manière indirecte et attise le conflit.
C'est dans ce contexte que l'hégémonie impérialiste, dirigée par les États-Unis, et la lutte pour un nouveau partage du monde entraîne l'humanité vers de nouvelles guerres. L'un des principaux instruments militaires de ce processus est l'OTAN.
Tandis que les pays de l'OTAN augmentent leur budget de guerre, une nouvelle vague d'armement et de militarisation déferle sur l'Europe. Les ressources qui devraient être consacrées à la santé, à l'éducation et aux droits sociaux sont transférées vers l'industrie de guerre.
Pendant que les monopoles de l'armement accroissent leur profit, ce sont les travailleurs les exploités, les migrants, les jeunes et les femmes qui en paient le prix. En France la milItarisation se poursuit à travers l'explosion du budget de l'armée, la mise en place du service militaire volontaire la réactionnarisation et l'embrigadement de la jeunesse s'intensifie toujours plus, la bourgeoisie prépare la guerre: contre la guerre impérialiste opposons-lui la guerre de classe!
S'opposer à l'OTAN, c'est s'opposer à la guerre, à l'exploitation, à l'occupation et à l'ordre impérialiste. C'est défendre le travail pour les travailleurs, l'avenir pour les jeunes, la liberté pour les femmes et la paix pour les peuples.
Cet appel a pour objectif de soutenir l'initiative de la plateforme de Turquie contre l'impérialisme et l'OTAN qui regroupe divers organisations démocratiques et révolutionnaires
Pour renforcer la lutte contre l'OTAN,
contre la guerre impérialisme
et contre la militarisation
Rejoignez-nous le 4 juillet à 14h place de la République à Paris.
