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Résumé des questions économiques et sociales: semaine n° 61 du 15 mars 2022

761-15/03/2022 RATP : Journée d'action le 25 mars pour les salaires et contre l'ouverture à la concurrence.

Nouvelle journée d'action unitaire, après le 1er coup de semonce du 28 février dont le constat a été sans appel. Grève massive, la plus importante depuis plusieurs années.
La direction campe sur ses positions en NAO et maintient l'augmentation de 0,4 %, en continuant à bloquer le point d'indice  gelé depuis 2017, avec l'assentiment du gouvernement.
« La direction propose 2,7 % d'augmentation moyenne pour 2022, répartie entre des mesures catégorielles et des mesures d'avancement individuelles ».
En réalité, elles ne concernent que 20 % des 44 000 salarié-es de l'Epic, les cadres en particulier.
« Le vrai chiffre c'est 0,4 % soutient l'intersyndicale qui demande + 12 % sur 4 ans, dans le contexte de hausse de l'inflation que les salarié-es subissent ».
La direction insiste sur la prime d'intéressement de 1300 euros brut, mais qui ne satisfait pas l'intersyndicale et les agents-es de la RATP qui veulent une réelle augmentation salariale.
Les salariés-es des bus et des tramways se sont mobilisés contre l'ouverture à la concurrence et la future dénonciation unilatérale des accords sur le temps et les conditions de travail.
A partir du 1er janvier 2025, tout le réseau d'autobus sera libéralisé, ce qui signifie une refonte de l'organisation du travail, l'objectif de la direction étant de réaliser dès maintenant des gains de productivité pour se préparer à la concurrence.
L'intersyndicale est prête à un conflit très dur sur ce sujet : « la forme que doit prendre le mouvement et la question d'une grève illimité sera discutée avec les salarié-es et non pas décrétée par les organisations syndicales au préalable » prévient le syndicat CGT-RATP.

Plus de 3 mois de grève : C'est la situation des travailleurs sans-papiers de 3 entreprises d’Île-de-France.
– A l'agence d'intérim RSI de Gennevilliers (92), le piquet de grève est installé depuis le 8 novembre 2021. CERFA et attestation de concordance ont été fournis par l'entreprise, mais la préfecture refuse de recevoir les représentants des grévistes pour leur régularisation.
– Les 2 autres grèves concernent des filiales de la Poste : à Coudray-Montceau (91), la grève a démarré le 15 novembre, le 2 février ; la gendarmerie a évacué les travailleurs qui campaient sur leur lieu de travail. Le piquet de grève a été réinstallé. Malgré les preuves présentées par les grévistes, DPD et Derichebourg nient toujours l'exploitation des salarié-es sans-papiers.
– Même obstination de la part de la Poste, Chronopost et Derichebourg à Alfortville (94).
Là, c'est sur le lieu de la précédente lutte de 2019 et 2020, que des grévistes sont de nouveau présents à l'agence Chronopost depuis le 7 décembre.
Sur ces 3 luttes, des centaines de travailleurs sans-papiers se battent contre la surexploitation dont ils sont victimes et pour leur régularisation dans le pays où ils travaillent.

THALES : Les salariés-es en grève pour réclamer de meilleurs salaires à la Ferté-Saint-Aubin (Loiret).
Une centaine de salariés-es en grève tous les jeudis depuis plus d'un mois sur le site de Saint-Aubin, spécialisé dans la fabrication d'armes.
« Les jeudis de la colère », c'est le surnom que les grévistes donnent à leur lutte qui s'étend sur d'autres sites du groupe français Thalès LAS.
Les grévistes exigent de passer à 5 % d'augmentation, contre les 3,5 % « accordés » par la direction.
« A la Ferté, on fabrique des roquettes, des bombes, donc les salarié-es manipulent des explosifs » explique la déléguée CGT. La majorité des salarié-es sont payés entre 2000 et 2500 euros brut, « c'est totalement insuffisant au regard des risques encourus et des qualifications nécessaires pour faire ce métier ».
La colère est montée d'un cran jeudi dernier lorsque les salarié-es ont pu examiner le bilan de l'entreprise Thalès. « Les résultats sont en hausse, même le prix de l'action du groupe va augmenter de nouveau, d'autant plus avec les événements actuels (la guerre en Ukraine) ».
Le PDG a été clair : l'année a été exceptionnelle et les perspectives 2022/2023 devraient être aussi bonnes.
Le groupe va générer des milliards d'euros sur cette période, et les grévistes dénoncent les augmentations de salaires insuffisantes au vu des profits réalisés.
Aucune négociation n’étant prévue, les salarié-es en lutte maintiennent leur mobilisation.
Les grévistes de Thalès de Chatellerault (Vienne) sont dans l'action « des jeudis de la colère » depuis 6 semaines.

Orpéa Beauvais (Oise) : Les salariés-es dénoncent « une maltraitance manifeste et institutionnelle ».
Le personnel en grève dénonce le manque d'effectif et pointe du doigt des soins négligés pour les résidents.
« Il faut voir les conditions dans lesquelles nous travaillons s'indigne une aide-soignante » !!!
Un mal-être partagé par les infirmières et les auxiliaires de vie au Clos de Beauvaisis qui se sont mises en grève depuis mardi 8 mars.
18 soignants pour 84 résidents, en roulement de 2 équipes. La tâche est harassante et ce n'est pas sans conséquences pour les pensionnaires de la maison de retraite.
Il y a 1 soignant pour faire 14 toilettes entre 8 heures et 12 heures le matin, totalement insuffisant, il est impossible de prendre une pause. Il faut compter une vingtaine de minutes par résident alors que les manuels théoriques en prévoient le double !!!
« On fait du tête, mains, cul, on ne peut faire plus ».
« Avec si peu de temps, on ne peut pas faire le lavage des dents par exemple ». Cela fait partie de la maltraitance qui nous est imposée.
« C'est déjà arrivé que la psychologue ou l'ergothérapeute fassent des toilettes ».
En dépit de signalements à la direction, aucun retour n'a été transmis déclare le personnel soignant.
« On a l'impression que leur cœur de métier, c'est d'être côté en bourse », tout n'est que du fric !
Les grévistes assurent un service minimum, en dépit des salaires sous la base des 1500 euros, et cela malgré les promesses du « Ségur de la Santé ».
Le personnel en grève souligne, « on est attaché à nos pensionnaires, on continuera à donner le meilleur pour eux, on ne les abandonnera pas ».
Les familles de résidents sont venues sur le piquet de grève gonfler le rang des manifestants-es.

La Poste : Fin des NAO, le compte n'y est pas !!!
Après 2 années sans accord, à l'issue de la dernière réunion conclusive, les propositions évoluent à
2 % d'augmentation pour les classes I et II, une augmentation générale à 1,3% pour la classe III, une minimale de 1% pour le groupe A, conditionnée à la notation.
Ces 2 dernières mesures se situant dans un environnement global de 2,5% portées à la même hauteur pour le groupe B et abondée de 0,5% pour les directeurs d'établissements et directeurs de secteurs.
Finalement, pour la très grande majorité des salarié-es, c'est une régression du pouvoir d'achat que leur propose la Poste, puisque l'inflation pourrait atteindre 3,5% ces prochains mois selon l'INSEE...
Pourtant les moyens ne manquent pas : les bénéfices du groupe annoncés fin février sont de 1,2 milliard d'euros, montant jamais aussi élevé.
Les bénéfices réalisés sont les richesses créées par les salariés-es de La Poste pour le profit de quelques uns.
Moins de personnels, toujours plus de personnels sous-payés et des profits toujours plus élevés.
Le syndicat CGT appelle tout le personnel de La Poste à se faire entendre plus fortement pour imposer à la direction de revenir à la table des négociations.
Dans l'unité la plus large (CGT, FSU, Solidaires, l'UNSA, les organisations syndicales étudiantes), les postiers-es seront dans la rue le 17 mars la question du pouvoir d'achat, des salaires, des pensions, des revendications montent très fort dans de nombreuses professions et dans la majorité de la population du pays.

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Travailleurs des plates-formes : 1ère élection des représentants des travailleurs des plates-formes.
La crise sanitaire a entraîné une explosion des livraisons de repas à domicile, à vélo ou à scooter.
La multiplication de ces courses, l'insécurité et les conditions sociales précaires imposées aux livreurs sont dénoncées par la CGT. Le syndicat participe à la 1ère élection des représentants des travailleurs des plates-formes du 9 au 16 mai 2022.
En 2020, les français ont consacré plus 3,3 milliards d'euros aux repas livrés, ce montant aurait progressé de 20 % en 2021. Le marché représenterait désormais 6 % de la valeur totale du marché de la restauration commerciale en France (estimé à 55 milliards).
Pour 2022, ce marché de la livraison des repas à domicile ou au bureau devrait doubler et atteindre les 7,3 milliards d'euros.
L'armée des coursiers (Deliveroo, Uber Eats, Just Eats, Gétir et consorts) n'a fait que grossir.
Avec sa cohorte de nuisances, d'insécurité, le droit de ces travailleurs est battu en brèche.
Ce scrutin va permettre aux 100 000 travailleurs des plates-formes de livraisons et du secteur des VTC de désigner leurs représentants pour négocier un socle de droits, la rémunération, la formation professionnelle.
« Même si des syndicats de collectifs locaux ont vu le jour, à Paris, Bordeaux, Lyon par exemple, c'est très difficile de fédérer des indépendants travaillant seuls sur leur vélo un peu partout en France » explique le secrétaire du syndicat CGT Uber Eats / Deliveroo.
La CGT a décidé de prendre part à cette élection, même si elle considère que pour répondre à l'externalisation des travailleurs et trouver des solutions, la question à se poser n'est pas celle du statut (indépendants, salarié-es, etc...), mais de la réalité du travail et du profit qui en est tiré.

Laborizon : Grève sur tous les sites des laboratoires.
Jeudi 10 mars, les laboratoires Laborizon Bretagne se sont mis en grève à l'appel de l'intersyndicale.
Présents en Île-et-Vilaine, Morbihan, Côtes d'Armor et Loire-Atlantique, les sites très sollicités pendant la crise sanitaire ont exprimé leur colère.
Cette grève inédite, dans les 50 sites des laboratoires d'analyses médicales Laborizon Bretagne, au siège social de Noyal-Châtillon-sur-Seine, près de Rennes, mais aussi à Fougères, Redon, Ploërmel, Carquefou ou Trignac a été largement suivie par toutes les catégories des personnels.
A l'appel de la CGT, FO et CFDT, les technicien-es de laboratoires, les infirmières diplôme d'état, les coursiers ou encore les secrétaires se sont mis en lutte sur tous les sites.
650 personnes travaillent en CDI ou en CDD dans le groupe.
Les revendications salariales demandent l'harmonisation entre les différents sites du groupe, Laborizon ayant racheté des laboratoires indépendants où les salaires sont plus élevés, ou alors plus bas que sur d'autres sites, à compétences égales.
« Cela fait 2 ans qu'on a la tête sous l'eau avec le Covid, mais on estime ne pas avoir la reconnaissance de notre direction » précises une militante syndicale.
La direction s'est dite « ouverte pour échanger avec les représentants du personnel ».
Les grévistes affirment que la détérioration de leurs conditions de travail coïncide avec le rachat en 2020 par le géant Biogroup des laboratoires Laborizon.
Entre janvier et février 2022, le groupe a licencié 100 employés-es, les grévistes exigent que les effectifs soient adaptés aux besoins des sites et des patients.
« Depuis ce rachat, il y a eu un redimensionnement des équipes et une baisse de la masse salariale, les départs en retraite n'ont pas été remplacés », c'est pour cela aussi que nous sommes en grève !

Prix des carburants : Des solutions existent, à nous de les imposer !
Le prix des carburants bat actuellement des records en France et touche directement le porte-monnaie des travailleurs. On nous explique que cela provient de la rareté du pétrole et donc de la hausse de son prix, du fait des sanctions contre la Russie, que la cause c'est la guerre en Ukraine : Rien n'est plus faux !
Le prix du pétrole brut compte seulement pour un peu plus d'un quart du prix à la pompe en France, contre 60 % pour les taxes.
Ces impôts se décomposent de la TICPE et de la TVA, dont une part est calculée sur la TICPE que paye déjà le consommateur, (donc c'est un impôt sur l'impôt payé!).
Chaque plein est avant tout un paiement de taxes, un peu pour le pétrole brut et très peu pour la chaîne de transformation (raffinage), et de distribution (dépôts, camions-citernes, pompes à essence).
Il faut rappeler, que les patrons pétroliers ont sacrifié le raffinage de pétrole en France, sous prétexte que c'était trop cher.
Le gouvernement Macron invite les français à faire des efforts sur la consommation d'énergie et nous dit qu'il va ruiner la Russie avec des sanctions. On constate qu'il ruine surtout les travailleurs-es obligés de prendre leur véhicule pour aller gagner leur vie, alors que l'état engrange 60 % d'impôt pour chaque goutte d'essence ou de gazole achetée.
Certains « spécialistes » en prix énergétiques (les mêmes « spécialistes » en coronavirus) font des prédictions sur le prix du carburant qui demain s'élèvera à 3 ou 5 euros, voire que nous aurons des rationnements.
Si on baissait les taxes sur les carburants ?
Si on considérait que le carburant est un produit comme un autre, soumis à la seule TVA comme tous les produits de 1ère nécessité ?
C'est une mesure rapide que seul le gouvernement peut décider, sachant que la TVA reste l'impôt le plus injuste, et que la politique fiscale prend le consommateur pour une vache à lait.
D'autres solutions existent : rétablissement de l'ISF, suspension du bouclier fiscal pour les riches, faire payer le capital et les profits, nationalisation du secteur pétrolier et rétablissement des prix des carburants par l'état.
Le « plan de résilience » de Macron sera le plan d'austérité le plus dur et le plus violent que nous ayons connu de longue date.
Seule la lutte du plus grand nombre fera reculer les prétentions du gouvernement, toujours prêt à appauvrie la population pour le profit des groupes capitalistes.

RTE GMR Atlantique : Le point après 3 semaines de grève.
Après 3 semaines de grève et suite à la rencontre avec le directeur le 10 mars, les revendications locales devraient être prises en compte.
Les grévistes attendent la rédaction d'un accord suite aux engagements pris oralement.
Mais sur le reste, les agents restent mobilisés, car aucun geste n'a été fait pour répondre à la revendication sur les rémunérations lors de la dernière discussion !!!
Le directeur a confirmé que la direction nationale refuse toute négociation sur le sujet...
Devant l'attitude méprisante des directions, les agents-es constatent que les responsables RTE GMR sont dans la stratégie bien connue du pourrissement du conflit, alors que la lutte à pour point essentiel la défense du Service Public.
Cette attitude est tout simplement irrespectueuse et irresponsable, elle atteint psychologiquement de nombreux salarié-es.
Les agents-es du GMR Atlantique restent largement mobilisés et déterminés, ils ont été rejoint par les GMR (Groupement Maintenance Réseau) de l'Ouest, Anjou, Bretagne, Sologne et prochainement La Rochelle...
D'autres assemblées générales se tiennent dans les autres régions, la direction portera la responsabilité de l'élargissement du mouvement.
Les grévistes revendiquent 5 % d'augmentation supplémentaire, sachant que RTE, c'est 661 millions d'euros de bénéfices, 397 millions étant reversés sous forme de dividendes en 2022.
L'argent est là, ne laissons pas les directions nous distribuer des miettes, allons chercher notre dû !!!

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