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Résumé des questions économiques et sociales: semaine n° 95 du 07 novembre 2022

N° 794 08/11/2022 Raffinerie TotalEnergies de Gonfreville (Seine-Maritime) : Fin de la grève ! La grève, lancée il y a cinq semaines, a été levée, lundi dernier. Le mouvement se poursuit désormais uniquement sur le site TotalEnergies du dépôt de Feyzin, dans le Rhône.
La CGT a annoncé, mercredi 2 novembre, avoir mis fin au mouvement de grève commencé le 27 septembre à la raffinerie de TotalEnergies à Gonfreville-l’Orcher, près du Havre. La grève a été levée lundi après la conclusion d’un accord entre la direction et le syndicat, selon le secrétaire général de la CGT du site. La direction de TotalEnergies a confirmé que « la grève [était] terminée », mais elle a en revanche « dément[i] fermement tout accord local sur les salaires ».
« TotalEnergies rappelle qu’un accord majoritaire sur les salaires a été signé le 14 octobre dernier avec des organisations syndicales (CFDT et CFE-CGC) » et concerne l’ensemble des salariés du groupe, a réagi la direction de TotalEnergies dans une déclaration. Cet accord « sera appliqué », a-t-elle ajouté.
La grève se poursuit uniquement sur le site de Feyzin
La remise en fonctionnement des installations de la raffinerie normande « a débuté », mais elle « prendra environ une quinzaine de jours ». « Les expéditions de carburant, à partir des stocks conséquents disponibles sur le site, vont pouvoir être relancées rapidement. » A Gonfreville sont raffinées environ 12 millions de tonnes de pétrole brut par an, soit 12 % de la capacité de raffinage en France, selon TotalEnergies.
Gonfreville-l’Orcher était avec le dépôt de Feyzin (Rhône) l’un des deux derniers sites de Total à avoir voté la poursuite du mouvement le 27 octobre. Le mouvement de grève des salariés de la raffinerie normande avait démarré le 27 septembre, à l’appel de la CGT TotalEnergies. Réclamant 10 % d’augmentation, la CGT n’avait pas signé l'accord national concluant à une revalorisation salariale de 7 % et au versement d’une prime de 3 000 €.
Au dépôt de carburant de Feyzin, la grève se poursuivait mercredi, selon la CGT. « Pas de réquisitions ce matin. Les grévistes espèrent l’arrivée imminente d’un médiateur de la République, cela devient urgent », a commenté le délégué syndical CGT de Feyzin.
TotalEnergies a annoncé, le 27 octobre, un bénéfice de 6,6 milliards de dollars au troisième trimestre 2022, en hausse de 43 % par rapport à celui du troisième trimestre 2021. Le groupe a déjà engrangé en neuf mois 17,3 milliards de dollars de bénéfices, plus que pour la totalité de l’année dernière (16 milliards).
Unilever usine Le Meux (Oise) : La bataille pour les salaires !
Dans un contexte d’inflation galopante, nous avons demandé à la direction à plusieurs reprises une avance sur l’inflation. Nous avons interpellé la présidente de HPC ainsi que le PDG Unilever France et il ne se passe rien.
Depuis le début de l’année, le SMIC a augmenté de 5,6 %. Notre salaire quant à lui a évolué de 1,1% tout en sachant que l’inflation en 2022 allait fortement augmenter.
Nous avons rappelé l’urgence à la direction de répondre favorablement à cette revendication, de commencer nos NAO au mois de décembre 2022, comme cela se faisait auparavant, la direction se contente de nous dire que le calendrier des NAO 2023 se fera en janvier 2023.
On se fout de nous !
« À l’usine Chevigny (Amora Unilever octobre 2022), après trois jours de grève, les salariés ont obtenu une prime de 500 € (en plus des 300€) pour tous les salariés et sans aucune condition ainsi que l’avancement des négociations salariales 2023 quasiment cinq mois avant (ils vont la démarrer en toute logique au mois de janvier au lieu du mois de juin) ».
Aujourd’hui venir travailler nous coûte encore plus cher qu’hier, le panier de la ménagère a pris entre 10 à 20 % et voire plus sur certains produits, nous sommes au début de l’explosion du coût des énergies avec l’arrivée de l’hiver, l’addition sera salée !
Le gouvernement continu à assister ces grands groupes grâce aux aides publiques (ce chiffre s’élève à 160 milliards d’euros par an, ce montant a été multiplié par cinq depuis les années 1990, c’est la première dépense de l’État)
Alors oui, de l’argent il y en a et il va dans la poche des actionnaires !
Et nous pour cette année nous devons nous contenter de 1,1 % d’augmentation générale. Il y en a qui doive bien rire là-haut !
Alors oui, il est grand temps que les salariés prennent la mesure de ce qui se trame, nous sommes les créateurs de richesses, il est logique et vital de récupérer une partie de ces richesses. Et dans les semaines et mois à venir, nous allons devoir mettre les formes pour obtenir notre dû, il va falloir aller le chercher, il ne tombera pas du ciel !
Dans beaucoup d’entreprises à l’extérieur, les salariés ont pu obtenir de meilleures augmentations de salaire par la lutte, il n’y a pas d’autre solution !
Nous devons lutter !
 
Crise de l'hôpital public : Des associations de patients et des collectifs de soignants attaquent l'État pour "carence fautive" !
Trois associations et deux collectifs de soignants exhortent l'Etat à agir face à la situation dégradée de l'hôpital public. "On en arrive à soigner dans l'urgence et donc à soigner mal", alerte l'association "Maladie foie enfants".
La situation est grave à l'hôpital, nous sommes aujourd'hui obligés de contraindre l'État à nous entendre en passant par une procédure judiciaire, affirme Laure Dorey, déléguée générale de l'association "Maladies foie enfants". Son association, deux autres associations de patients, et trois collectifs de soignants ont attaqué l'État français, mercredi 2 novembre, pour "carence fautive". Il s'agit d'un recours contentieux auprès du tribunal administratif de Paris.
"Nous entendons envoyer un message fort à l'Etat, lui dire que la situation hospitalière est absolument catastrophique", alerte Laure Dorey, pour qui "les patients ne peuvent plus être correctement pris en charge à l'hôpital""On en arrive à soigner dans l'urgence et donc à soigner mal", poursuit-elle.
Des pertes de chances "réelles" pour les patients !
 La déléguée générale de l'association "Maladies foie enfants" déplore des "pertes de chance réelles" pour les patients dont certains "n'arrivent plus à être pris en charge". "On a des patients atteints de maladies chroniques qui n'ont plus de suivi, qui ont des complications graves, parfois fatales, et qu'il faut prendre en charge", ajoute-t-elle.
Les associations exhortent l'État à agir et mettent en garde : "Sans action, sans mesure prise rapidement, l'hôpital ne pourra pas tenir". "Il faut absolument que l'État comprenne que soigner la population c'est un des devoirs de l'Etat".
Des carences qui perdurent !
Dans un communiqué, les six associations de défense de l'hôpital public dénoncent l'absence de réponse du gouvernement à la requête préalable qu'elles avaient déjà déposée en juillet dernier "pour enjoindre l'État à endosser ses responsabilités". Elles pointent du doigt les "carences qui perdurent", concernant notamment les droits des patients et des soignants qui "ne sont plus assurés", et réclament que ces carences soient reconnues. Le collectif exige "en urgence" des "décisions réglementaires" pour "redéfinir le ratio patient-soignant" ainsi qu'un renforcement du nombre d'infirmiers, d'aides-soignants et de tous les professionnels participants aux soins.
Sont à l'origine de cette action, l'association Aide aux jeunes diabétiques (AJD), l'association Laurette-Fugain, l'association Maladie foie enfants (Amfe), le Collectif Inter Hôpitaux (CIH), le Collectif Inter Urgences, la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et Maternités de proximité.
 
GRDF : Début de négociation 
Depuis le 2 juin dernier, nombre d’entreprises de la Branche des industries électriques et gazières ont fait face à des reprises en main de l’outil de travail décidées par les agents dans les assemblées générales de grève. Tel fut le cas pour les sites de stockage Gaz chez Storengy, pour les opérateurs méthaniers sur les sites d’Elengy, pour le transport du gaz du GRT ou encore le chauffage urbain à la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain.
Dans chacune des entreprises des Industries Electriques et Gazières, pour éviter l’enlisement des mouvements, les directions ont été dans l’obligation de négocier et d’apporter des réponses entendables ! Récemment, c’est à EDF que les agents se sont fortement mobilisés, notamment dans les centrales nucléaires, pour mettre sous pression les négociations en cours. Un accord est aujourd’hui sur la table, soumis à la consultation des adhérents. Aujourd’hui, GRDF en a décidé autrement. Malgré une forte participation aux mouvements de grève successifs, la direction laisse ses agents en marge de ce qui se fait ailleurs. Tout le monde s’accorde pourtant à dire que l’inflation cumulée de 2021 à 2023 dépassera 12%. Les 3.6% d’augmentation du Salaire national de base sur la même période sont bien loin de combler l’écart constaté entre SNB, SMIC et Inflation. La CGT, dans l’intersyndicale, porte l’octroi de 3 niveaux de rémunération pour tous, soit 6,9% d’augmentation de salaire. C’est le minimum pour maintenir le pouvoir d’achat.
Mardi 25 octobre, alors que se tenait une première séance de négociation, plus de 250 gaziers venus de la France entière, se sont rassemblés à l’appel de la seule CGT devant le siège de GRDF, rue Condorcet à Paris. À l’issue de la rencontre entre les organisations syndicales et la direction, une Assemblée générale spontanée s’est tenue pour faire un point des propositions de la direction. Le personnel les a refusées. Devant l’indécence des propositions de la direction, une forte odeur de gaz a envahi la rue Condorcet. Elle a été classifiée en Procédure Gaz Renforcée et a nécessité un périmètre de sécurité et l’intervention des pompiers et de l’Urgence Gaz réunis. Les agents grévistes, professionnels dans le domaine, n’ont nullement remis en cause la chaîne de sécurité.
 
Rain Forest Disney Village  : La grève paie !
En effet, les négociations sur les salaires au sein du restaurant Rain Forest, situé au Disney Village, n’étant pas concluantes, les salariés mécontents se sont presque tous mis en grève, pendant toute une journée.
La direction a fermé le restaurant, cette dernière s’est vue contrainte de reprendre les négociations face au mécontentement des salariés grévistes. En quelques heures, victoire !
La direction à cédé :
  • • 5% d’augmentation des salaires sur le mois de novembre rétroactif au 1er août 2022,
  • • La prime d’une valeur de 1500 euros,
  • • La prime Rain Forest (l’équivalent d’un 13ème mois) versé en juin et novembre,
  • • La revalorisation des remboursements des frais d’essence.
Suite à cette grève victorieuse, la CGT a signé l’accord, quand les salariés soutenus par la CGT se mettent en grève, les salariés gagnent.
Dur dur, de plus en plus dur de faire de la recherche 
Le budget 2023 de la Mission interministérielle recherche et enseignement supérieur (MIRES) qui est réparti entre différents ministères n’augmente que de 5,2% soit moins que l’inflation.
Le programme 172 qui finance les organismes de recherche et l’ANR « recherches pluridisciplinaires » n’augmente que de 330 millions d’€ soit + 4,4%.
120 millions financeront les augmentations du point d’indice, 85 millions financeront les primes liées à la LPR, 44 millions iront à l’ANR, et le restant doit 85 millions iront aux laboratoires !!
Le programme 150 qui finance l’enseignement supérieur progresse de 700 millions soit +4,6%. 370 millions d’€ seront consacrés à l’augmentation du point d’indice et 140 millions aux primes de la LPR.
Les personnels des organismes et des universités sont des fonctionnaires de l’État, mais leurs employeurs ne bénéficient pas des revalorisations prévues pour eux. Que ce soit pour les organismes ou les universités aucune compensation n’est prévue au titre de 2022 pour les 6 mois d’augmentation du point d’indice. Pour assurer la revalorisation de leurs personnels, ils devront prélever sur leur fonds de roulement !
A cela s’ajoute le surcoût de l’énergie. Le gouvernement va débloquer 275 millions d’euros pour aider les organismes, universités et grandes écoles à faire face aux surcoût de l’énergie pour 2023. Une partie de cette aide sera versée à tout le monde, ensuite ce sera au cas par cas. Pour 2022, les organismes et universités devront puiser dans leur fond de roulement !!
Quant au programme « Vie étudiante » il ne progresse que de 1,6% !
Pour les personnels de recherche et de l’enseignement supérieur comme pour les étudiants l’année 2023 sera particulièrement difficile.
Face à l’état actuel du financement de la recherche et au projet de budget 2023 plus de 130 scientifiques de différentes disciplines ont tenu dans une tribune à exprimer leur inquiétude face au sous financement récurrent de la recherche polaire qui entraîne une « détérioration critique » des 8 stations de recherche qui met en cause la sécurité des personnels. Le maintien de la station Concordia en Antarctique serait remis en question.
Dans une autre tribune un mathématicien s’alarme de la baisse de recrutement d’enseignants chercheurs en mathématiques qui de 2011 à 2020 est passé de 202 à 98. Si cette baisse perdure, la communauté française en mathématique est menacée. La faiblesse du nombre de postes la faiblesse des rémunérations, l’augmentation des charges d’enseignement des charges administratives détournent les étudiants. Pour notre collègue la question des salaires est cruciale.
Ces deux tribunes sont représentatives de l’état de la Recherche publique au-delà des déclarations lénifiantes du chef de l’État et de ses ministres.
La recherche fondamentale notre gouvernement, comme tous ces prédécesseurs, s’en désintéresse. La recherche publique a pour seule et unique but celui de concourir à la compétitivité des entreprises. C’est la logique le credo de la Loi de Programmation de la Recherche ! C’est à cette fin que la Recherche publique est gérée suivant les critères quantitatifs de l’entreprise privé qui sont déterminés par des indicateurs. La recherche publique comme les entreprises doit faire du business ! Ainsi le Directeur général délégué à l’innovation du CNRS déclarait le 26 septembre dernier. « Nous avons la volonté de positionner le CNRS d’en la communauté des chefs d’entreprises et des décideurs économique comme étant un acteur de référence » « Si la marque CNRS est connue, ce que nous pouvons faire concrètement en termes de recherche l’est moins ».
Cela a le mérite de la clarté ! Quel besoin d’avoir autant de personnels de recherche, de 2005 à 2019 le CNRS a perdu 1581 emplois de chercheurs et d’ingénieurs et techniciens. Pour le pouvoir, il faut réduire le potentiel public de recherche pour mieux l’adapter à ce veulent les entreprises.
Pourquoi couvrir des champs de recherche alors que les entreprises n’en ont pas immédiatement besoin ? Et pour ce faire, quoi de mieux que des emplois de contractuels dont l’employabilité est sans limite et dont on peut de se débarrasser après usage !
C’est une politique de déclin ! L’avenir de la recherche publique est entre les mains de ses personnels.
Pamiers (Basse-Ariège) : Après 4 mois jour pour jour de lutte, les ATSEM ont trouvé un accord avec la collectivité de Pamiers.
Pour mettre fin à une grève qui a débuté le 20 Juin 2022, la CGT les a accompagnés pour signer un protocole de fin de grève. Avec leur unité et leur détermination, dans toutes leurs actions, elles n’ont rien lâchées ! Voici les accords qu’elles ont obtenu jeudi 20 juin 2022 :
  • Les formations se feront au réel des heures prévues initialement sur le Planning annuel et non plus sur un forfait de 7h/jour.
  • Les jours fériés seront comptabilisés au réel des heures prévues sur le planning annuel et non plus au forfait 7h/jour.
  • Toute modification de planning doit être communiquée au plus tard 8 jours avant.
  • Concernant le temps de travail annualisé : Les calculs étant fait jusqu’en 2026, elles ne feront pas plus de 1560 h par an : les ATSEM prennent en charge les enfants dès la prise de fonction, de manière continue en dehors des pauses réglementaires jusqu’à la fin de la journée pédagogique ; le temps consacré à l’habillage/déshabillage en est impacté. Afin d’en tenir compte, le temps de travail annuel à réaliser sera arrondi à la dizaine inférieure.
  • Afin d’être en cohérence avec la charte, un réservoir d’heures est prévu dans le quota annuel pour permettre aux ATSEM de participer à la communauté éducative (conseil d’école, équipe pédagogique, etc.) ce nombre d’heures sera défini par la responsable du service et pourra être réajusté, chaque année au moment de l’élaboration du planning annuel, pour prendre en compte les spécificités de l’école (programme, nombre de réunions…)
  • En 2021 et 2022, le quota horaire annuel ayant été dépassé, les heures effectuées supplémentaires seront au choix de l’agent payées, mis sur le CET ou récupérées. Seul le jour de carence n’a pas encore été obtenu.
Il n’y a pas de victoire sans lutte ! Les ATSEM, par leur détermination et leur cohésion, ont toutes obtenues des revendications légitimes pour lesquelles elles se sont battues. La CGT a su les accompagner du premier jour au dernier sans jamais négocier autre chose que ce qu’elles ont voulu. Une unité incomparable et un combat qui n’a jamais été vécu sur la ville de Pamiers, un exemple pour tous les agents de la collectivité !
Ici ce sont les ATSEM qui ont gagné toute notre admiration et le respect de tous ceux qui les ont entourés. Les ATSEM et le syndicat des territoriaux de Pamiers remercient le soutien physique, financier et moral que leur ont apporté toutes les personnes solidaires durant cette lutte.
IMS France à Bruyères-sur-Oise (Val-d'Oise) : Les salariés en grève pour les salaires et les conditions de travail !
Près de quarante salariés d'IMS France (entreprise spécialisée dans la fabrication d’aciers spéciaux) , à Bruyères-sur-Oise, ont cessé le travail. Ils réclament des hausses de salaires et de meilleures conditions de travail.
Les salariés ont cessé le travail vendredi 28 octobre 2022.
Lors de ce mouvement, les grévistes ont dénoncé leurs « conditions de travail et de salaires désastreuses ».
Soutenus par l’union locale CGT de Persan, les salariés avaient déjà lancé une grève de ralentissement de la production du 18 au 21 octobre.
Inquiets de l’inflation et de la perte de leur pouvoir d’achat, les salariés ont adressé leurs revendications à leur direction.
Hausse des salaires !
Ils demandent une prime de 4 000 €, une hausse des salaires de 10 %, un treizième mois sans dégrèvement, une prime de risque, l’embauche de personnels supplémentaires, la revalorisation des salaires d’embauche et la révision des conditions de travail.
La direction d’IMS France a donné rendez-vous le 14 novembre aux salariés. Une assemblée générale sera organisée le même jour.
En fonction des réponses apportées lors de ces négociations, les grévistes décideront de la suite à donner au mouvement.
Manosque (Alpes-de-Hautes-Provence) : Manifestation pour la clinique Toutes Aures !
Le mouvement de grève dure depuis 14 jours maintenant.
La situation est toujours bloquée à la Clinique Toutes Aures de Manosque, et la grève dure depuis quatorze jours. Comme l'annonce la CGT Santé, "la direction refuse toujours d'ouvrir la moindre négociation".
Pour les responsables CGT Santé, "alors que l'INSEE vient d'annoncer une inflation qui reprend avec un taux à 6,2%, comment comprendre qu'aucune suite, aucune discussion, aucune négociation, n'ait lieu à la clinique Toutes Aures ? Les personnels de la clinique n’ont-ils pas raison, comme de nombreux autres, de revendiquer des augmentations de salaire ? Face au blocage de la direction, que fait l’Etat ? La clinique Toutes Aures, du groupe Almaviva, doit ouvrir des négociations, tout de suite !"
Avant d'ajouter : "Les personnels en grève sont celles et ceux qui, hier comme demain, ont été ou seront à vos côtés dans les services de santé, au bloc opératoire, pour vous soigner et sauver vos vies".
Face à la situation, la CGT Santé a appelé à une manifestation mercredi 2 novembre, à partir de 8h30 devant la clinique. Le cortège a pris ensuite la direction du centre ville et du marché, "pour aller au contact de la population", avec une arrivée à 11h00 devant la Mairie de Manosque, avec prises de parole. "Il faut exiger que la direction de la clinique ouvre immédiatement des négociations sur la base des revendications des personnels notamment sur la question de l'augmentation des salaires et de l'amélioration des conditions de travail !"
Agro-alimentaire : 7 % et plus arrachés par la lutte !
Les mobilisations s’amplifient. Parmi d’autres, trois luttes qui imposent aux patrons des reculs sérieux.
- Les salariés de Tereos (sucre) ont mené une lutte acharnée, impulsée par les syndicats CGT et CFDT dans neuf sucreries. Loin de répondre aux revendications des salariés, Tereos avait décidé unilatéralement d’une augmentation générale de 3,2 %. L’annonce d’une grève pendant la campagne a été validée par les salariés qui revendiquaient 70 € de plus. Tereos a tout tenté, mais devant la détermination des salariés et l’approche de la campagne sucrière, le groupe a cédé. C’est une augmentation annuelle des salaires de 7,7 % pour les ouvriers et employés, des augmentations de diverses primes, la réintégration d’un salarié injustement sanctionné.
- Dans la société Marie Surgelés du groupe LDC, les salariés de Mirebeau (86) et de Airvault (79) ont fait grève pendant une semaine. Cette mobilisation et le travail syndical engagé depuis le début de l’année ont payé. Avec les salariés, la CGT a arraché 6,9 % d’augmentation des salaires, huit embauches en CDI et une modification substantielle de l’organisation du travail permettant de limiter la présence des salariés au travail à un samedi sur 3 sans perte de salaire.
- Chez Lactalis à Lons Le Saunier (39), alors que le groupe veut imposer une norme austéritaire sur tous les sites, après 40 ans sans mouvement revendicatif conséquent, les salariés se mettent 4 heures en grève les 24 et 29 septembre. Ils remettent ça du 7 au 11 octobre par 32 heures de grève. Branle-bas de combat à la direction. Les ouvriers et employés voient leur salaire augmenté de 138 €, soit 7,2 % contre les 5,2 % déjà obtenus lors des négociations en central. L’action de Lons fait tache d’huile dans d’autres sites du groupe. Qui dit que la lutte ne paye pas !!!
Saint-Malo : Grève aux urgences de l’hôpital !
Un préavis de grève illimité est lancé au service des urgences du centre hospitalier de Saint-Malo depuis le mercredi 2 novembre 2022.
Face au manque de moyens, les syndicats CGT et Sud santé lancent un préavis de grève illimité, à partir du mercredi 2 novembre, au service des urgences du centre hospitalier de Saint-Malo.
La saturation des urgences du centre hospitalier de Saint-Malo en pleine période de forte affluence dans la cité corsaire, causée par les nombreux visiteurs attirés par la 12e édition de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe- n’arrange sans doute rien.
Les syndicats CGT et Sud santé ont tiré une première sonnette d’alarme, lundi 24 octobre, en déposant une procédure de danger grave et imminent (DGI) aux urgences. Par « manque de moyens, et notamment d’effectifs, qui met en danger les patients et les personnels », un préavis de grève illimité est désormais lancé depuis le mercredi 2 novembre. Parmi leurs revendications, les deux syndicats plaident pour la création d’une unité hivernale ainsi que d’un pool de nuit et l’augmentation du pool de jour.
Terreur patronale et gouvernementale : Il s’appelait Mathieu Poli, il avait 29 ans, la vie devant lui. Il travaillait à Saumur pour l’entreprise RTE – le Réseau de transport d’électricité qui gère les lignes et l’acheminement d’électricité haute tension.
Mathieu avait participé, comme beaucoup d’autres salariés de RTE, à une mobilisation en juin dernier pour réclamer une augmentation de salaire. L’entreprise a fait des profits records, avec un résultat net de 661 millions d’euros en 2021, en hausse de 27% par rapport à l’année précédente. Les grévistes réclamaient juste un partage de ces bénéfices.
Dans le cadre du mouvement, des coupures de courant ont eu lieu. Une pratique classique dans le cadre des luttes menées dans le secteur de l’énergie. Pourtant, cette fois-ci, la répression a pris des proportions délirantes.
Le 4 octobre, après plusieurs mois d’enquête, les services antiterroristes débarquent chez 4 agents dans le Nord. Ces syndicalistes âgés de 31 à 35 ans, sont menottés devant leur famille, qualifiés de «cybercriminels en bande organisée» et emmenés directement dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret. Jetés dans les geôles antiterroristes pendant 3 jours. Le 7 octobre, ils ressortent sous contrôle judiciaire et sont convoqués en procès le 28 février 2023. Ils ont également été mis à pied à titre conservatoire, au début de septembre, par la direction de l’entreprise.
Mathieu n’était pas parmi les arrêtés. Par contre, il avait subi un interrogatoire au commissariat d’Angers dans le cadre de cette enquête, un peu plus tôt. Le 7 septembre, la police l’avait auditionné concernant la grève et les coupures de courant. Un épisode qui l’avait beaucoup marqué, puisque l’agent a arrêté le travail pendant un mois. Il n’avait repris son poste que la semaine passée. Il s’est donné la mort peu après.
La CGT Énergie écrit : «Comme d’autres collègues convoqués, Mathieu avait très mal vécu cette période de mépris, d’humiliation puis de répression en tout genre.» Mis sous pression par une répression anti-syndicale inédite, probablement effrayé par l’opération anti-terroriste menée contre ses collègues, le jeune travailleur a mis fin à ses jours.
Le syndicat décrit «un agent investi dans son travail par sa rigueur et son professionnalisme. Apprécié dans son équipe ainsi que par les autres équipes du GMR, il était à l’écoute, juste, droit, perfectionniste, concis et reconnaissable à son sourire discret» qui «avait participé aux trois mois de grève pour gagner une revalorisation de 5% des salaires».
Derrière le décès de Mathieu Poli, le problème de la souffrance au travail, du mépris patronal, de la répression. Mais surtout la dépossession totale de tous les moyens de lutte.
Des raffineurs font grève ? Ils sont réquisitionnés.
Une manifestation dans la rue ? Des salves de grenades.
Une mesure impopulaire ? Le 49-3 sans débat.
Des électriciens en lutte coupent le courant ? On leur envoie la police anti-terroriste et la justice ordonne des vagues d’interrogatoires.
Il ne sera bientôt plus possible de bouger, dans la rue comme au travail, sans être écrasés. Sauf si le sursaut est collectif, pour que la justice soit enfin rendue, pour Mathieu Poli et pour tous les autres.
TotalEnergies : la grève se poursuit à la raffinerie de Feyzin, où la CGT promet «une radicalisation» du mouvement
C’est le dernier site de TotalEnergies à poursuivre le mouvement entamé dans les raffineries du groupe TotalEnergies. Jeudi, 80% de grévistes étaient recensés sur le site. Ils réclament depuis fin octobre l’intervention d’un médiateur de la République.
Une rencontre a eu lieu jeudi matin entre les grévistes CGT de la raffinerie TotalEnergies de Feyzin (Rhône) et la direction locale, mais celle-ci n’a pas permis de démêler la situation et de lever la grève, comme dans les autres raffineries du groupe. Mercredi, le travail avait repris à Gonfreville-L'Orcher (Seine-Maritime), après un accord avec la direction.
« Une future discussion » est « promise » par la direction quand « la grève sera levée », a indiqué le délégué syndical CGT à Feyzin, se désolant que cette rencontre n’ait « rien » donné sur les revendications salariales. Dans un message à la presse, il a affirmé qu’un « dispositif temporaire (une prime mensuelle pendant 6 mois) a été mis en œuvre par la direction de la raffinerie de Gonfreville », et indiqué ne pas comprendre « pourquoi il n’est pas mis en œuvre à Feyzin ».
La CGT dénonce « l’acharnement et la détermination » de la direction générale
Pour le syndicat, « cela prouve l’acharnement et la détermination de la direction générale de ne rien céder aux grévistes Feyzinois de manière irresponsable ». Mercredi, la direction de TotalEnergies avait démenti « fermement tout accord local sur les salaires » à Gonfreville alors que le secrétaire général de la CGT du site avait évoqué un accord sans en préciser la teneur.
Depuis fin septembre, la grève se poursuit de manière soutenue à Feyzin, avec 80 % de grévistes recensés jeudi, qui réclament en vain depuis fin octobre  l'intervention d'un médiateur de la République.
Le mouvement « va se radicaliser »
« Le mouvement va maintenant se radicaliser car nous en avons marre d’attendre l’arrivée d’un médiateur », a fustigé le délégué syndical CGT, annonçant que les grévistes procéderont la semaine prochaine au blocage de l’A7 en signe de protestation. Contactée, la direction de TotalEnergies n’avait pas encore réagi jeudi en début d’après-midi.
La ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher a déclaré jeudi matin qu aucune réquisition n’aurait lieu à Feyzin « dans les 48 heures » .
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