Gantry 5

 

Édito : L'hôpital en surchauffe
Une fois de plus, la canicule met en lumière la situation délabrée du système de soin. Si ce n'est pas une révélation, l'épidèmie de Covid l'avait déjà largement montré, depuis c'est la même trajectoire de recul du service public qui est à l’œuvre. Pour autant, les raisons profondes de cette situation restent masquées. Ne tournons pas autour du pôt, la responsabilité des politiques publiques favorables au capitalisme en sont les seules responsables. Elles se déclinent par des suppressions de postes, l'augmentation de la charge de travail, le recours à l'interim et la dégradation des conditions matérielles des soignants. De ce point de vue, la lecture des rapports sociaux uniques des hôpitaux  remplaçant les bilans sociaux est édifiante. Le désengagement de l'État en matière de santé désigne la diminution de son rôle dans le financement, l'organisation et la gestion du système de santé, il transfère une partie de ses responsabilités vers d'autres acteurs (assurances complémentaires, collectivités territoriales, secteur privé, patients eux-mêmes). Avec la réduction des moyens alloués, cela se traduit par : des restrictions budgétaires dans les hôpitaux publics ; la fermeture de lits et parfois de services hospitaliers ; un nombre insuffisant de professionnels de santé recrutés ; le report ou l'abandon de certains investissements. Afin de mettre un terme à cette situation, uniquement la lutte tout de suite réunissant les personnels et les usagers.
Sommaire :
Luttes
-Grève au SAMU social de Paris
-Grève climatique dans le Loiret
-Pour les salaires des agents publics, mobilisation le 29 septembre !
-Paris : Rassemblement contre la fermeture centre d'accueil et de crise CAC AMADO
-Suppressions d'emplois chez Nespresso
-Les salariés d'Uniqlo en grève le 27 juin 2026 pour leurs salaires et l'amélioration de leurs conditions de travail !
-Renault Lardy (91) en lutte le 25 juin pour s'opposer à la casse de 800 emplois dans l'ingéniérie Renault
-Trémery (Moselle) : Canicule ; avec "42° dans certains ateliers", des syndicats de Stellantis demandent des aménagements
-Préavis de grève déposé chez Stellantis Mulhouse en raison de la forte chaleur
-Les salariés du Printemps Alma à Rennes face à la fermeture de leur magasin
-Amiens : des salariés de Call web en grève
-Les salariés de CBA Meubles manifestent à Pérenchies (Nord) pour défendre leur entreprise
-Canicule : l'hôpital en surchauffe
-Centre Val de loire : grève chez Transdev
-Duralex : la CGT du Loiret appelle la population à se rassembler le 2 juillet devant le tribunal de commerce
-80% des CDI de Brico Dépôt étaient en grève
-Grève à la Ligue havraise : salaires et conditions de travail au centre des revendications
-Canicule : les syndicats d'enseignants appellent à la grève. Ils dénoncent des conditions de travail dangereuses pour les professeurs et les élèves
-Les salariés de la MSA se mobilisent contre la logique d’économies
-Agroalimentaire : 1.000 salariés de Roquette en grève
-Demande de réouverture des négociations salariales
-Les allocations d’assurance-chômage ne seront pas revalorisées au 1ᵉʳ juillet
-118 postes seront supprimés d'ici 2027 au Conseil Départemental de l'Aveyron
 
Dossiers ; Économie
-Piketty, toujours volontaire pour une "solution" qui épargne le capitalisme !
-Volkswagen : lourde restructuration en vue
-Fermeture de la CIBEM à Saint-Pierre-en-Auge dans le Calvados
-Vosges : fermeture de l'usine de meubles Parisot
-Cachotteries à EDF
-Allemagne : réforme des retraites
-3 milliards d’euros : Airbus reçoit le plus gros financement jamais réalisé par la Banque européenne d’investissement en faveur d’une entreprise
-Jeux vidéo menace sur l'emploi
-La canicule touche durement le monde agricole
 
Solidarité internationaliste
-Corée du Sud : Hyundai : 73.000 salariés refusent d’être remplacés par des robots humanoïdes
-Antilles : affaire du chlordécone : 20 ans après, la justice française réaffirme le non-lieu et confirme ce crime colonial !
-Le 24 juin, le personnel soignant allemand proteste contre les mesures d'austérité
-Des enseignants turcs en manifestation confrontés à des gaz lacrymogènes à Ankara
-Grèce, 24 juin : Rassemblement de grève devant le ministère du Travail
-USA : Victoire pour les travailleurs d'American Axle
 
Luttes
Grève au Samu social de Paris
Devant le bâtiment du siège du Samu social de Paris, des travailleurs et des membres de l’association Utopia 56 du numéro d’urgence du 115 du Samu social sont en grève depuis huit jours. C'est plusieurs milliers d'appels par jour, entre 2 000 et 8 000. Les salariés chargés d'orienter les personnes à la rue refusent d'appliquer les directives de la préfecture. Le préfet ne veut pas maintenir les 1 200 places ouvertes en plus cet hiver. Une situation intenable pour un SAMU social déjà saturé. A Paris ils sont en grève depuis huit jours. "On constate l'aggravation des mesures préfectorales qui ont été prises ces derniers jours", constate Nathan Lequeux, coordinateur de l'association Paris-Utopia 56. "1200 nuitées supplémentaires ont été supprimées et on observe un durcissement des critères de vulnérabilité. L'accueil sans condition des plus précaires n'est plus possible. Des associations constatent déjà les effets de ces fermetures de places d'hébergement. « L’organisation du travail met à mal les agents », explique Jordan Bernard, secrétaire général de la CGT SAMU social de Paris. "Pour joindre le 115, c'est souvent plus d'une heure d'attente" : le SAMU social de Paris proteste contre la saturation des hébergements d'urgence.
 Pour les soutenir, vous pouvez donner à leur caisse de grève : https://www.helloasso.com/
 
Grève climatique dans le Loiret
La canicule nous tient et les prochaines s’annoncent, face à cela il est primordial de protéger les salariés. Le code du travail n’oblige pas les employeurs à prendre des mesures autres que la fourniture de bouteilles d’eau et la mise en place de « moyens adaptés » dont on ne sait rien. Aucune température maxi n’est dictée (46 degrés recensés dans l’atelier), la production doit continuer coûte que coûte. Des salariés ont demandé des aménagements d’horaires…sans résultats ceci est incompréhensibles avec cette chaleur, certains se sont même vu menacés d’abandon de postes. Le syndicat CGT prend les devants, et a décrété la grève climatique le temps de la canicule (jusqu’au samedi 27 juin).
 
Pour les salaires des agents publics, mobilisation le 29 septembre !
Dans un communiqué commun, les organisations syndicales de la Fonction publique CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP engagent dès à présent la préparation d’une mobilisation avec manifestations, intégrant la perspective d’une grève le 29 septembre prochain.
Elles font observer: " La canicule que subit notre pays met plus que jamais en lumière les besoins de la population en matière de services publics, de protection pour les plus fragiles et la nécessité de reconnaître l’engagement des agents."
Les organisations syndicales constatent l’absence de réponse salariale immédiate du gouvernement à la crise  comme les six millions d’agents publics. Elles estiment que les mesures ponctuelles sur les frais de déplacement ne remplacent une revalorisation générale des rémunérations, à commencer par la valeur du point d’indice. Pour elles, il est urgent d'augmenter les salaires et d'améliorer les conditions de travail pour préserver la qualité du service public et la continuité des missions, exercées au service de la population.
les organisations syndicales réaffirment donc leurs revendications :
-des mesures salariales générales et notamment une revalorisation significative de la valeur du point d’indice ;
-des mesures de revalorisation et la refonte des grilles indiciaires permettant, dans chaque catégorie, une véritable progression de carrière et la sortie des débuts de carrière du niveau du SMIC de même que la revalorisation des métiers à prédominance féminine ;
-le rétablissement du versement de la garantie individuelle de pouvoir d’achat ;
-le maintien à 100 % des rémunérations versées aux agent⋅es en congé maladie ordinaire et l’abrogation du jour de carence ;
-l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes ;
-des garanties sur la mise en œuvre effective de la directive européenne sur la transparence salariale, accompagnée de moyens concrets pour des politiques d’égalité.
 
Paris : Rassemblement contre la fermeture centre d'accueil et de crise CAC AMADO
Le rassemblement du mardi 23 juin outre la fermeture du centre d'accueil et de crise CAC AMADO (situé rue Garancière Paris 6e mais dédié aux patients du secteur 5/6/7e) a été un véritable succès. Une centaine de personnes y ont participé pendant près de deux heures sous les chapiteaux syndicaux CGT CFDT devant le pavillon F de l'hôpital Sainte Anne (Paris 14e). Au cours du rassemblement, des représentants syndicaux, dont ceux de la CGT, sont intervenus et des élus parisiens et des médecins. Tous les intervenants ont insisté pour une réouverture 24h/24 et 6 ou 9 lits d'hébergement, épargnant le CPAO submergé et les hospitalisations dans les urgences avec contention.
 
Suppressions d'emplois chez Nespresso
Fin mars la Direction de Nespresso sabrait le champagne célébrant en grande pompe les 40 ans de la marque. Mais,  par une visio les salariés ont appris, mardi 9 juin, la suppression de 291 postes (50 % des effectifs) chez Nespresso France avec la fermeture pure et simple du site de Lyon, 167 salariés sont ainsi sacrifiés. En fait, Nespresso organise l’externalisation totale du Service Client au Maroc, chez Concentrix et un transfert d’activités support vers l’Ukraine. La seule raison de ces licenciements est donc d'accroître la profitabilité du capital. Derrière le slogan patronal : "Fit for Growth" (réduire pour croître), la stratégie du nouveau directeur général de Nestlé Monde, Philipp Navratil, n’a qu’un objectif en donner plus aux actionnaires. La Cgt de Nespresso s’interroge : " sur l’avenir du service client, et surtout sur la cohérence d’une entreprise qui se vante de l’excellence de sa relation client tout en détruisant les équipes qui la font vivre. Parce que ces suppressions d’emplois sont inadmissibles alors que tous les voyants sont au vert côté Business et que l’activité est en dynamique positive avec une nouvelle égérie et des perspectives encourageantes, parce que les savoirs faire ne sont ni externalisables ni délocalisables, les salariés avec la CGT resteront debout, unis et solidaires, se battront pour défendre leurs emplois, leur dignité et le maintien de l’activité en France."
 
Les salariés d'Uniqloen grève le 27 juin 2026 pour leur salaire et l'amélioration de leurs conditions de travail
 A l'appel de la section CGT, les quatre principaux magasins : Opéra, Rivoli, Marais et Beaugrenelle de l'enseigne se sont mobilisés. La CGT s'est implantée récemment dans cette enseigne : la quasi totalité des élus au CSE ont choisi de rejoindre la CGT. Depuis plusieurs semaines, Ils multiplient les adhésions et étendent la présence de la CGT dans les différents points de vente. selon la CGT, Uniqlo est l'une des rares entreprises de l'habillement à afficher une situation économique florissante : le chiffre d'affaires d'Uniqlo France a progressé de 85% en quatre ans pour atteindre 530 millions d'euros en 2025. La situation sociale est beaucoup moins reluisante. Mal payés, les salariés sont soumis à une pression et une surveillance constantes des managers. Les conditions matérielles de travail sont tout aussi déplorables.
 
Renault Lardy (91) en lutte le 25 juin afin de s'opposer à la casse de 800 emplois dans l'ingéniérie Renault.
La direction de l’ingénierie Renault vient de présenter la déclinaison en France de son plan mondial de réduction des effectifs. Une nouvelle coupe sombre est annoncée : une baisse de 10 à 15% des effectifs est prévue d'ici fin 2027. Selon la FTM-CGT, les effectifs de l'Ingénierie France passeraient de 5.600 fin 2025 à 5.000 (voire 4.800) fin 2027. La baisse avait déjà été de 20% entre 2018 et 2025. La direction du groupe Renault justifie cette nouvelle saignée par la nécessité de faire des économies pour assurer la pérennité de l'entreprise. Pourtant l’argent ne lui manque pas pour verser 2,1 milliards d’euros en dividendes et rachat d’actions aux actionnaires depuis 3 ans. Ou pour offrir 30 millions d’euros en 4 ans en actions gratuites à une poignée de dirigeants. La CGT dénonce : "cette logique de rentabilité et s’oppose aux réductions d’effectifs, qu'elles soient en France ou dans les autres pays. Car du travail, il y en a ! Et des emplois et des formations, il en faut plus, pour développer les nouvelles technologies des véhicules (autonomie, temps de charge, conduite autonome, réduction de la pollution…)." La CGT appelle les salariés à s’opposer à cette politique de casse sociale et les encourage à imposer leurs revendications par la lutte. Sur le site de Lardy, un rassemblement était organisé le 25 juin pour construire la mobilisation contre les suppressions d'emplois et pour des embauches. Près de 200 salariés se sont mobilisés contre les suppressions d'emplois dans l'ingénierie annoncées la veille et contre la fermeture du site Villiers Saint Frédéric annoncée fin mai et où les salariés sont mobilisés depuis plusieurs semaines. Ensemble, ils ont exig2 :
-Non à la casse sociale, non aux mesures minimales de transfert des salariés de VSF !
-Face aux enjeux technologiques, sociaux et environnementaux, il faut des embauches dans l'innovation et la R&D et de la formation, pas des plans de départs !
 
Trémery (Moselle) : Canicule ; avec "42° dans certains ateliers", des syndicats de Stellantis demandent des aménagements
Il a fait jusqu'à 42 degrés dans certains ateliers de l'usine automobile de Trémery qui emploie plus de 1.500 personnes. La direction a déclenché son plan chaleur avec distribution d'eau et instauration de deux pauses de 10 minutes par équipe, mais les mesures sont insuffisantes pour la CGT et Sud. Les deux syndicats ont déclenché une procédure d'alerte pour danger grave et imminent. Ils encouragent les salariés mis à mal par la canicule à exercer leur droit de retrait ou à cesser le travail, puisqu'ils ont aussi déposé un préavis de grève. Pour le délégué CGT de Stellantis, ces températures présentent un risque pour les salariés : "on a déjà eu quelques malaises et on sent les équipes très fatiguées, car beaucoup de salariés, n'arrivent pas se reposer chez eux, où la température est aussi très élevée ".
 
Préavis de grève déposé chez Stellantis Mulhouse en raison de la forte chaleur 
Le 23 juin, Le syndicat CGT de l'usine Stellantis de Mulhouse (Haut-Rhin) qui emploie un peu plus de 4.500 salariés, indique avoir déposé un préavis de grève "tous les jours de la semaine à partir de 11h30 pour l'équipe du matin et 18h20 pour l'équipe d'après-midi" et réclame "une réduction des rythmes de travail, une baisse des cadences et une augmentation du nombre de pauses à raison de 10 minutes chaque heure". Pour l délégué CGT : Pour le délégué de la CGT : " A situation exceptionnelle, il faut que la direction, elle, propose un plan exceptionnel. Sauf qu'elle ne le fait pas. Elle propose le même plan depuis plusieurs années, c'est à dire distribuer des bouteilles d'eau. Mais le principal problème, c'est que vous avez la chaleur à l'extérieur, vous êtes crevés quand vous arrivez au boulot. Ce qu'il faudrait, c'est qu'au minimum la cadence baisse. Il faudrait faire les intempéries comme il y a dans le bâtiment où c'est l'entreprise qui vous renvoie chez vous. Et puis vous êtes payés à 100 % parce que c'est difficile de bosser dans des conditions pareilles".
 
Les salariés du Printemps Alma à rennes face à la fermeture de leur magasin
Avec les 51 salariés en CDI du groupe, plus de 120 emplois vont disparaître avec la fermeture du Printemps Alma quand on ajoute les concessions présentes dans le magasin, les prestataires pour l'entretien, la surveillance. "Nos emplois ne sont pas soldés !" Le message est écrit sur des affiches tenues par la cinquantaine de salariés du Printemps Alma Rennes qui ont débrayé à l'appel de la CGT le samedi 27 juin. Ils réagissent à la fermeture du magasin et à la suppression de 51 emplois en CDI pour les salariés du groupe.
 
Amiens: des salariés de Call web en grève
Une trentaine de salariés de Call Web se sont mobilisés le lundi 29 juin devant les locaux de l'entreprise à Amiens. A l'appel de la CGT FAPT (activités postales et télécommunications), les manifestants ont dénoncé leurs conditions de travail et réclamé une amélioration de leur quotidien professionnel. Les représentants du personnel dénoncent une dégradation continue des conditions de travail et un management toxique.
 
Les salariés de CBA Meubles manifestent à Pérenchies (Nord) pour défendre leur entreprise
Les salariés de CBA Meubles ont manifesté le 29 juin devant le siège de Pérenchies. Le fabricant de meubles en kit est en redressement judiciaire depuis le début du mois de juin. Un des deux sites nordistes pourrait être supprimé, selon les syndicats. Des dizaines d'emplois sont en jeu. Selon Ici1 : "La société est endettée à hauteur de 44 millions d'euros, selon l'avocat des salariés. Un chiffre incompréhensible pour les syndicats et les salariés, puisque leur entreprise a été rachetée par un nouveau groupe, le groupe P3G, il y a quelques mois, après avoir passé pratiquement quatre ans administrée par le géant marocain Safari."
 
Canicule : l'hôpital en surchauffe
Chambres à 39 degrés, urgences surchargées : l’hôpital surchauffe à Saint-Malo
Les syndicats sont inquiets. Depuis plusieurs mois, ils alertent sur la situation tendue du groupe hospitalier Rance-Emeraude, réunissant les sites de Saint-Malo, Dinan et Cancale. Un conseil de surveillance avait lieu ce vendredi 26 juin 2026, à l’aube d’une réunion, jugée cruciale, avec la ministre de la Santé, pour évoquer le futur hôpital.
Le climat est bouillant au groupe hospitalier Rance-Emeraude. Ce vendredi 26 juin 2026, alors que soixante personnes manifestaient devant l’hôpital de Saint-Malo, un conseil de surveillance se déroulait dans une ambiance tendue. Personnels, élus, habitants ne cachent plus leurs inquiétudes pour l’avenir.
L’épisode de canicule de cette semaine est venu illustrer la vétusté des bâtiments et des équipements. Des températures de 29 à 39 degrés ont été relevées, avec des maximales dans les chambres de Saint-Malo et dans un EHPAD de Dinan, alerte Sébastien Bayaut, représentant syndical Sud santé, IL s’étonne que le plan blanc n’ait pas été déclenché. Le syndicat évoque plusieurs événements indésirables et un risque réel aussi bien pour les patients que les personnels. En guise de geste, les collectivités pourraient nous offrir 1 000 climatiseurs, a-t-il lancé en conseil de surveillance.
 
Plan Blanc activé au CH de Vitry-le-François
L'ARS Grand Est a activé ses cellules de crise et la direction du Centre hospitalier de Vitry-le-François a déclenché le plan blanc face à l'épisode caniculaire et aux tensions dans les services.
Dans ce contexte, il est demandé aux agents de rester joignables et les congés et absences pourront être réévalués en fonction des besoins des services.
Les congés des soignants, rappelle la CGT, avaient déjà été réduits à 15 jours cet été, dans un contexte de sous-effectif chronique et d'organisation déjà fortement dégradée.
Aujourd'hui, l'activation du plan blanc fait craindre de nouvelles contraintes sur les congés des agents, dans un contexte de forte tension des services, où les personnels restent une fois de plus la variable d'ajustement au détriment de leur santé, de leur repos et de leur équilibre de vie.
Nous dénonçons fermement cette logique où les personnels sont systématiquement la variable d'ajustement, au détriment de leur santé, de leur repos et de leur équilibre de vie.
La CGT avait raison de demander la tenue d'une F3SCT extraordinaire en amont de cette situation, afin d'anticiper les effets de la canicule sur les conditions de travail, les organisations et la sécurité des soins. Cette demande était pleinement justifiée au regard de la situation actuelle.
Nous exigeons le respect des droits aux congés, des remplacements effectifs et des moyens humains supplémentaires pour faire face à cette crise.
La santé des agents et des patients ne peut pas reposer sur des sacrifices permanents.
 
Canicule en Pays royannais : les urgences ont tenu mais « dans un contexte indigne d’un pays développé »
L’activité du service des urgences de l’hôpital Royan Atlantique a connu une hausse, la semaine dernière, en raison de la chaleur, mais le manque d’anticipation, ici comme ailleurs, retient l’attention. Les crises passent mais les problèmes demeurent. La canicule vécue la semaine dernière à l’hôpital Royan Atlantique comme dans les autres établissements publics met encore une fois en avant le manque d’anticipation pour ce genre de phénomène climatique, alors qu’on promettait en 2003 avoir retenu la leçon. Résultat! des chambres surchauffées, du matériel tombant en panne, et du personnel obligé de travailler dans des conditions compliquées, périlleuses.
 
Face aux patients souffrant de l’extrême chaleur, l’hôpital de Saint-Nazaire fait appel à des renforts
Prise en charge des patients en hyperthermie, lits supplémentaires en hospitalisation, mobilisation d’étudiants en formations paramédicales. L’hôpital de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) s’arme pour répondre à une « tension exceptionnelle » provoquée par la canicule.
 
Canicule. « Jusqu’à 38°C dans les couloirs » : sous tension, l’hôpital du Mans s’organise pour tenir le choc
Au centre hospitalier du Mans (Sarthe), les équipes médicales et techniques se mobilisent pour faire face à l’afflux de patients, en cette fin juin 2026. Lequel devrait se poursuivre même après la fin de la vague de chaleur.
Dans certains couloirs, le thermomètre affiche jusqu’à 38 °C, déplore Joël Pannetier, coordinateur de la cellule de crise canicule à l’hôpital du Mans. Pas dehors, dedans. Les bâtiments les plus anciens, particulièrement exposés, concentrent les situations les plus complexes et la chaleur s’y incruste sans relâche. Ce vendredi 26 juin 2026, au sixième jour de la canicule, la situation reste critique. Depuis deux jours, le plan blanc, le plus haut niveau d’alerte de l’hôpital, a été déclenché. Les équipes sont sous tension permanente. 4 400, c’est le nombre de SMS envoyés  rappelant des personnels en urgence.
 
Dégradation du service public de santé dans le Tarn-et-Garonne
La situation des centres hospitaliers du département de Tarn-et-Garonne est marquée par des difficultés communes à de nombreux territoires ruraux : pénurie de médecins et de soignants, tensions dans les services d'urgence et nécessité de réorganiser l'offre de soins. Les principaux établissements sont : Centre Hospitalier de Montauban, principal établissement du département. Centre Hospitalier Intercommunal de Castelsarrasin-Moissac, regroupant les sites de Castelsarrasin et de Moissac. 
Le centre hospitalier de Montauban reste le pivot de l'offre hospitalière départementale. Cependant, il fait face à des difficultés de recrutement, notamment aux urgences. Depuis mars 2026, l'Agence régionale de santé a autorisé une régulation permanente de l'accès aux urgences, afin de concentrer les moyens sur les situations les plus graves. Les patients sont invités à appeler le 15 avant de se rendre aux urgences lorsque leur état le permet.
Cette situation génère des attentes encore plus longues de prise en charge des malades avec les urgences surchargées, et des conditions de travail pour le personnel soignant déplorables, dernièrement 7 infirmières ont démissionné dans le service des urgences de Montauban. 
Le centre hospitalier intercommunal Castelsarrasin-Moissac connaît également une forte tension sur les effectifs médicaux. Les urgences de Moissac ont dû fermer temporairement plusieurs jours en mai 2026 faute de personnel médical suffisant, illustrant les difficultés persistantes de recrutement.
Le département souffre d'une démographie médicale insuffisante. Pour y répondre, les collectivités développent des maisons de santé pluriprofessionnelles, des centres de santé et des dispositifs destinés à attirer de nouveaux praticiens. Le Conseil départemental met également en avant des actions de recrutement de médecins et d'autres professionnels de santé.
En avril 2026, la fermeture de la maternité privée de la clinique Boyé à Montauban a renforcé le rôle du Centre Hospitalier de Montauban, assurant désormais l'ensemble des accouchements du département.
En résumé, la situation hospitalière en Tarn-et-Garonne est caractérisée par : un hôpital de Montauban qui demeure le principal recours, mais dont les urgences sont régulées ; des difficultés chroniques de recrutement médical ; des fermetures ponctuelles de services, notamment aux urgences de Moissac ; des efforts des pouvoirs publics pour maintenir l'accès aux soins grâce à une meilleure organisation territoriale et à l'attractivité des professionnels de santé.
Le désengagement de l'État en matière de santé désigne la diminution, réelle ou perçue, de son rôle dans le financement, l'organisation et la gestion du système de santé, il transfère une partie de ses responsabilités vers d'autres acteurs (assurances complémentaires, collectivités territoriales, secteur privé, patients eux-mêmes).
Avec la réduction des moyens alloués, cela se traduit par : des restrictions budgétaires dans les hôpitaux publics ; la fermeture de lits et parfois de services hospitaliers ; un nombre très insuffisant de professionnels de santé recrutés ; le report ou l'abandon de certains investissements.
 
Centre Val de Loire : grève chez Transdev
Grève chez Transdev le 26 juin dénonçant des conditions de travail infernales du fait de la canicule. En cause aussi l'échec des négociations salariales annuelles. La CGT affirme qu'une grève aura lieu à nouveau et droits de retrait en cas de nouvel épisode de canicule. Les salariés ont obtenu une augmentation de leurs salaires de 1,3% lors des négociations annuelles, soit moins que l'inflation. C'est totalement insuffisant dit la CGT.
 
Duralex : la CGT du Loiret appelle la population à se rassembler le 2 juillet devant le tribunal de commerce
La CGT du Loiret2 : " tient une nouvelle fois à apporter son total soutien et sa solidarité, sans faille, aux salariés de la verrerie Duralex ". Elle affirme: " L’industrie verrière a un avenir en France et l’engouement de la population française et mondiale pour cette marque emblématique Duralex, symbole du "made in France" est porteur de perspectives solides et viables pour passer le cap de cette période de recherche de repreneur."
 
80% des CDI de Brico Dépôt étaient en grève
A l’appel à la grève lancée par la CGT Brico Dépôt France, près de la moitié des magasins de la marque étaient touchés. A La Ricamarie (Loire), on comptait 80 % de grévistes parmi les CDI , historique chez Brico Dépôt ».
-Les grévistes demandent :
-La réouverture des négociations annuelles obligatoires pour 2026,
-La revalorisation de la grille salariale,
-L’augmentation des salaires de 5 %,
-Une prime de 1 000 euros, une prime de carburant, des embauches immédiates.
La CGT dénonce la souffrance et une maltraitance au sein des équipes et « la politique salariale plonge de nombreux collaborateurs dans la précarité, les fins de mois sont très difficiles ».
L’entreprise a vu en 2025 son bénéfice net bondir de 32,7% à 283 millions d’euro : « Ils se gavent et nous, on s’appauvrit. »
 
Grève à la Ligue havraise : salaires et conditions de travail au centre des revendications
Les soignants et travailleurs sociaux de la Ligue havraise accueillant des personnes en situation de handicap, ont débrayé pendant 24 heures les 25 et 26 juin 2026 et manifesté à l’occasion de l’assemblée générale de l’association. Les syndicats dénoncent notamment des conditions salariales insuffisantes. C’est un mouvement qui ne part même pas des syndicats, mais des salariés, avance le délégué syndical CGT à la Ligue havraise et « une grogne qui dure depuis 2024. »
 
Canicule : les syndicats d'enseignants appellent à la grève. Ils dénoncent des conditions de travail dangereuses pour les professeurs et les élèves
La santé des professeurs et des élèves est mise à rude épreuve depuis le début de la canicule. Des syndicats d'enseignants ont appelé à se mettre en grève le 25 juin.
"La santé des personnels, des élèves et leurs conditions de travail sont mises en danger" ont prévenu la FSU, le SE-Unsa, la FNEC FP FO, la CFDT, la CGT, le Snalc et SUD dans un communiqué commun. L'intersyndicale dénonce la "responsabilité" du ministère de l'Éducation nationale, du gouvernement et de "leurs prédécesseurs". Ils mettent en cause une "impréparation manifeste" alors que ces épisodes caniculaires sont "prévisibles".
Ils évoquent des "malaises", "l’augmentation des passages à l’infirmerie" et la "multiplication des fiches SST (santé, sécurité au travail)".
 
Les salariés de la MSA se mobilisent contre la logique d’économies
Suppression de postes, perte de pouvoir d’achat et dégradation des conditions de travail : des salariés de la MSA (Mutualité Sociale Agricole) tenaient un piquet de grève devant le siège palois de la caisse pour faire entendre leur colère : « Il faut toujours faire plus avec moins ». MSA est le deuxième régime de protection sociale de France. 
 
Agroalimentaire : 1.000 salariés de Roquette en grève
Un rassemblement s’est tenu ce 23 juin devant le siège principal de Roquette, le géant agroalimentaire spécialisé dans les ingrédients d’origine végétale, à Lestrem. Plus de 1000 grévistes ont tenu un piquet de grève sur le site de Lestrem (Pas-de-Calais), protestant contre le « plan de sauvegarde de l’emploi ». Le projet prévoit la suppression de 310 postes et 89 créations d’emplois....
 
Demande de réouverture des négociations salariales
Chez LDC Terravenir (usine de volailles) à Sablé-sur-Sarthe, la CFDT monte au créneau revendiquant une réouverture des négociations salariales et le doublement de la prime « carburant employeur ».
Aujourd’hui, les salariés de LDC touchent de 1,05 à 1,35 euro par jour (en fonction du nombre de kilomètres parcourus pour se rendre sur le lieu de travail).
Le directeur des ressources humaines du Pôle Terravenir, confirme la volonté d’augmenter cette prime transport, mais : « conditionné par l’existence d’un décret qui n’est pas encore sorti et qui ne nous permet pas aujourd’hui d’officialiser quoi que ce soit ».
Cette décision passe d’autant plus mal car, dans le temps, le 20 août prochain, à l’occasion de l’assemblée générale, « le directoire proposera le versement d’un dividende de 2,25 euros par action contre 1,55 euro l’an dernier. Cela représente une augmentation de plus de 45 % pour les actionnaires » !
 
Les allocations d’assurance-chômage ne seront pas revalorisées au 1ᵉʳ juillet
Une première en dix ans : l’annoncé de l’Unédic à l’issue d’une réunion de son conseil d’administration. Les syndicats demandaient une revalorisation à hauteur de l’inflation. Les organisations patronales ont estimé : « l’état des finances publiques ne permettait pas cette revalorisation »! La dernière revalorisation des allocations chômage remontait au 1ᵉʳ juillet 2025, de 0,5 %. Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à France Travail et tenus de rechercher un emploi (catégories A, B, C) s'établit à 5 728 000. Au quatrième trimestre 2025, seulement 2,7 millions de personnes étaient indemnisées par l’assurance-chômage, selon les chiffres de l’Unédic, dont plus de la moitié avaient touché moins de 1 000 euros net mensuels. L’allocation moyenne mensuelle versée était de 1 040 euros.
 
118 postes seront supprimés d'ici 2027 au Conseil Départemental de l'Aveyron
La CGT et la CFDT ont appelé leurs agents à faire grève mercredi 1er juillet. Le Conseil Départemental a engagé un processus de « Maîtrise de la Masse Salariale » consistant à supprimer 118 postes pendant 3 ans, entre 2025 et 2027. Depuis 2025, plus d’une trentaine de postes ont déjà été supprimés. « On a vu la disparition d’un service dans le social, la suppression de 2 pôles, la fermeture de 2 musées, ainsi que le déplacement d’agents au gré des réorganisations, sans visibilité ni stabilité. ». Confirmation de nouvelles suppressions de postes, mais aussi de nouveaux déplacements forcés. L’administration prévoit de réaffecter plusieurs agents sans tenir compte de leur choix de carrière initial, ni de leur situation professionnelle ou personnelle. Les travailleurs sont traités comme de simples pions, déplacés pour « combler des trous plutôt que reconnus pour leurs compétences et leurs missions. »
 
Dossiers ; Économie
Piketty, toujours volontaire pour une "solution" épargnant le capitalisme !
Piketty dans sa chronique au journal Le Monde du 20 juin, dans le cadre de la campagne pour les présidentielles de 2027, enjoint la gauche pour « clarifier ses positions et unir ses forcede proposer l’adoption par référendum d’un impôt de solidarité nationale pesant sur les milliardaires et centimillionnaires … une telle proposition permettrait de clarifier les choix en présence et de placer la question démocratique au cœur de la présidentielle. Aucun référendum n’a eu lieu en France depuis 2005il est temps aujourd’hui de faire confiance aux citoyens et de leur redonner la parole »
Faire croire qu’un référendum est un moment de démocratie populaire permettant de décider des grandes trajectoires du pays est une douce illusion ou une perversité pour détourner les Français des indispensables luttes à mener. 
Des référendums, il en existe en Suisse, en Italie, au Royaume Uni, et dans le monde, aucun n’a menacé le système capitaliste.
Prendre l’exemple du référendum de 2005 va à l’encontre de sa propre argumentation.
Consulté par référendum sur l’adoption du traité constitutionnel européen, qui rassemblait les différents textes fondateurs en une Constitution où chaque pays concédait une part de son autorité à l'Union européenne (UE), a été rejeté par 54,67% des votants
En 2007, la victoire du non sera balayée par le gouvernement Sarkozy-Fillon avec la complicité d'une grande partie des députés et sénateurs socialistes, une majorité se prononce pour la signature du traité.
Un référendum peut être foulé aux pieds par les gouvernements successifs, gauche droite en alternance, faisant « rentrer par la fenêtre ce que le le peuple avait sorti par la porte ! »
Piketty proposant ce référendum s’inspire de L’impôt de Solidarité Nationale (ISN) de 1945, comporte deux taxes bien distinctes :
Un prélèvement sur l’ensemble du patrimoine à la date du 4 juin 1945, l’impôt était progressif, avec des tranches de 3 % à 20 % pour la fraction excédant 300 millions de francs, Une contribution sur les accroissements de patrimoine entre le 1er septembre 1939 et le 4 juin 1945. Enrichissement résultant d’une « activité tirant ses origines de la présence de l’ennemi sur le territoire » est concerné Il y avait un abattement de 100 000 francs et la taxation allait de 5 % à 100 % pour l’enrichissement supérieur à 5 millions de francs au-dessus de cette somme l’État prenait tout.
Pour la version 2027 de l’ISN, Piketty suggère que « pourrait compter deux composantes : un impôt exceptionnel au taux de 50 % sur les enrichissements supérieurs à 100 millions d’euros entre 2017 et 2027 ; et, d’autre part, un impôt annuel et permanent au taux de 5 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions et 10 % au-delà de 1 milliard. Les recettes seraient de l’ordre de 800 milliards d’euros (400 milliards pour la composante exceptionnelle et 400 milliards en dix ans pour la composante permanente). Ces 800 milliards d’euros seraient payés en titres par les milliardaires et centimillionnaires et placés dans un fonds souverain permettant à la puissance publique de réorienter l’investissement en fonction des priorités stratégiques du pays, en particulier sur le plan énergétique. Sur la base de ces nouveaux actifs, la France lancerait un emprunt exceptionnel de 400 milliards permettant de financer un ambitieux plan d’investissement et de recrutement dans la formation, la recherche et la santé ». L’industrie est absente de ce « plan ambitieux ».
L’ISN 2027 a peu de rapport avec celui de 1945. Il peut faire illusion et donner l’impression qu’il répond à la colère qui s’exprime contre la politique d’austérité et l’expression de plus en plus vive de faire payer les riches. Mais l’adoption de cet ISN à la mode 2027 ne changerait rien au sujet des travailleurs et ce n’est pas une question de pourcentage.
Piketty propose des solutions permettant un meilleur fonctionnement du capitalisme puisse mieux fonctionner et gérer sans remettre en cause le système capitaliste. Et sa demande de faire intervenir l’État dans le mode de production ne touche en rien le mode de production capitaliste et relève du plus pur keynésianisme. La question de fond est celle de la propriété des moyens de production.
Il ne suffit pas de déplacer les masses d’argent des portefeuilles de titres vers l’État, c’est le système capitaliste qu’il faut mettre en cause.
La question centrale est donc bien celle de la propriété privée des grands moyens de production et d'échange, leur appropriation, par les travailleurs salariés en tant que classe.
 
Volkswagen : lourde restructuration en vue
Selon le journal économique allemand Manager Magazine (25 juin -groupe Spiegel), Volkswagen s’apprêterait à réduire ses effectifs de manière drastique et restructurer son outil industriel. Ainsi, il s’agirait de 100 000 emplois menacés (sur les 657 000 du groupe) alors qu’il y a à peine quelques mois, il s’agissait « encore » de la moitié seulement. 4 sites de production seraient menacés dont les sites des véhicules utilitaires et le principal centre de production de la marque Audi.
Les porte-parole officiels du groupe automobile allemand n’ont pas infirmé ces informations. Ils admettent même que les hypothèses sont sur la table. Serait également envisagée une scission du groupe en différente entité dont le capital serait ouvert à des investisseurs externes.
Près des deux tiers des entreprises allemandes cotées (57%) mènent une stratégie identique de séparation, abandonnant ainsi le modèle de conglomérat, typique de l’organisation du capitalisme industriel allemand. Cela a été le cas pour ThyssenKrupp, Siemens, Continental, BASF et désormais le constructeur automobile.
Cette transformation de Volkswagen serait la réponse à la situation du groupe mis à mal par la concurrence chinoise sur le secteur des véhicules électriques, les droits de douanes états-uniennes et enfin l’atonie du marché « intérieur » européen.
Attendons à présent la réaction du syndicat allemand (IG Mettall) modéré aux premières annonces du groupe trois fois moins lourdes en termes d’emplois. Le syndicalisme d’accompagnement va-t-il atteindre ses limites ?
 
Fermeture de la CIBEM à Saint-Pierre-en-Auge dans le Calvados
Après plus de 40 ans de fonctionnement, le 30 juin, c'est la fin des boîtes à camembert fabriquées à la CIBEM de Saint-Pierre-en-Auge. Le groupe SNEC, filiale du géant laitier Lactalis, avait annoncé la fermeture de cette usine historique le 30 septembre dernier. Il reste 104 salariés sur le carreau !
 
Vosges : fermeture de l'usine de meubles Parisot
L'usine Parisot Industrie de Mattaincourt (Vosges), emploie 134 personnes, elle va fermer. Le projet a été présenté par le groupe Parisot aux représentants du personnel en CSE le 24 juin à Saint-Loup (Haute-Saône). L'activité doit être transférée sur le site de Saint-Loup. Le plan de la direction prévoit la suppression localement de 124 emplois.
 
Cachotteries à EDF
Dans les données de Bilan social fournies au Comité Social et Economique Central (CSEC) d’EDF, la Direction a soustrait les rémunérations des cadres dirigeants (plus de 500 personnes pour plus de 60.000 salariés). La transparence salariale étant pourtant devenue une obligation européenne, la Direction d’EDF fait preuve d’une prudence bien équivoque, d’autant que le patron de l’entreprise a annoncé, avec force relais médiatique, un plan d’économie d’un milliard d’euros à l’horizon portant sur les coûts opérationnels des fonctions supports du groupe, à 80% de la masse salariale.
Après des demandes réitérées depuis au moins 2 ans, le CSEC a décidé de s’adresser aux juges afin que la Direction transmette les informations demandées à son expert désigné pour certifier la robustesse des données fournies par la Direction, tout en préservant l’anonymat. De fait, sans passer par la justice, l’expert doit pouvoir accéder aux fichiers des salariés indiquant de manière exhaustive tous les éléments de rémunération (salaires et primes).
Pour la petite histoire, la Direction avait promis/juré de transmettre au niveau national les données requises déjà l’année dernière. Puis, a oublié ses engagements. Y aurait-il un si grand hiatus entre l’évolution des rémunérations des cadres dirigeants et la volonté de maîtrise des coûts du patron d’EDF ?
 
Allemagne : réforme des retraites
Le chancelier Friedrich MERZ propose un ensemble de mesures visant à réformer les retraites en Allemagne. Deux mesures phares : Premièrement, une augmentation continue de l'âge de la retraite indexé sur l'augmentation de l'espérance de vie. Deuxièmement, l'introduction de la retraite par capitalisation via une cotisation obligatoire de 2% du salaire qui sera réinvesti dans les marchés financiers. Le patronat semble plutôt favorable à ces mesures, l'opposition et les syndicats nettement moins. Quant au chancelier, il espère faire adopter ce projet de réforme d'ici la fin de l'année.
 
3 milliards d’euros : Airbus reçoit le plus gros financement jamais réalisé par la Banque européenne d’investissement en faveur d’une entreprise
Ce lundi 29 juin, la Banque européenne d’investissement annonce avoir signé le plus gros financement accordé à une entreprise de son histoire. L’heureux bénéficiaire: l’avionneur Airbus recevant au total 3 milliards d’euros afin définancer sa R&D. Les activités militaires d'Airbus vont bénéficier du nouveau financement de la Banque européenne d'investissement, notamment le programme A400M. Fin 2025, Airbus avait livré 25 appareils à l'armée de l'air française. En 2026, le ministère français des armées fait un chèque pour l'A400M de près de 720 millions d'euros pour quatre appareils. Tous ces financements servent à soutenir les activités recherche et développement dans le domaine de la défense aérienne. De l’argent public alors que les profits passent dans la poche des actionnaires  et non dans l’investissement et la recherche: Airbus, au titre de son exercice 2025, a ainsi versé en globalité environ 2,519 milliards d’euros à l’ensemble de ses actionnaires. De l’argent volé aux salariés et aux contribuables.
-L’exercice 2025 se traduit par une progression des revenus consolidés de 6 %, à 73,4 milliards d’euros.
-L’activité avions commerciaux progresse à 52,6 milliards d’euros.
-Airbus Helicopters affiche des revenus en hausse à 9,0 milliards d’euros,
-Airbus Defence and Space augmente ses revenus à 13,4 milliards d’euros, en progression de 11 %,
La position de trésorerie brute atteint 27,2 milliards d’euros, pour une trésorerie nette consolidée de 12,2 milliards.
Dans le résumé économique N° 284 nous écrivions : Pour les salariés, l’accord salarial signé par FO, la CGC, la CFTC et la CFDT est limité à 2,5 % d’augmentation à partir de juillet, essentiellement sous forme d’augmentations individuelles et la prime de participation versée au titre de 2025 réduite de 54%, lors d’un premier mouvement en mai la direction avait annoncé une prime compensatoire de 500 euros bruts, somme dérisoire et insultante.
 
Jeux vidéo menace sur l'emploi
Selon le Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) depuis janvier 2025, 1000 emplois « ont été supprimés, vont l’être ou sont menacés de l’être » dans l’industrie du jeu vidéo en France, et à la pointe on retrouve le studio Ubisoft qui avait précédemment vu ses effectifs français baisser de 4402 à 3965 entre mars 2023 et mars 2025.
Chez Nacon, les suppressions de postes se multiplient du fait de leur mise en redressement judiciaire (Studio Spiders ferme ses portes, Kylotonn se sépare de 68% de ses effectifs, …). De même chez le studio Quantic Dream (qui a notamment développé « Detroit : Become human ») 115 postes seraient menacés de suppression et le développement d’un nouveau titre (Spellcasters Chronicles) a été arrêté. Ces studios ne sont que des exemples de la situation de presque tous les studios de jeux vidéo français.
Il semble y avoir une raison commune derrière tout cela : une crise de croissance pour les studios ne se limitant pas à la France mais s’étendant de façon mondiale malgré un certain rebond récent dans le jeu vidéo en 2024. En effet, des studios comme Epic Games (qui ont créés « Fortnite ») licencie aussi dans les milliers de personnes.
Pour résister aux suppressions de postes menaçant les créateurs de jeux, le STJV a appelé à une grève nationale et potentiellement reconductible dès le 25 juin.
 
La canicule touche déjà durement le monde agricole
La canicule a décimé les populations de volailles d’élevage en France. Plus de 6 600 tonnes rien qu’en Bretagne,
Cette hécatombe frappe particulièrement les élevages de volailles. Les pertes sont particulièrement massives dans les bâtiments de volailles pouvant accueillir entre 30 000 et 40 000 poulets. Les centres d’équarrissage se sont retrouvés saturés en Bretagne, en Normandie et Pays-de-la-Loire. Les enfouissements des cadavres par les agriculteurs sur leurs propres parcelles ont été autorisés avec le risque de contamination de l’eau !
Les animaux ne sont pas les seules victimes de l’épisode caniculaire. Les organismes des agriculteurs et des salariés agricoles sont soumis à rude épreuve. Côté filières végétales, une baisse de la production est attendue, en particulier pour les cultures de plein champ. Pour le maïs, une première estimation des professionnels fait état d’une réduction de la production de 30 %. Les cultures légumières sont fortement touchées, mais aussi les vignes. La France se prépare à connaître une année noire en termes de production avec des pertes économiques.
Ignorant cette réalité, le sénat discute de la Loi d’urgence agricole :
-En réintroduisant les pesticides de la loi Duplomb : un amendement porté par la droite, les centristes et le RN autorisant le retour de deux insecticides interdits en France, Cette loi avait suscité en 2025 une pétition réunissant plus de 2 millions de signatures contre ces pesticides.
-Ce texte entend favoriser l’élevage intensif, les méga-bassines et faciliter la destruction des zones humides. les obstacles à l’installation de méga-bassines sont méthodiquement levés. Des propositions pour une minorité, seuls 6 % des agriculteurs irriguent. Les sénateurs proposent un doublement des objectifs de stockage d’eau d’ici 2030. Faisant réagir le Medef et ses intérêts, craignant un « accaparement » de l’eau au détriment des autres activités économiques.
Les trois rapporteurs de la loi sont bien connus pour leur défense d’un modèle agricole productiviste et un élevage intensif. Laurent Duplomb : syndicaliste agricole et exploitant agricole laitier, membre du parti Les Républicains. Franck Menonville (Union des démocrates et indépendants), gérant de deux exploitations agricoles, il a dirigé plusieurs organisations agricoles. Pierre Cuypers (Les Républicains), betteravier utilisateur de ces pesticides, ex-président de la chambre d’agriculture, ex-président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA).  Le gouvernement donne carte blanche  afin de faciliter l’agrandissement des élevages. Les seuils nécessitant une autorisation environnementale passeraient ainsi de 40 000 à 85 000 poulets, de 2 000 à 3 000 porcs. Il veut rendre plus résiliant notre système de réponse aux crises sanitaires (grippe aviaire, dermatose nodulaire bovine, fièvre catarrhale ovine), se multipliant « dans un contexte de changement climatique et d’intensification des échanges mondiaux » en fait le développement l’élevage intensif devient hautement vulnérable, assurant : « afin que la France sécurise sa capacité de production agricole à l’avenir ».
Ce texte de loi est taillé pour l’agrobusiness. En faveur des intérêts des riches propriétaires terriens, cette loi met en danger la santé de la population et des agriculteurs, mais ne répond en rien aux besoins des agriculteurs et de la population. L’agriculture est malade du capitalisme, aucune solution ne peut être trouvée sans balayer ce système.
 
International ; Solidarité internationaliste
Corée du Sud : Hyundai : 73 000 salariés refusent d’être remplacés par des robots humanoïdes
73 000 ouvriers de Hyundai viennent de voter la grève. Motif : les robots humanoïdes Atlas que le constructeur prévoit de déployer par dizaines de milliers à partir de 2028. Les 73 000 membres du KMWU, le syndicat des métallurgistes coréens, ont pris la mesure du message et répondu par un vote de grève. Les revendications portent sur deux points. D’abord, un droit de veto sur tout déploiement d’automatisation et d’IA dans les usines. Ensuite, une prime de performance représentant un tiers des profits annuels du groupe (ceci représenterait environ 27.000 dollars par ouvrier au regard des résultats actuels de Hyundai). La comparaison avec Samsung, dont les travailleurs ont obtenu des bonus bien plus élevés grâce aux bénéfices de l’IA, n’est visiblement pas passée inaperçue au sein du syndicat.
Selon la revue 01net3 : "les déploiements d’humanoïdes se multiplient dans les usines mondiales. Japan Airlines a commencé à déployer des robots bagagistes à l'aéroport de Haneda, l’un des plus fréquentés au monde. La poste chinoise trie du courrier avec des humanoïdes. BMW teste ses propres robots sur la chaîne de montage de Leipzig. General Motors vient d’installer une cinquantaine de nouveaux bras robotisés à son usine Factory Zero de Détroit, pendant que 1 300 salariés restent en attente d’un retour sur le site.
En France, le virage est déjà engagé, avec un vocabulaire plus discret. Depuis février 2026, Renault teste le robot humanoïde Calvin, développé par la start-up française Wandercraft, dans son usine de Douai, sur des tâches de manutention de pneus. Objectif annoncé : 350 robots Calvin dans les usines du groupe d’ici fin 2027."
 
Antilles : affaire du chlordécone : 20 ans après, la justice française réaffirme le non-lieu et confirme ce crime colonial !
Le non-lieu confirmé dans l'affaire du chlordécone4, responsable de la contamination de 90% de la population antillaise et des sols tente d'enterrer un scandale sanitaire et révèle le caractère de crime colonial de ce scandale. La cour d'appel en confirmant le non-lieu de 2023, vise à étouffer toute contestation des populations concernées. Si il a fallu, rappelons le, attendre 1990 pour interdire l'utilisation du Chlordécone en France, les exploitants agricoles, grands propriétaires fonciers ont obtenu du gouvernement Jospin et de son ministre de la santé de l'époque Soisson l'autorisation d'en poursuivre l'utilisation jusqu’en 1993 afin d'épuiser les stocks et cela au mépris total de la santé des populations. 
Pour autant, l'affaire n'est pas close et plus de 500 parties civiles se pourvoient en cassation contre la confirmation du non-lieu dans ce scandale sanitaire5.
 
Le 24 juin, le personnel soignant allemand proteste contre les mesures d'austérité6

Allemagne : Manifestation des personnels de santé (crédit photo, syndicat Ver.di)

Le syndicat allemand Ver.di se mobilise contre les mesures d'austérité prévues pour l'assurance maladie obligatoire et les soins de santé. Plus de 15.000 personnes ont déjà participé aux manifestations contre ces réformes. Le 10 juin, environ 8.000 personnes ont manifesté devant la Conférence des ministres de la Santé à Hanovre, et le 12 juin, près de 3.000 manifestants se sont rassemblés devant la porte de Brandebourg à Berlin lors des débats sur le projet de loi au Bundestag. Les protestations ne concernent pas seulement les infirmiers et les soignants, mais aussi le personnel de service, souvent invisible dans le fonctionnement quotidien des établissements de santé : agents d'entretien, personnel de cuisine, blanchisseurs, logisticiens et agents de sécurité. Dans plus de 120 hôpitaux et établissements de santé, ces groupes ont participé à des actions sous le slogan « Notre travail est visible et indispensable ». C'est une étape importante. Un hôpital ne fonctionne pas uniquement grâce aux médecins et au personnel médical. Le système de santé repose aussi sur le personnel de nettoyage, de désinfection, de cuisine, de transport, de lavage, de réparation, d'entretien et de secrétariat. Un nettoyage et une désinfection insuffisants peuvent avoir des conséquences mortelles. Pourtant, ces travailleurs sont souvent considérés comme des employés de seconde zone. Les lois d'austérité doivent être comprises comme faisant partie intégrante de la politique de crise menée par le capitalisme en Europe. Face à la hausse des coûts et à la volonté de l'État de stabiliser les budgets, la pression s'exerce vers le bas : sur les patients, les assurés, le personnel soignant et les employés du secteur des services. Parallèlement, des fonds sont alloués à l'équipement, au soutien des entreprises et aux besoins du capital. On attend de la classe ouvrière qu'elle accepte une dégradation des soins, des conditions de travail plus difficiles et une augmentation des frais au nom de la responsabilité. La politique bourgeoise tente de réduire la crise du système de santé à une simple question d'efficacité. Or, ce système est déjà fragilisé par le manque de personnel, la surcharge de travail et des années de logique marchande. Toute nouvelle mesure d'économie pénalise à la fois les travailleurs et les patients. Des horaires plus courts, un personnel réduit et un rythme de travail plus soutenu ne sont pas synonymes de modernisation. Ils signifient une dégradation des soins et une exploitation accrue. La mobilisation de ver.di démontre que les professionnels de santé et les travailleurs du secteur des services refusent de payer le prix de la crise au péril de leur santé. Elle montre également que la lutte pour l'accès aux soins n'est pas seulement un enjeu professionnel, mais aussi un enjeu social. La classe ouvrière a besoin de soins sûrs, accessibles et dotés d'un personnel suffisant – et non d'un système où le personnel est sous pression et où les patients doivent se soumettre aux impératifs budgétaires. L'accès aux soins doit être défendu comme un enjeu de classe. Ceux travaillant dans le secteur de la santé et ceux  ayant ont besoin de soins ont le même adversaire : une politique qui subordonne la santé des citoyens aux exigences d'austérité du capital et de l'État. La réponse réside dans l'organisation, la préparation à la grève et la lutte pour des soins fondés sur les besoins, et non sur les coupes budgétaires.
 
Des enseignants turcs en manifestation confrontés à des gaz lacrymogènes à Ankara
La police a réprimé violemment une manifestation d'enseignants du secteur privé et de candidats à l'enseignement. Ces derniers réclamaient des salaires plus élevés, de meilleures conditions de travail et une réforme du système de recrutement. Les participants à la grève de la faim ont tenté de marcher du siège du syndicat jusqu'au Monument aux Mineurs, mais ont été bloqués par la police qui a utilisé du gaz poivre, la force et procédé à des arrestations. Les enseignants exigent des négociations directes avec le ministre de l'Éducation, Yusuf Tekin, une augmentation significative des salaires et des mesures contre un système où les embauches et les entretiens sont perçus comme arbitraires. Les manifestations durent depuis plusieurs jours et les précédentes tentatives de manifester devant le ministère et le Parlement ont également été réprimées par la police. Ceci illustre la réaction de l'État lorsque des travailleurs exerçant des professions socialement responsables passent de la contestation à la lutte. La lutte des enseignants s'inscrit dans le cadre plus large de la lutte des classes en Turquie contre l'inflation, les bas salaires et la dégradation des conditions de vie. Les ouvriers, les mineurs, les enseignants et les employés du secteur des services sont confrontés aux mêmes problèmes : les prix augmentent, les salaires sont insuffisants et l'État protège le pouvoir des employeurs.
 
Grèce, 24 juin : Rassemblement de grève devant le ministère du Travail
La force du mouvement syndical s'est manifestée lors du rassemblement de grève, le 24 juin devant le ministère du Travail. Des grévistes des secteurs de la construction, de la restauration et du tourisme, ainsi que des industries agroalimentaires, y ont participé.
Les travailleurs de trois des plus grands secteurs de l’économie grecque ont fait grève en unissant leurs voix et leurs luttes, pour exiger:
-des mesures concrètes en matière de santé et de sécurité
-une journée de travail de 7 heures par jour - 5 jours par semaine - 35 heures par semaine
-l’abaissement de l'âge du départ à la retraite
-des augmentations salariales et la signature de conventions collectives de travail
Les travailleurs du bâtiment, en particulier, ont exigé que les patrons arrêtent de leur voler leurs cotisations sociales et que la convention collective soit rendue obligatoire pour tous les employeurs du secteur.
 
USA : Victoire pour les travailleurs d'American Axle
1.000 membres de la section locale 2093 de l'UAW, employés chez American Axle/Dauch Corporation à Three Rivers, dans le Michigan, ont obtenu gain de cause après dix jours de grève. Cet accord garantit leur revendication d'un salaire horaire de 30 dollars d'ici 2030. Il prévoit une augmentation du salaire maximal de plus de 36 % sur quatre ans, et des améliorations concernant les congés payés et le maintien de la couverture santé. Ce conflit est profondément enraciné. Lors de la crise financière de 2008, les travailleurs ont consenti d'énormes sacrifices afin de sauver l'usine de la fermeture. Certains, gagnant auparavant jusqu'à 29 dollars de l'heure, ont vu leur salaire chuter à 14,50 dollars. Le patronat a justifié cette mesure par sa nécessité, sa nature temporaire et son caractère responsable. Les travailleurs étaient prêts à se sacrifier pour la survie de l'entreprise. Mais de tels sacrifices sont rarement temporaires. Lorsque la classe ouvrière cède face à la crise, le patronat tente de pérenniser ces concessions. Les ouvriers sauvent la production, mais lorsque les profits reviennent, on leur dit qu'il n'y a toujours pas de marge de manœuvre. C'est pourquoi la grève d'American Axle est si importante : il s'agissait de récupérer une partie de ce qui avait été perdu. Les membres de l'UAW ont démontré que des années de patience ne suffisent pas. C'est seulement les ouvriers se sont mis en grève que l'entreprise a été contrainte de négocier. Cela montre une fois de plus que le capital ne fait preuve d'aucune sagesse morale. Il se retourne contre ses auteurs lorsque la classe ouvrière s'organise et concrétise son pouvoir. American Axle est un fournisseur majeur de General Motors, produisant des essieux et des composants pour des modèles de pick-up rentables. 
 
4 Le chlordécone est un pesticide cancérigène utilisé massivement de 1972 jusqu’en 1990 dans les monocultures de banane en Guadeloupe et en Martinique. Dès 1963, une étude a montré sa toxicité. Celle de l'OMS en 1979 classe le chlordécone comme cancérogène probable, ce qui entraîna son interdiction aux États-Unis la même année.
 
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