frcaendeitptrues
Gantry 5

 

Résumé des questions économiques et sociales: semaine du 10.02.2020-14.02.2020

France.
Luttes. Hôpitaux. Il est trop tôt pour avoir une idée exacte de l’ampleur de toutes les manifestations qui se déroulent le14.02. Il est à noter que la mobilisation ne faiblit pas. Tous les jours ne nouveaux chefs de service rejoignent la grève administrative engagée depuis deux semaines.
Retraite. Actions et manifestations diverses tout au long de la semaine. Le 17.02 grève dans les transports parisiens. Le 20 journée d’actions et de manifestations à l’appel de l’intersyndicale.
Eaux d’Evian. En grève depuis le 4.02. Au cours des NAO la direction propose 0,7% d’augmentation de salaire et la baisse de la prime d’intéressement. Inacceptable pour les salariés et la CGT qui rappelle que les profits ont augmenté de 43% en 2019.
SES. (Films plastiques, St Pal des Monts, Haute Loire). Après une grève les 36 salariés viennent d’obtenir la réouverture de leur dossier par le tribunal de commerce qui avait déclaré la faillite. Un investisseur ivoirin est prêt à reprendre le site, les salariés et à investir.
Avocats Malgré les nouvelles propositions du ministère concernant leur caisse de retraite, propositions qui ne changent rien sur le fond, les avocats ont reconduit la grève. La ministre de la justice N. Belloubet déclare : La poursuite du mouvement contribue à dégrader le fonctionnement du service public de la justice au détriment du justiciable. On n’est pas loin de la « prise d’otages ». Quant à la dégradation du service public c’est depuis 2007 et la « réforme Sarkozy », la fermeture de tribunaux, leur éloignement du justiciable poursuivie par tous les présidents qui est la cause, avec la réforme des retraites, du profond malaise de la profession.
Les experts-comptables refusent eux aussi la fin de leur régime particulier. Leur lettre au premier ministre est restée sans réponse. La profession reste divisée sur la décision de l’action à entreprendre pour la défense de son régime.
Chômage. L’Insee annonce une forte baisse du chômage à 7,9% en métropole ce qui amène les cocoricos du pouvoir. Ces chiffres sont en décalage avec ceux de Pôle emploi qui situe le chômage à un niveau plus élevé. Cette différence est due à des méthodes de calcul qui ne sont pas les mêmes entre les deux organismes. Dans « le résumé » c’est le chiffre de Pôle emploi qui est et sera utilisé.
Arcelor Mital. Après consultation de pure forme du CSE la direction décide de la fermeture de la cokerie de Sérémange (Moselle). L’emploi de170 salariés et une cinquantaine d’intérimaires va disparaitre. La CGC justifie la fermeture en raison d’un manque de compétitivité. Les maires de sont eux aussi d’accord sous le prétexte de pollution des eaux. L’inspection du travail à de son côté signalé l’exposition des salariés aux produits chimiques. Mais aucun de ces défenseurs de la nature ne met en cause l’absence d’investissements pour rendre le site non polluant pas plus que les pouvoir publics. A leurs yeux Arcelor qui a engrangé plusieurs milliards de profit ces dernières années n’a pas les moyens d’investir.
Profits. Michelin. Après une provision de 249 millions pour assurer les fermetures d’usines en Allemagne et de la Roche/Yon, annonce un bénéfice net de 1,73 Mds (+4,2% sur 2018) et par action de 3,70 à 3,85. ADP. Résultat net 588 millions (-22 sur 2018 dû à la sortie de l’aéroport d’Istanbul du périmètre). Air Liquide. Résultat net : 2,24 Mds (+6,1%). Il a acheté pour 3,8 Mds des concurrents en 2019. Unibail (immobilier commercial) Résultat net 1,76 Md (+9,3%). Kering (luxe) Résultat opérationnel : 4,7 Mds (+19,6%). EDF multiple par 4 son profit : 5,2Mds. Airbus. Annonce une perte de1,36 Md due à une amende de 3,6 Mds pour corruption et de nouvelles provisions pour l’avion militaire dont la mise au point est toujours difficile.
Santé. L’hospitalisation privée prospère sur le dos des carences organisées de l’hôpital public. Le groupe Orpéa annonce l’ouverture de 1150 lits en 2019, un CA de 3,740 Mds (+9,4%), un objectif de CA de 4,040 Mds en 2020. Pas d’indication sur les profits.
Ferroviaire. L’accord de branche qui doit être signé entre le patronat et les syndicats pour être mis en place ne verra pas le jour. Signé -sans surprise par la CFDT et l’Unsa- la CGT, Sud, FO qui représentent 60% des voix aux élections ont fait jouer leur droit d’opposition. C’est au gouvernement de régler la question par ordonnance. A suivre.
Banque de France. Prenant prétexte de la diminution de l’usage des billets comme moyen de paiement la banque a fermé 37 agences sur 200 avec les conséquences sur l’emploi. Les agences ne s’occupent pas seulement de l’approvisionnement en billets des commerçants ou artisans, elles jouent un rôle important dans l’activité économique locale. Ces fermetures vont se poursuivre au moment où des promesses démagogiques sur le « revitalisation des territoires » sont formulées par le pouvoir. De nombreuses préfectures sont dépourvues d’agences (Arras, Le Mans, la Rochelle, Périgueux, Tarbes etc, etc).
Papeterie de Condat (Dordogne). Propriété d’un groupe espagnol celui-ci a fait le chantage à la fermeture sous prétexte d’investissements trop couteux nécessaire à un changement de production. Les pouvoirs publics ont bien compris le message et ouvert largement leurs bourses. La région Aquitaine fait un prêt de 19 millions sans intérêt et a pris en charge pour 750.000 euros la formation du personnel, l’Ademe d’une aide de 14 millions pour l’installation d’une nouvelle chaudière. De 1000 emplois il y a quelques années la papeterie n’en compte que 400 aujourd’hui.
Transition énergétique. (Voir le point de vue de Communistes sur cette question avec l’article paru dans le numéro de l’hebdo la politique énergétique). Sous le titre Ne pas se tromper de transition énergétique P. Artus (chef économiste de la banque Natixis) met en garde d’un danger, sous la pression des écologistes de tous poils ou prétendants l’être, d’une transition énergétique trop rapide. Ainsi le passage massif à la production de voitures électrique pourrait entrainer la suppression de 1,7 millions d’emplois (en Europe) dans l’ensemble de la filière sur les 4,4 millions qu’elle compte aujourd’hui (chiffres qui prennent en compte l’ensemble des professions concernées). S’il ne traite pas de l’origine de l’électricité consommée par les batteries, il s’inquiète à juste titre, des conséquences prévisibles pour la planète de l’accroissement de l’extraction des métaux qui entrent dans la construction des batteries, seule solution envisagée pour l’instant comme moyen de propulsion de la voiture électrique. Une question trop sérieuse pour la laisser entre les mains du capitalisme et de ses soutiens politiques.
L’Agence internationale de l’Energie (AIE) préconise dans un rapport la poursuite de l’utilisation de l’atome pour une production d’électricité « bas carbone ».
Monde.
UE. L’UE se lance dans le « verdissement » de sa politique européenne. Avec comme objectif de « répondre aux préoccupations écologiques des peuples d’Europe baptisées « green deal ». Elle va y consacrer 1000 Mds d’euros sur dix ans. La réalité est bien différente. La présidente de la commission U. Von der Leyen vend la mèche. Pour elle, ce n’est pas une « dépense » mais un outil d’investissement. Elle explique : Croyez- moi un jour ou l’autre la planète entière devra s’aligner sur le « green deal ». Et nous devrons alors jouer le rôle de pionniers, avec un avantage compétitif sur les autres. C’est nous qui devrons nous imposer sur le marché mondial. On est bien loin de la protection de la planète mais tout prêt de l’aide financière massive au capitalisme européen dans la cadre d’un nouveau marché.
Brésil Le capitalisme contre la nature. Agissant pour le compte des multinationales des mines et de l’agriculture le président J. Bolsonaro veut faire voter une loi qui autorise l’exploitation du sol et du sous-sol de la forêt amazonienne. Les populations indigènes qui y vivent agissent contre ce projet mais ont peu de chance de se faire entendre face à la brutalité des méthodes employées par le capitalisme pour la confiscation des terres à son profit.
Afrique. Après une décision de principe en 2018 l’Union africaine lance, avec la désignation de son secrétaire général, la mise sur pied effective de la « zone de libre- échange africaine » (Zleca). L’Afrique avec 1,2 Md d’habitants et un PIB de 2.500 Mds de$ veut faire passer ses échanges internes de 15 à 50% ce qui suppose un changement économique profond. Moins d’exportation de matières premières, plus de transformations sur place. Le président sud-africain ne fait pas mystère de la volonté du capitalisme africain à s’approprier une plus grande part de gâteau face aux impérialismes qui pillent l’Afrique : Nous devons construire un marché dont les entreprises africaines devront être les acteurs principaux. Et pour faire passer cette nouvelle volonté il ajoute : Le temps du colonialisme et du néo-colonialisme est révolu. Pas celle du capitalisme même recouvert d’une fausse volonté d’indépendance.
Philippines- USA. Ancienne colonie US (1898-1946) signataire d’un accord de défense avec les USA, le Philippines viennent de rompre celui-ci. La Russie ou la Chine ou les deux pourraient tirer parti de cette rupture.
UE-Vietnam. Ils viennent de signer un accord de libre-échange ratifié par le seul parlement européen. Celui-ci prévoit dans un délai de 7 à 10 ans la suppression des droits de douane des produits industriels, des services, l’ouverture des marchés publics. Le résultat escompté est l’augmentation des exportations de l’UE vers le Vietnam de 8 Mds, celles du Vietnam vers l’UE de 15Mds. En 2018 l’excédent commercial du Vietnam se montait à 30Mds envers l’UE. Pour obtenir cet accord les dirigeants vietnamiens ont décidé la privatisation des entreprises d’Etat. Sur les 127 existantes une trentaine l’ont été.
Un deuxième accord sur les investissements est en cours de négociation. Celui -ci devra être soumis aux parlements nationaux.

Imprimer cet article