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Résumé des questions économiques et sociales: semaine du 24.02.2020-28.02.2020

France.
Luttes. Retraites. Des actions multiples ont eu lieu contre la réforme, même s’il est difficile de trouver l’information, y compris dans la presse régionale. Citons : Edf avec des coupures de courant à Agen, Poitiers, manifestations à Sablé/Sarthe
SNCF. Journée de manifestation et rassemblement à Toulouse des cheminots de la région le 5.02 pour convention collective garantissant les conditions de salaires et de travail.
Enseignement supérieur et recherche. Grève le 05.02. (Voir article dans l’hebdo).
Corse GSM (dépositaire pour la Corse de SFR) Grève depuis le 28.02 à la suite de la rupture par SFR du contrat qui lui donnait l’exclusivité de ses installations. Les grévistes demandent la poursuite de celle-ci.
Cargill Haubourdain. (Nord) poursuite de la grève contre le PSE. Un cabinet mandaté par le CES déclare que l’entreprise est rentable. Les négociations pour la poursuite de l’activité continuent.
Election. SKF Lons-le Saunier. Le journal « le Progrès » rend compte des élections chez SKF. Une participation de 78,51% et l’élimination de la CFDT du CES. La CGT obtient 7 sièges sur dix (1er et 2eme collège). Pas d’autres informations.
Fessenheim. Enseignants. La fermeture du premier réacteur de la centrale a eu lieu le 24.02. Si le sort des 735 salariés EDF est plus ou moins assuré dans de bonnes conditions, celui des 2300 sous-traitants et vacataires n’a fait l’objet d’aucune mesure de reconversion annoncée. Il en est de même pour les finances communales dont les pertes ne sont pas assurées par l’Etat comme il s’y était engagé. Une « nuit noire » à l’initiative de la municipalité a eu lieu le jour de la fermeture en signe de protestation. Cette fermeture qui intervient à trois semaines des élections municipales a un fort parfum démagogique et électoraliste en direction de l’électorat écologiste. En même temps il les invite à augmenter leur pression pour exiger toujours plus de fermeture de centrale. Dès le lendemain de la fermeture ils manifestent pour obtenir celle de Tricastin (Drome) considérée comme « vétuste ». La production d’une énergie abondante, peu polluante, les problèmes sociaux découlant de ces fermetures ne sont pas leurs problèmes.
Même attitude démagogique de la part du ministre de l’enseignement qui annonce une prime de 100 euros brut pour les nouveaux professeurs à compter de la rentrée. Cela alors que rien n’est réglé pour la retraite des enseignants dans le cadre de la « réforme » des retraites.
Ce même ministre vient d’être désavoué par l’inspection générale de l’éducation nationale qui met en cause la « réforme » du bac avec les mêmes arguments que ceux avancés par les organisations syndicales. Cela doit être particulièrement mauvais pour que des fonctionnaires de ce ministère en arrivent à une telle conclusion.
Pierre et Vacances (tourisme). Annonce 220 suppressions d’emplois pour un retour à la « rentabilité » en 2021. Les syndicats dénoncent une mesure sociale indigne.
Profits. Naval group. (Armement) Résultat net : 188,2 millions. Eiffage (BTP). Résultat net : 725 millions (+15,3%). Dividende par action : + 2%. Danone. Danone : Résultat net : 1,9Md (-18%) Cette baisse s’explique par une perte dans sa filiale chinoise et le boycotte pendant deux ans des produits Danone au Maroc. BioMérieux (médicament).371 millions (+7,1%). Edenred (maison mère de Ticket restaurant). 321 millions (+ 23%). Thales (électronique, armement). Résultat net : 14 Md. (+19%). Trésorerie : 1,3 Md (+69%). Dividende par action + 27%.
Peugeot. Beaucoup de battage autour des résultats et de la prime d’intéressement versée aux salariés (Les intérimaires qui ont pourtant contribué au résultat n’y ont pas droit). Résultat net : 3,20 Mds (+370 millions). Les actionnaires verront le dividende porté à 1,23 euro contre 0,78 en 2019. Les salariés vont toucher une prime entre 3500 et 5000 euros brut, en moyenne 4100 soit d’après la direction 2 1/2 mois de salaires. Le salaire est donc en moyenne de 1640 euros brut par mois, très bas compte tenu du niveau de productivité atteint, des horaires imposés (samedi, voire dimanche soi, jours fériés). Peugeot a l’objectif de diminuer encore le ratio salaire/ CA en 2020 en le portant à 10,5 contre 11,1 en 2019. L’exploitation capitaliste demeure bien une réalité.
Dans un article des « Echos » (27.02) le journaliste D. Barroux après avoir versé une larme sur les fermetures d’usine et les suppressions d’emplois cite Peugeot en exemple pour le capitalisme français : Dans une France qui se désole de son industrie, la réussite de PSA est un signe d’espoir qui devrait contribuer à redonner de l’optimisme au capitalisme français.
BNP. La direction propose aux syndicats de modifier les horaires de ses agences. En fonction des habitudes d’une clientèle donnée. Il s’agit d’ouvrir plutôt le matin ou de fermer plus tard le soir. Le résultat, outre les contraintes pour les personnels concernés, sera la diminution des jours de RTT. Pour l’instant les syndicats se sont prononcés contre ce changement. La « négociation entre partenaires sociaux doit s’ouvrir ».
Désindustrialisation. Après une embellie en 2017-2018 elle reprend en 2019. Le solde entre les ouvertures et fermetures d’usines est de -20. En dix ans, la France a perdu 132 usines dans la métallurgie, 105 dans l’imprimerie, les meubles 75, la chimie 72, le textile 69. La branche qui a le plus progressée est le tri des déchets, activité certes nécessaire mais loin de donner la base industrielle au pays. Au moment où Macron doit faire des annonces pour un « pacte productif » le patronat revient à la charge pour que les impôts dit d’entreprises (qui servent au financement des collectivités locales) soient supprimés au nom de la compétitivité. Ces chiffres accablants sur la responsabilité du patronat dans la désindustrialisation l’ont été alors que les réductions de la fiscalité et des cotisations sociales n’ont jamais été aussi forte que sur cette période.

Monde.
Niger. Les professeurs d’universités sont en grève depuis le 20 janvier et ont décidé de la reconduire jusqu’au 20 mars devant le refus du gouvernement d’appliquer un accord sur l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail signé en 2019.
UE. Comme c’était prévisible les négociations sur le budget ont échoué. Aucune nouvelle date pour la reprise des discussions n’est prévue en attendant la fin des marchandages entre les états. Commentant le résultat « les Echos » écrivent : Europe : le festival des égoïsmes. Comme s’il pouvait en être autrement entre pays capitalistes.
Coronavirus. Si les effets de l’épidémie peuvent se comprendre sur le transport aérien et le tourisme en raison des quarantaines imposées, la désorganisation qui gagne l’économie mondiale montre les effets des délocalisations industrielles poussées à l’extrême dans la recherche du profit, du nombre d’usines et de pays impliqués dans la fabrication d’un seul objet qui sera monté sur un ensemble fabriqué ailleurs.
Certains préconisent une relocalisation des productions pour échapper aux conséquences de telles épidémies où catastrophes naturelles. Propositions raisonnables mais qui se heurtent à la logique du capitalisme.
Automobile. Le cabinet IHS Markit prévoit en 2020 une nouvelle baisse de la production mondiale de véhicules (particuliers et utilitaires) entre 2 et 3%. La Chine enregistrerait une baisse de 10% au 1er semestre. Cela après une année 2019 qui a été marqué par une baisse de 4% en Europe et en Amérique (nord et sud) de 8% en Asie, 10% en Chine. Il faut s’attendre à des suppressions massives d’emplois. Avec son annonce, Renault anticipe cette baisse.
Cette étude a été réalisée avant la crise liée au corona virus. Quelles répercussions sur les ventes en Chine ou ailleurs ? Sans doute à la baisse en ce début de 2020. L’épidémie terminée les ventes repartiront -telles ? Si ce n’est pas le cas la situation de l’emploi connaitra une situation plus compliquée que les prévisions laissaient penser.
Inde-USA. (Voir article dans l’hebdo). La signature d’un contrat de fournitures militaires de trois Mds de $ a eu lieu lors de cette rencontre.

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