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Résumé des questions économiques et sociales: semaine du 08.06.2020-12.06.2020

France.
Luttes. Fonderies du Poitou. Débrayage le 04.06 pour le maintien de l’emploi dans le cadre des productions pour Renault.
16 juin. La CGT appelle à participer à la journée de lutte pour la défense du système de santé organisée par les syndicats et les coordinations hospitalières. La fédération des services sociaux CGT se joint aux appels précédents ainsi que de nombreux syndicats hospitaliers et organisations locales.
Paris Normandie (presse) En liquidation judiciaire débrayage des journalistes et personnels contre les 60 suppressions d’emplois envisagées par les repreneurs.
Prestalis. Dans la région Sud Est troisième semaine de grève contre les licenciements annoncés.
Frichti (fabrication et livraison de repas à domicile, Paris). Employant uniquement des « autoentrepreneurs » dont un grand nombre de sans-papiers, elle vient de se séparer de 80 d’entre eux à la suite d’un contrôle. Manifestation le 8.06 devant le siège parisien pour la régularisation et la reprise des salariés.
Pompiers départementaux. La CGT les appelle à ½ heure de grève par jour à compter du 15.06 pour obtenir les engagements pris à la suite de leur action du printemps dernier.
Répression. Les syndicats CGT de la RATP appellent à la grève et à un rassemblement devant le siège de l’entreprise le 13.06 pour soutenir quatre membres du personnel menacés de sanctions pour « entrave à la liberté du travail » pendant le conflit sur les retraites. Pour l’instant un seul des deux est passé devant le conseil de discipline et a été condamné à deux mois de mise à pied.
Suppressions d’emplois. Hutchinson. (Filiale de Total) Annonce la suppression de 30.000 postes dans le monde dont 800 à 1000 en France sous forme de rupture conventionnelle collective. Elle justifie cette mesure par la baisse d’activité due à la pandémie. Les syndicats contestent cette mesure, sans appel pour l’instant à la lutte.
Centrale Energie Antilles. (Guadeloupe). Prenant là aussi prétexte de la pandémie elle supprime 40 emplois.
Damart. Annonce la suppression de 159 emplois sur 1800 en France. En cause les conséquences de la pandémie. Dans le même temps Damart négocie un PGE de 80 millions
Medef : Roux de Bézieux dans une longue interview aux « Echos » (10.06) revient à la charge sur une reprise totale de l’activité économique le plus vite possible, la révision des protocoles sanitaires mis en place sur les lieux de travail en arguant d’un surcoût de 10 à 15% et pose la question : Qui va payer ? L’Etat ou le consommateur. Mais en aucun cas le patronat. Il semble que les exigences du Medef sur les impôts dits « d’entreprise » soient entendues, le pouvoir s’oriente vers leurs suppressions, au moins pour deux sur quatre d’entre eux. R. de B. indique : Il semble que cette mesure fasse consensus. Mais demande son application dès septembre et non pas en 2021.
Sur la souveraineté économique (la tarte à la crème d’aujourd’hui) il prévient : la souveraineté à un prix, qui doit être répercuté dans la chaine de valeur. Ces surcouts devront être pris en compte par les consommateurs. Pareil pour la transition écologique qui devra être financée par une taxe aux frontières de l’Europe. R.de B. ne change pas de discours.
Aéronautique. Le gouvernement annonce une aide de 10Mds pour la filière qui emploie 195.000 salariés en France et où dans certaines régions telle l’Aquitaine elle est devenue une mono industrie. Cette aide vise à soutenir les commandes enregistrées, à la création d’un fond d’investissement géré par le privé et à la restructuration de la filière. L’armée de ‘air sera mise à contribution pour avancer ses commandes d’avions et d’hélicoptères. Deux sous-traitants Mécachrome et Daher ont touché les aides garanties par l’Etat.
Ces milliards ne font pas revenir les directions d’Airbus (emploi) ou de Safran (temps de travail) sur leurs volontés de faire payer la crise aux salariés.
Peugeot vient d’annoncer sa volonté de faire venir 531 salariés polonais pour travailler sur son site d’Hornaing (Nord) sous le prétexte d’un manque d’activité en Pologne. Dans le même temps il supprime les contrats de 502 intérimaires. A un récent CES, il a affiché sa volonté de la mobilité des salariés d’une usine à l’autre suivant ses besoins.
Dépendance. Le rapport au Comité national du 6 juin a consacré une large place à cette question qui avec le projet de loi déposé devant l’Assemblée en vue de la création d’une cinquième branche de la SS est plus que jamais d’actualité. Sans revenir ici sur le fond, cette nouvelle loi va porter un nouveau mauvais coup à la SS et avec un financement insuffisant ne va répondre en rien aux besoins face au vieillissement de la population. La situation dans les Ephad ne connaitra pas les évolutions nécessaires en personnel, de sa rémunération, des prix demandés aux pensionnaires. Le projet de loi ignore la question du maintien au domicile et des problèmes qui se posent aux « aidants » familiaux ou professionnels.
Au « Ségur de la santé » N. Notat multiplie les manœuvres pour que la question des salaires soit le plus « saucissonnée » possible pour opposer les catégories entres elles dans le but de lâcher le moins possible.
Suites de la conférence à l’Elysée le 4.06. Sans surprise le patronat se déclare satisfait des propositions avancées par Macron tandis que L. Berger se réjouit que la réunion ait permis d’aller au fond des choses (?) alors que la question des salaires n’a même pas été abordée. Par contre une série de rencontres gouvernement-patronat -syndicats doivent avoir lieu pour aboutir d’ici le 15.06 à des propositions sur cinq points : assurance chômage, chômage partiel, emploi des jeunes, formation et travail détaché. Ce qui apparait pour l’instant c’est la volonté du pouvoir de réduire autant que possible les aides de l’Etat qui vont en direction des salariés (baisse des indemnités de chômage partiel, refus d’annuler la « réforme du chômage »). La CFDT va plus loin en proposant 12 mesures. L. Berger en explique le sens : Il faut un pacte productif ou un plan de relance qui soit au service du rebond écologique et social. Un souci tellement social que rien n’est dit sur les salaires. En toutes occasions la CFDT poursuit son rôle de soutien aux exigences du capitalisme.
134 Mds c’est le nouveau budget rectificatif qui va être proposé et adopté par l’Assemblée Nationale. Il est entièrement consacré au « sauvetage de l’économie ». Ce budget risque d’être insuffisant face à la poursuite des demandes d’aides formulées par des corporations qui jugent n’en avoir pas assez reçues (BPT et d’autres) Rien n’est prévu pour les salaires, traitements, pensions, allocations.
Jeunesse. Toutes les prévisions économiques indiquent que ce sont les jeunes qui vont subir le plus durement et durablement les conséquences de la crise actuelle. Salaires et emplois vont être gravement affectés. L’hebdo de la semaine prochaine y consacrera une large place.
Fonction publique. La pandémie a montré toute l’utilité d’avoir sur le lieu de travail un organisme assurant la protection de la santé et de la sécurité des salariés. Une réunion a eu lieu le 5.06 sur la fusion de CHSCT avec les autres instances représentatives dans la fonction publique. Comme s’il ne s’était rien passé le pouvoir continue à mettre en place la casse de ces institutions dans le cadre de la « réforme » de la fonction publique. Les syndicats CGT, FA-FP, FO, FSU, Solidaires ont quitté la réunion en signe de protestation.
Banques. Les discussions sont ouvertes dans l’ensemble des banques sur le versement de la prime (défiscalisée et désocialisée) de 1500 euros promis par Macron. Le patronat des banques arrange les choses pour payer le moins possible. A la Société Générale comme à la BNP les primes sont fonction du temps de présence sur le lieu de travail, entre ceux qui ont été en télétravail et les autres. Dans les banques mutualistes, à la Caisse d’Epargne aucune discussion et propositions n’a eu lieu jusqu’à présent.
Dette A côté de la dette de l’Etat, celle des entreprises atteint des sommets. Elle est passée de 800 mds en 2004 à 1801,7 aujourd’hui. Sur cette somme les banques détiennent pour 1127,3 Mds de crédits. Une situation qui pourrait se révéler explosive à un moment donné. Dette qui devra bien être remboursée un jour. Inutile de dire par qui.
Accords de productivité. Ils sont en train de se multiplier avec le chantage patronal au maintien de l’emploi. Au journal « l’Equipe » un tel « accord » est en cours de discussion. Les compagnies aériennes l’utilisent en grand. Air Caraïbes et Frenchbee (groupe Dubreuil) viennent d’en signer un.

Monde.
Italie. Nouveau mouvement de grève à l’aciérie d’Ilva reprise par Arcelor Mittal contre la volonté de supprimer 5000 emplois sur 11.000 et qui demande 2,5 Mds sur deux ans de subventions à l’Etat italien.
Irlande. La compagnie aérienne low-cost Ryanair se distingue une nouvelle fois dans sa politique antisociale. Sa filiale polonaise qui n’emploie que des « autoentrepreneurs » comme pilotes et les sous-payent, exige qu’ils acceptent 10à 20% de baisse de leurs rémunérations. En France Mata Air (groupe Ryanair) fait le même chantage. Baisse des salaires ou licenciement de 81 pilotes. Ainsi que d’hôtesses et stewards. L’APC (Accord e Performance Collective) a été refusé par le syndicat des pilotes.
Hong Kong. Les deux principales banques, HSBC et Standard Charetered, viennent d’apporter leur soutien à la loi sur la sécurité nationale récemment votée à Pékin et qui soulève la protestation d’une partie de la population. Une claque pour les USA et l’Angleterre qui, dans le cadre de la guerre économique, entre eux et la Chine ont condamné cette loi.
Pour les deux banques qui exercent l’essentiel de leur activité en Chine, les affaires sont les affaires.
Pétrole. L’accord de réduction de la production entre l’OPEP et la Russie vient d’être prolongé d’un mois. Depuis la signature de l’accord en mai le cours du baril est remonté. Il cotait 4,3 $ le 5.06.
Toutes les compagnies pétrolières annoncent des suppressions d’emplois. Après Chevron (USA), Total, c’est BP. (Angleterre) qui en supprime 10.000 dans le monde. A part Shell (anglo-néerlandais) toutes les grandes compagnies maintiennent le versement des dividendes.

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