Gantry 5

 

N° 943 17/09/2025  Même les plus scrupuleux défenseurs de « l’économie de marché » admettent que la transformation du capitalisme pose des questions au sujet de sa pérennité en l’état. Ils « découvrent » le passage d’un capitalisme industriel dans lequel les autorités publiques tiennent un rôle important, en particulier en termes de redistribution de la valeur d’échanges créée (qui correspond, en fait, à la période de rivalité avec les pays à économie planifiée du camp socialiste) à un capitalisme « dérégulé » qui mène tambour battant la globalisation après la dilution de l’URSS. Aujourd’hui, le capitalisme se caractérise par un mouvement de concentration, un « surdéveloppement » de la sphère financière et à une désindustrialisation plus ou moins avancé de l’ancien centre occidental du capitalisme mondial. Tant et si bien que des économistes des plus respectueux du système capitaliste parlent de l’émergence d’un capitalisme de rente, dont la viabilité à terme est questionnable.
Il s’agit jusqu’ici d’une analyse « occidentalo-centrée » car la Chine est devenue une puissance industrielle qui ne rivalise plus avec les Occidentaux dans le sens où elle les a dépassés. Ce pays serait dans la phase première du capitalisme évoquée précédemment, la redistribution en moins. Du fait de sa puissance industrielle, la Chine capitaliste produit de la valeur d’échange « réelle » tandis que le capitalisme occidental « rentier » vit sur une circulation de titres financiers et monétaires, en bref, il fait de l’argent avec de l’argent (d’où l’importance cruciale de la dette publique pour l’alimenter.) Pour se convaincre de ces réalités contrastées, il suffit de se référer au produit intérieur brut (PIB) respectif des Etats-Unis et de la Chine pour constater que celui du premier est « gonflé » par la « production » des assurances et du secteur financier.
Quoiqu’on en dise de ce côté-ci de l’Atlantique, l’administration Trump a pris la mesure du problème et les querelles avec la Banque centrale des Etats-Unis (la Fédéral Reserve Bank, une institution privée) sont à replacer dans ce contexte. Certes la puissance financière du capitalisme américain fait impression, mais il s’agit aussi de son talon d’Achille parce que la puissance financière, en fin de compte (dans tous les sens du terme) repose sur du papier, dont on peut faire des tigres mais pas pour longtemps.
Les dirigeants européens et plus généralement l’Union européenne ne semblent pas comprendre les enjeux du moment et se cramponnent aux vieilles lunes du libre-échange, du « modèle social » européen, de la rigueur budgétaire et on en passe. Dans l’affrontement impérialiste qui monte en tension entre les capitalismes chinois et états-unien, il faudra qu’ils choisissent leur camp. On a entendu des Européens convaincus (de la fondation Delors, c’est dire) affirmer que la Chine était un partenaire plus fiable, garant des équilibres mondiaux, autrement dit, garant du développement du capitalisme.
Et il est vrai qu’à choisir entre les deux rivaux, la Chine présente des perspectives plus attrayantes de création de valeur d’échange et d’accumulation « réelle » de capital.
Le monde du travail n’a pas de son côté à choisir un camp. Il a à mener une bataille politique nationale pour prendre la main sur les outils de production pour les adapter aux besoins nationaux et de la population en termes de valeurs d’usage.
Compte-tenu de l'importance de ces questions, pour construire un avenir débarrassé du capitalisme le parti Révolutionnaire Communistes, met à l'ordre du jour la réindustrialisation comme un enjeu majeur de la lutte de classe et prépare l'organisation de débats autour de ce problème.
Notre brochure
brochure
 
Bulletin d'adhésion
bulletin d'adhésion
 
Affiche
affiche