Gantry 5

 

N° 953 27/11/2025  La France est régulièrement citée comme mauvais élève en la matière, le nombre d’accidents mortels est parmi les plus élevés en Europe, une statistique résumée par deux morts quotidiennement à cause des accidents du travail dans notre pays.
*759 travailleurs ont perdu la vie à la suite d’un accident du travail en 2023, ce chiffre est porté à 764 pour l'année 2024.
*Depuis 2020 ce chiffre ne cesse de grimper, révélant une situation catastrophique et une véritable crise de la sécurité au travail. Ce sont autant de vies perdues, de familles endeuillées. Derrière chaque mort, se trouve une entreprise ne remplissant pas son devoir de protection, un gouvernement qui n’a pas imposé les règles de sécurité strictes étant complice d’un système tolérant l’inacceptable.
Ces drames sont le résultat d’un choix politique : celui de sacrifier la santé et la sécurité des travailleurs sur l’autel de la rentabilité et du profit.
Des chiffres accablants :
*57 % des décès sont liés à des malaises reflétant une intensification des rythmes de travail.
*33 suicides sur le lieu de travail témoignent de conditions de travail insupportables.
*Ces statistiques ne prennent pas en compte les accidents de trajet: 332 décès, ceux dûs aux maladies professionnelles:196. On atteint 1.287 morts en 2023. Ne sont pas pris en compte: les agents de la fonction publique et les auto-entrepreneurs morts, le bilan est donc encore plus lourd !
Combien de travailleurs connaissent des accidents de travail et ne font aucun objet d’une déclaration? (3 morts au travail par jour ouvré!). En cause la rapacité du patronat ne voulant pas avoir à en rendre compte et pratiquant le chantage sur un salarié précaire qui en est victime.
*C’est aussi 783 600 accidents et 50 000 maladies professionnelles par an, là encore sans compter le service public. Coût pour la sécurité sociale des accidents du travail / maladies professionnelles (AT-MP): 14 milliards d’euros. La course aux profits des patrons les conduit à intensifier les cadences, attaquer les conditions de travail, baisser les salaires, etc. De plus, les coupes budgétaires opérées par les gouvernements successifs dans la médecine et l’inspection du travail signifient que la grande majorité des travailleurs ne rencontrent quasiment jamais de médecin du travail. Le nombre d’inspecteurs a été tellement réduit que les contrôles deviennent rarissimes. La suppression des CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) dans les entreprises ne permet pas aux organisations syndicales d'intervenir sur les questions d'hygiène et de sécuritè.
*Le 13 novembre 2025, les députés européens ont détricoté plusieurs directives européennes imposant des contraintes sociales et environnementales aux grandes entreprises, parmi elles: le devoir de vigilance. Ce recul social majeur a été rendu possible par une alliance de la droite et de l’extrême droite. Cette directive est appelée "omnibus" promet une « simplification administrative » radicale dans l’Union européenne. Derrière ce jargon: la volonté de s’en prendre à un certain nombre de règles protectrices pour les salariés. Elle démantèle des pans entiers de la législation permettant de faire condamner les grandes entreprises pour des atteintes sociales ou environnementales. Cette directive rendait les entreprises donneuses d’ordre de plus de 1000 salariés responsables des manquements et abus de leurs sous-traitants. Elle avait été adoptée le 24 avril 2024, suite à l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, causant le décès d’au moins 1127 salariés. Les eurodéputés ont également supprimé le régime de responsabilité civile européenne permettant aux victimes d’attaquer les entreprises en justice en cas d’atteinte aux droits humains ou à leur environnement.
C’est une « grande victoire », s’exclame le groupe Patriotes présidé par Jordan Bardella. Les multinationales ont été le grand moteur de cette alliance et montre la collusion entre le patronat et l’extrême droite. Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies et de Roland Busch, président de Siemens AG, ces deux patrons, au nom de 46 grandes entreprises avaient appelé le président français Emmanuel Macron à soutenir cette directive qui selon eux permettrait de « réduire la régulation excessive » et « la bureaucratie ».
Comment s’étonner de la multiplication les accidents mortels. Ces morts ne sont pas une fatalité : elles sont la conséquence directe de l’exploitation capitaliste. Personne ne devrait mourir pour apprendre un métier ou gagner sa vie. Il faut impérativement la suppression des dérogations pour l’affectation des jeunes à des travaux dits « dangereux », le retour des CHSCT outil de proximité et de prévention, le doublement du nombre d’inspecteurs du travail et le renforcement des effectifs des contrôleurs des CARSAT, le droit à la retraite en commençant par l’abrogation de la réforme 2023 et pour la retraite à 60 ans,  6 salariés sur 10 pensent ne pas pouvoir tenir jusqu’à 64 ans… Luttons pour le droit de vivre et travailler en bonne santé et construire une société au service des travailleurs ayant des droits et des pouvoirs permettant d’intervenir à tous les niveaux économique, social, politique : une société socialiste débarrassée de l’exploitation de l'homme par l'homme.
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