N° 07/05/2026 Certains secteurs du monde politique français, sans doute pour faire montre de leur radicalité qu’ils portent en bandoulière, se scandalisent desdits superprofits de TotalEnergies et demandent une taxation particulière contre une entreprise présentée comme profiteuse de guerre.
Première remarque préliminaire : il existerait donc des profits plus légitimes que d’autres, ce serait un problème de quantité et non de nature.
Comme toutes les multinationales, TotalEnergies organise ses activités (du puits de pétrole ou de gaz, jusqu’à la fourniture aux clients) par filiales les domiciliant judicieusement selon des critères fiscaux. D'autre part, par cette organisation complexe, selon la conjoncture, il est aisé d’orienter les pertes et gains selon une bonne stratégie de report de coûts (par exemple, laisser apparaître de faibles gains dans le raffinage par un coût d’approvisionnement approprié, au profit de l’amont).
A cela s’ajoute, une activité de trading1 (installée en Suisse) permettant de spéculer sur les marchés mondiaux des matières premières (un bon tiers des profits).
Avec ou sans conflit au Moyen Orient, force est de constater que TotalEnergies, du point de vue de l’accumulation des profits, est une vraie machine de guerre, comme l’ensemble des grandes entreprises du secteur.
Quelles que soient les circonstances, TotalEnergies est organisé afin de faire des profits et pour optimiser sa fiscalité. Ceci n’a rien de stupéfiant dans le cadre d’un capitaliste d’oligopoles dans lequel il opère.
TotalEnergies a payé 11 milliards de $ d’impôts sur ses résultats en 2024 et approximativement le même montant en termes d’impôts de production (dont royalties). Mais, il n’a pratiquement pas payé d’impôts sur les bénéfices en France (100 millions de $) bien qu’il ait versé près de 800 millions de $ en Allemagne. Cela peut paraître très rageant mais ce n’est pas d’aujourd’hui.
Enfin, logiquement, si TotalEnergies ne paie pas assez d’impôts, ce ne serait pas seulement en France. Car de fait, la compagnie pétrolière à base française doit d’abord sa fortune aux ressources de pays tiers, en particulier de pays en développement. Nos progressistes s’expriment peu sur ce sujet d’un grand intérêt. Ambitionnent-ils de retourner une partie des taxes supplémentaires collectées aux pays producteurs, et si oui, dans quelle proportion ?




