N° 936 31/07/2025 Georges Ibrahim Abdallah est enfin libre, après 41 ans passés dans les geôles de l’impérialisme français. Rappelons qu’il avait créé les FARL (Forces Armées Révolutionnaires Libanaises) après l’invasion du Liban, son pays, par l’entité sioniste, qui avait conduit la France, les USA et leur supplétif sioniste à chasser les Fedayins du Liban et à laisser perpétrer le massacre de Sabra et de Chatila. Son but était de combattre l’impérialisme occidental sur son propre terrain. Il fut accusé de complicité dans l’exécution de deux soldats de l’impérialisme, un agent du Mossad et un de la CIA, auquel il n’avait pas participé. Il l’exprima ainsi lors du procès : « Si le peuple ne m’a pas confié l’honneur de participer à ces actions anti-impérialistes que vous m’attribuez, j’ai au moins l’honneur d’en être accusé par votre cour et de défendre leur légitimité face à la criminelle légitimité des bourreaux. ». Il fut condamné à la perpétuité, bien que l’avocat général n’ait requis que sept ans de prison. Et malgré le fait que son premier avocat ait avoué avoir travaillé avec la DGSE, jamais on ne put réviser le procès. Il était libérable depuis 1999, mais dut attendre 26 ans avant de voir la liberté. Il y eut certes des pressions des impérialistes US et des sionistes, mais l’État capitaliste de France a tout fait, de sa propre initiative pour empêcher cet événement politique fort, la libération de Georges.
Le dépit des tenants du gouvernement actuel, d’une partie du PS au RN, illustre parfaitement que cette libération est un échec pour eux. Les mensonges qui continuent de circuler, attribuant à Georges Abdallah des attentats qui étaient l’œuvre d’activistes liés à l’Iran ou tout simplement qui l’accusent des exécutions et non de complicité suffisent à illustrer ce profond dépit des réactionnaires soutiens actifs de l’entité sioniste génocidaire.
On ne peut pas attribuer cette libération à la justice bourgeoise. Répondant à une interview dans L’Humanité, le 28 juillet dernier, Georges indique, à propos de la magistrate qui a émis le premier jugement, ce qu’elle a dit en substance : « Abdallah perturbe l'ordre public en prison, beaucoup plus que s'il était dehors, c'est pour ça que j'ordonne sa libération. ».
Georges Abdallah est un symbole de la Résistance et du combat de libération nationale de la Palestine, et ce, d’autant plus qu’il est marxiste.
Accueilli comme un héros au Liban, d’abord à Beyrouth, puis dans son village de Kobayat, il a renouvelé ses appels à la Résistance et ne s’est pas privé de critiquer les gouvernements des pays arabes. Il s’en est pris notamment à l’Egypte en disant qu’il suffirait qu’un million d’Egyptiens se dirigent vers Gaza pour ouvrir le passage aux camions humanitaires. Dans l’interview à L’Humanité, il le réaffirme : « Il est honteux du point de vue de l'histoire que les Arabes restent spectateurs face à la souffrance du peuple à Gaza. […] Et il y a 80 millions d'Égyptiens qui ne peuvent pas s'approcher de la frontière parce qu'on leur a interdit. »[1].
Interrogé sur les risques qu’il encourt pour sa vie, Georges Abdallah a cette réponse, qui ne manque pas de panache : « Notre peuple est assassiné chaque jour. Quotidiennement, il y a plus d'une centaine de martyrs en Palestine. Ma vie ne vaut pas plus que celle des enfants de Gaza qui meurent de faim et sous les bombes israéliennes. ».
Sa libération est une victoire de la mobilisation populaire qui a inversé le rapport de force et conduit, cette fois-ci, à sa libération. D’une affaire classée, qui n’intéressait qu’une poignée de militants au début du 21ème siècle, la mobilisation pour Georges Ibrahim Abdallah réinitiée par le Collectif pour sa libération puis menée d’une main de maître par la « Campagne Unitaire », profitant de l’ampleur de la mobilisation nationale et internationale pour la Palestine depuis le 7 octobre 2023, s’est développée à travers des milliers d’actions anonymes, de rassemblements petits ou gros, de manifestations devant la prison de Lannemezan, etc. au cours de nombreuses et longues années. Elle a culminé avec les grandes manifestations nationales à Paris dans les 12 derniers mois, rassemblant plusieurs milliers de personnes et jusqu’à 15 000 le 14 juin. Le dernier rassemblement, la veille de sa libération le 24 juillet, à Lannemezan, fut un moment d’intense émotion et de lutte où 200 personnes étaient présentes. Il a donné lieu à des interventions fortes, sériant la lutte anticolonialiste, notamment de la part de la « Campagne unitaire », et des UD CGT du Nord et du Tarn-et-Garonne.
La libération de Georges Abdallah s’inscrit dans la lutte palestinienne et plus généralement dans la lutte anti-impérialiste à l’échelle européenne et mondiale.Elle montre un exemple simple, individuel, des victoires immenses qui attendent un mouvement anti-impérialiste véritablement lié aux masses opprimées. Et la place des pays impérialistes, comme la France, et des forces anti-impérialistes en leur sein, n’est pas en retrait, mais bien essentielle pour frapper la bête là où elle se trouve, c’est-à-dire partout dans le pays nos sièges sociaux, nos institutions.
Pour le Parti Révolutionnaire Communistes, la « Campagne Unitaire pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah », qui regroupe plusieurs organisations dont notre parti, a effectué un travail remarquable qui a permis non seulement la libération de Georges, mais une prise de conscience réelle de ce que doit être la lutte contre la colonisation de la Palestine. Elle a permis à nombre de gens solidaires de la Palestine de sortir de la vision seulement humanitaire de la situation à Gaza, de voir les Palestiniens non comme des victimes, mais comme un peuple qui mène, contre vents et marées, sa lutte de libération nationale. Elle a permis de balayer la fausse solution « à deux États » et ce qui se cache derrière, le désarmement de la Résistance et la soumission de Gaza de la Cisjordanie à l’entité sioniste génocidaire. Comme notre parti, elle a permis d’éclairer sur le fait que pour que la colonisation cesse, pour que la Palestine soit libre, il faut que l’État colonial sioniste disparaisse.
C’est autour de la personnalité, du symbole militant que représente Georges Abdallah que tout cela s’est construit. Pour le Parti Révolutionnaire Communistes, Georges Abdallah libre, la « Campagne unitaire » doit perdurer et se fixer l’objectif de devenir le lieu du rassemblement de toutes celles et tous ceux qui soutiennent la libération nationale de la Palestine et sa Résistance armée, pour apporter notre contribution militante, en France, face à nos capitalistes et leurs tenants, à « la Palestine libre du fleuve à la mer ».
[1] A ce sujet, le 29 juillet, 17 pays, dont l’Arabie Saoudite, le Qatar et l’Égypte ont signé une déclaration franco-saoudienne condamnant la révolte anticoloniale et exhortant le Hamas à cesser de diriger Gaza et à rendre les armes à la fantoche autorité palestinienne. Les compradores, comptez-vous !




