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Contre la politique du gouvernement avec le capital : la lutte unie

N°779-28/07/2022 Le gouvernement a réussi à faire passer ses deux textes sur le « Pouvoir d’Achat ». Le 27 juillet le Projet de Loi de Finances Rectificatives (PLFR), deuxième volet du plan a été adopté

en première lecture par 293 voix pour, 146 contre, 17 abstentions, le premier volet du plan avait été voté à l’Assemblée le 22 juillet (341 voix pour, 116 contre, 21 abstentions).
L’objectif de cette loi, affiché et annoncé à grand renfort de déclarations et d’interventions dans les médias par Macron et son gouvernement, « était de prendre des mesures d’urgences pour la protection du pouvoir d’achat et de limiter l’impact de l’inflation sur le budget des ménages ».
Avec une inflation qui atteint 6% en juin et qui est annoncée à 7% pour septembre, avec une augmentation de 42% pour les fruits, de 37% des légumes, de 33% pour les steaks, 33% des prix de l’énergie. Pour 69% des foyers qui réduisent leurs consommations pour des raisons financières (enquête BFM et RMC) effectivement il y a urgence.
Or, les mesures votées à l’Assemblée vont dans le sens d’une nouvelle attaque contre le droit au travail et la baisse des salaires, des pensions, des bourses, etc…
Le triplement de la « prime Macron » défiscalisée, exonérée de cotisations sociales ; baisse des cotisations pour les travailleurs indépendants ; facilitation des dispositifs d’intéressement en entreprises ; hausse du plafond d’exonération fiscales pour les heures supplémentaires ; revalorisation de 4% des minima sociaux et des allocations RSA (Revenu de Solidarité Active), AAH (Allocations aux Adultes Handicapés), bourses étudiantes ; revalorisation des fonctionnaires 3,5%, augmentation de 4% des pensions, etc…
Les députés ont voté mardi le financement par l’Etat de la renationalisation à 100 % d’EDF, une opération à 9,7 milliards d’euros. L'énergie est une clé majeure du développement de la société, c’est à une nationalisation totale de ce secteur d’activité allant de la recherche à la production et la distribution qu’il faut effectuer sans rachat d’actions, depuis 2005(1) , 66milliards de dividendes ont été versé aux actionnaires.
Toutes ces mesures vont dans le sens d’une défiscalisation, d’une diminution des cotisations sociales qui sont des attaques contre les services publics, qui mettent en danger la Sécurité Sociale, prochaine cible des réformes du gouvernement de Macron. En fait d’une augmentation du pouvoir d’achat, elles actent une diminution des revenus : les augmentations des salaires prises sur les profits des entreprises capitalistes n’est pas à l’ordre du jour et toutes les revalorisations sont très inférieures au taux de l’inflation.
La loi sur le Pouvoir d’Achat s’inscrit parfaitement dans la politique du gouvernement au service du capital et n’entrave en rien l’exploitation capitaliste qui continuera à générer des profits faramineux.
Ce n’est pas non plus l’augmentation de la remise carburant qui passe de 18 à 30 centimes € en septembre et en octobre, puis à 10 centimes en novembre et en décembre et la promesse de TotalEnergies d’une remise à la pompe de 20 centimes par litre entre septembre et novembre, puis de 10 centimes jusqu’à la fin de l’année qui calmeront la colère de ceux qui luttent pour des augmentations de revenus.
B. Le Maire, le Ministre de l’Economie, des finances et de la Relance de la France, a remercié les entreprises -TotalEnergies et CMA CGM (Compagnie maritime d’affrètement-Compagnie générale maritime), qui font un geste pour le pouvoir d’achat des français. Le PDG de CMA CGM 3ème armateur mondial, a annoncé une réduction allant jusqu’à 25% du taux de fret pour ses clients français pendant un an, CMA CGM affiche un bond historique de 78 % de son chiffre d'affaires consolidé, à 56 milliards $, tandis que son Ebitda (excédent brut d'exploitation) culmine à 23,1 milliards $, soit une marge de 41,3 %, doublée en un an… Quant à TotalEnergies, il fait partie de ces compagnies pétrolières dont les profits étaient en moyenne de 1000 milliards $ par an de 1970 à 2020 et qui pour l’année 2022, s’attend à ce qu’ils soient deux fois plus élevés : « le bénéfice net part de TotalEnergies a été plus que doublé sur un an, à 5,7 milliards $. Celui du groupe Shell a été multiplié par cinq, atteignant 18 milliards $ sur la même période. Les géants pétroliers français TotalEnergies et britannique Shell ont vu leurs bénéfices nets bondir au deuxième trimestre de l’année 2022 en raison de la hausse générale des prix de l’électricité et du gaz (Le Monde 28 07 2022).
Ces profits exorbitants alors que la hausse des prix mettent en danger des millions de personnes montre bien la vraie face du capitalisme qui recherche toujours la garanti d’un taux de profits le plus élevé possible et pour ça il est prêt à aller toujours plus loin.
Pour appliquer la politique au service du capital, pour s’assurer au maximum du calme social, Macron doit s’appuyer sur des alliances, des accords ou la neutralité de différents groupes politiques récemment élus.
Le vote de la loi sur le pouvoir d’achat en a donné un aperçu. Dès le premier jour les alliances se sont mises en place et ne se sont pas démenti. La majorité relative des partis du gouvernement Renaissance (ex LREM), le Modem, Horizon (le parti d’E. Philippe), est parvenue à faire adopter les textes majeurs grâce au suffrage de LR qui a salué un projet qui va dans le bon sens (T. Bazin, député LR de Meurthe et Moselle) et du RN qui dès le début a annoncé qu’il voterait l’essentiel des mesures, M. Le Pen a applaudi des deux mains la défiscalisation des heures supplémentaires « cent fois oui », J.P Tanguy (député RN de la Somme) contre l’augmentation du Smic : « si vous votez une hausse du Smic, si vous envoyez le signal que vous allez augmenter d’un coup les salaires, sans égard pour la santé des entreprises vous risquez d’enclencher une boucle inflationniste ». Son image d’opposant proche des préoccupations des classes populaire, va être difficile à tenir. Le RN est bien le fer au feu du capital.
La Nupes si certains réclament une augmentation des salaires plutôt que des primes, ce n’est pas avec une augmentation du Smic à 1500 € qui mettra fin à la colère des grévistes qui demandent des augmentations de salaires permettant de vivre dignement. Il faudra bien autre chose que des amendements, que des discours à l’Assemblée Nationale. Pour inverser le rapport des forces il faudra lutter contre le capitalisme, ce qui n’est pas à l’ordre du jour ni de LFI, ni du PS, ni du PCF. Faire croire que c’est au parlement que tout sera résolu qu’il suffit de réformer le capitalisme pour vivre mieux, c’est criminel pour les travailleurs, la jeunesse.
Ce n’est pas par le partage des richesses qu’on « préservera le pouvoir d’achat » comme le déclare le communiqué intersyndical du 12 juillet.
Le Parti Révolutionnaire Communistes est le seul parti qui affirme que ce n’est que par la lutte, par la mobilisation massive des travailleurs, dans les entreprises, dans la rue qu’on arrachera ce que les capitalistes volent au peuple. Luttes, pour de meilleurs salaires et conditions de travail, contre les atteintes aux droits des salariés.
Des grèves éclatent dans différents secteurs pour l’augmentation des salaires. Il faut continuer à les développer, à les étendre, les coordonner pour imposer au gouvernement et au patronat l’augmentation généralisée des salaires, leur indexation sur l’inflation et l’augmentation immédiate des minima sociaux.
Le Parti Révolutionnaire Communistes est le seul parti qui appelle à lutter contre la politique du capital, La lutte économique et sociale de plus en plus forte, tous ensemble et coordonnée et la lutte politique sont indissociables pour créer un rapport de force en faveur des travailleurs et du peuple, faire reculer le gouvernement et le capital imposer des changements. Il faut lutter contre le capital jusqu’à l’abattre et changer radicalement de politique pour construire une société débarrassée de l’exploitation capitaliste.

(1) Date de la privatisation partielle d’EDF.

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