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N° 839 21/09/2023 Depuis plusieurs mois, le pouvoir d’achat est la préoccupation primordiale des Français la dégradation des conditions de vie s’est encore aggravée ces dernières semaines. 78% des Français déclarent devoir « se serrer la ceinture » et 1/3 saute des repas. Avec la hausse des prix alimentaires (plus 11,2% en un an fin août, plus 19,9% en 2 ans), la hausse des prix des carburants, du tarif de l’électricité[1] (+15% en février, +10% en août), les salaires ne permettent pas de payer les factures et d’acheter à manger[2].
Selon le dernier baromètre CSA Research du 20 septembre, « il manque en moyenne 588 euros pour vivre mieux », 62% des Français sont contraints de restreindre drastiquement les dépenses d’alimentation et de chauffage, etc. Pour 76% des sondé, l’inflation, les salaires, depuis 1950 il n’y a jamais eu de baisse des salaires réels aussi forte, les marges records, les grandes entreprises capitalistes profitent de la période pour faire des profits sur le dos des travailleurs. Le CAC 40 au 2ème semestre a fait 80 milliards d’euros de bénéfice, et les marges brutes des entreprises de l’agroalimentaire ont augmenté de 48,5%. Les capitalistes se gavent pendant que les travailleurs sont à la diète.
Le Maire aura beaucoup de mal à convaincre les travailleurs que « la France va dans la bonne direction » comme il l’a affirmé lors de son interview à France 2 le 18 septembre : « la tendance de long terme, c'est à une baisse de l'inflation, et notre objectif, c'est d'avoir un peu plus de 2% d'inflation en 2024, donc revenir à un niveau d'inflation normal ». La baisse des prix ? Pas un mot…Brandir la baisse de l’inflation comme étant le remède à tous les maux, c’est une tromperie insultante. Une baisse de l’inflation augmente à coup sûr les profits des entreprises capitalistes, elle n’entraîne pas une baisse des prix qui reviennent rarement et bien difficilement au niveau d’avant[3]. Contrairement aux déclarations lénifiantes du Ministre de l’Économie, la situation en France est loin d’être idyllique.
La Banque de France, dans son rapport du 18 septembre, a appelé B. Le Maire à plus de crédibilité et a révisé à la baisse ses projections pour 2024 et les années suivantes, ce qui est prévu :
⁕ une inflation plus élevée « en raison de la poussée de fièvre des prix de l'énergie et de la chute de la demande adressée à la France ».
⁕ des destructions d’emplois avec un taux de chômage qui pourraient grimper à 7,5% de la population active et à 7,8% en 2025.
⁕ Des créations d'emplois qui s’essouffle 319.000 en 2023, moins 60.000 en 2024, moins 80.000 en 2025. Pour la Banque de France « ces projections correspondent au niveau de l'activité hexagonale ».
Pour l’immense majorité, l’exaspération et la colère est de plus en plus forte, la répression, la matraque, les poursuites des militants grévistes n’ont en rien diminué la combativité des travailleurs, les raisons de lutter sont toujours de plus en plus nombreuses[4]. Patrick Martin, le nouveau président du Medef, s’est trompé quand il prédisait, fin juillet « que la rentrée sera politiquement chaude, et socialement assez apaisée ».
L’inflation persistante, la réduction du pouvoir d’achat, la fin des boucliers tarifaires sur l’énergie : Le Maire « plus aucun centime ne sera dépensé pour faire face à l’augmentation des prix ». Mais quand le prix du sans plomb dépasse 2€, Emmanuel Macron qui craint les luttes délègue E. Borne pour trouver une solution urgente sans retour d’une ristourne à la pompe. La 1ère ministre présente « une mesure forte » : permettre aux stations-services de vendre à perte !!! C’est une baisse fictive qui n’aura aucun effet sur l’inflation et qui permettra aux grands groupes qui ont la capacité d’absorber des pertes minimes d’absorber les petits distributeurs indépendants.
Pouyanné (TotalEnergies), et les grandes enseignes de distribution ont déjà enterré d’un revers de main le projet de loi. Il n’y a que M. Léon, nouvelle secrétaire de la CFDT pour l’approuver, « c’est une décision qui peut intéresser les consommateurs, c’est positif, la question c’est que c’est du très, très court » !!!
Dans la foulée E. Borne a dévoilé ce lundi le nouveau plan contre la pauvreté : le « Pacte des solidarités » qui entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2024.
But de ce pacte : « corriger les inégalités de destins et répondre à l’urgence sociale aujourd’hui », liée à l’inflation. Les crédits alloués seront « en augmentation de 50 % » par rapport au précédent plan. Le plan « stratégie pauvreté », lancé en 2018 avait été doté de 8 milliards sur 4 ans… C’est une gestion de la pauvreté ! Un plan qui masque la réalité, pas un mot sur « qui sont les responsables » de cette situation de pauvreté. Le responsable c’est le système capitaliste et son exploitation qui ne peut avoir de fin que s’il est supprimé pas la lutte quotidienne et politique. Ce n’est pas le dialogue social, qui supprimera la surexploitation capitaliste, qui supprimera la pauvreté. On a raison d’affirmer qu’il est urgent de s’engager dans la lutte anticapitaliste et construire une société qui réponde aux besoins sociaux.
L’ONG Taxe justice Network à partir des données de l’OCDE propose un Impôt sur la Fortune ISF centré sur les 0,5% les plus riches de chaque État européen qui rapporterait 213 milliards d’euros par an. Ce n’est pas 213 milliards qu’il faut leur prendre mais tout ce qu’ils volent aux travailleurs.
Le capitalisme veut tout pour le profit maximum. Tant que le capitalisme détient le pouvoir, il repart à l’attaque contre les acquis du peuple, pour exploiter toujours plus. Pour changer, il faut prendre le pouvoir politique. Il faut prendre aux capitalistes les grands moyens de production et d’échange, les entreprises industrielles et financières, en donner la gestion au peuple et à ses représentants.
Venez mener ce combat avec le Parti Révolutionnaire Communistes.
[1]. Cf. Hebdo n° 839, Prix de l'électricité : Faire monter et exprimer la colère !
[2]. Sondage Elabe pour BFMTV, 6 sept 2023
[3]. Cf. Hebdo n° 815, Des manœuvres monétaires pour protéger les intérêts des capitalistes
[4] Cf Hebdo Résumé des questions économiques et sociales
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