Gantry 5

 

N° 930 19/06/2025  Difficile de savoir s’il y aura un accord sur les retraites, mardi les suspensions de séance n'ont pas permis de débloquer la situation mais syndicats et patronat pourraient s’entendre sur un sujet: la pénibilité. La CFDT participera à la dernière réunion sur les retraites lundi pour tenter de « concrétiser » des accords concernant les femmes et la pénibilité. Moins que des miettes car, subtilité de taille, plutôt que de revenir à un dispositif dit de réparation, le Medef propose de recentrer le C2P* comme outil exclusivement de prévention ! Le patronat propose que les personnes exposées puissent avoir des droits supplémentaires à la formation ou la reconversion ! Le patronat dit faire des "concessions" sur des sujets tels que la carrière des femmes mais le départ reste à 64 ans avec le calcul de la pension non plus sur les 25 meilleures années mais sur 23 ou 24 années.
Le Premier ministre dit: « Je pense que la possibilité existe de trouver un accord dynamique ». Et pour encourager les "partenaires sociaux", Bayrou a tiré une mesure surprise de son chapeau, proposant aux syndicats et au patronat l’idée d’une prime pour les salariés seniors qui « décident de rester au travail », en leur versant « une partie de (leur) retraite en plus de (leur) salaire ». Après cinq mois de négociations, 16 réunions officielles, les syndicats encore présents (CFDT, CFE-CGC et CFTC), le gouvernement, le patronat ont d’ores et déjà enterré l’abrogation de la réforme des retraites à 64 ans et le Medef maintient sa position ferme sur l'âge légal de départ à 64 ans, entérinée dès le 10 juin.
Une capitulation sans avoir livré bataille.
Autre proposition du Medef : patronat et syndicats piloteraient le système dans le respect d’une "règle d’or" : interdiction de s’endetter. Le patronat aurait ainsi la main sur "les leviers de pilotage du régime de retraite sur le niveau des pensions, l’âge de départ, le niveau des cotisations" souligne-t-il. La CFDT ouvre la porte : «L’âge légal n’a plus de sens». Marylise Léon veut revenir vers la «retraite à la carte», interrogée sur le modèle de système de retraite par capitalisation, la responsable syndicale a reconnu que le sujet méritait d’être posé. Selon un document cité par la CFDT, les nouvelles voies envisagées pourraient permettre un « retour à l’équilibre à l’horizon 2030 » des comptes du système des retraites, a assuré Marylise Léon. Le déficit actuellement attendu en 2030 est de 6,6 milliards d’euros, selon la projection du Conseil d’orientation des retraites (COR).
Un accord au rabais sur le dos des salariés
Il faut cesser de duper les travailleurs. La réponse ne viendra ni du parlement, ni de Matignon encore moins de l’Élysée, ni en conclave ou autres comité Théodule. Les "négociations" avec le patronat et le gouvernement ne servent qu’à casser la mobilisation et désarmer les travailleurs, et les soumettre à l’exploitations capitaliste. Il est urgent de préparer la riposte contre la course à la guerre, les mesures austéritaires que le gouvernement veut mettre en place pour la financer.
Les organisations syndicales doivent de toute urgence rompre avec le dialogue social. L’heure n’est pas à la négociation, mais à la construction d’un programme offensif de mobilisation contre les licenciements, l’abrogation de la réforme des retraites, pour revendiquer les augmentations de salaires et s’opposer fermement à l’austérité, à la casse des services publics et de la sécu, des suppressions d’emplois. Au lieu de s’en remettre au parlement, il est impératif de se mettre en ordre de bataille afin de construire une réponse à la hauteur des attaques en articulant refus de l’austérité et revendications sociales urgentes.
Pour faire reculer Macron et le capital il faut impérativement la lutte, tous ensemble dans la durée. Combattre la casse sociale imposée par le gouvernement, c’est aussi refuser sa logique de guerre en se battant pour nos intérêts de classe contre le capitalisme qui nous exploite, contre son système!
C’est par la grève longue qui attaque les profits du capital et dans la rue que notre avenir se décidera.
C’est à ce prix que des avancées seront possibles. La lutte des classes pour freiner et stopper le capital est le seul outil dont disposent les travailleurs pour y parvenir, l’histoire nous l’a montrée. 
Il est absolument vital de lutter dans la perspective d’une autre société débarrassée de l’exploitation capitaliste et de mettre fin à ce système désastreux pour l’humanité dans le but de construire une société sans exploitation de l’Homme par l’Homme, une société de coopération, de solidarité, de paix entre les peuples, une société socialiste.
*Compte professionnel de prévention (C2P) est un dispositif visant à réduire les effets de l’exposition des salariés à certains risques professionnels.
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