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N° 941 03/09/2025  Le maire de Saint-Raphaël, Frédéric Masquelier, s’est fait le 23 août et a bien mérité de l’anticommunisme. Il a non seulement décidé de faire élever un monument aux soi-disant « victimes du communisme », chiffrées à 100 millions selon la doxa mensongère du manuel de propagande baptisé « Le livre noir du communisme » dont les rapports avec la vérité historique sont si éloignés que certains de ses auteurs l’ont même répudié. Il a fait détruire la stèle rendant hommage aux héros de la Résistance, les communistes Landini et leurs camarades.
D’une certaine manière, par ces deux gestes, Masquelier clarifie la situation : ceux qui s’en prennent aux communistes veulent effacer la Résistance. D’ailleurs, la séquence Saint-Raphaël a eu une suite. Ian Brossat, porte-parole du PCF, a rappelé que : « En France, les seules victimes du communisme, ce sont les nazis et les collaborateurs, et c’est notre plus grande fierté ». Cela a donné lieu à un déchainement de tout ce que nos media comptent de réactionnaires de tout poil l’accusant de négationnisme. Et sur les réseaux sociaux, ont fleuri quelques messages allant encore plus loin que Masquelier, défendant le nazisme et accusant le « communisme ».
Nous ne nous étendrons pas ici sur le mensonge organisé consistant à criminaliser les communistes. L’histoire des pays socialistes d’Europe de l’Est et particulièrement de l’URSS, sont suffisamment documentées, en partie par les œuvres d’Annie Lacroix-Riz, et surtout par celles d’historiens anglo-saxons comme les États-uniens GroverFurr ou Roger Keeran pour savoir que les archives, les documents d’époque, tout ce qui doit constituer la base du travail d’un historien apportent la preuve du mensonge.
Il s’agit d’une opération de propagande politique. Elle ne date pas d’hier. Dès la fin des années 80, l’État a organisé la réécriture de la Seconde Guerre Mondiale, notamment dans les programmes scolaires, afin de discréditer les communistes, d’empêcher toute dénonciation du système capitaliste, toute allusion à la lutte des classes, de faire passer le capitalisme comme seul type de société possible, en occultant le nombre de morts qu’on lui doit. Au début, il s’est agi de mettre en doute la qualité de Résistants des communistes, de nier ou de déformer les réalisations des pays socialistes, notamment en matière d’égalité sociale, mais aussi d’économie. Petit à petit, nous sommes passés à une mise à égalité des communistes et des fascistes. Aujourd’hui, nous en sommes à une inversion totale du réel qui se traduit par une défense du nazisme.
Les destructions de monuments soviétiques, la complaisance envers les nazis ukrainiens, les réhabilitations de nazis en Estonie et dans les pays baltes, la criminalisation des idées communistes en République tchèque sont autant d’éléments de cette croisade. Le nazisme n’est qu’un moment de l’histoire de la société capitaliste. Tous les fascismes en sont des avatars, ils illustrent simplement un moyen plus radical que la démocratie bourgeoise de passer au stade impérialiste. La base sociale du fascisme, c’est la classe d’avant-garde parmi toutes dans le capitalisme impérialiste : le capital financier. En 1935, Dimitrov livrait cette analyse célèbre : « Le fascisme, c’est le pouvoir du capital financier lui-même. C’est l’organisation de la répression terroriste contre la classe ouvrière et la partie révolutionnaire de la paysannerie et des intellectuels. ».
Quand l’Union européenne se dote de dirigeant comme la fascisante von der Leyen ou la fasciste Kallas, c’est que le temps du démarquage obligé des actes et des idées du fascisme est définitivement terminé. On peut désormais, de plus en plus, au sein de l’impérialisme occidental, assumer une défense du fascisme. La défense de l’État colonial sioniste génocidaire n’y est pas étrangère.
Notons enfin que toute la légende de l’histoire revue par les anticommunistes s’est appuyé sur le récit mensonger de Trotsky, lequel a été amplifié et popularisé par Khrouchtchev au moment du XXème congrès du PCUS[1]. Des révisionnistes, au sein même du mouvement ouvrier communiste ont alimenté la légende noire de Staline, et donc la diabolisation du socialisme et de la vérité, parce qu’ils voulaient une orientation droitière d’abord, se débarrasser du socialisme ensuite.
C’est pourquoi, tout en saluant les réactions outrées et les ripostes de certains militants du PCF, nous en pouvons qu’être circonspects dans cette affaire quand au rôle d’un parti dont le dernier texte de congrès utilise des expressions comme « crimes du stalinisme », « système étatiste autoritaire », et parle d’un régime prétendument incapable de répondre aux « exigences de démocratie et de liberté ».
Se défendre de l’anticommunisme implique, pour le Parti Révolutionnaire Communistes, de s’en tenir à une grille de lecture marxiste, débarrassé de tous les oripeaux que la Bourgeoisie a glissés, au long du temps, dans le discours ambiant, comme les concepts de totalitarisme, de démocratie, ou autres. Cela signifie faire la vérité su l’histoire du socialisme existant et en défendre les acquis, sans en occulter les erreurs.
Pour nous, le bilan du socialisme réel est toujours positif.
[1] Lire, pour cela « Khrouchtchev a menti », de GroverFurr, publié en français aux éditions Delga.
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