Gantry 5

 

N° 944  24/09/2025  À peine nommé premier ministre, Lecornu se précipite sur le mot rupture pour signifier certainement qu'il n'est pas le même que son précédent qui lui même entendait rompre avec ceux qui l'avait précédés. Un de ces derniers, Attal vient de se placer dans la course à la présidentielle de 2027. On ne s'y prend jamais assez tôt! Lui aussi nous promet la rupture. De leurs côtés, socialistes, LR, RN, LFI, PCF, écolo, syndicalistes dans des registres musicaux différents, menacent de rupture avec le futur gouvernement si celui-ci ne rompt pas avec le passé.
Comme disait un adjudant parmi d'autres : rompez !
Avant de donner un sens politique à cette épidémie de rupture, il convient de rappeler, c'est le trésor de la Langue Française qui le dit, la Rupture signifie1 : " Destruction due à la pression d'une force supérieure à la résistance qui lui est opposée ", ainsi nous serions enclins à penser que la Rupture signifie dans notre cas, celui des luttes se développant dans le pays, que les travailleurs en ont tellement assez d'être exploités, qu'ils opposent une pression si forte qu'elle tendrait à faire rompre le système, appelons le capitaliste, qui est à l'origine de leur pression.
Cette rupture est évidemment essentielle si l'on veut sortir de la spirale de la crise que génère le capitalisme dans sa course aux profits et à l'accumulation du capital. Pour être franc, c'est la rupture à laquelle travaille le Parti révolutionnaire Communistes.
Mais attention, tous les ruptureurs n'ont pas le même objectif, beaucoup d'entre eux: les Attal, Lecornu, le Pen, Retaillau, Wauquiez, ...y voient plutôt un moyen de continuer la domination et l'exploitation capitaliste et comme disait, Tancrède à son oncle le Prince salina dans le Guépard2 : "Si nous voulons que tout reste pareil, il faut que nous changions tout ". La traduction populaire de cet échange princier étant : "  Plus ça change, plus c’est la même chose." C'est si vrai que de rupture en rupture, et cela du duopole gauche-droite, jusqu'au ni gauche ni droite, gérant les affaires au service du capital, tout a changé en pire avec les liquidations des conquêtes sociales de la classe des travailleurs, la liquidation de l'industrie manufacturière au profit du capital financier et qu'aujourd'hui ils tentent d'en remettre une couche...de trop ?
Une autre espèce de ruptuteurs se rencontre dans les organisations politiques dites de Gauches et syndicales qui contribuent à maintenir le système en place, en promettant de le rendre moins cruel. Ainsi, après les expressions de colère des 10 et 18 septembre, au lieu de pousser à la mobilisation afin de donner le tempo des exigences salariales et mettre l'adversaire de classe sur la défensive, ils entendent faire la pause, émettre des ultimatums, pas trop chargés quand même, en vue d’éviter la rupture du dialogue social.
Il n'y a rien à attendre de tout cela. Les travailleurs doivent prendre leurs affaires en main, s'organiser et décider de l'action à mener et là ce serait une belle et bonne rupture !
2 le roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa (1958) : Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi 
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