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N° 975 26/04/2026  Questions à la direction de la JC issue du congrès de reconstitution d'avril
Question 1 : Le congrès de reconstitution de la JC vient de se tenir à Paris. Comment appréciez-vous la teneur politique de ce congrès ?
 
Nous sommes très satisfaits de la teneur politique du Congrès, nous estimons que son déroulé, tant dans les débats que dans la session plénière, représente un bond qualitatif pour nous en tant que Jeunesse Communiste mais aussi pour tout le mouvement révolutionnaire en France. Pour nous d’abord, car les débats que nous avons pu avoir sur les textes de base (ligne politique générale et statuts) nous ont permis de clarifier des questions de conception idéologique et d’atteindre un niveau d’unité supérieur que celui que nous avions à l’entrée du Congrès (même pour ceux d’entre-nous qui luttaient déjà ensemble). Nous estimons que ce point est précisément le plus important : c’est dans la lutte de deux lignes, c’est dans le débat que se gagne l’unité. Nous sommes extrêmement attachés à l’application du centralisme démocratique (et nous ne l’inventons pas, c’est un enseignement de Lénine) : c’est le seul principe organisationnel juste des organisations révolutionnaires : liberté totale dans le débat et unité totale dans l’action. Cette contradiction, cette unité de contraire, est à prendre dans son ensemble et non de manière partielle. Le centralisme, comme aspect principal du centralisme démocratique, est l’unique garant de l’application de la démocratie. Le centralisme est également le garant de l’unité, en centralisant les expériences et opinions au plus haut niveau de direction, nous avançons d’un même pas et nous développons en tout et non pas seulement en parti. A l’inverse, le refus de se soumettre au centralisme, les déviations ultra-démocratiques, sont issus de conception libérale simple : mettre en avant ses intérêts individuels (ou ceux de son cercle proche) et en arrière les intérêts du plus grand nombre, agir selon son subjectivisme et non selon la position la plus objective, se concentrer sur le particulier et ignorer le général. C’est par ailleurs ce type de conception qui sert au corporatisme (partie constitutive du fascisme). Cependant, que le centralisme soit principal ne signifie en aucune façon que la démocratie n’est pas importante. C’est une unité de contraire nécessaire, un aspect nourrit l’autre et cette contradiction permet le développement de la connaissance (de la connaissance sensible à la connaissance objective), de l’unité politique et de l’unité d’action. Nous insistons particulièrement sur ce point car aujourd’hui (et encore plus à l’approche des élections de 2027) nous observons partout la volonté sincère de s’unir et de développer un travail large, mais nous observons aussi une tendance au centrisme et à favoriser les compromis dans les débats ou à les éviter. Notre expérience nous a appris que ce type de conception est une tendance trotskiste qui mène à la scission ou à la paralysie dans la lutte. La tenue du Congrès nous a forgé dans une conception juste du centralisme démocratique, que nous allons encore développer. C’est aussi cette compréhension qui nous fait dire que le Congrès a eu un impact positif sur l’intégralité du mouvement révolutionnaire. D’abord par la présence de beaucoup d’autres organisations à la session plénière avec qui nous avons pu débattre et discuter, encore une fois nous l’affirmons comme le développement d’une unité supérieure et nous avons beaucoup appris auprès des organisations présentes. La lutte idéologique (avec les forces progressistes) doit toujours nous mener vers une unité supérieure, vers une compréhension plus élevée du marxisme, nous estimons donc que ces espaces de débats sont d’une grande importance pour le développement d’un mouvement révolutionnaire en France. Nous avons aussi pu observer non seulement le développement d’un intérêt certain pour notre organisations et la volonté de certains de créer des sections de la Jeunesse Communiste partout en France, mais aussi l’ouverture de lutte de lignes dans d’autres organisations à la suite du Congrès. Nous pourrions développer encore sur les enseignements politiques que nous a apporté le Congrès, l’essentiel est que nous en tirons un excellent bilan et surtout un mot d’ordre pour notre travail général : nous sommes résolument pour la lutte de deux lignes et fermement contre les guerres de chapelle.
 
Question 2 : Notre Parti Révolutionnaire Communistes, invité à votre congrès, est particulièrement attentif à votre démarche sur la reconstitution du Parti Communiste de France. Comment, selon vous, avancer vers l'unité des communistes sur une ligne révolutionnaire juste ?
 
La question de la reconstitution du Parti ne fait largement pas l’unanimité dans les rangs des forces progressistes, y compris chez celles se réclamant du communisme. Les chapelles sont nombreuses : les changeurs de l’intérieur du parti révisionniste, les spontanéistes et les centristes qui se refusent à construire une organisation dans l’espoir que la classe se transformera spontanément en Parti d’avant garde, ceux qui refusent le Parti en le jugeant anachronique, les enfants du communisme qui pensent qu’une organisation de masse peut se transformer en Parti et qui milite sans le savoir pour un Parti de masse et non d’avant-garde, les attentistes qui remettent cette tâche éternellement à plus tard en attendant des conditions meilleures, en se mettant à la remorque du réformisme ou en négociant avec ce que doit être la nature du Parti… Nous pourrions en citer beaucoup d’autres et nous ne doutons en aucune façon de leur sincérité. Notre position sur le sujet peut se résumer en deux points : (1) nous reconnaissons le Parti Communiste comme étant le Parti d’avant-garde, absolument nécessaire à la Révolution en tant qu’état-major de celle-ci et (2) la Jeunesse Communiste n’a pas vocation à se transformer en Parti Communiste et elle n’a pas non plus vocation à faire que tous les anciens jeunes communistes une fois devenus ‘vieux’ se rassemblent pour faire le Parti. Nous sommes attachés à une conception marxiste du Parti, nous ne considérons pas que les apports des titans du marxisme soient anachroniques ou qu’ils aient changé, car nous ne considérons pas que nous ayons changé d’époque. Nous sommes toujours à l’époque du capitalisme et nous sommes toujours dans sa phase de décomposition, l’impérialisme. Le Parti est un détachement de la classe ouvrière, une partie de celle-ci. Mais c'est un détachement d'avant garde qui va de l'avant, qui dirige : c'est un détachement conscient, qui connaît les lois du processus révolutionnaire ; et c'est un détachement marxiste, qui est fermement basé sur la conception révolutionnaire de la classe ouvrière. En ce sens nous faisons la différence entre les organisations de masses et le Parti. "Le Parti est l'incarnation des liens qui unissent le détachement d'avant-garde de la classe ouvrière aux masses" ; il ne vivra et ne se développera donc pas détaché des masses et, au contraire, sa vie et son développement exigent de "multiplier ses liens avec les masses et de gagner la confiance des masses". Notre rôle en tant que Jeunesse Communiste n’est pas de nous transformer magiquement en Parti Communiste lorsque nous serons vieux. Notre rôle est de former la jeunesse au marxisme et de développer la lutte des classes ; de faire émerger des cadres révolutionnaires qui seront à même de reconstituer un Parti et de mobiliser, politiser et organiser les masses autour de nous, dans ce but. Ce n’est pas une tâche qui incombe seulement à la jeunesse, c’est une tâche dont doit se saisir tout le mouvement révolutionnaire, de toutes les organisations, comités et groupes qui souhaitent sincèrement la révolution. Comme nous avons pu l’évoquer dans notre précédente réponse, nous affirmons que l’unité est une condition nécessaire à la reconstitution du Parti et nous savons que l’unité se forge dans la lutte. Dans la lutte de ligne certes mais dans la lutte de classe aussi. Pour cela nous considérons que le rôle des révolutionnaires, et des jeunes communistes particulièrement, est d’être de toutes les luttes, d’impulser des comités, de développer la lutte là où elle est faible et de diffuser le marxisme dans les masses les plus profondes. Plus encore que l’unité des militants de divers horizons, nous devons développer l’unité des communistes avec les masses, l’unité des communistes avec leur classe. C’est en développant des luttes revendicatives concrètes et en mobilisant la classe que nous développerons notre compréhension du marxisme et forgerons les cadres nécessaire à la reconstitution de notre Parti.
 
Question 3 : Le combat anti-impérialiste est un point cardinal de la lutte, celui-ci est d'autant plus sensible, que le soutien à la lutte de libération de la Palestine a éveillé une partie de la jeunesse à l'action politique.
 
Cette question de l'impérialisme fait l'objet de vifs débats. Comment abordez-vous cette question ? La contre-offensive du 7 octobre en Palestine a été un point marquant des luttes des peuples opprimés contre l’impérialisme, tous les regards se sont à nouveau tournés vers la lutte de libération nationale en Palestine. La situation en Palestine a eu un effet de vague qui a touché le monde entier, remettant au centre des débats la question des luttes anti-impérialistes, de leurs formes et de leur finalité mais aussi la question de l’internationalisme, de sa nécessité et de son développement. Nous pouvons donc considérer que la lutte des classes (en développement inégal partout dans le monde) a connu à cette période un bond, une intensification, ce qui s’est traduit en France par un mouvement de soutien au peuple palestinien relativement large sur une période relativement longue (des milliers de personnes qui continuent, trois ans plus tard, de se mobiliser et de s’organiser sur la question palestinienne presque trois ans après l’intensification de la politique génocidaire d’Israël). Ce mouvement de soutien au peuple palestinien a permis un développement de l’intérêt et du soutien pour les peuples opprimés de manière générale et donc le développement d’un mouvement non seulement pro palestinien mais surtout anti-impérialiste. C’est une situation relativement similaire au soutien du peuple vietnamien dans les années 60/70 ou au peuple algérien pendant la guerre de libération nationale, soutiens qui ont mené à la création de comité de travailleurs étrangers et au développement d’une opinion anti-impérialiste large. Beaucoup de nos jeunes camarades nous ont rejoints dans le cadre de cette lutte anti-impérialiste (beaucoup de nos camarades nous ont également rejoints lors des gilets jaunes, pendant la réforme des retraites ou lors du mouvement septembriste), avec une volonté non seulement de soutien aux peuples palestiniens mais aussi une ferme volonté de lutter contre notre propre impérialisme. Nous affirmons que le meilleur soutien que nous pouvons apporter aux peuples opprimés est de les débarrasser de l’impérialisme français en menant à bien la révolution socialiste ici même. Nous avons eu l’honneur de recevoir une adresse du FPLP lors de notre Congrès et nous prenons acte des demandes qui nous ont été adressées: abattre notre propre impérialisme et développer un internationalisme puissant, permettant le développement d’un soutien politique et matériel aux luttes anti-impérialistes partout dans le monde. Aujourd’hui dans le monde la contradiction principale, c’est-à-dire celle qui est la plus aiguisée celle qui doit être résolue en premier lieu, est celle opposant les puissances impérialistes aux peuples qu’elles oppriment. La question de l’anti-impérialisme et de l’internationalisme est donc une question de premier plan.
 
Question 4 : Comment voyez-vous le développement de la JC après ce congrès ?
 
La Jeunesse Communiste a pour vocation d’être une organisation de masse et de lutte. Nous espérons pour le futur développer ces deux objectifs, en brisant l’isolement de la jeunesse et en développant une véritable culture de lutte auprès du plus grand nombre de jeunes possibles. Un jeune communiste, ou une jeune communiste c’est celui ou celle qui est partout un bon camarade, prêt à l’entraide et à la camaraderie. La bourgeoisie cherche à isoler la classe, à la diviser, les jeunes communistes cherchent à l’unir, ils sont ceux qui sont de toutes les associations, qui encouragent la vie sociale et qui s’intéressent à tout ce qui concerne la classe. Ce sont ceux qui donnent un coup de main, à leur comité de quartier, à leur syndicat, ce sont ceux qui ont toujours quelque chose à faire et quelque chose à dire. Partout où il y a un jeune communiste il se passe quelque chose, il y a des luttes, des discussions, des fêtes et de la vie. C’est ce que nous devons développer et pour cela nous le répétons encore : nous lutterons avec tout le monde et nous ne jouerons pas aux guerres de chapelles. Ce refus des guerres de chapelle est d’autant plus important que l’état français établit un processus de ré actionnarisation de plus en plus féroce pour préparer sa guerre. Nous avons pu voir au cours des dernières années l’augmentation des attaques contre les droits démocratiques et contre toutes les expressions d’opposition politique. L’outil de la bourgeoisie pour faire passer ces attaques sans conséquence c’est l’isolement et l’encerclement, nous l’avons vu avec la dissolution de la Jeune Garde et du groupe Palestine Vaincra. Nous devons lutter contre cet encerclement et contre la division que fait régner la bourgeoisie et développer un puissant courant d’opinion et de lutte pour la défense des droits démocratiques et antifascistes. Concrètement notre année va être bien remplie, nous prévoyons déjà de nombreuses campagnes de soutien internationaliste, de luttes lycéennes, de luttes ouvrières, de luttes féminines et de luttes antifascistes. Nous ne comptons pas nous reposer une seule seconde, la Jeunesse Communiste est un nom qui se mérite et nous comptons bien remplir toutes les tâches que cela implique. Au nom de la Jeunesse Communiste, de son Comité National et de ses membres, nous vous remercions pour cette interview, vous assurons que nous serons heureux de travailler avec vous à l’avenir, à très vite dans la lutte camarade. Pour le Parti et la Révolution Socialiste !
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