N° 981 10/06/2026 L'approfondissement et l'accélération des affrontements au sein de l'impérialisme se traduisent par des conflits de plus en plus violents, s'agissant de guerres de haute intensité comme c'est le cas de la guerre impérialiste sur le territoire de l'Ukraine, d'agressions contre des États souverains en Iran, au Liban, avec en toile de fond le génocide contre le peuple palestinien, au Venezuela à Cuba...des guerres régionales entretenues par les puissances impérialistes comme au Soudan , au Congo...des guerres commerciales au travers des droits de douanes.
Pour autant, les contradictions au sein du système impérialiste ne sont pas la simple résultante de puissances relatives, économiques et militaires, de ses différentes composantes. Les économies des trois grandes zones de l'impérialisme : Amérique, Europe et Asie sont profondément interpénétrées. De fait, les caractéristiques de la mondialisation capitalistes sont elles mêmes un enjeu de lutte au sein du système impérialiste.
Cette situation d'interdépendances et d'affrontements, est aujourd'hui violemment percutée par les conséquences de la fermeture du détroit d'Ormuz et attise une crise, préexistence, se traduisant par une inflation importante, des taux d'intérêts sur les dettes en particulier, celle colossale des États-Unis, en fortes hausses, une crise énergétique... Cependant, cette crise globale à des racines plus lointaines et profondes à rechercher dans la réponse apportée par le capitalisme américain dans les années 1970 à sa propre crise des taux de profits et de l'accumulation du capital. Ce tournant a contribué à un décollage de l’accumulation en Chine, devenue l'atelier du monde, tourné vers l'exportation d'une production abondante et techniquement avancée. La riposte protectionniste états-unienne à cet état de fait, amplifiée par l'arrivée au pouvoir de Trump, a contribué à accroître les tensions au sein du système impérialiste. La course aux armements, l'agressivité de plus en plus marquée dans le contrôle des richesses naturelles, des voies de communications et de la force de travail sont un reflet de cette situation.
La France, comme les pays de l'Union Européenne, est sur fond d'une désindustrialisation voulue et organisée par la classe bourgeoise dominante en grande difficultés dans les affrontements au sein du système impérialiste qui voit de plus en plus se percuter les plaques états-uniennes et euro-asiatique dominée par la Chine. Toutes ces réalités fondent la crise économique, sociale et politique que nous connaissons. Pour y faire face, rétablir les taux de profits et leur compétitivité sur le marché mondial, les forces du capital s'attaquent violemment au prix de la force de travail et aux conquêtes sociales fondant le socle sur lequel s'appuie la classe travailleuse productrice des richesses.
Face à ces attaques incessantes et profondes, les travailleurs ne sont pas inactifs, les conflits sur les droits sociaux, les salaires, l'emploi et les conditions de travail sont nombreux. Mais en l'absence d'une stratégie de riposte de classe coordonnée, ils se heurtent à l'intransigeance patronale et du pouvoir.
Dans ces conditions pour aller plus loin dans ses attaques contre les travailleurs, le patronat a besoin de trouver une solution politique stable lui permettant d'assurer la pérennité de ses intérêts de classe. Comme nous l'avons déjà exprimé, après avoir utilisé largement le duo-pôle union de la gauche et de droite qui lui a permis à partir des années 1980 de construire de puissants monopoles industriels et financiers tout en corsetant la lutte de classe dans des pratiques de collaboration, ce dernier usé jusqu'à la corde a donné naissance au ni gauche ni droite sous la houlette de Macron. L'usure de ce dernier étant désormais actée, les forces du capital sont à la manœuvre afin d’organiser un nouveau duo-pôle Rassemblement National-droite / Social démocratie redessinée (incluant les ex-macronistes), en mesure de mener une politique favorable à ses intérêts. Les uns et les autres ayant donné au capital des gages suffisants dans la dernière période. Cependant, cette configuration duale est loin de couvrir les aspirations des salariés à des changements qui leurs soient favorables. Cette persistance se mesure dans l'intérêt qu'ils montrent au discours développé par la France Insoumise et à son candidat Jean Luc Mélenchon. Ce dernier, en faisant sienne une partie des justes aspirations populaires à plus de justice et de solidarité, en refusant une France recroquevillée sur une histoire mythifiée conduisant à l'exclusion de nombre de citoyens, en reprenant les légitimes aspirations de la jeunesse à plus de liberté et de solidarité avec les peuples en lutte contre les agressions impérialistes et tout particulièrement avec le peuple palestinien, donne le sentiment d'ouvrir une perspective politique différente de celle du nouveau duo-pôle en formation.
Cependant, là la question se pose, peut-on simplement évoquer les problèmes et affirmer y apporter des réponses sans qualifier les causes profondes qui les génèrent ? Or de ce point de vue, LFI comme son candidat restent particulièrement discrets sur la nature profonde de la crise : celle du système d'exploitation capitaliste formant le système impérialiste ; capitalisme monopoliste faisant face à une crise des taux de profits et d'accumulation du capital. Dans ces conditions, le silence sur les moyens à mettre en œuvre afin de surmonter la crise, le caractère de classe de la lutte à mener et son organisation, la désignation de l'adversaire de classe : le grand capital monopoliste, constituent des freins à l'organisation de notre classe et à son combat.
En disant cela clairement à tous ceux voulant un vrai changement et que nous considérons avec respect et fraternellement, mais pensant que l'on peut sauter l'affrontement de classe et son organisation, nous disons qu'en faire l'économie ne mène qu'aux désillusions. Nos aînés en ont fait l'amère expérience en 1981 avec l'arrivée au pouvoir de F. Mitterrand. A l'époque, ce dernier pourfendait le capitalisme pour mieux attirer les travailleurs dans les filets de la collaboration de classe. Tout cela s'est payé et jusqu'à aujourd'hui très cher. Alors n'oublions pas les leçons de l'histoire. L'urgence aujourd'hui, c'est la reconstruction d'un courant révolutionnaire fort et actif au plan syndical et politique, posant clairement dans la lutte de classe la question du changement de société passant par la destruction du capitalisme, mettant fin à l'exploitation de l'Homme par l'Homme et ouvrant la voie à la construction d'une société socialiste de coopération des producteurs de richesses : les travailleurs et de solidarité avec les peuples du monde. C'est à ce travail de reconstruction que s'attache le Parti révolutionnaire Communistes.




