N° 983 25/06/2026 Les appels au SAMU bondissent de plus de 30 % par rapport à la normale avec des températures avoisinant ou dépassant plus de 40°C sur tout le territoire. Combien de personnes vont-elles décéder cette fois ? Le bilan de la vague de chaleur de 2003, à laquelle est comparée celle d’aujourd’hui avait été de 14.802 morts, des pertes économiques estimées entre 15 et 30 milliards d’euros.
23 ans plus tard, la France est toujours aussi mal préparée. La majorité des Français vivent et travaillent dans des lieux mal isolés ou non climatisés, où se joue leur vie quand le mercure grimpe. Ah oui le Plan national canicule de 2004 a établi un système de vigilance météo ! Mais la vigilance rouge ne fait pas baisser le thermomètre !
Le gouvernement, toute la classe politique y va de sa proposition pour nous faire accepter sans broncher la canicule.
Emmanuel Macron, en 2023 avait annoncé la rénovation de plus de 40.000 établissements scolaires en dix ans, le bilan actuel serait d’une centaine rénovée !
Le fonds vert, doté initialement de 2,5 milliards d’euros, a été ramené à 1,5 milliard en 2025 puis 837 millions pour 2026 et fin mai après la première vague de chaleur, ce fond est raboté à nouveau de 20 %.
Les responsables politiques quant à eux, le savent ces événements sont appelés à se multiplier et devenir plus intenses. L’exécutif continue à avancer des mesurettes, la Droite, le Medef réclament la clim, le parti d’Éric Ciotti dépose cette semaine une proposition de loi pour rendre obligatoire la climatisation dans les écoles et dans les EHPAD: « La clim, vite ! La canicule n’est pas une fatalité ! Choisissons la modernité et la sécurité des plus fragiles ». Même son de cloches au RN, Marine Le Pen. climato-sceptique, avant de retourner sa veste clame : « propagandistes [qui] ont un côté effrayant », « trop alarmiste » « tendance à exagérer », « ayatollahs verts ». Le parti de Jordan Bardella demande la suppression d’une partie du « fonds vert », La diminution d’un tiers des subventions allouées aux associations environnementales, démantèlement des agences de l’eau, de l’agence de la transition écologique (ADEME), ou de l’Office national de la biodiversité ! Son « plan clim » est une écologie au service des patrons, exigeant l’adaptation des travailleurs afin de mieux masquer les causes réelles de la crise.
Certes la climatisation peut être un recours pour les hôpitaux, les écoles ou les travailleurs essentiels dont les lieux de travail deviennent parfois des fournaises. Mais en faire la panacée face à la situation catastrophique que vivent les gens signifie recourir à une solution produisant autant de problèmes qu’elle n’en résout. Mais surtout, les « solutions » apportées par le RN s’intègrent dans une rhétorique de « l’adaptation » sans jamais questionner les causes structurelles du réchauffement climatique et leurs conséquences: « de vraies mesures qui protègent la population, qui protègent notre économie ». De la même manière que le gouvernement cherche à s’assurer que la société continue à tourner pour les intérêts patronaux, le RN veut mieux protéger les intérêts du patronat.
L’enfer commence dans le transport bus, train, RER sans climatisation et l’enfer continue au travail. La majorité des usines sont des fours, les chantiers du BTP exposés à la chaleur ou à la poussière, ne sont pas interrompus pendant les épisodes de canicule… Les médias nous expliquent : il faut boire, passer du temps dans des pièces fraîches, ralentir, des conseils pour tous et partout… sauf au travail ! Rien sur des mesures d’urgence : réduire la journée de travail et baisser les cadences, des congés exceptionnels payés par le patronat. Non le patronat et le gouvernement se préoccupent de la production et des profits et ne raisonnent qu’en fonction de cela.
Le gouvernement cherche uniquement à protéger les intérêts du patronat et à s’assurer que la société continue à fonctionner "normalement". Tous les gouvernements laissent les industriels faire ce qu’ils veulent : polluer, émettre les gaz à effet de serre, la loi « Omnibus » de l’UE : un brutal démantèlement de normes environnementales et sociales en Europe. Les profits des multinationales et les budgets militaires sont les priorités des politiciens au service de cette société capitaliste.
Les canicules à répétition soulèvent une question centrale : comment s’attaquer aux causes et aux conséquences du changement climatique ? Que doit-on faire et qui est responsable ? Pour répondre, nul autre choix : s’attaquer de front aux intérêts du capital, aux profits effrénés du système capitaliste nous conduisant droit à la catastrophe. S'attaquer au mode de production capitaliste qui aggrave et amplifie la crise climatique. Il est clair, la réponse ne viendra pas d’en haut et si la CGT dans son communiqué affirme : « la santé des travailleuses et des travailleurs ne peut plus attendre », elle propose la stratégie de la collaboration en demandant : une « table ronde de l’ensemble des organisations syndicales au ministère du Travail » afin d’engager des « discussions » ! La question centrale doit être de classe: une société au profit de qui ? Dans les intérêts de qui ? Face aux chaleurs record, il est impératif d’imposer la baisse des cadences de travail, la diminution du temps de travail, voir l’arrêt de la production, en liant action et mobilisation populaires en faveur des salaires, contre leurs guerres! Mais pour en finir durablement avec ces épisodes extrêmes, il faudra articuler ce combat pour nos vies avec une lutte contre le système capitaliste, celui-ci nous conduisant à la catastrophe.




