Gantry 5

 

N° 995 17/09/2026  La rentrée est désormais lancée et la colère s’invite dans le calendrier de l'élection présidentielle, bousculant les candidats dont aucun ne met en cause la responsabilité du capitalisme et encore moins le combat.
Les foyers de colère se multiplient sur fond de hausse du carburant, de l’électricité, du gaz, fruits et légumes… Toutes ces hausses viennent directement amputer des salaires, elles ne permettant plus de vivre dignement. Des millions de travailleurs dépendent de leur voiture pour aller travailler. Les salaires ne suivent plus les prix, la dégradation des conditions de travail, de l’emploi, le démantèlement des services publics et la politique des fondés de pouvoir du patronat faisant payer la note aux travailleurs. Face à l’austérité, l’inflation, la casse de nos droits, les conditions de travail, les travailleurs montent au créneau et les appels à la grève et aux mobilisations se multiplient. Des mobilisations nationales, sans les confédérations, se sont organisées avec les grèves du 15 septembre dans les services publics, la santé et l’action sociale, les travailleurs de l’énergie étaient en grève contre la remise en cause du tarif agent. Du côté des universités, les chercheurs, les personnels des universités, le mouvement étudiant se sont mobilisés mercredi contre le sous-financement. Les pompiers ont déposé un préavis reconductible la semaine dernière, ils seront en tête des mobilisations de la fonction publique du 29 septembre: jour de mobilisation afin d’exiger un service public à la hauteur des besoins, le 5 novembre l’ensemble des Fédérations CGT de l’industrie exigera de maintenir et développer l’industrie sur le territoire. D’autres grèves nationales sont également annoncées : les 20 septembre et 30 octobre, elles seront ainsi des journées de grèves et de luttes pour la paix, contre la guerre et le génocide en Palestine. Des pêcheurs bloquent les dépôts pétroliers de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et de Frontignan (Hérault). 9 octobre, grève chez TotalEnergies, appel chez Hutchinson, filiale de TotalEnergies, également les salariés de la filiale Argedis, gérant quelque 180 stations-service TotalEnergies. Appel également à la SNCF. Nombreux appels au 17 octobre émanant des réseaux sociaux. Tout cela montre l’aspiration à trouver une issue à cette situation par la lutte, sans attendre la présidentielle. Des syndicats CGT prennent leurs responsabilités face à l’ampleur des enjeux de la période. Ces luttes s’organisent en l’absence de tout plan de bataille confédéral ou même de date de mobilisation nationale interprofessionnelle.
Le rôle des directions confédérales devrait être de proposer un plan de bataille à la hauteur, avec un programme capable d’unifier les travailleurs avec la construction d’un rapport de force sur le terrain de la lutte de classe par la grève et dans la rue afin d’imposer leurs revendications. C’est urgent, le gouvernement s’attaque aux travailleurs en cherchant dans leurs poches près de 30 milliards d’euros d’économies pour 2027. Lecornu a rassuré les grandes entreprises sur les impôts à venir, alors même que TotalEnergies vient d’engranger 11,2 milliards de dollars de bénéfices en six mois et de voir son résultat net bondir de 72%. David Amiel annonce que "l'effort" demandé directement aux retraités représentera 6 milliards d'euros en passant par une désindexation et une révision de l'abattement de 10 % des retraités. « Il ne peut pas y avoir de demi-mesure, ce serait mentir aux Français », a-t-il martelé, annonçant d’autres pistes d'économies dans le viseur, les prestations sociales : allocations familiales, APL, prime d'activité… La militarisation se traduira par des sommes considérables englouties, en dix ans le budget de l’armée sera passé ainsi de 32,3 milliards à 63,3 milliards par an, et la hausse doit encore continuer dans les années à venir. Ces sommes consacrées à l’achat et la production d’armes se font sur le dos des travailleurs et la jeunesse fournissant la chair à canons des guerres impérialistes, Macron a remis en place à partir du 1er septembre le Service Militaire.
Le RN, fer au feu du capital veut jouer le parti responsable en se montrant prêt à éviter la censure. Autre atout du gouvernement, la politique des confédérations syndicales muettes en cette rentrée. Les déclarations de Sophie Binet l’illustrent : si elle soutient la mobilisation du 29 septembre, dénonce la politique d’austérité du gouvernement, son discours n’est accompagné d’aucun vrai plan préparant la suite, allant jusqu'à proposer une collaboration de classe affirmant qu’il faut des travailleurs dans les conseils d’administration des entreprises. En s’intégrant à ces instances elle donne une illusion politique et une trahison, car les intérêts de la bourgeoisie et du prolétariat sont fondamentalement opposés et inconciliables. La société capitaliste est divisée en deux camps ennemis. Proposer une collaboration ou une entente cordiale entre les classes sert à maintenir la domination des capitalistes. La question de fond aux problèmes des travailleurs, de la jeunesse et des classes populaires, etant de mettre en avant l’abolition de la propriété privée des moyens de production et d’échange (entreprises industrielles et commerciales, sociétés financières, grandes banques), mettre en commun ces moyens et confier aux travailleurs et au peuple leur entière gestion. Seule leur propriété collective permettra de développer l’économie pour la satisfaction des besoins de tous. Il faut enlever l’appareil d’État aux capitalistes et à leurs représentants, donner aux citoyens des droits et des pouvoirs leur permettant d’intervenir à tous les niveaux, économique, social, politique. En finir avec la spéculation sur la guerre. Une telle perspective articule des réponses de fond aux problèmes urgents.
L'urgence est bien l'organisation du combat social et politique de classe.
Notre brochure
brochure
 
Bulletin d'adhésion
bulletin d'adhésion
 
Affiche
affiche