N° 998 08/10/2026 La journée du 6 octobre, avait mobilisé plus de 450 000 personnes dans le pays, la journée du jeudi 8 octobre gagne encore du terrain. Elle démontre que la répression et la propagande médiatique n’ont ni brisé la détermination des lycéens et des étudiants, ni isolé leur mouvement. Au contraire, étudiants, parents, enseignants et syndicalistes se sont mobilisés à leurs côtés, 62 % de la population trouve le mouvement justifié.
Le premier ministre et le ministre de l’éducation nationale ne font aucune annonce, faisant semblant d’être sourds et aveugles: plus de 1 000 établissements, 53 % des collèges et lycées de France manquent d'au moins un professeur. Dans l’académie de Créteil, ce taux grimpe à plus de 60 %. Il manque 2 500 à 2 900 professeurs et le gouvernement veut en supprimer 1588 postes dans le budget 2027. Partout, nous trouvons la dénonciation du manque d’enseignants, de la dégradation des locaux, des journées à rallonge, d’une École vide de sens, considérablement dégradée. Le gouvernement lui fait semblant de découvrir l'état des lieux alors qu’il en est, avec le patronat l’artisan comme il est responsable de la dégradation de l’hôpital et de tous services publics: pompiers, culture, petite enfance…
Ce 8 octobre : la révolte des lycéens gagne du terrain
Mercredi soir Lecornu a montré l’inquiétude du gouvernement face à une révolte qu’il ne parvient pas à contenir, tentant de gagner du temps afin de démobiliser. Il multiplie les tentatives afin d’étouffer le mouvement en déployant une répression massive : un bilan du gouvernement dénombre 215 lycéens blessés en France depuis le début du mouvement, dont plusieurs très grièvement. Un élève de seconde de 15 ans a eu une main arrachée par l’explosion d’une grenade à Lens, un autre a eu la mâchoire doublement fracturée et les dents cassées et un autre a perdu un œil à Tours. 6 629 personnes ont été interpellées.
Pour donner un ordre de grandeur des dispositifs de sécurité lors des journées de contestation massive à l'échelle nationale, le gouvernement mobilise jusqu'à 80 000 policiers, gendarmes et CRS.
Droit dans leurs bottes, ils continuent à vouloir imposer leur budget d’austérité. Ainsi,Jean-Pierre Farandou a indiqué mercredi avoir envoyé aux partenaires sociaux un courrier les appelant à «se mettre autour d'une table»pour et trouver un milliard d'euros d'économies sur les arrêts de travail! Il a par ailleurs défendu le projet du gouvernement de geler totalement ou partiellement en 2027 les pensions de retraite, demandant un effort de 5,5 milliards d'euros d'économies, qui :«me semble équilibré», a-t-il dit.La montée des luttes nous conforte dans l'idée qu'il faut sortir de la collaboration de classe et "des petits arrangements entre amis" comme ce voyage d’étude inédit à Madrid organisé par le ministre du travail accompagné de représentants du patronat et des syndicats, dont Sophie Binet de la CGT, afin de s’inspirer du modèle ibérique face aux canicules. La révolte des lycées a remis la lutte sociale et la lutte de classe au centre du combat, une jeunesse ne voulant pas attendre, en acceptant son sort. Elle impose ses revendications, son calendrier de lutte elle n’attend pas les élections présidentielles face à la dégradation de l’éducation, la sélection sociale, l’angoisse face à l’avenir. Les forces politiques préparaient leurs campagnes comme de bons petits soldats au service du patronat mais les lycéens font irruption leur futur ne pouvant plus attendre.
La répression n’a pas réussi à isoler les lycéens : leur lutte gagne du terrain
Une implication plus déterminée des travailleurs est la clé du combat afin de construire une force capable de faire céder le gouvernement.
L’implication des travailleurs est déterminante, les mobilisations par la grève permettent de construire un front commun contre la répression et les attaques du gouvernement. si plusieurs organisations ont soutenu la journée d’action du 6 et 8 octobre, l’intersyndicale fixe la date de la prochaine mobilisation interprofessionnelle au 5 novembre témoignant d’une volonté de nier le mouvement lycéen, une date complètement déconnectée du mouvement en cours, laissant la mobilisation lycéenne dans l’isolement.
Malgré la répression, les fermetures d’établissements, les tentatives des media d’attiser la peur et les divisions, le mouvement grandit et grandira. La grève ce doit être maintenant, en convergence avec la jeunesse, mettre à la poubelle le budget de Lecornu, augmenter les salaires et les pensions et impérativement en finir avec le capitalisme et son monde d’exploitation, de misère, de famine, de guerres et de génocides, transformer le mécontentement social en soulèvement anti-capitaliste afin d’abattre le capitalisme et construire une société socialiste débarrassée de l’exploitation capitaliste.




