N° 1001 26/10/2026 Vendredi 23 octobre, un homme armé a rôdé dans la rue en automobile dans la ville de Trappes et de communes limitrophes à la recherche de cibles humaines précises : des personnes noires ou maghrébines. Il a tué un jeune homme et blessé grièvement 5 autres personnes parmi lesquelles une fillette de 12 ans. Il s'agit bien de meurtre raciste. En premier lieu notre pensée va vers la famille de la victime et de tous ceux qui ont été touché par cet attentat raciste.
Les motivations du meurtrier ne font aucun doute quant à leur caractère raciste. À ce jour, les informations rendues publiques par le procureur restent peu nombreuse, mais la garde-à-vue du suspect a repris.
Alors que se tenait le congrès du RN à Orléans, la polémique a rapidement pris le pas sur l’émotion. Le RN, caractérisé par l’hostilité à l’immigration, une pierre angulaire de son discours politique, refuse d’endosser toute responsabilité dans cet acte odieux qu’il condamne. Quant aux chaînes « d’information » continue elles se focalisent sur la folie supposée du meurtrier quand elles ne minimisent pas les actes de l’assassin.
Cependant, les dénégations ne changent rien au fond. Quand le RN, mais pas seulement, on peut y ajouter toutes les forces qui se servent du racisme et de la xénophobie pour désigner la cause de toutes les difficultés pour diviser les travailleurs et assurer la pérennité de la domination de la classe bourgeoise, alors il y a toujours des bras armés de cette idéologie pour passer à l'acte. Les Retailleau et Attal traitant les manifestants de racailles, reprenant la terminologie de Sarkozy , et veulent l'instauration de l'état d'urgence, les Lisnard qui se "fout du 17 octobre 1961" où furent massacrés plusieurs centaines d'Algériens par la police de l'État colonial français, les Zemmour et Maréchal qui entretiennent la thèse du grand remplacement et tous ceux qui ont voté des lois liberticides des macronistes en passant par LR et le RN alimentent un climat de haine en désignant de fait leurs adversaires mortels : les immigrés, les racisés, les musulmans...Les nazis avaient, eux, désigné les juifs comme leurs ennemis. Cette stratégie c'est celle de la division pour affaiblir, voire anéantir les organisations de classe, parce que finalement ce sont tous les travailleurs qui sont visés. Comme le chantait Montéhus : la Canaille dont il disait fièrement Moi j’en suis!
Le Président de la République s’est rendu rapidement sur les lieux du drame et a rendu visite aux victimes hospitalisées. Il a voulu dire des mots forts mais, en déclarant que l’heure était grave car il s’agissait du premier acte terroriste en raison de la couleur de peau ou de la religion, il a ruiné son coup tordu et sa tentative de récupération a fait flop. Il a dû rectifier sur son compte X devant la levée de boucliers suscitée par cette déclaration intempestive, car d’évidence ce n’est pas la première fois que dans notre pays, des personnes meurent assassinées pour leur couleur de peau ou leur obédience religieuse.
L'attentat raciste de Trappes, est répugnant, tout comme l’idéologie identitaire qui semble le justifier.
Il existe en même temps une autre violence « systémique » à l’encontre des personnes, déjà visées par ces nazillons, celle d’une précarité sociale instituée (qualité des emplois, revenus, accès aux services publics, eux-mêmes asphyxiés, stigmatisation, etc.). L’appel à l’unité du chef d’État dans ces circonstances dramatiques ne trompe personne, ce n’est rien d’autre qu’une tentative de faire abstraction de la lutte des classes !
Face à cette situation, il ne suffit pas de dénoncer, la meilleure riposte, c'est de rassembler tous les travailleurs immigrés et français dans la lutte de classe contre un système à bout de souffle qui est prêt à tout avec ses nervis fascistes, nous les avons vu à l'action contre les manifestations populaires du 24 octobre, pour maintenir coûte que coûte l'exploitation capitaliste.




