N° 942 10/09/2025 Un texte intitulé : " Aux ultrariches et multinationales de faire des efforts : mobilisons-nous pour l’abandon d'un budget injuste !" circule actuellement1. Les premiers signataires sont des organisations syndicales dont la CGT et des associations et ONG : Attac France, CGT, FSU, Sud PTT, Fondation Copernic, Greenpeace France, 350.org, Confédération paysanne, Oxfam France et il est ouvert à la signature. Actuellement, quinze associations se sont jointes à ce texte dont la Fondation Danielle Mitterrand. Ce texte a donc une vocation politique, au sens où, il entend peser sur la solution mise en œuvre par le pouvoir et les capitalistes pour imposer une cure d'austérité XXL. De ce fait, la signature de la CGT à cet appel interroge. Comme Attac est le premier signataire il est légitime de penser que cette association en est l’initiatrice. Attac n’a jamais remis en cause le système économique et social qu’est le capitalisme, mais le libéralisme c’est à dire une forme non régulée du capitalisme. Le fer de lance de son activité est la lutte contre les technologies (nucléaires, biotechnologie…). La fondation Copernic est un cercle de réflexion critique à l’égard du libéralisme, mais qui évite soigneusement de mettre en cause les fondements du système capitaliste2. Greenpeace France est la filiale de la multinationale Greenpeace établie dans un paradis fiscal « in shore » que sont les Pays Bas. La multinationale dont la gestion particulièrement opaque ne tolère pas la dissidence, a des filiales localisées dans le paradis fiscal que sont les Iles Vierges britanniques, elle est actionnaire de sociétés fabriquant des éoliennes et des panneaux photovoltaïques. Ce qui explique sa lutte contre le nucléaire. Elle est aussi opposée aux biotechnologies. Oxfam est la version laïcisée et modernisée de la doctrine sociale de l’église. 350.org est une association de lutte contre le réchauffement climatique. La Confédération paysanne a fait de sa lutte contre les biotechnologies et le nucléaire son cheval de bataille. La FSU (qui n'appelle pas au 10 septembre) comme Sud (pourquoi uniquement PTT ?) ne se sont jamais définies comme organisations syndicales de classe.
Examinons le contenu de l’appel.
La première partie qui décrit sous la forme d’un lamento les conséquences du projet de budget du gouvernement de F. Bayrou est dépourvue de toute analyse de classes. La grande logique de la politique de ce gouvernement comme celle de ses prédécesseurs est évacuée. Comment peut-on oser parler de « notre modèle social ». Quel modèle ? Les acquis sociaux, mieux nommées conquêtes sociales, ne sont pas tombés du ciel, ils ont été uniquement le fruit des luttes des salariés contre le couple patronat-gouvernement. Citons 1936, la Libération (le patronat s’étant « fourvoyé » dans la collaboration « Plutôt Hitler que le Front Populaire »), 1968. Ce que nous appelons lois sociales, ce sont sous différentes formes des masses financières socialisées permettant la reproduction de la force de travail qui échappent au capital et sur lesquelles il veut mettre la main. Ce gouvernement comme tous ses prédécesseurs (libéraux ou sociaux-démocrates) est au service du patronat.
Affirmer que ce budget est inefficace n’est pas acceptable. Il ne va pas emporter la société dans la chute (comment écrite une telle niaiserie ?) le catastrophisme a toujours été démobilisateur. Ce budget est efficace …pour le patronat pour lui permettre d’accumuler encore plus de capital. Ceci se fait au détriment des dépenses sociales, des infrastructures, en réduisant le pouvoir d’achat il réduit le marché intérieur et engage le pays dans la récession. Or que propose cet appel : de répartir autrement les richesses en instaurant une fiscalité redistributive, sans toucher à l’édifice économique et social sans s’attaquer à la domination du capital sur la société notamment le secteur bancaire et financier. Le texte regrette que la volonté politique fasse défaut ! C’est à rire !
Il y a bien une volonté politique celle d’assujettir l’ensemble de la société au besoin de profit du capital.
Ce texte appelle à se rassembler à agir mais ne dit pas comment. Il n’appelle pas à la lutte ! C’est logique compte tenu des signataires.
Cet appel vient après tant d’autres ! Ce n’est pas la compilation des sigles qui fait l’efficacité, c’est le contenu et ici il n’y en a pas !
La Direction confédérale de la CGT se révèle incapable de sortir d’une stratégie d’alliances de sommet que ce soit avec les organisations syndicales (le syndicalisme rassemblé qui a chloroformé la CGT depuis 30 ans) ou les ONG et associations.
Il faut revenir à l’unité d’action c’est à dire aux rassemblements des salariés dans la lutte. Aux autres organisations syndicales de suivre ou non le mouvement




