N° 965 18/02/2026 Le 20 avril se tiendra le Congrès de FO puis fin juin celui de la CFDT et début juin celui de la CGT.
Le syndicalisme et la lutte afin de résoudre et satisfaire les besoins sociaux, son influence sur la société, son action internationale sont pour les militants du Parti Révolutionnaire Communistes un enjeu important du combat contre le capital. Débattre du rôle du syndicalisme doit aider les travailleurs, leur donner à comprendre, à réfléchir et à agir, à s’engager plus fort pour mener le combat contre le capital.
L’enjeu: celui d'un syndicalisme de classe prenant en compte l’antagonisme fondamental existant entre les intérêts du capital, ceux du travail et sa double tâche, les revendications de classe et la lutte en faveur d'une société débarrassée du capitalisme ou un syndicalisme collaborant à la gestion de la société dans le sens voulu par les capitalistes et les gouvernements à leur solde.
Le constat que nous faisons aujourd'hui, c'est que le syndicalisme de classe est en réelle difficulté. Un grand risque de le voir devenir un syndicalisme institutionnel d’accompagnement, simple syndicalisme de services, semblable aux autres. Aujourd’hui il doit affronter et faire face à de nombreuses tentatives de dévoiement externes à l’organisation mais également à l’intérieur de l’organisation elle-même. Combattre ces tendances opportunistes et de collaboration de classe exige l’intervention des syndiqués et des salariés1.
De plus en plus de temps dans les instances de représentation.
Des chiffres
En France 600 000 élus du personnel dans le secteur privé exerçant un mandat d’élu ou de délégué syndical.
et 360 000 dans le public : soit 1 million de personnes élues. Seule la moitié sont syndiquées !
Le nombre de mandats exercés a diminué de 14 %, sous l’effet de la fusion des anciennes instances représentatives du personnel par les ordonnances travail de 2017. L’activité des représentants du personnel s’intensifie en 2023 par rapport à 2017, avec notamment davantage de temps consacré à la participation aux instances de représentation.
Quelle finalité pour le syndicalisme, être un outil d’émancipation des salariés et du peuple ou un accompagnateur qui se dit “ social ” de la politique du capital ?
Le syndicalisme participe, ouvertement au développement du capitalisme et à la gestion de ses intérêts.
Depuis plusieurs années nous constatons une dérive de plus en plus marquée du syndicalisme français dans cette voie. Celui-ci s’accommode du système capitaliste. Des organisations syndicales signent avec le patronat des accords au rabais remettant en cause les acquis antérieurs, elles capitulent devant les représentants du MEDEF
Exemple chez France travail
Le budget 2026 impose 515 suppressions de postes chez France Travail. Son Conseil d’Administration applique en adoptant ce budget : suppressions de postes, baisse de financement de l’État de 390 millions d’euros. Du jamais vu ! Ont voté pour: C.G.C, État, organisations patronales, abstentions: CFDT, CFTC. Seules la CGT et FO s’y sont opposées…
Éducation nationale
La secrétaire générale du Snes-FSU dénonce : « 1 365 suppressions d’emplois : c’est toujours trop ! », après les « cafouillages » du ministère sur les chiffres. Elle rappelle aussi : 8 000 emplois supprimés entre 2017 et 2023 … Aucune dénonciation. On reste dans un accompagnement des propositions et actions du gouvernement. Les confédérations syndicales acceptent finalement cette politique. Nous subissons ainsi de nouvelles attaques. Les centrales syndicales ont accepté de rencontrer le patronat à plusieurs reprises dans des conclaves ou autres réunions disent-elles afin d’étudier les dossiers. Mais nous savons ce que ces dossiers contiennent : la casse du service public, la privatisation, la fin du système actuel des retraites, la casse de la Sécurité Sociale… Lecornu dans une interview à Ouest France dit : vouloir partager le pouvoir : « avec les partenaires sociaux, les élus locaux et les parlementaires » voulant ainsi faire avaler l’austérité et sa politique au service du capital dans une collaboration de classe.
Le syndicalisme ne doit en aucun cas ni consentir ni cautionner ces attaques par sa présence aux côtés du patronat ou du gouvernement.
Participer à cela c’est aider ceux qui nous exploitent à nous exploiter davantage.
Sous couvert de modernité, le langage syndical se transforme. Des termes sont pratiquement absents du langage syndical. Par exemple, capitalisme, classe sociale, exploitation, nationalisation, domination, inégalités, lutte de classe, collaboration de classe, impérialisme…et bien d’autres. A contrario le syndicalisme “ moderne ” reprend facilement les termes tels: libéralisme, nouvelle économie, partenaires sociaux, dialogue social, mondialisation, citoyenneté, fonds de pension, hôpital privé, etc…etc…
D’adaptation en adaptation, de compromission en compromission où allons-nous ?
Le journal les Echos de 2024 : explique comment un mandat CSE peut booster une carrière….et que dire de cette proposition de la CFDT dans son document d’orientation de son Congrès de lier engagement syndical et déroulement de carrière : « En complément des dispositifs existants, il est proposé le déploiement, durant cette mandature, d’un nouveau dispositif d’accompagnement à la valorisation du parcours militant intitulé « Reconnaissance et reconversion pour un développement durable de la militance (R2D2) ».
12% des établissements sont déjà dotés d’un dispositif d’accompagnement du parcours professionnel des représentants du personnel.
Ce n’est pas de ce syndicalisme dont les salariés ont besoin. Il doit être uniquement guidé par l’intérêt des travailleurs. Le syndicalisme dont les travailleurs ont besoin se doit d’être au service des salariés dans leur lutte contre le patronat et tous ceux qui le servent. Il se doit de lutter afin d'abattre le capitalisme et changer de société.
Un syndicalisme de collaboration ou de classe ?
Le patronat européen s’applique à réduire le syndicalisme à n’être plus qu’un syndicalisme de collaboration de classe dans cette partie du monde capitaliste. Toutes les grandes centrales syndicales françaises sont adhérentes à la Confédération Européenne des Syndicats (CES) dont le but est essentiellement d’intégrer le syndicalisme européen aux objectifs du capital. Mais confrontés aux dures réalités les salariés ressentent de plus en plus les effets de la politique du capital. Des luttes se développent. Les exigences revendicatives grandissent sur l’emploi, les salaires, les conditions de travail, les acquis, les retraites… Les revendications se heurtent de plus en plus fortement au patronat, au gouvernement.
Nombreux sont les membres de la CGT qui ressentent le besoin de conserver et de développer le syndicalisme de classe. Avec eux, des centaines de milliers de salariés luttent contre le capital qu’ils ne sont pas disposés à accepter et chaque semaine nous faisons l’écho de ces luttes sur notre site.
Nous voulons débattre du rôle du syndicalisme, donner à comprendre, à réfléchir et à agir afin de s’engager plus fort afin de mener le combat contre le capital et inverser le rapport de force.




