N° 987 22/07/2026 Créée en 2000 par des militants de l’UNEF refusant sa fusion avec l’UNEF-ID, qui signifiait la fin du syndicalisme de lutte en France, la Fédération Syndicale Étudiante (FSE) ne se départit pas de son orientation syndicale de lutte de classes et de masse, seule la lutte et la grève générale sont à même d’éradiquer le système capitaliste. Et c’est suffisamment rare pour être signalé. La FSE pense : « l’intérêt du syndicalisme étudiant réside dans son opposition au corporatisme, c’est-à-dire son lien avec la lutte anticapitaliste du prolétariat. ».
La FSE a récemment publié un article évoquant le sort des étudiants tel le prévoient les fondés de pouvoir du Capital, à partir de la scandaleuse augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers. Nous publions cet article nous paraissant absolument pertinent et éclairant.

L’attaque en deux temps “Bienvenue en France” constitue la plus grande offensive faite aux étudiants depuis de nombreuses années. Certains ne comprennent pas l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, l’État nous l’expose comme une nécessité pour renflouer les caisses de l’université, mais quelles sont exactement les raisons derrière ce décret?
Peu importe les différentes pirouettes de Philippe Baptiste pour tenter de justifier ce décret, son objectif est on ne peut plus simple : exclure le prolétariat et les masses profondes de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) français. Pourtant, depuis les années 60 l’université s’est ouverte de plus en plus largement à la population pendant une cinquantaine d’années. La question est donc plutôt la suivante : comment expliquer ce changement de stratégie et de considération de l’ESR ? Pour y répondre nous devons nous plonger. dans le cœur de ce qu’est l’impérialisme français.
La période nationale actuelle est marquée par la militarisation et la marche à la guerre, nous observons la propagande d’état dans notre quotidien : des encarts publicitaires de l’armée française sur nos résidences CROUS jusque dans la page d’accueil de Parcoursup, en passant par les interventions de militaire dans nos lycées et universités.
L’augmentation du budget militaire sert de justification pour définancer les universités et les pousser à rechercher des financements privés. Et parmi ces partenariats se trouvent de grandes entreprises d’armement comme Thalès, Safran ou Dassault, toutes impliquées directement dans les génocides, massacres et crimes de l’impérialisme aux 4 coins de la planète.
Ces partenariats ne servent pas seulement à financer des laboratoires ou des centres de recherche : ils orientent les sujets étudiés, les technologies développées et, de plus en plus, des formations entières dédiées à la défense et les débouchés professionnels proposés aux étudiants.
Mais la France n’est pas la seule à vouloir nous envoyer à la guerre, c’est partout dans le monde que les puissances impérialistes se préparent à une guerre de repartage du monde. L’une des caractéristiques de l’impérialisme est que les puissances impérialistes sont en concurrence : on l’a vu par exemple récemment avec les agressions américaine en Iran qui visent à récupérer un contrôle sur l’ensemble de la région et en particulier sur les ressources pétrolières iraniennes, actuellement exploitées principalement par la Russie. Chaque pays opprimé sert de terrain de confrontation entre les peuples et l’impérialisme mais aussi entre les différentes puissances. Dernièrement, l’impérialisme français enchaîne les défaites et a perdu énormément de contrôle dans ses zones d’influence historique. On peut citer par exemple les révoltes récentes en Kanaky, au Sénégal ou à Madagascar. Affaibli par les soulèvements anti-impérialistes de plus en plus forts, l’impérialisme français cherche à regagner du terrain de toutes les manières possibles.
L’impérialisme français empêche le développement des pays opprimés, notamment ses colonies et anciennes colonies. Il atrophie tous ses aspects économiques, exploite les ressources, les terres et les peuples à l’étranger et continue leur exploitation sur le sol français via l’immigration. La question de l’ESR et l’immigration des étudiants étrangers n’est donc qu’un aspect de l’impérialisme français mais nous devons nous y intéresser pour bien comprendre ce qu’est “Bienvenue en France”.
Si l’augmentation des frais d’inscriptions est ce qu’il y a de plus flagrant, cette mesure s’accompagne aussi d’une volonté d’ « intensifier la projection des universités et écoles françaises » . La mainmise de la France sur ces pays passe aussi par des structures d’enseignement et de formation qui diffusent les intérêts et le modèle français, l’influence dans les programmes scolaires ou encore le développement de bourses pour aller étudier en France, au profit du développement de l’ESR sur place. Là où c’est le plus flagrant c’est dans les pays qui dépendent directement du gouvernement français : ses colonies départementalisées (Guadeloupe, Guyane, Kanaky…). Il n’y a pas d’investissements et d’infrastructures suffisantes dans les universités et les CROUS. Les étudiants sont alors contraints de partir à des milliers de kilomètres de chez eux pour étudier dans de bonnes conditions.
Il n’y a également pas d’augmentation des frais d’inscriptions pour les doctorants : ce n’est pas une erreur. La France organise la fuite des cerveaux : elle profite des chercheurs issus des pays qu’elle opprime sans que jamais le fruit de leur recherche ne serve leur pays d’origine. Celui-ci est capté par la bourgeoisie impérialiste et est privatisé, notamment via le système de brevets.
Les étudiants étrangers sont la frange la plus précaire des étudiants et subissent actuellement une multitude d’attaques comme la suppression des APL ou le racisme du CROUS qui leur limite l’accès aux bourses et aux logements. Mais nous devons avoir une vision claire sur ce qui est entrain de se passer : ce n’est qu’une question de temps avant que cette augmentation soit élargie à tous les étudiants ! Le gouvernement évoque déjà la possibilité de quadrupler les frais d’inscriptions pour tous les étudiants.
Ainsi, si l’université a pu s’ouvrir pendant une période c’est uniquement parce que la formation de main d’œuvre qualifiée répondait aux besoins de l’impérialisme français à un instant T. Aujourd’hui ses besoins sont différents, donc ses objectifs vis à vis de l’université aussi. Elle veut sélectionner, trier, exclure et réserver l’université à ceux qui servent directement ses intérêts économiques, militaires et impérialistes. Elle veut normaliser la marche à la guerre et faire de la jeunesse sa chair à canon. En conclusion, nous sommes tous concernés par la volonté de l’impérialisme français de fermer l’université pour nous envoyer à la guerre alors nous nous devons de lutter contre ce décret raciste jusqu’à son abrogation!
À bas l’impérialisme !
Pas de retrait, pas de rentrée !




