Gantry 5

 

N° 962 28/01/2026  Le 25 décembre 2025, au Honduras, vingt-cinq jours après le déroulement du scrutin, Nasry Asfura, candidat du Parti National Hondurien et surtout de Donald Trump a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle. Cette « élection » fut marquée par des fraudes en tous genres, dénoncées aussi bien par : la candidate de Gauche le candidat libéral et par une ingérence à dose éléphantesque du pouvoir impérialiste US. Trump avait menacé de représailles économiques les Honduriens, s’ils ne votaient pas bien, ayant fait installer à la tête de la Commission Nationale Électorale (CNE), chargée du contrôle et de la vérification, une de ses créatures Ana-Paola Hall-Garcia et avait même amnistié l’ancien président hondurien totalement soumis au pouvoir US, condamné à 45 ans de prison pour trafic de drogue, Juan Orlando Hernandez. Il a fallu aux sbires de Trump vingt-cinq jours pour un faux recomptage sous l’égide de la CNE se terminant par la proclamation de la victoire du poulain de l’oncle Sam.
Sa victoire a été organisée par un scrutin manipulé, Tout l'indique. Ni la transmission rapide des résultats (TREP), coupée pendant deux semaines, ni le comptage « officiel » initial ne menaient à une victoire du candidat de Trump. La proclamation des résultats est pourtant appuyée par les « missions » de l’UE et de l’OEA (Organisation des États Américains), soumise aux USA et le coup d’État ayant été approuvé contre le président Moralès en Bolivie.
Mais, l’histoire ne s’arrête pas à ce énième épisode de la mise en place de la doctrine Monroe nouvelle manière par la Maison Blanche.
Le 22 janvier 2026, la présidente du Conseil national électoral, Ana Paola Hall, rend publique une lettre adressée à l'ambassadeur de France à Tegucigalpa, Cédric Prieto. Elle y révèle que l'ambassadeur lui a donné : « refuge et protection » dans sa résidence diplomatique « du 11 décembre 2025 au 14 janvier 2026 ».
Le jour même, l’ambassadeur français fait suite à la lettre et donne un entretien invraisemblable à une chaîne de télévision hondurienne. Sur TVC Noticias, il confirme que « pendant un mois et trois jours » sa résidence diplomatique a accueilli sans interruption la présidente du CNE, organe chargé de l'organisation des dernières élections présidentielles contestées. Ajoutant qu'il a pris cette initiative « pour qu'Ana Paola Hall puisse accomplir ses tâches et ses fonctions au sein du CNE ». Le CNE étant dirigé par trois conseillers principaux, celui-ci admet également : « la [seconde] conseillère Cosette Lopez a rendu visite à sa collègue » pour des réunions de travail au sein de la mission diplomatique. Il ne dément pas le fait que leurs déclarations publiques, y compris la déclaration finale des résultats présidentiels, se sont faites à l'intérieur de la résidence. Et le comble de tout, autre aveu de l'ambassadeur : « j'ai reçu le soutien de mon ministère, de ma hiérarchie à Paris ». Tout sourire lorsque le journaliste hondurien l’interroge, l'ambasadeur est fier de montrer sa carte d'identité « financée par les aides de l'UE ». Et le journaliste d’ajouter : « l'UE nous a recommandé depuis longtemps des réformes électorales ».
Nous apprenons donc que, la veille de Noël, 2 des 3 conseillers principaux du CNE annoncent illégalement et depuis l’ambassade de France la victoire d’Asfura alors même que deux des trois candidats contestent l'intégralité des résultats.
La candidate du parti au pouvoir, Rixi Moncada, dénonce une « fraude électorale » et l'argumente. La présidente du pays, Xiomara Castro, demande un recomptage transparent des voix, qui lui est refusé par la CNE. Le candidat de la droite libérale, Salvador Nasralla, a la même position : « Je ne reconnaîtrai pas Asry Nasfura comme président. ». Bref, personne, à part l’impérialisme US, ses valets de l’OEA et l’impérialiste UE ne légitime ce scrutin indéfendable.
En résumé, la France a agi comme opérateur direct de Washington au Honduras : sa mission diplomatique a servi de quartier général à une autorité électorale censée être neutre et souveraine dans son pays, servant de couverture à un coup d'État électoral flagrant en faveur des intérêts de Washington.
Imaginons un instant qu'une telle chose se produise depuis une ambassade de Russie ! Tout le monde serait indigné... Mais, à ce jour, nous n’avons aucun commentaire du ministère des Affaires étrangères, et nos media, comme à leur habitude, n’en ont rien dit. Un épisode finalement assez banal de l’activité de l’impérialisme français en soutien au dominant.
Le Parti Révolutionnaire Communistes condamne les manipulations, les trucages et le coup d’État électoral des partisans de l’impérialisme US. Il condamne tout autant l’attitude de la France et de son ambassadeur.
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