Gantry 5

 

N° 978 20/05/2026  Pékin est devenu en quelques jours le centre d'intérêt du monde avec les visites successives des Présidents des États-Unis, D. Trump du 13 au 15 mai puis de la Fédération de Russie, V. Poutine du 19 au 20 mai. Ainsi, en une semaine, les deux principales plaques tectoniques des affrontements au sein de l'impérialisme, la plaque états-unienne et l'euro-asiatique se sont rencontrées dans un contexte de conflictualité particulièrement élevé avec les guerres impérialistes de haute intensité en Ukraine, au Moyen-Orient, celles moins médiatisées au Congo, Soudan, Sahel...et les affrontements violents sur le front économique.
Si la rencontre Xi Jinping, Trump a soulevé de nombreuses spéculations et commentaires dans les media, les résultats de celle-ci sont plutôt minces et si Trump a pu repartir avec quelques contrats, le moins que l'on puisse dire, c'est que, y compris de ce point de vue, le chat est maigre ! Il l'est aussi sur la résolution des conflits en cours et tout particulièrement celui déclenché par l'agression americano-sioniste contre l'Iran. La Chine n'ayant visiblement pas l'intention de s'impliquer au-delà de positions de principe dans un conflit l'impactant pourtant au plan économique et perturbe le sillon commercial qu'elle contrôle via l'Iran1 vers l'Asie Centrale, l'Europe et l'Afrique. La Chine, il est vrai n'entend pas pour autant se couper des pays du Golfe eux-mêmes engagés dans le conflit en cours. De fait la Chine a réaffirmé la nécessité de mettre fin au conflit, ou en tout cas de ne pas le réactiver tout en rappelant la nécessité de rouvrir le détroit d'Ormuz dont le blocage entraîne des effets négatifs au sujet du commerce et l'économie mondiale. De ce point de vue, le président des États-Unis n'a rien obtenu, il n'était certes pas en position de force face à l'échec relatif de son agression contre l'Iran. Cette position relative de faiblesse a pu aussi se mesurer sur la question de Taïwan. L'île , rappelons le est une partie de la Chine lui ayant été enlevée avec l'aide des puissances occidentales en recueillant les débris de l'armée nationaliste. Ce fait est acté par l'immense majorité des pays, y compris les États-Unis ne reconnaissant qu'une Chine, celle dont la capitale est Pékin. Pourtant les États-Unis se servent de Taïwan comme moyen de pression et entretiennent avec l'île des relations commerciales fortes2, en particulier dans le domaine des puces électroniques. De son côté la Chine, si elle considère Taïwan telle une province sécessionniste n'en fait pas moins des affaires avec elle3. Bref, lors de la rencontre Trump, Xi Jinping, ce dernier a vigoureusement rappelé la position de la Chine sur la question de Taïwan pressant son interlocuteur de bien mesurer les conséquences d'un engagement trop marqué et particulièrement militaire auprès de l'île. Incontestablement le président des États-Unis a fait profil bas à ce sujet.
Au fond, voici ce que nous apprend et confirme la teneur de la visite de Trump en Chine, les rapports de force au sein du système impérialiste sont en mouvements au détriment des États-Unis. Pour autant, les contradictions au sein du système impérialiste ne sont pas le simple résultat de puissances relatives, économiques et militaires, de ses différentes composantes. Les économies des trois grandes zones de l'impérialisme : Amérique, Europe et Asie sont profondément interpénétrées. Comme le dit, à sa façon, le ministre français de l'économie, propos rapporté par le journal Les Échos : " la Chine dont les exportations représentent 20% du total mondial, exporte trop, les États-Unis consomment trop et l'Europe n'investit pas assez. Tout le monde a sa part de responsabilité dans ces déséquilibres et pas simplement la Chine. "
Cette situation est aujourd'hui violemment percutée par les conséquences de la fermeture du détroit d'Ormuz et attise une crise, préexistence, se traduissant par une inflation importante, des taux d'intérêts sur les dettes en particulier, celle colossale des États-Unis, en fortes hausses, une crise énergétique...Cependant, cette crise à des racines plus profondes que l'on doit rechercher dans la réponse apportée par le capitalisme américain dans les années 1970 à sa propre crise des taux de profits et de l'accumulation du capital. Cette réponse s'est traduite par une mondialisation accélérée de l'économie au profit des États-Unis a, en même temps, contribué à un mode d'accumulation en Chine, devenue l'atelier du monde, tourné vers l'exportation. La riposte protectionniste états-unienne à cet état de fait, amplifiée par l'arrivée au pouvoir de Trump, a contribué à accroître les tensions au sein du système impérialiste. La course aux armements, l'agressivité de plus en plus marquée dans le contrôle des richesses naturelles, des voies de communications et de la force de travail est un reflet de cette situation. L'importance des enjeux concernant le capital monopoliste est telle qu'il ne faut pas rêver une espèce de paix construite sur de telles contradictions, au mieux peut-on attendre des pauses permettant aux protagonistes d'évaluer et refaire, éventuellement, leurs forces pour des affrontements ultérieurs.
De fait, il n'existe qu'une voie afin de sortir de cette crise systémique du capitalisme dans cette phase de développement impérialiste, c'est celle de la lutte de classe à l'échelle nationale et internationale en posant comme perspective le renversement du système. On nous objectera qu'il s'agit d'un objectif inatteignable, certes nous ne devons pas créer l'illusion que le renversement du capitalisme est immédiatement possible, mais nous devons travailler aux conditions le permettant. Cela nous amène à poser la question des forces révolutionnaires, celle des prolétaires, ceux qui n'ont que leur force de travail à vendre, et aussi celle de leur organisation en classe révolutionnaire possédant comme outils un parti et une organisation syndicale de classe. C'est le combat que nous menons !
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