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N° 857 25/01/2024 Israël est dans le rouge
L’hebdomadaire « Courrier International » relaie une enquête du journal le plus lu en terre sioniste « Yediot Aharonot » sur l’utilisation par l’armée de la procédure Hannibal le 7 octobre : « Outre le niveau d’impréparation de l’armée israélienne le 7 octobre 2023, une règle d’engagement officieuse qui donne la priorité à la “neutralisation” des combattants ennemis sur celle de la protection de captifs fait polémique. Elle aurait en effet entraîné la mort d’au moins 70 otages lors du “samedi noir”, révèle une enquête du “Yediot Aharonot”. ».
Les pressions des familles de captifs contre un gouvernement qui s’en soucie comme d’une guigne augmentent. Et, pour la première fois, Tel Aviv et surtout Haïfa (dans le nord de l’État sioniste) ont accueilli des manifestations rassemblant des arabes et des juifs israéliens pour demander un cessez-le-feu.
Par ailleurs, le seul objectif atteint par l’armée d’occupation dans la Bande de Gaza semble être la mort de dizaines de milliers de Palestiniens par les armes, la faim ou les maladies. Pour ce qui est des objectifs militaires officiels, l’armée sioniste rencontre de grosses difficultés. Même dans le nord, soi-disant neutralisé, la résistance palestinienne est toujours active et frappe à l’improviste. A khan Younes, dans le sud, où se déroule la bataille essentielle, les troupes d’occupation ont dû plusieurs fois reculer. Non loin de là, le 22 janvier, une roquette RPG a détruit un char et causé la mort de 24 soldats dont 21 réservistes. C’est officiellement le bilan le plus lourd pour l’armée sioniste.
Ce rapport aux résultats de la guerre d’agression fait sortir du bois certains hommes politiques israéliens. Plusieurs dirigeants israéliens de l’opposition centriste, notamment des membres du cabinet de guerre (élargi depuis que le gouvernement est d’union nationale) ont fait entendre un point de vue différent de celui du fasciste Netanyahu et parlent ni plus ni moins d’arrêter la guerre.
 
Et le massacre continue
Le bilan des victimes des attaques israéliennes contre la Bande de Gaza, depuis le 7 octobre dernier, s'est alourdi à 25.700 morts, a indiqué, mercredi, le ministère de la Santé de l'enclave assiégée. Le ministère a indiqué, dans un communiqué, que 63.740 personnes ont également été blessées.
Les forces israéliennes ont commis 24 massacres dans la Bande de Gaza au cours des dernières 24 heures, tuant 210 personnes et en blessant 386 autres, précise le communiqué, ajoutant : « De nombreuses personnes sont toujours piégées sous les décombres et sur les routes, et les sauveteurs ne peuvent pas les atteindre ».
L'offensive israélienne a provoqué le déplacement interne de 85 % de la population de Gaza, confrontée à de graves pénuries de nourriture, d'eau potable et de médicaments, tandis que 60 % des infrastructures de l'enclave ont été endommagées ou détruites, selon l'ONU.
Des centaines de milliers de personnes vivent sans abri et deux fois moins de camions d'aide entrent dans le territoire par rapport à la situation qui prévalait avant le déclenchement de la guerre de l’État colonial et d’apartheid d’Israël contre le peuple palestinien.
« Les habitants de Gaza risquent non seulement d'être tués ou blessés par les bombardements incessants, mais aussi de contracter des maladies infectieuses », a déclaré, le 23 janvier, le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.
 
Demander la paix ne suffit pas, il faut défendre les droits des Palestiniens
En France, comme dans le monde, les manifestations se poursuivent et ont de plus en plus d’ampleur. L’attente de la décision de la Cour Internationale de Justice suscite un vrai espoir. Mais nous savons, que même si la décision est de nature à faire cesser le génocide, ce qui n’est pas certain, l’État sioniste ne la respectera pas.
Il est temps que les bonnes âmes de « gauche », en France comprennent que le temps est venu des pressions diplomatiques et économiques sur l’État colonial d’apartheid. Il est temps de comprendre que l’État sioniste ne veut pas la paix, mais l’extermination ou l’exil des Palestiniens, de comprendre que la source de tous les maux est l’existence d’un État colonial pratiquant l’apartheid. Sans pression sur les dirigeants sionistes, la guerre ne s’arrêtera pas et risque même de s’étendre.
Le gouvernement des USA qui pourrait, en cessant de livrer armes et munitions aux colonialiste, arrêter la guerre, ne fait pas et ne fera pas le choix d’aller contre son pion du Moyen Orient. À preuve, quand Netanyahu annonce son refus d’un État palestinien, Biden est censé se fâcher ; et que fait-il ? Rien.
C’est toujours l’hebdomadaire « Courrier International » qui fait part d’une tribune d’un journaliste de « Haaretz », parue dans son journal. La tribune s’intitule « Pourquoi les Israéliens doivent soutenir la décision de la Cour Internationale de Justice » et le journaliste y dit, entre autres : « Toute personne qui juge inutile la poursuite de la guerre, qui voit l’ampleur des morts et des destructions, qui souhaite mettre un terme aux souffrances inhumaines endurées par plus de 2 millions d’êtres humains, ne peut qu’espérer que la Cour internationale de justice de La Haye ordonnera la suspension des opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza. Il n’est pas facile pour un Israélien de souhaiter une décision judiciaire contre son pays, une décision qui pourrait en outre déboucher sur des sanctions, mais y a-t-il un autre moyen d’arrêter cette guerre ? »
Qui veut la paix ne veut pas une trêve, un simple arrêt des combats. Qui veut la paix veut la justice ! Qui veut la paix veut arrêter le bras meurtrier d'Israël.
Nous répétons une nouvelle fois ce que nous disons depuis la réactivation de la guerre d’Israël contre les Palestiniens. Nous n’avons pas affaire à une guerre impérialiste comme en Ukraine, mais à une guerre coloniale ! Les torts ne sont pas partagés, Israël ne se défend pas, il occupe, il agresse depuis 75 ans. L’État sioniste est le seul et unique responsable de toute cette guerre, y compris des événements du 7 octobre 2023 !!!
Le mouvement de protestation doit se focaliser sur les droits du peuple palestinien, sur la dénonciation de l’État d’apartheid et sur les complicités actives dont il bénéficie de la part des impérialistes occidentaux. Contrairement à ce qu’on a pu entendre, Macron ne fait pas preuve de lâcheté, il est complice des sionistes et de leur entreprise de nettoyage ethnique et de génocide ! Il est donc temps de forcer les dirigeants occidentaux à peser vraiment, par des actes, pour imposer la paix.
 
Le Parti Révolutionnaire Communistes rappelle que la paix signifie d’abord le cessez-le-feu, l’accès libre à tous les humanitaires et le retrait des troupes d’occupation ; ensuite le démantèlement des colonies et le droit au retour pour tous les bannis depuis 1948 ; enfin une discussion avec l’ensemble des organisations de la résistance palestinienne avec la perspective d’un État palestinien unique et laïque.