Gantry 5

 

N° 967 04/03/2026  Ne pas oublier la Palestine
Depuis le faux cessez-le-feu de Trump, nos media parlent encore moins qu’avant de Gaza et de la Palestine en général. Cela s’accentue avec l’agression impérialiste occidentale contre l’Iran.
Pour le Parti Révolutionnaire Communistes, la situation en Palestine mérite au contraire qu’on s’y penche encore et encore. L’État colonial sioniste a fermé les accès à la Cisjordanie, l’accès à Rafah, interdisant désormais tout ravitaillement en nourriture, médicaments, matériel aux habitants de Gaza.
Ce n’est pas le moment de baisser la garde. Les sionistes se vengent sur les Libanais et les Palestiniens des difficultés qu'ils rencontrent face à l’armée iranienne. Restons en permanence aux côtés des Palestiniens qui résistent et travaillent en faveur de la libération nationale de leur patrie.
 
Des nouvelles des collabos de Ramallah
La petite ville de Tamoun 14 000 habitants, dans le nord de la Cisjordanie au milieu d’une région agricole fertile nourrissant une bonne partie du territoire, a connu plusieurs soirées d’émeutes voilà deux semaines. Elles ne visaient pas, pour une fois, l’armée colonialiste d’occupation, mais les forces de sécurité des collabos de Ramallah, l’Autorité Palestinienne.
La colère remonte au 15 février. Ce jour-là, en fin d’après-midi les forces de sécurité compradores cherchent à arrêter Samer Samara, 44 ans, une figure de la commune, emprisonné pendant cinq ans à l’issue de la deuxième Intifada en 2005 et recherché par les sionistes depuis huit ans. Afin d’interpeller le père de famille, conformément à leur tâche des supplétifs des occupants, les policiers tirent à de nombreuses reprises sur son véhicule. L’un de ses enfants, Ali âgé de 15 ans est mortellement touché par deux balles dans le torse. Sa fille Ronza, âgée de 5 ans, se trouvant dans les bras de sa mère a perdu son œil droit.
Cet événement scandaleux ne constitue en aucune manière, un acte isolé. Dans un article évoquant le meurtre de l’enfant et la situation en général, Le Monde nous dit : « La coopération sécuritaire n’a jamais aussi bien fonctionné. Ce qui conduit l’AP à assister, régulièrement, l’armée d’occupation. Comme à Tamoun».
On se rappelle notamment les opérations militaires de l’armée coloniale sioniste ayant débouché sur la quasi-destruction du camp de réfugiés de Jénine, celles-ci avaient été précédées par des raids des « forces de sécurité » d’Abbas, fin 2024 et début 2025.
L’armée sioniste comme la direction des « forces de sécurité » se réjouissent chacune de cette collaboration, qui, selon l’entité sioniste, aurait fait diminuer le nombre « d’attaques terroristes » en Cisjordanie. L’un des chefs des collabos armés, le major général Anwar Rajab, s’en réjouit : « Tout est sous contrôle sur le plan sécuritaire. Nous avons obtenu les meilleurs résultats depuis longtemps ». 
Enfin, rappellons que depuis la soi-disant reconnaissance de l’État de Palestine par la France puis l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2025, l’Autorité palestinienne a mis fin, conformément aux exigences des impérialistes occidentaux, aux versements d’argent public destiné aux familles des Palestiniens tués ou faits prisonniers par l’entité coloniale sioniste. Abbas en a donc terminé avec un pilier de l’histoire palestinienne depuis 1967.
 
En France, les media toujours à l’œuvre contre la Palestine
Depuis quelques semaines, nous vivons une manière d’acharnement médiatique et politicien contre La France Insoumise. Le Parti Révolutionnaire Communistes n’a rien à voir avec cette organisation sociale-démocrate. Mais nous regardons et analysons ce qui se passe. Dans un climat de répression tous azimuts de la justice de classe, de quasi-interdiction d’exprimer une condamnation de l’entité sioniste dans les media, il est évident que cet acharnement a quelque chose à voir avec la lutte acharnée du Grand Capital contre les idées anticoloniales et spécialement la libération nationale de la Palestine.
Pour autant, la position de LFI sur la Palestine n’est pas satisfaisante. S’agissant d’autres sujets similaires, LFI est dans le camp des impérialistes occidentaux, pour le Maroc colonial, et la défense du Groënland par l’UE impérialiste, reprenant les mots du discours dominant en qualifiant Ali Khamenei de « bourreau du peuple iranien ». Concernant la Palestine, leur position est celle d’être assis entre deux chaises, dénonçant le génocide, affichant une solidarité avec la Palestine, mais refusant de discuter l’existence de l’État colonial sioniste génocidaire et parlant encore de la chimère des deux États.
Eh bien, même cette position au milieu du gué est insupportable aux véhicules de l’idéologie dominante, preuve, s’il en fallait que la question de la Palestine est cruciale pour le Capital, comme pour les Révolutionnaires. Quand le fascisant Bellamy, ponte de LR, peut se permettre dans les media d’appeler Rima Hassan Iran Hamass (c’est une anagramme), sans susciter la moindre remarque, c’est bien la question palestinienne qui est au cœur de tout le ramdam qui est fait autour de LFI.
Le rôle des sionistes français est essentiel dans cette croisade. Le CRIF, sorte de deuxième ambassade de l’entité sioniste en France, la fasciste Yadan, bénévole du Mossad, l’UEJF, mais aussi les « sionistes de gauche », comme Golem participent à cette curée, veulent nous interdire de défendre la libération nationale de la Palestine. Mais c’est en vain !
 
Et la CGT de s’agenouiller devant les fascistes du CRIF
Et justement, voilà le président du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), lors d’un de ses multiples dîners annuels, s’en prenant à la CGT en ces termes : « Parmi ces inquisiteurs des temps modernes, un syndicat fait preuve d’un zèle remarquable. Quand la CGT s’oppose à la tenue d’un concert de l’Orchestre philharmonique d’Israël à Paris, défend-t-elle les travailleurs ? Ou alors cultive-t-elle depuis le 7 octobre une idéologie faite de clientélisme et d’aveuglement, jusqu’à l’apologie du terrorisme ? Une chose est sûre : à la CGT, on ne fait jamais la grève de la haine d’Israël ! ».
La direction confédérale de la CGT, grande absente du mouvement de solidarité avec la Palestine, rappelons le au passage, porté seulement par certaines de ses structures, s’est fendue d’une réponse au triste sire Haïm Khorsia.
D’aucuns auraient pu s’attendre à ce que la centrale de Montreuil demande au CRIF de quoi il se mêlait, et dénonce ses prises de positions, non comme organisation de défense des Juifs, mais comme soutien inconditionnel à l’État colonial sioniste génocidaire ; bref, un écrit destiné aux militants dénonçant la nocivité des activités et prises de position du CRIF.
Que nenni ! Nous avons droit à une sorte, non pas de lettre ouverte destinée aux syndiqués, mais de réponse intime au sieur Haim Khorsia. La CGT demande d’abord au CRIF une espèce de brevet de bon lutteur contre « l’antisémitisme », sans jamais remettre en cause l’évolution du mot, ni la conception qu’en a le CRIF : est antisémite quiconque critique le Sionistan. En voici la teneur : « A titre d’exemples, le 5 octobre 2023, nous avons rassemblé 400 militants et militantes de la CGT pour une journée consacrée à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’extrême droite, lors de laquelle notre Institut d’Histoire Sociale a retracé sans complaisance l’histoire des réactions du mouvement ouvrier à l’antisémitisme pour appeler les militants à la vigilance. Le RAAR était invité à s’exprimer lors de cette même journée, et nous nous associons très régulièrement à ses initiatives et actions pour dénoncer la montée de l’antisémitisme et du racisme. ». Pour rappel, le RAAR est une organisation « sioniste de gauche », qui ne parle jamais du génocide, mais réserve ses coups aux critiques de l’État colonial sioniste, accusés « d’antisémitisme ».
Prise au milieu de la suite du texte, cette phrase pose une question encore plus grave : « Nous ajoutons qu’on ne lutte pas contre l’antisémitisme avec des racistes, pas plus qu’on ne lutte contre le racisme avec des antisémites. ». Elle entérine le fait qu’il existerait un racisme par essence différent des autres racismes, peut-être supérieur. Or justement, la notion de supériorité de certaines « races » est à l’origine du racisme. Celle qu’il existerait un racisme différent des autres est du même acabit. Le CRIF véhicule tous les jours que l’antisémitisme (c’est-à-dire la critique de l’entité sioniste) est plus grave que le racisme anti-arabe et spécialement anti palestinien. Une telle phrase lui donne des gages.
Ensuite, la direction confédérale de la CGT exprime sa position coloniale : « Contrairement à ce que vous indiquez, la CGT a immédiatement condamné les attaques terroristes du 7 octobre et ses 1 200 victimes, mais aussi exigé la libération des otages et alerté sur la montée de l’antisémitisme. ». Nous trouvons dans cette phrase une vision de l’opération « Déluge d’Al-Aqsa » prise comme un commencement, sans référence à la colonisation, la spoliation des terres, l’expulsion et les massacres des Palestiniens depuis 1948. Et bien entendu elle reprend les termes de l’idéologie dominante en utilisant le mot « terroriste », c’est celui des dominants, et en liant le combat de libération nationale de la Palestine à l’antisémitisme.
Mais la cerise sur le gâteau est la réponse à l’accusation principale de Khorsia : l’opposition à la tenue d’un concert de l’Orchestre Philharmonique du Sionistan, dirigé par un génocidaire notoire, ses déclarations en faisaient et en font foi. La direction confédérale de la CGT se couche à plat ventre devant le CRIF : « Contrairement à ce que vous écrivez, la CGT ne s’est pas opposée à la tenue d’un concert de l’Orchestre philharmonique d’Israël à Paris, mais s’est interrogée sur le deux poids deux mesures par rapport à la réaction à l’invasion Russe de l’Ukraine, qui s’est traduite par l’annulation de tous les concerts des orchestres russes. La CGT de la Philharmonie de Paris a donc demandé qu'a minima un propos de contextualisation soit tenu avant le concert, pour éviter qu’il ne serve à légitimer l’action du gouvernement israélien à Gaza et en Cisjordanie. ». Eh bien si ! Les militants de la CGT présents demandaient l’annulation du concert à cause du chef d’orchestre, ce dont il n’est pas question dans le passage. Notons au passage que la CGT n’a pas dénoncé le deux poids deux mesures, mais « s’est interrogée ».
Une réponse aussi veule ne grandit pas la CGT. Les militants de lutte des classes en son sein, s’interrogent eux aussi de plus en plus sur sa ligne au sujet de la question palestinienne. En-dehors de quelques syndicats, Unions Départementales et fédérations, son absence totale de ce terrain de lutte se voit de plus en plus et suscite réprobation. Quant à sa compromission avec le récit dominant…
 
En conclusion
Partout, contre la criminalisation de l’anticolonialisme, pour la défense de la vérité et de la libération nationale de la Palestine, on trouvera les militants du Parti Révolutionnaire Communistes. Les barricades n’ont que deux côtés, comme disait Elsa Triolet. C’est la libération nationale de la Palestine ou la soumission d’une manière ou d’une autre à l’ordre colonial.
Concernant le Parti Révolutionnaire Communistes, le combat de la Résistance palestinienne, qui affronte directement la pointe avancée de l’impérialisme occidental est vital pour les prolétaires de l’ensemble de la planète ; les Palestiniens sont un peuple acteur de sa propre histoire, en lutte contre le sionisme, l'impérialisme et la réaction, en faveur de sa libération nationale, un long combat dont nous devons reconnaître la centralité et le caractère stratégique pour notre propre émancipation.
L’État colonial sioniste tombera, c’est le sens de l’histoire ; et la Palestine sera libre de la mer au Jourdain !