Gantry 5

 

N° 980 04/06/2026  En Palestine, ça ne fonctionne pas !
Il y a environ un an, nous citions Elias Sambar, ancien conseiller d’Arafat devenu très lucide sur « l’opération Oslo », disant, à propos de la guerre coloniale sioniste : « Ce que nous montre cette guerre, c’est que ça ne fonctionne pas. ». Les Palestiniens résistent toujours et continuent toujours à refuser de partir. Un an après, nous en sommes toujours là. Parmi les « plans » des sionistes passant sur les réseaux sociaux, sans garantie aucune de vérité, après une période « annexion totale de Gaza », ce que nous voyons aujourd’hui est assez récurrent autour de l’idée de laisser les habitants de Gaza dans les 40 % du territoire non tenus par l’armée d’occupation, sans aide de quelque manière, afin qu’ils soient sans travail, misérables, peu nourris et peu soignés.
Cela en dit long sur l’incapacité de l’armée coloniale à prendre possession de l’ensemble du territoire gazaoui. La priorité est donnée par les gouvernement colonial à la Cisjordanie, qui, à la différence de Gaza, est déjà truffée de check points et de soldats d’occupation, sans parler du renfort des colons fascistes. Ainsi, le ministre Katz a annoncé l’établissement d’une base militaire de l’armée d’occupation en Cisjordanie, une première depuis 1967, contraire à tous les règlements de l’ONU que beaucoup de ceux plaignant les victimes palestiniennes nous érigent en totem absolu du sacro-saint « droit international ». Mais, en Cisjordanie comme à Gaza, le peuple palestinien résiste, établit des clôtures afin de protéger ses récoltes, reconstruit ce qui a été détruit, ne part pas malgré les menaces des colons et de l’armée.
 
Au Liban, ça ne fonctionne pas !
La situation au Liban est similaire ; malgré les bombardements intensifs, les ciblages de journalistes, de soignants, de personnalités qui comptent dans les villages, la Résistance ne faiblit pas. L’armée d’invasion s’est résignée à tenter une attaque en force notamment autour du village de Haddatha. Plus de forces, c’est plus de pertes. Leurs chars ne sont pas protégés des drones et missiles envoyés par la Résistance. Résultat, après trois jours d’offensive pour tenter de s’emparer du stade de Haddatha, les forces sionistes ont dû reculer. Les sionistes et leurs partisans moquaient souvent les media du Hezbollah annonçant un tir de missiles ou de drone ici ou là touchant tel objectif ou détruisant un char Merkava, la Résistance, disaient-ils, se contentait de piètres exploits. Eh bien, la propagande de l’armée d’invasion sioniste est désormais au diapason, annonçant avoir pris la moitié de tel village ou, par exemple, le château de Beaufort, construit au XIIème siècle par les Croisés. Cette forteresse bâtie sur un éperon rocheux dominant le Litani a été prise au prix de lourdes pertes. Mais les sionistes devraient se souvenir qu’ils l’ont déjà occupée entre 1982 et 2000 et ont dû ensuite la quitter la queue basse face à la pression de la Résistance.
Le gouvernement de l’entité coloniale sioniste « négocie » et pendant ce temps à Washington avec les représentants du gouvernement fantoche libanais, la réalité se passe sur le terrain, où, malgré le cessez-le-feu, les sionistes continuent, comme à l’habitude, leurs opérations militaires. Leur conception du cessez-le-feu est simple et désormais connue : il ne s’applique qu’à ceux les combattant et pas à eux. Mais, malgré tout, là encore, « Ça ne fonctionne pas ! ».
 
L’agression impérialiste contre l’Iran ne fonctionne pas non plus !
La « guerre de basse intensité », comme disent les media, relais de l’idéologie dominante occidentale, ne cesse pas entre l’agresseur impérialiste US et l’armée iranienne.
Dans la soirée du 2 juin, l’armée impérialiste US a frappé un pétrolier iranien près du détroit d'Ormuz, endommageant sa salle des machines. En représailles, les forces navales du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont ciblé le navire américano-sioniste « Panaya » à l'aide de missiles. L’armée impérialiste a ensuite frappé une tour de communication du CGRI sur la côte sud de l'île de Qeshm. En réponse, les forces aérospatiales du CGRI ont lancé des tirs de missiles et de drones contre une base aérienne et d'hélicoptères américaine située dans un pays de la région non précisé, puis contre le quartier général de la Cinquième flotte de l'US Navy à Bahreïn. Le porte-parole du CGRI a déclaré : « Nous avions prévenu que toute agression entraînerait une riposte plus sévère, et nous avons agi en conséquence. Ces représailles doivent servir d'exemple. ». Le CGRI le réaffirme : toute atteinte à la sécurité dans le détroit d'Ormuz aura de lourdes conséquences pour les forces impérialistes états-uniennes.
Par ailleurs, des pseudo négociations avaient lieu entre les USA et l’Iran. Les USA, comme leurs agents au Moyen Orient de l’entité coloniale sioniste, ne voient aucune obligation dans un « cessez-le-feu » ; de leur point de vue, la contrainte ne concerne que ceux qu’ils combattent. Donc, régulièrement, le maître US comme le valet sioniste signent des accords de cessez-le-feu qu’ils s’empressent de violer. Une nouvelle fois, les Iraniens, après ces violations répétées, ont décidé de rompre les négociations.
Ils ont rappelé les dix conditions mises par les dirigeants iraniens à la reprise de toute négociation avec les agresseurs impérialistes. Il s’agit bien de conditions préalables à toute reprise des contacts. Ces conditions sont les suivantes : ― Cessation immédiate des opérations militaires israéliennes à Gaza ― Cessation immédiate des opérations militaires israéliennes au Liban ― Retrait complet d'Israël des territoires libanais occupés ― (Respect des termes de la trêve sur tous les fronts ― Respect par les États-Unis de leurs engagements concernant le cessez-le-feu au Liban (Washington doit faire appliquer ce qu'il a accepté, et non se contenter de jouer les médiateurs) ― Arrêt des échanges de messages indirects par l'intermédiaire de médiateurs ― La fermeture du détroit d'Ormuz reste une option ― La fermeture du détroit de Bab el-Mandeb reste une option ― La question des avoirs iraniens gelés doit être traitée en priorité ― Aucun accord-cadre définitif n'a été conclu en mai 2026. Ces conditions nous disant : l’Iran ne lâche rien.
L’agression impérialiste contre l’Iran révèle, peut être le plus aux yeux du monde les difficultés que rencontre l’impérialisme US et son prolongement sioniste. Aucun des objectifs des impérialistes US n’est atteint. L’Iran est toujours debout, fait mieux que résister, a toujours son uranium et, même bloque le détroit d’Ormuz, malgré la présence de la marine US à proximité. Trump ayant beau multiplier les annonces parfois totalement irréelles, il n’a rien obtenu, au contraire. Et le prolongement organique ne remporte pas plus de succès au Liban où les combattants de la Résistance luttent pied à pied.
Les rodomontades de Trump et les bombardements continus de civils au Liban de la part de l’aviation coloniale sioniste ont la même explication. Ils n’y parviennent pas.
 
Le sionisme : le récit contre l’histoire
Alors les sionistes font ce qu’ils savent le mieux faire : bombarder, détruire et raser. Mais ce n’est pas seulement parce que c’est plus facile de bombarder que de combattre au sol, ni par dépit que l’armée d’occupation détruit. Elle a aussi une mission essentielle : endommager au maximum, voire détruire si possible les traces de l’histoire du Liban, de la Palestine, notamment des civilisations antiques et médiévales. L’État colonial sioniste n’a pas d’histoire, les colons européens formant la caste la plus privilégiée de l’entité s’évertuent à nier la leur. En guise d’histoire, l’entité coloniale sioniste possède un récit mensonger. Pour que ce récit ait un minimum de chance d’exister, il leur faut nier l’histoire vraie du Proche Orient. L’entité sioniste n’a pas d’histoire, mais elle en a inventée une ne collant pas au réel. Alors ; il lui faut effacer le réel ; tout le réel. Par conséquent elle bombarde des cimetières ou garde les corps d’otages défunts ; c’est pourquoi elle bombarde Tyr, une des villes les plus chargées d’histoire de la région, datant d’au moins 2 700 avant notre ère.
Mais, là encore, ce n’est pas une preuve de force. Mais une combinaison de l’habitude (depuis près de 80 ans que l’armée d’occupation se livre à ces destructions), de l’acharnement et de l’aveu d’impuissance, qui se révèlent sans issue. On ne détruit pas plus l’histoire qu’on ne détruit des idées, ni un peuple se battant pour sa libération.
 
En conclusion
Nous mesurons donc la mise réelle en échec des tentatives de l’impérialisme US pour briser la résistance de l’État et du peuple iraniens et de l’entité coloniale sioniste afin d’écraser les Résistances, palestinienne comme libanaise.
Ces difficultés, ces échecs, remettent en lumière le rôle essentiel des Résistances nationales et le rôle essentiel de la Palestine. Les Résistants palestiniens et Libanais combattent le même ennemi qui nous opprime : l’impérialisme occidental. Leur victoire serait un signal fort en faveur de notre propre émancipation. Un peuple luttant pour sa libération nationale, contre une créature des impérialistes occidentaux, lutte aussi contre la colonisation et ses présupposés idéologiques qui gangrènent aujourd’hui l’ensemble de la « gauche » française et expliquent la plus faible mobilisation que chez nos voisins de la solidarité avec la Palestine libre ! Comme le dit Saïd Bouamama dans la récente interview qu’il nous a accordée : « La conséquence de cette histoire spécifique est que la lutte de libération nationale du peuple palestinien n’oppose pas simplement un peuple colonisé à un État colonisateur mais bien un peuple colonisé à un système impérialiste mondial en général et à l’impérialisme hégémonique états-unien en particulier. Du devenir de la lutte de libération nationale palestinienne dépend non seulement l’avenir de tous les peuples de la région mais également le rapport des forces mondial avec le système impérialiste. ».
 
Pour le Parti Révolutionnaire Communistes, le combat de la Résistance palestinienne, affrontant directement la pointe avancée de l’impérialisme occidental est vital en faveur les prolétaires de l’ensemble de la planète ; les Palestiniens sont un peuple acteur de sa propre histoire, en lutte contre le sionisme, l'impérialisme et la réaction, pour sa libération nationale, un long combat dont nous devons reconnaître la centralité et le caractère stratégique pour notre propre émancipation.
L’État colonial sioniste tombera, c’est le sens de l’histoire ; et la Palestine sera libre de la mer au Jourdain !