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Résumé des questions économiques et sociales: semaine du 20.01.2020-24.01.2020

France.
Luttes. Il est trop tôt pour faire un point exact de la journée du 24. Les manifestations ont été nombreuses et fournies. La semaine a été marquée par de multiples actions : EDF, ports et docks, transports, enseignants, égoutiers, avocats, dans le privé souvent en liaison avec les discussions sur les salaires, chez les fonctionnaires.
Pouvoir et médias avait mis en avant la lutte dans les transports. Avec la modification de la forme de la lutte ils espéraient l’arrêt de celle-ci. Ils en sont pour leurs frais. Au contraire ils sont obligés de faire état des autres luttes qui se développent où se poursuivent. D’où une hargne contre les grévistes et la CGT, assortie de menaces.
Malgré cette campagne, l’opinion est toujours très majoritairement contre la réforme.
Trois nouvelles journées sont annoncées pour la semaine prochaine avec un temps fort le 29.
Enseignants. La mise en place de la réforme du bac avec les premiers contrôles continus de la nouvelle formule en janvier suscite inquiétude et colère tant chez les lycéens que chez les enseignants. Les syndicats appellent à ne pas tenir ces épreuves, considérant que les élèves ne sont pas prêts à les passer. Face à cette remise en cause de sa « réforme » le ministre de l’éducation jette l’anathème sur ceux qui osent la refuser et manie la répression en sanctionnant les professeurs qui ont refusé ou retardé la correction du bac l’an dernier.
Retraite. Une étude d’impact sur l’évolution de l’âge de départ en retraite confirme : l’âge de départ va augmenter jusqu’à 67 ans pour la génération née en 1999. Cet allongement s’explique par les mesures prisent par les gouvernements successifs. Durée des cotisations avec Hollande (43 ans pour une retraite complète), équilibre financier avec Macron. Le départ à 65 ans sera effectif pour la génération née en 1981. La « victoire » de Berger va devenir de plus en plus difficile à expliquer.
Les pensions seront aussi en baisse. Pour 1 Smig – 6 euros/mois, pour 3 Smig -17 euros/mois, pour 8 Smig -2146 euros/mois (chiffres en regard de la rémunération de 2019). Avec comme première conséquence la baisse des cotisations patronales avec le nouveau système – 1,4 Md par an. L’Agirc-Arcoo va voir ses ressources diminuer de 4 Mds par an (cotisations salariales et patronales) avec le plafonnement des cotisations au- dessus de 10.000 euros/ mois. Ce qui ouvre grandes les portes de la capitalisation. Pour l’instant pour les plus hauts salaires. « Les Echos » (21.01) en font leur gros titre : Les personnes gagnant plus de 120.000 euros par an vont devoir se tourner vers la capitalisation pour compléter leur retraite. Un début en attendant que tous ceux qui le peuvent y soient contraints.
A noter la parution d’un « point de vue » signé par l’UGIC-CGT, la CGC, FO cadres (les Echos 22.01) qui dénonce les conséquences de la retraite par points pour les cadres et réaffirme son attachement au système par répartition et leur volonté de la défendre.
M. Carmignac (PDG du fond du même nom) confirme les vues des fonds sur la capitalisation. Tous les acteurs de la gestion d’actifs vont se positionner sur l’épargne retraite. Nous ne faisons pas exception.
Propagande et réalité. Le pouvoir, la presse aux ordres, font grand cas -autour de la réception par Macron et une grande partie des ministres, de 200 patrons de multinationales à Versailles et de l’augmentation des investissements étrangers en France. Macron en visite à Dunkerque déclare : Les bonnes nouvelles n’arrivent pas toutes seules. Elles arrivent parce qu’on fait des réformes. Or en regardant de près les investissements annoncés on constate le faible nombre d’emplois créés par ceux-ci. AstraZenece (pharmacie) qui annonce 500 millions d’investissement, créera environ 300 emplois. FedEx pour 30 millions n’annonce aucune création d’emploi.
Par contre, le tissu industriel continue à se dégrader. En 2019, 350 PME de plus de 50 salariés ont fait l’objet d’une procédure collective qui menace 175.000 emplois (+ 1,6%). Pour sa part l’Insee constate que la baisse des embauches en CDI ou CDD longue durée ont reculé de 0,8% au dernier trimestre 2019 par rapport à 2018. Pour 2020 il prévoit 90.000 emplois créés au 1er trimestre, la moitié par rapport à 2019. Telle est la réalité.
Taxe. La taxe sur les GAFA présentée par Macron et Lemaire comme la volonté du pouvoir de ne faire aucun cadeau fiscal aux multinationales étrangères opérant en France et votée par le Parlement, fait long feu avec la décision de suspendre les versements prévus en avril et novembre. Elle est de 3% sur le CA et devait rapporter entre 300 et 500 millions par an. La raison ? Les USA ont sorti le gros bâton pour défendre leur capitalisme en menaçant d’augmenter les droits de douane sur 7,5 Mds d’importations françaises. Le pouvoir vient une nouvelle fois de reculer devant les exigences du capital qu’il soit français ou étranger. Il n’est fort que pour s’opposer aux revendications et aux besoins des salariés.
A Davos, Lemaire cherche une position de replis en voulant élargir cette taxe à l’UE. Ce qui a peu de chance d’aboutir, plusieurs pays y étant opposés. Quant à l’OMC qui discute de l’imposition des GAFA depuis deux ans le résultat risque fort de se faire attendre encore longtemps.
CFDT. Des informations dans la presse font état d’un certain nombre de départs pour désaccord avec les positions confédérales. L. Berger dans une interview à l’AFP le reconnait à demi-mots : Certains partent parce qu’ils ne sont pas contents, d’autres arrivent. De son côté le SGEN CFDT Recherche, a fait connaitre son opposition à la retraite par points.
Electricité. Après une hausse du tarif réglementé de 5,9% l’an dernier, il va augmenter de 2,4% en février si le gouvernement qui dispose de trois mois pour son application décide de le faire sans délai.
C’est officiel. EDF propose au gouvernement la fermeture de 14 réacteurs en plus de ceux de Fessenheim réparti sur 7 sites d’ici à 2035 ce qui entrainera celle des centrales avec toutes les conséquences pour l’approvisionnement énergétique du pays et pour les salariés d’EDF et surtout des sous-traitants. Les conséquences de la fermeture de Fessenheim sont à cet égard édifiantes. Les 737 salariés EDF vont se voir proposer des postes ailleurs (avec tout ce que cela comporte dans la vie familiale) quant aux 330 prestataires ils doivent se contenter de vagues promesses de reconversion dans des entreprises dont aucune n’a pour l’instant manifesté l’intention de s’établir dans la région. Les collectivités vont perdre 12,3 millions sans compensation totale de l’Etat.
Plus inquiétant le sort des quatre centrales à charbon (Le Havre, St Nazaire, St Avold en Moselle et Gardanne) avec leur fermeture prévue pour 2022 d’autant que deux d’entre elles sont en partie privatisées. Les salariés de Gardanne sont en lutte depuis 415 jours pour maintenir leur centrale en activité par une reconversion, ceux de St Nazaire ont débrayé. Là aussi les questions sur l’avenir des personnels (EDF et sous-traitants) risquent de déboucher sur des licenciements.
Ces fermetures sont purement électorales sous la pression des « écologistes » qui ont déclaré la guerre au nucléaire civil tout en ignorant volontairement les dangers du militaire, ont soutenu celui-ci en votant les crédits pour son développement lorsqu’ils participent aux gouvernements (Jospin 1997-2002 et Hollande).
Suppressions d’emplois. C & A (habillement) va fermer 30 magasins qui vont entrainer 200 licenciements.
Gémalto (électronique, filiale de Thales) Gémalto emploie une jolie formule en prévoyant 220 suppressions. Il s’agit de « gestion active de l’emploi ». Il fallait l’oser.
Cora. (Alimentation) La réunion du CSE le 28 janvier pour examiner un plan social fait craindre à la CGT la suppression de 1070 postes.
Monde.
UE. L’UE est la championne du monde dans la distribution des dividendes. 359 Mds distribués aux actionnaires (+ 12 Mds et 3,6 %) en 2020 selon l’estimation d’un gestionnaire d’actifs. Ils représentent le budget de l’Allemagne. Le rendement des dividendes est le plus élevé dans les pays qui ont profité de la crise pour écraser les salaires. En tête l’Angleterre suivie de l’Espagne, de l’Italie et de la France (salaires bloqués + cotisations sociales patronales réduites). Ces chiffres rappellent une nouvelle fois que la contradiction centrale entre le capital et le travail est bien la question du paiement de la force de travail, décisif pour augmenter les profits.
Les rendements versés (dividendes/ capitalisation) sont de 3,7 % en Europe, 1,9 aux USA, 2 en Chine, 2,3au Japon.
Les fonds spéculatifs (hedges funds) ont rapporté 178 Mds de $ à leurs clients dans le monde et ils prélèvent 20% sur les bénéfices à leurs profits. Les placements en actions ont rapporté 59,3 Mds soit trois fois plus qu’en 2018.
Travail dans le monde. L’OIT vient de publier un rapport sur cette question. Aux 120 millions de chômeurs recensés elle ajoute 165 millions qui travaillent à temps partiel et 120 millions qui sont en marge du marché du travail. D’autre part 630 millions gagnent moins de 3,20 $ par jour (20% de la population active) incapables de subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles. Sans en tirer de conclusions il fait le constat que sur les 11 sous-régions du monde 7 ont connu en 2019 des manifestions qui démontrent le mécontentement contre la situation économique et sociales qui leur est faite.
Davos. Au travers de Trump le capitalisme US poursuit son offensive commerciale. Cette fois envers l’UE. Il exige la « négociation » d’un nouvel accord plus favorable aux USA sinon il menace de taxer les importations de l’UE en particulier l’automobile. (Voir aussi article dans l’hebdo)

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