N° 981 11/06/2026 Le gouvernement a annoncé six milliards d’euros de mesures d’économies face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient, pesant sur les finances publiques. Parmi les ministères concernés : la Justice, l’Intérieur, le Travail. À peine l’épisode canicule terminé, le fond vert trinque, 275 millions d’euros de crédits annulés ou gelés. Ces restrictions budgétaires sont un début : Le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel, a affirmé : le coût de la guerre au Moyen-Orient « sera supérieur » à 6 milliards d’euros. Et il s’agit seulement « d’une première étape » car « si la crise dure […] des mesures d’économies supplémentaires seront nécessaires ». Elles seront annoncées à la fin du mois de juin.
Nous sommes consternés et en colère face aux négligences permettant le meurtre d’adolescente. Entendre Macron et Darmanin reporter toute la responsabilité sur des greffiers et des magistrats débordés est révoltant.
Macron est à l’Élysée depuis 2017. Darmanin a été ministre de l’Intérieur pendant quatre ans, ministre de la Justice, depuis un an et demi. La spécialité de Retailleau et Darmanin est de faire de la démagogie sécuritaire sur le dos des travailleurs immigrés. Macron, Darmanin prétendent avoir fait des violences sur les enfants et les femmes leur priorité : ils n’ont jamais donné les moyens aux magistrats afin de faire fonctionner la justice au quotidien et elle est parmi les coupes budgétaires. Rachida Dati ministre de la culture sous Macron avait supprimé la moitié des tribunaux d’instance sous Sarkozy. Hollande n’est jamais revenu sur ces fermetures.
Bilan accablant
Darmanin a convoqué tous les procureurs généraux du pays et leur a ordonné de purger les 70 000 dossiers en souffrance. En matière de violences envers les femmes et les enfants, un bilan est accablant. Les faits de violence signalés se multiplient. Un enfant serait agressé toutes les trois minutes dans le pays et une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. Le chiffre a de quoi donner le tournis, il manque 1.500 juges aujourd’hui en France, il faut compter 10 ans minimum pour leur formation ! Il manque 5.702 procureurs afin d’être dans la moyenne européenne. L’État n’est plus là pour protéger la population. Il défend les intérêts des possédants et des multinationales. Poursuivant et réprimant les contestataires, les moyens ne manquent jamais pour empêcher ou disperser les rassemblements, mettre en garde à vue les manifestants(1), la justice est rapide pour condamner, poursuivre ceux ayant seulement manifesté! Pas de retard dans la répression contre les militants syndicaux ou d’associations ou de ceux soutenant la lutte de libération nationale du peuple palestinien.
Un budget 2027 des plus violents se dessine
Les concertations sur le budget 2027 démarrent cette semaine, l’objectif étant de faire des économies au détriment des travailleurs, de la jeunesse, des retraités. Le Ministre du Commerce parle de la possibilité de « désindexer l’augmentation des retraites ». La proposition d’« année blanche » du gouvernement Lecornu revient sur la table et le Conseil d’orientation des retraites (COR) préconise de repousser encore l’âge de départ à la retraite. Une prévision bien pratique pour le gouvernement, puisque le nouveau rapport annuel préconise de repousser l’âge moyen de départ à la retraite « à 64,4 ans en 2030, 65,8 ans en 2045 et 67,6 ans en 2070 ».
Leur priorité est d’imposer l’austérité coûte que coûte:
L’aide sociale à l’enfance (ASE), est obsolète : des milliers d’enfants devraient être placés dans des familles d’accueil mais ne le sont pas, faute de moyens. Quant au suivi… Dans l’éducation nationale : 7.800 infirmiers pour 12 millions d'élèves, 1 infirmier pour 1.300 à 1.600 élèves en moyenne, 1/2.000 à Mayotte, il faudrait 15.000 postes pour atteindre 1 infirmier/500 élèves. 40% des élèves de 12 ans n'ont jamais eu de bilan infirmier. Depuis 2018, les médecins scolaires ont perdu 15% d'effectifs et 50% des postes sont non pourvus. +15% d'élèves avec troubles psychiatriques post-Covid. 3.330 psychologues étaient affectés au second degré, contre près de 4.700 au début des années 1980
Le service public est à l’os. C’est la catastrophe à l’hôpital, l’État a supprimé des postes et des lits, le manque de moyens humains est lourd de conséquences.
La grève des cheminots fait trembler les rails !
Mercredi 10 juin, les cheminots se soulèvent contre la mise en concurrence des trains régionaux ! Une première grève sous l’ère Castex, où les cheminots dénoncent un dumping social et la menace sur leurs conditions de travail. Les agents SNCF ont uni leurs voix pour défendre un service public de qualité, accessible à tous.
En écho à l’appel à la grève nationale les Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) ont organisé un rassemblement, mardi 9 juin: un vrai statut de la fonction publique pour sortir de la précarité et reconnaître leur rôle essentiel auprès des élèves en situation de handicap, une revalorisation salariale correspondant à un emploi de catégorie B, plus de moyens humains. Dans la métallurgie appel à la nationalisation d’ArcelorMittal.
C’est le chemin à suivre
L’urgence étant de construire cette mobilisation nationale par la grève contre la guerre, défendons nos propres intérêts et revendiquons ce qui nous appartient. Imposons les nationalisations sans indemnité, sous le contrôle des travailleurs, confisquons les profits, battons-nous pour ce bien commun qu’est le service public. Ces sujets sont beaucoup plus importants que le casting des présidentielles 2027, en se préparant dès maintenant à affronter le gouvernement et le patronat en imposant un véritable rapport de force sur nos lieux d’études, de travail. Avançons vers de nouvelles conquêtes, vers une vie sans exploitation capitaliste, sans guerre impérialiste, sans crise économique dont les peuples sont toujours les victimes.
Oui, renversons le système capitaliste et ouvrons la voie vers une société socialiste.
(1) Actrice et réalisatrice française connue pour son combat contre les violences faites aux enfants, Andréa Bescond, a été arrêtée, placée en garde à vue lundi devant le ministère de la Justice à Paris lors d’un rassemblement non violent dénonçant les dysfonctionnements judiciaires.




