N° 973 13/04/2026 Situation économique, sociale et politique
Les élections municipales
Le résultat du 1er tour des élections municipales donne une traduction chiffrée de la situation, les tendances fortes se sont dégagées, abstention massive : 42,8% des 48,7 millions d’inscrits se sont abstenu, en 2014 l’abstention n’avait pas dépassé 36,6%. C’est le plus fort taux d’abstention sous la 5ème République.
Abstention particulièrement élevée chez les jeunes :entre 18-24 ans, plus d’un électeur sur deux s’est abstenu (56 %), entre 25-34 ans, 60 % des inscrits ne sont pas allés voter, c’est le niveau d’abstention le plus élevé de la Vème République.
Plus la précarité est grande plus l’abstention est forte : à Bellevue quartier ouest de Nantes 66% d’abstention, à la Paillade bureau de vote de la banlieue ouest de Montpellier 73,30 %, la cité du parc Kallisté de Marseille 79% d'abstention.
Le taux de pauvreté est particulièrement élevé chez les jeunes : 11,4 % chez les moins de 18 ans, 10 % chez les 18 à 29 ans. Sur le plan national, ils représentent désormais 13 % des personnes soutenues, un chiffre à rapprocher des 1,3 million de Français de 18-29 ans vivant sous le seuil de pauvreté.
Sur fond de crise majeure provoquée par une rivalité exacerbée entre bourgeoisies internationales dominantes et expansions impérialistes, le risque accru de guerre offre au gouvernement Macron le motif idéal pour aggraver les politiques de destruction des services publics et des acquis sociaux.
Ces éléments ont joué dans le vote et l’abstention, inhabituelle pour des municipales, signifie aussi le rejet du budget austéritaire qui vient d’être voté induisant la suppression de 20 000 emplois dans l’hôpital public, des coupes dans l’éducation nationale, la culture et les transports. Economie faite au nom « d’un effort partagé » alors que l’armée et ses fournisseurs comme Dassault voient leur budget augmenter de plus de 7 % et de plus les grandes entreprises capitalistes continuent d’être arrosées d’aides publiques.
Deux articles de l’hebdo : « l’édito » et « un premier tour moins prévisible qu’attendu »[1] font l’analyse politique du premier tour des municipales, rappellant que le gouvernement et les socialistes se sont entendus sur un budget 2026 très austéritaire sur l'exploitation capitaliste qui bat son plein avec son cortège de souffrances, bas salaires, précarité, licenciements. Le patronat accentue son exploitation, la hausse des budgets militaires se traduit par moins d’enseignants dans les écoles, moins de lits dans les hôpitaux, moins de constructions de logements.
Ce premier tour les résultats et les tractations ont suivi autour d’alliances annonçant la constitution d’un duopole : sociale démocratie PS, PCF, Écologistes, et des partis de droite LR, Horizon, Reconquête et du FN relooké en RN, parti capable d’absorber le mécontentement, sans toucher aux intérêts fondamentaux du capital et les défendant à plusieurs reprises lors des votes à l’Assemblée Nationale. Tous les partis ont déjà la tête tournée vers la présidentielle.
La France Insoumise en obtenant des victoires dans des villes importantes et des qualifications pour le second tour soit devant la droite, soit devant le PS font que ce mouvement devient incontournable au sein de la gauche, et pour les électeurs ils se sont reconnus dans la seule liste qui avait un discours pouvant laisser penser que LFI s’affrontait au patronat, ce à quoi ils aspirent.
La situation économique impactée par la guerre au Moyen Orient.
Le gouverneur de la Banque de France déclarait « « Le sens de cette crise est malheureusement plus clair au fil des jours : ça signifie économiquement un peu plus d’inflation et un peu moins de croissance, mais il faut un peu de recul »
La question qui se pose ce n’est pas comme le suggère Villeroy de Galhau « les Français vont-ils perdre en pouvoir d’achat dans les prochains mois ? »
Ils perdent déjà du pouvoir d’achat et la facture monte rapidement : les prix à la pompe se sont envolés plus de deux euros dans un grand nombre de stations-service, Une augmentation de plus de 10 % concernant l’essence, de plus de 20 % pour le gazole. Tout sauf un détail : les Français utilisant leur voiture quotidiennement. Sur le gaz, les prix ont également commencé à accélérer. Quant à l’électricité, les tarifs des fournisseurs pèseront aussi sur le porte-monnaie des Français. Cette guerre pèse déjà directement sur le coût de la vie des ménages, mais aussi indirectement par le coût de production des entreprises « Une hausse des prix du pétrole et du gaz est d’abord un prélèvement sur le pouvoir d’achat de la nation ».
D’un côté, les profits des entreprises fossiles sont en hausse en même temps que leurs cours de Bourse. Ce qui profite aux actionnaires appartenant à la partie la plus favorisée de la population.
De l’autre côté, ceux subissant une inflation quotidienne plus élevée. Elle pèse relativement bien plus sur leur pouvoir d’achat que pour les plus riches.
La baisse du pouvoir d’achat pour les uns, hausse du chiffre d’affaires pour les Entreprises d’armements[2] et le secteur Défense atteint 12.234 milliards d'euros en 2025, en hausse de 11,5 % par rapport à 2024.
Tous les partis ont approuvé l’augmentation du budget des armées, ils ont tous approuvé l’envoi du porte-avions Charles-de-Gaule au Moyen Orient -coût du déploiement du groupe aéronaval 1 million d’euro par jour- et la construction du nouveau porte avions « France libre » à plus de 12 milliards d’euros
Les partis de droite et d’extrême droite comme les partis de la gauche ne changeront rien à l’évolution du système capitaliste. Tous sont serviteurs de la politique du capital exploitant les travailleurs, tous d’accord avec Macron pour défendre les intérêts de l’impérialisme français.Cette marche à la guerre dans laquelle veut nous mener Macron au nom de « la défense du pays » est une supercherie, il défend la place de l’impérialisme français dans le monde et les intérêts des multinationales.
Depuis plusieurs années, nous assistons à une transformation de la situation internationale à travers le retour et la multiplication de conflits.
Ce tournant est devenu central à partir de 2022 avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la nouvelle intensification de la guerre de l’Etat sioniste contre la Palestine. Le nombre de conflits augmente. Les guerres sont de plus en plus nombreuses Ukraine, Soudan, Somalie, Éthiopie, République démocratique du Congo et deviennent le fonctionnement normal du capitalisme. Elles changent aussi qualitativement par la multiplication de guerre par procuration entre grandes puissances.
La situation internationale est marquée par la confrontation au sein de l’impérialisme des deux puissances dominantes, les États Unis et la Chine. La Chine devenue la 2ème puissance impérialiste. La bourgeoisie chinoise cherche à élargir ses zones d’influence commerciales, financières et logistiques à travers l’Initiative des Nouvelles Routes de la Soie et une diplomatie offensive c’est une menace pour l’impérialisme dominant.
La politique de Trump ne constitue pas une rupture de l’impérialisme américain, mais bien une continuité radicalisée et l’approfondissement d’une ligne stratégique déjà à l’œuvre sous les administrations précédentes. Si les styles diffèrent, les orientations politiques, économiques et géopolitiques sont les mêmes que celles d’Obama et Biden et montrent l’unité de la bourgeoisie impérialiste américaine autour de la préservation de son hégémonie mondiale. La stratégie d’endiguement économique de la Chine, la militarisation accélérée de l’Asie-Pacifique « centre de gravité de l’économie mondiale » dont dépend directement la prospérité américaine.[3]L’impérialisme américain veut contenir sa principale concurrente et rester le maître du monde ».[4]
Les États-Unis veulent un régime à leur botte, à Cuba, qu’ils sont en train d’affamer, en Iran comme ils sont entrain de l’obtenir au Venezuela.
Nouvelle phase d’escalade dans la guerre impérialiste au Moyen-Orient.
Le plus grand complexe énergétique iranien qui exploite le gisement gazier de South Pars un pilier de l’économie iranienne, satisfait 80% des besoins en gaz naturel de l’Iran, il a été bombardé par Israël, avec l’accord des États-Unis.[5]
Après les frappes dévastatrices contre les dépôts d’hydrocarbures de Téhéran, Israël et les États-Unis visent directement les richesses de la nation iranienne L’escalade a provoqué une riposte iranienne immédiate : l’Iran a visé le complexe qatari de gaz naturel liquéfié de Ras Laffan, qui représente 20% de la production mondiale,
Des installations directement liées à la production d’énergie fossile sont visées, c’est la première fois et non plus seulement des sites plus largement associés à l’industrie pétrolière et gazière. Le conflit glisse vers une guerre d’usure prolongée, entraînant des implications pour l’ordre régional comme pour l’économie mondiale.
La libération et la liberté du peuple ne sauraient être obtenues par les missiles et les bombardements." C'est le sens du communiqué du Parti Révolutionnaire Communistes soulignant l'urgence à faire cesser l'agression impérialiste contre l'Iran[6].
Israël profite de la guerre en Iran
Pour bloquer l’aide humanitaire à Gaza amplifier la colonisation de la Cisjordanie. Le génocide du peuple palestinien continue. Israël intensifie son projet de colonisation totale de la Palestine, continueà utiliser la famine d’une manière aggravant la catastrophe humanitaire et renforce l’impact destructeur du génocide en cours contre les civils.
Le 28 février, Israël a fermé tous les points de passage vers la bande de Gaza, suspendu l’entrée de l’aide, du carburant et des marchandises, et interrompu la coordination des missions humanitaires dans les zones où les forces israéliennes restent déployées ou à proximité, puis les évacuations médicales.
La Cisjordanie connaît une accélération de la colonisation israélienne et des violences commises par des colons juifs. Arrestations, expulsions, démolitions de maisons et attaques armées se multiplient, contribuant à redessiner progressivement la géographie du territoire occupé. L’objectif d’Israel est clair: l’occupation totale de la Cisjordanie.
Silence, désinformation, censure des media en France. La répression contre les militants de la libération nationale de la Palestine prend des proportions inégalées jusqu’à présent. La campagne orchestrée jusqu’au sommet de l’État contre Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies pour le territoire palestinien occupé en est un épisode. Jean-Paul Delescaut, secrétaire-général de l’Union Départementale CGT du Nord, a été relaxé par la Cour d’Appel de Douai, après avoir été condamné en première instance à un an de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme ». « Dire que le 7 octobre 2023, l’État colonial sioniste a eu la réponse à tous ses actes injustifiables n’est pas, même pour la justice bourgeoise, de « l’apologie du terrorisme ». En réalité, c’est juste un fait historique »[7].
Dans notre combat en faveur de la libération nationale de la Palestine, nous pensons qu’il faut dire le réel et assumer : l’État colonial sioniste est une monstruosité, c’est la lie de l’humanité. Il tombera, car c’est le sens de l’histoire !
Notre activité
Notre Trésorerie a présenté les premiers éléments du rapport 2025. Les dons et cotisations sont plus élevés qu’en 2024. Plus de sympathisants envoient régulièrement des dons à la souscription. Le Parti Révolutionnaire Communistes fait des adhésions de jeunes actifs. C’est un renforcement très positif dans cette période d’exaspération de la lutte de classe. Une attention toute particulière doit être portée aux formations que nous organisons où des questions fondamentales dans la lutte à mener contre le capital, doivent être dominées par notre parti: impérialismes, capitalisme, lutte de classe, taux de profits, lutte de classe. Concepts fondateurs d’un mouvement révolutionnaire et d’une extrême actualité dans le contexte du 54ème congrès de la CGT.
Cette après-midi, se tient le débat national « Réindustrialisation : un combat de classe vital pour le changement de société » les réunions régionales préparatoires laissent présager d’une discussion politique de fond.
Le congrès de reconstitution de la Jeunesse Communiste (JC), se tient du 3 au 6 avril. Nous avons été invités à participer à leur congrès. Le Parti Révolutionnaire Communistes les a rencontrés à plusieurs reprises, ils sont sur des positions qu’on partage pour l’essentiel, la tenue du congrès va dans le sens de la reconstruction d’un parti communiste en France. Nous vous proposons de répondre positivement.
Congrès du Parti Révolutionnaire Communistes. Le congrès pourrait se tenir en novembre, nous permettant de mettre en place
l’organisation matérielle et d’approfondir et de renforcer notre ligne politique, la contribution du parti à la construction d’un courant révolutionnaire passe aussi par l’intégration de jeunes adhérents.
[1] Hebdo n° 969, 19/03/2026 https://www.sitecommunistes.org/index.php/actualites/hebdo/3863-hebdo-n-969
[2]. Airbus, Dassault, Thales, Safran, Naval Group, MBDA, KNDS, Arquus et ArianeGroup
[3]. Stratégie de Défense Nationale Américaine 2026, hebdo n° 963 04/02/2026:
[4]. Retrait de la France de la sale guerre impérialiste, hebdo n° 968 12/03/2026: https://www.sitecommunistes.org/index.php/france/politique/3862-retrait-de-la-france-de-la-sale-guerre-imperialiste
[5]. Complexe énergétique où 30 000 raffineurs s’étaient mobilisés pendant 18 semaines en novembre 2025.
[6]. https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/proche-et-moyen-orient/3827-communique-du-parti-revolutionnaire-communistes-agression-imperialiste-contre-liran
[7]. Relaxe de Jean-Paul Delescaut, une victoire en appelant d’autres hebdo n° 967 04/03/2026:




